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Courrier de la République

28 fevrier 2007

[ 26 : du 27 fevrier 2007]  

Clash à la primature : M. Denis Dendiogue Nayone claque la porte
Aux lendemains de la signature de l’Accord Politique Global le 20 août dernier et suite à la nomination de maître Yawovi Madji Agboyibo à la primature, M. Nayone est rentré au bercail après plusieurs années d’exil.

M. Nayone est l’un des chantres de la lutte pour l’avènement de la démocratie dans notre pays. Très tôt dans les années 1990, étudiant qu’il était à l’époque, Nayone a fait parler de lui et a donné des cauchemars au pouvoir. Bref, c’est un témoin vivant de la difficile marche du Togo dans sa quête pour plus de démocratie, de liberté et de respect des droits de l’homme.

M. Nayone est une charpente du CAR et si cela ne l’était pas, il ne serait pas aux côtés du premier Ministre Agboyibo aux lendemains de sa nomination. Mais à la surprise générale, nous apprenons que Dénis Nayone vient de claquer les portes du CAR pour lequel il a failli perdre sa vie.

En effet, selon des sources bien informées, c’est le 13 février dernier que M. Nayone a déposé sur la table du PM sa démission de chargé de missions et de membre du CAR. Pour l’heure, nous ne savons pas les motifs de cette démission, mais selon certaines indiscrétions M. Nayone ne partagerait pas la politique sur fond de régionalisme menée par son ex mentor Me Yawovi Agboyibo.

Quand certains partis renforcent leur dispositif en vue de former un bloc homogène pour faire face aux enjeux de taille que constituent les législatives et qu’il y a défection au CAR, c’est que cela doit beaucoup donner à penser au premier ministre Agboyibo.

Affaire à suivre

C.R

Lire l'interview accordée par Nayone à togoforum le 7 janvier 2007

Triste constat : Les commissariats et les postes de police des frontières dégarnis
* Pourquoi ne déploie-t-on pas les nouveaux policiers ?
L’insécurité est en train de s’implanter dangereusement dans notre capitale et le risque à ce que cela s’étende à nos villes de l’intérieur devient certain

         .En effet, il ne se passe pratiquement pas de semaine sans qu’on ne signale un cas de grand banditisme. Les braquages, les vols de motos deviennent les sports favoris de bandes bien organisées qui sèment la terreur.

            Face à cet état de chose, on peut dire sans se tromper que l’heure est grave et le pire peut être redouté si des mesures drastiques ne sont pas prises.

            Au fait, on ne saurait tout le temps fredonner le refrain de l’insécurité quand nous-mêmes de par nos mesures, nous contribuons à son enracinement.

            Le Chef de l’Etat, dans le souci d’enrayer ces fléaux que sont la criminalité et le gangstérisme a, malgré la situation de fragilité prononcée de notre économie fait recruter plus de 600 nouveaux fonctionnaires de la police. Alors, tout cet effectif bien géré, on est quasiment certain d’arriver à bout du récurrent problème de l’insécurité chez nous. Et aussi, en quoi faudrait-il que l’effectif et les moyens matériels riment bien.

            Malheureusement, nous sommes au regret de constater qu’après les phases de formation de ces policiers, ceux-ci restent et demeurent à la capitale devenant ainsi de véritables grappes humaines en treillis rongées par le désoeuvrement.

            Cette situation qui parait anormale nous a poussé à mener nos propres investigations dont certains constats faits sont corroborés par des sources policières bien informées.

            Il en ressort que nos frontières sont dégarnies de policiers. D’après ces sources policières, à Sanvi-Condji  à la frontière-Est du pays, l’effectif qui était d’une quarantaine de policiers est d’une quinzaine actuellement sans Chef de surcroît ; à Cinkassé à la frontière nord Togo- Burkina-Faso, d’une quarantaine avant, on est à une dizaine aujourd’hui.

            A Aflao, de la cinquantaine au départ, on se retrouve avec seulement une quinzaine. La situation n’est pas du tout reluisante dans les commissariats de l’intérieur du pays. A Mango comme à Elavagnon par exemple, on a moins de cinq policiers sans Chef. C’est plus que grave ce qui se passe. A quoi servirait-il de sécuriser une maison quand les entrées sont poreuses ? Il est opportun que la tendance actuelle observée au niveau des frontières et de certains commissariats soit inversée.

            Les 600 policiers recrutés et formés ne sauraient seulement rester à la capitale pour orner le décor. On estime qu’il serait de bon ton que les responsables en charge de la sécurité nationale prennent des mesures urgentes en vue de leur déploiement dans la quasi-totalité de nos préfectures.

