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Courrier de la République

7 fevrier 2007

[ 23 : du 5 fevrier 2007]  
Les barons, ces mal aimés

Les raisons

            Les barons sont ces personnes qui ont ce pouvoir dans des domaines bien spécifiques. Au Togo, l’étiquette de baron est collée à tous ceux-là hauts perchés qui ont eu des accointances avec le régime. Ces personnes appelées « barons » ont un réel pouvoir de décision dans la localité dont elles sont issues et sont comme ces passerelles entre les populations et le Chef de l’Etat. A partir de cette puissance qui leur est donnée par leur proximité avec le chef de l’Etat et ce pouvoir financier dont ils disposent, ces barons en ont fait un usage aux excès et ont de ce fait frustré voire étouffé toute nouvelle émergence. Celui qui a fait de ces individus s’en est allé un matin du 05 février 2005, mais les barons restent tout puissants et n’entendent pas jouer les derniers rôles.

· Qui est appelé baron ?

            Aux lendemains de sa prise de pouvoir, un noyau s’était formé autour de feu président Eyadema pour l’accompagner dans ses nouvelles charges. On les appelle les fidèles des fidèles. Ils donnaient leurs points de vue et avaient pour mission de rallier la population à la cause du régime. Ils ont tant bien que mal joué le rôle qui était le leur. Ces barons avaient droit de vie et de mort sur ceux qu’on peut appeler les « sujets ». Ce groupe très restreint au début s’est considérablement agrandi avec l’émergence de nouveaux cadres du parti. Ces nouvelles émergences  ne se sont pas faites sans friction. Il faut avoir la force et le courage pour risquer le premier pas dans ce qui peut s’avérer une jungle impitoyable. C’est toute une stratification. Les barons n’ont pas la même envergure. Ceux qui sont proches du vieux ont à leur tour au niveau des préfectures, des cantons et villages leurs hommes de mains qui leur permettent d’asseoir durablement leur hégémonie sur les autres.

· Quand on dévie de l’idéal.

Le président Eyadema en faisant de ces personnes des proches collaborateurs n’avait pas eu cette idée de fabriquer des machines à brimer. C’était dans la seule optique de l’aider à assurer le bien être des Togolais  partout où ils se trouvent. Il ne pouvait à lui seul tout faire. Les barons seront les courroies de transmission entre les populations et lui. Malheureusement ces hauts perchés vont dévier de cette mission première à eux confiée.

      La plupart d’entre eux se constitueront en bourreaux de leur population. Ils deviennent comme ces roitelets par qui le bonheur des autres devra nécessairement passer. Ils n’ont rien mis de  côté pour assurer la descente aux enfers de leurs frères et sœurs.

Ces barons, dans ce désir de maintenir sous leur coupe tout ont brimé. La délation, le mensonge et  tout ce qui peut nuire ont été mis en avant pour retarder toute nouvelle émergence. Si aujourd’hui le RPT connaît un sérieux problème sur le terrain, c’est par rapport  aux vils actes posés par lesdits barons. Ils prennent des initiatives mais pour donner un certain poids à celles-ci, ils se réfugient derrière un prétendu ordre venant du parti ou de son président. Qui peut vérifier cela ? Petit à petit de par leur manière, ils ont forgé des aigris qui aujourd’hui veulent leur régler des comptes. C’est la guéguerre qui s’observe au sein du parti actuellement.

Ayant échoué dans leur mission, les barons n’entendent pas du tout voir émerger de nouveaux cadres prêts à prendre le flambeau. Ils oeuvrent à visage découvert, usant de leurs colossaux moyens pour tout mettre à leur pied.

