|
Dans ce dossier, chacun y va de sa vérité et si on
le veut bien on trouvera les vrais mobiles qui
irritent tant les commerçantes du marché d’Adawlato.
Malheureusement à tort, on pense que les œufs à
casser pour la mayonnaise tant souhaitée dans nos
marchés se trouvent être les membres du comité de
gestion et le ministre de l’Administration
territoriale qui est en même temps président du
Conseil d’Administration de l’EPAM.
En vue donc de rester solidaires de nos mamans,
sœurs et épouses, notre rédaction a tenté de
diligenter une investigation sur le terrain afin de
relayer leurs préoccupations. Le constat auquel nous
sommes parvenus est effarant et ne reflète pas du
tout la réalité telle qu’évoquée à la seule fin de
créer l’événement.
Nous vous convions à partager avec nous ce qu’il en
est exactement et qui déchaîne la passion plutôt que
la raison.
Une part de vérité
Pour mieux décrypter la situation qui prévaut en ces
lieux, il faut retourner en arrière dix ans plus
tôt. En effet, il y a plusieurs années déjà, les
responsables de la gestion des marchés avaient signé
un partenariat avec les bonnes femmes d’Adawlato.
Ces dernières devraient investir dans la
construction de boutiques. Ce qui fut fait. Lesdites
boutiques d’après les accords sont une propriété de
l’EPAM mais en vue de permettre aux femmes d’amortir
les frais engagés dans les travaux de construction
de ces boutiques, ces femmes liées par ce contrat
devraient pendant dix bonnes années être exemptées
des frais de location mais payeront une taxe
d’occupation de 6.300 F CFA par mois.
Le temps avance bien vite et depuis la signature de
ce contrat il y a dix ans déjà avec l’ancienne
administration de l’EPAM, c’est de droit que les
boutiques reviennent à l’EPAM.
Pour peu que l’EPAM veuille rentrer dans ses droits
dans la légalité par rapport aux clauses du contrat
prises il y a dix ans, les femmes trouvent pour se
dédouaner que le comité de gestion a procédé à des
augmentations allant de 200% à 300% sur les prix du
loyer des boutiques. On va contre toute éthique
taxer ces humbles serviteurs de l’EPAM de « criminels ».
Où est le sérieux ? Et quelle éducation donner à nos
enfants si on n’a pas ce respect de l’autre.
Depuis 1990, le Togo s’est engagé sur l’irréversible
voie de la démocratie et du respect des droits
humains et cela ne saurait prendre corps qu’en
respectant nos engagements pris librement.
L’EPAM n’invente rien, il ne gagne absolument rien
en optant de faire du mal à ces braves mamans. C’est
tout simplement une question de mauvaise foi. Ceux
ou celles qui jouent aux pyromanes en se laissant
émouvoir pour peu doivent arrêter ce jeu périlleux.
Autres tristes réalités
Dans cette affaire de boutiques pour lesquelles on
est prêt à tout, il y a des réalités pas très
faciles à assimiler. D’après nos recoupements, les
étrangers ou tout au moins la majorité d’entre
ceux-ci ont loué leur boutique auprès de nos
mamans, de nos sœurs et de nos épouses et non auprès
de l’EPAM. Les boutiques pour lesquelles elles
crient au scandale et refusent de payer 20.000 voire
25.000 CFA sont louées par nos mamans censées les
occuper à des étrangers pour 100.000, 130.000 ou
150.000 F par mois. Ce qui veut dire qu’elles tirent
un réel profit de ces boutiques louées aux
étrangers.
D’ailleurs une femme commerçante approchée, très
amère, s’exprimait ainsi : « J’exerçais dans
cette boutique depuis plusieurs années déjà. Un beau
matin, ma sœur togolaise propriétaire de la
boutique, sans préavis vient me signifier de vider
la boutique parce qu’il y a un preneur étranger qui
offre plus du quadruple de ce que je paye ».
Voilà la triste réalité. Les boutiques sont un bien
de l’Etat mais ces femmes qui ne sont que des
locataires imposent le coût et le délai de location
à l’administration qu’est l’EPAM. Le comble, c’est
que chaque occupante veut en disposer à vie comme si
elles disposaient du titre foncier du terrain sur
lequel sont bâties ces boutiques.
A propos des tickets, elles menacent de ne plus en
payer et au même moment elles veulent une
amélioration des conditions des agents et un
meilleur entretien du marché, c’est ce qu’on
appelle, vouloir une chose et son contraire à la
fois.
Voici un peu présenté le plat qu’on voulait nous
faire avaler à chaud. La vérité mérite d’être dite
même si on doit faire mal à certains.
CR |