            Là, ils pourront s’habituer à leurs nouveaux lieux d’affectation avant la tenue des élections législatives.

            On n’est pas dans les secrets de nos «messieurs» de la sécurité, mais à laisser perdurer la situation s’apparenterait à un OK donné aux bandits d’opérer en toute sérénité et ce qu’on craint est de voir le phénomène se transporter dans des localités de l’intérieur en manque d’agents de police.

            On n’a pas de leçon à donner à qui que ce soit sur la gestion des problèmes sécuritaires mais de par notre regard de profane, le constat fait mérite d’être pris en compte.

Khaled

 
Education : A quand la gratuité de l’enseignement primaire promise ?
Lorsque la course à la succession du président Gnassingbé Eyadema s’était engagée, les différents candidats à cette succession ont littéralement étouffé le peuple togolais de promesses de toute sorte, allant de la promotion de la femme à celle de la jeunesse en passant par la lutte contre la pauvreté, la modernisation de l’agriculture, l’amélioration du secteur sanitaire etc. Bref, toutes les bonnes intentions étaient au rendez-vous de la bouillante campagne électorale d’avril 2005 dont les Togolais garderont certainement le souvenir pour longtemps encore.

Mais une des promesses qui aura marqué les esprits et retenu la curieuse attention des Togolais, toutes couches socioprofessionnelles confondues est sans nul doute celle du candidat du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) M. Faure E. Gnassingbé de revaloriser l’éducation de base à travers la gratuité de l’école primaire sur toute l’étendue du territoire national.

            Près de deux ans après son accession à la tête de l’Etat, plus rien ne se dit sur le projet. L’homme et ses plus proches collaborateurs semblent même éviter soigneusement la question feignant s’atteler à d’autres priorités, qui n’existent que dans l’imaginaire de ceux qui les inventent.

            Jusqu’aujourd’hui, aucun projet de loi, à notre connaissance, ne se trouve en ce sens à l’Assemblée Nationale pour être adopté. Et dire que c’est justement le ministre en charge de l’enseignement primaire et secondaire, le « puissantissime » Komi Klassou Sélom qui fut directeur de campagne du président Faure Gnassingbé, il y a de quoi s’interroger sur la sincérité de cette promesse, sa chance d’aboutir ou du moins les bonnes raisons qui justifieraient qu’elle traîne encore.

            M. Sélom K. Klassou est bien connu pour sa négligence. Si une promesse de campagne de son candidat dans l’intérêt de son propre département a tout ce mal à se réaliser, cela signifie simplement que son incompétence est avérée dans la mesure où l’une des nombreuses qualités d’un directeur de campagne, c’est de savoir suivre aussi la réalisation des projets de son candidat.

            En la matière, l’Ouganda de Youwéri Muséveni se trouve être un bon exemple pour le RPT, l’Ouganda où l’enseignement secondaire vient de devenir gratuit après le primaire. Une leçon de respect de la parole donnée que doit retenir le président Faure Gnassingbé à défaut de savoir choisir des collaborateurs pleins de talent. Quant au peuple, il continue d’espérer que tous ces beaux discours de campagne ne seront pas de la poudre aux yeux, ni des paroles de démagogues.

Christian DAGBENEVA

 
Quand des étrangers font la loi au Togo :  Le propriétaire de magasin, le Chinois et le gendarme
C’est une histoire banale mais qui doit révolter toute bonne conscience. Le Togo est reconnu pour son légendaire accueil. Les étrangers se sont toujours sentis sur notre sol comme chez eux. Les Togolais n’ont pas à rougir de cela mais ils doivent plutôt s’en orgueillir car cela dénote de leur sens d’ouverture à autrui.

            Certains étrangers avec la complicité de nationaux font amalgame. Ils voient en ces étrangers des roitelets et sont prêts à tout pour faire triompher leur position. Il s’est produit un fait lundi dernier qui donne plus qu’à réfléchir.

            Ce vieux dont il s’agit dispose de magasins au cœur de la ville qu’il loue à ceux qui en font la demande pour le stockage de leurs marchandises. Il a été approché par des expatriés qui ne sont que des Chinois. Ceux-ci voulaient un magasin. Le propriétaire leur a signifié qu’un client a ses marchandises là-dedans et qu’il libérera le magasin sous peu. Pour avoir la certitude d’être les prochains locataires, les Chinois sans aucune contrainte ont versé un an de loyer au vieux. Le jour fixé, l’ancien locataire a effectivement libéré le magasin que les Chinois pourront occuper. Contre toute attente, ils reviennent sur leur assurance donnée et disent ne plus vouloir de ce magasin et réclament leur argent. Le propriétaire dans sa réponse a déclaré n’avoir plus le moindre sous à leur donner et leur a suggéré d’attendre qu’un autre preneur vienne pour leur restituer l’avance ou mieux il leur a demandé d’utiliser le magasin pendant 12 mois qui correspondent au montant versé. Niet fut la réponse donnée au vieux propriétaire du magasin par les chinois.