· Une reconversion s’impose

Tout évolue et nous devrons vivre suivant ce rythme. Le Togo n’est pas le même qu’il y a quelques années. A la faveur du vent de l’Est, certains barons pensaient à tort que tout allait prendre fin pour eux. D’autres pour se trouver dans de nouvelles grâces ont quitté leur ancien navire pour rallier celui de l’opposition. Ils ont été sans grincement de dents acceptés mais ils ne joueront pas les premiers rôles parce qu’on les soupçonne d’espions. Ceux qui n’ont pas fait défection ont été rétribués comme cela se devait par feu président Eyadema. Ce qui leur a conféré un pouvoir dont ils se servent aujourd’hui  aux excès.

            Avec le nouveau Chef de l’Etat, loin de les voir jouer les derniers rôles, ils se font incontournables par rapport au rôle qu’ils ont joué aux lendemains de la disparition du président Eyadema. Au fur et à mesure que le temps avance, de peur de les frustrer, le président Faure fait d’agréables signaux  en leur direction. C’est cela le rôle d’équilibre que le Chef de l’Etat devra jouer.

            Il s’avère important à cette heure de grands chamboulements que les barons  acceptent d’avoir fait leur temps et passer le témoin à la nouvelle garde d’ailleurs pétrie de talents. On ne saurait mettre au devant des fois cette histoire d’expériences, pour fustiger cette soif des jeunes à percer elle s’acquiert  à force de travailler.

            Pour conclure, on dira tout simplement que ce serait une véritable bourde pour le RPT que de positionner ces messieurs décriés des leurs aux prochaines élections législatives. Ils seront purement et simplement sanctionnés et le parti en prendra un terrible coup. Que le RPT essaye et il va voir !

Ben TCHAK

 
Le 05 février 2005 mourait le président Eyadema : Rappel des derniers instants du grand « baobab de Pya »
Deux ans déjà que le « robuste baobab » de Pya a quitté ce bas monde mais beaucoup refusent encore d’admettre cette réalité. Le président Eyadema a fait partie intégrante de la vie des Togolais que le vide qu’il a laissé ne saurait jamais se combler. Deux ans après ce qu’il convient d’appeler la « catastrophe nationale », les Togolais de tous les bords pleurent encore cette force de la nature.

Oui, on le pleure pour son immense apport, son sacrifice permanent pour faire du Togo ce qu’il est aujourd’hui. Quoiqu’on dise, Eyadema était un grand patriote. Il fait partie de ces Togolais qui aiment leur pays et qui sont prêts à mourir pour lui.

C’est tout à fait légitime qu’on se rappelle de cet homme pour lui rendre un vibrant hommage par rapport à l’immensité de son œuvre.

Eyadema avant le 05 février 2005

Le président Eyadema avant cette date du 05 février, faisait transparaître de réels signes de fatigue. Il n’était plus ce robuste baobab qui tenait tête aux violents vents. Le décès de son frère aîné Kabissa sera un coup de ce choc auquel, Gnassingbé Eyadema n’a pu se remettre. Au défilé du 13 janvier, le dernier qu’il a présidé, le général Eyadema diminué mais en bon militaire,  a joué son rôle de chef des armées à travers sa réponse aux honneurs qu’on lui donnait. Après cette communion entre lui et son peuple, Eyadema sera évacué le 14 janvier 2005 en Suisse pour un bilan de santé. Il ne passera pas un long moment en territoire helvétique. Le général reviendra présider aux obsèques de son frère Kabissa décédé quelques jours plus tôt (03 janvier 2005).

Habitué à un infernal rythme de travail, Eyadema d’après les témoignages ne suivra pas le rythme que ses médecins lui ont imposé. Il enchaîne les audiences et même assiste au milieu de ses pairs de la CEDEAO à un sommet à Abuja au Nigeria sur la crise ivoirienne.

Sûrement que c’est la dépense de trop d’énergie qui aura raison définitivement du fragile état de santé du baobab de Lomé II. Les derniers termites sont en train d’avoir pour la première fois raison des grosses et profondes racines du baobab.