            Ne se reprochant rien, le vieux propriétaire a répondu à une convocation signée trois jours plus tôt qu’on lui remet à 15 minutes de l’heure de la convocation à la brigade territoriale de gendarmerie de Lomé.

            A toutes les explications avancées par le propriétaire de magasin c’est l’hermétisme de nos gendarmes. Le vieux fut gardé et on lui a collé l’étiquette « escroc ». Pour quelques espèces trébuchantes et sonnantes qu’on leur a promis, les gendarmes ont tout fait pour harceler, intimider le vieux. Ils jouaient au jeu de pyromanes, ces gendarmes. Nous avons eu cette impression qu’ils étaient en mission commandée en faveur des Chinois.

            Tout était prêt pour déférer le vieux innocent quand un magistrat a fait intrusion dans le dossier pour dire le droit et rétablir la vérité. C’est le lieu de rendre hommage à ce magistrat qui a fait honneur à sa tenue et à son serment.

            Voilà comment certains corps habillés de par leur zèle annihilent les efforts que déploient les autorités du pays en vue de l’instauration d’un Etat de droit.

A suivre...

C.R

 
Insécurité routière au Togo : Des radars de surveillance, une chimère de plus encore
Le constat est général et amer : nos routes tuent. Les accidents sur les routes togolaises sont devenus l’une des principales causes de décès enregistrés dans notre pays.

            En janvier dernier et face à l’ampleur des accidents sur nos routes, le conseil des Ministres s’est penché sur le sujet. D’après une communication faite par le ministre de la sécurité, le colonel Atcha Titikpina, il ressortait en substance ce qui suit :

            Sur un total de 895 accidents signalés, on a malheureusement dénombré 514 morts sur le champ

            L’axe routier le plus dangereux est la nationale N° 1 Lomé-Cinkassé avec à elle seule 183 accidents.

            Il y a donc péril et on ne saurait fermer les yeux sur le phénomène. D’ailleurs, nous ne sommes qu’en début d’année et les accidents se comptent par plusieurs dizaines dont celui du 24 janvier qui a vu le ministre Titikpina propulsé dans les ravins des montagnes de Bafilo.

            Conscientes de la situation, les chaînes de télévision et de radios ont inscrit des émissions dans leur grille de programmes pour sensibiliser acteurs et usagers des routes.

            Vendredi dernier donc, au cours de l’émission débat « Au cœur de la Nation » animée par le confrère Adri Gnassengbé, le thème ayant trait à l’insécurité routière a été choisi. De gros calibres ont été invités en vue de donner leurs points de vue et proposer des approches de solutions pour enrayer le mal.

            Les invités somme toute ont été à la hauteur de ce qu’on attendait d’eux. Mais un hic s’est glissé dans les approches de solution préconisées par le DG de la police nationale. Quelle ne fut notre surprise d’entendre le lieutenant colonel Mompion évoquer le projet de radars de surveillance sur nos routes. C’est là un canular de plus encore. D’après nos recoupements effectués, il ressort que seule la ville sud-africaine de Johannesburg dispose de cet onéreux dispositif.

            Pour le coût, on se garde par bienséance d’esquisser tout calcul. La sécurité n’a pas de prix, dit-on souvent. Mais c’est tout de même bizarre qu’on pense à un tel projet pour un pays exsangue économiquement comme le nôtre. Hormis le coût il faut penser au personnel à former et tout le désagrément que viendrait à causer au matériel les fréquentes coupures de courant. C’est sûrement aller chercher une solution qui est en déphasage total avec nos réalités et nos moyens.

            Pourquoi ne renforcera-t-on pas les pouvoirs et les moyens des brigades de polices routières ? Les policiers et gendarmes chargés de nos routes, investis des pleins pouvoirs, pourront mener un combat sans merci contre ces chauffards qui pullulent sur nos routes. Les contrôles des états des véhicules et autres pièces devront se faire dans la rigueur et sans complaisance.

            En investissant ces agents chargés de la surveillance de nos routes des pleins pouvoirs, il faudrait aussi mettre l’accent sur les moyens notamment sur ceux de la communication et des matériels roulants.

            Voilà des approches plus appréhensibles. C’est ce qu’on appelle du concret et faisable sans nécessiter de colossaux moyens contrairement aux fameux radars proposés parle le D.G au cours de cette émission.
TMH

 

 

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