05 février 2005,  jour de la « catastrophe nationale »

La veille, c’est-à-dire le 04 février, rien n’allait plus, les médecins soignants et la famille s’affairaient autour du président trop mal en point. L’idée d’évacuation en direction d’une grande formation sanitaire devenait certaine. Il faut chercher un avion approprié pour un pareil cas. Malgré les efforts affichés de part et d’autre, vaines seront les recherches. Le Boeing présidentiel sera mis à contribution pour cette délicate évacuation.

Au petit matin du 05 février, l’évacuation a été décidée. Sur les quelques visages présents à l’aéroport qui porte avec fierté son nom aujourd’hui, se lisaient l’anxiété et le désespoir.

Pour la première fois depuis 38 ans de son règne, c’est sur une civière que le président Eyadema se couchera pour monter à bord de l’avion présidentiel. Les fidèles présents ne verront plus jamais ce geste plein de chaleur en guise de communion avec son peuple qu’est cette salutation habituelle du président après la montée de la passerelle de son avion.

Le glas est en train de sonner pour le père de la nation, cet infatigable combattant de la paix pour son pays, pour l’Afrique et le monde entier.

Le Boeing présidentiel a déchiré la pénombre matinale et le calme qui régnait sur la capitale Lomé pour Tel-Aviv en Israël. Pendant cette folle course contre la montre, le président Eyadema lui sur son lit médicalisé du Boeing luttait contre la mort. Malheureusement, celui qui a toujours frôlé la mort,  qui a aussi à plusieurs reprises côtoyé la mort s’en irait en apesanteur au dessus du désert tunisien de Tamanrasset.

Eyadema sera reconduit quelques heures plus tard dans son village natal. La nature a fait parler d’elle comme pour s’associer à ce douloureux événement qui frappe le Togo dans son ensemble. Un grand vent a soufflé sur la région de la Kara à l’arrivée du corps à l’aéroport de Niamtougou.

C’est le signe de la fin des grands hommes. Et Eyadema en était effectivement un pour le Togo et pour l’Afrique. Que la terre continue de lui être légère !

Ben TCHAK

 
Deux ans après la subite disparition du Président Eyadema : Ce qui a bien changé au Togo 
« Le président est mort, vive le président !» peut-on se permettre de dire.
La nouvelle de la disparition du président Eyadema a occasionné un sentiment de peur généralisée à travers le pays. La stupeur a été très forte sur ce qui devait advenir au pays après cette mort. Ces sentiments d’angoisse s’expliquent plus aisément quand on sait que pendant près de quatre décennies, Eyadema a fait partie intégrante de la vie des Togolais à un haut point. La majeure partie de la population n’a connu pour chef que cet homme.

Suite donc à ce subit décès, pour des raisons qui sont propres à certaines personnes, le pays a basculé dans un cycle inexpliqué de violence. Dieu merci, la raison et le bon sens ont pu germer dans les cœurs des Togolais à la place de la passion. Le pire a été évité de justesse.

Aujourd’hui, soit deux ans jour pour jour après cette date de la disparition du « Père de la Nation », il ne serait pas superflu d’oser une analyse du chemin parcouru ensemble par les Togolais, les réels efforts qui ont été faits par les premiers responsables du Togo et ce qu’il faut attendre des fils et filles du pays pour l’édification d’une nation forte, prospère et respectée.

* Le Togo aujourd’hui

Le président Faure E. Gnassingbé après la présidentielle d’avril 2005, a récupéré son fauteuil qu’il avait laissé deux mois plus tôt. Conscient donc de la déliquescence avancée du tissu social, celui-ci n’a pas mis du temps à faire de la réconciliation entre les fils et filles du pays sa priorité. Tous les actes que pose le chef de l’Etat vont dans le sens de l’apaisement. Le gouvernement mis sur pied après la présidentielle d’avril répond à cette volonté d’associer les responsables politiques de quelque bord qu’ils aient appartenu à la gestion des affaires publiques du pays.

Ceux qui ont accepté la main tendue ont travaillé dans ce sens et les autres qui ne se sont pas sentis intéressés vont jouer aux critiques de l’action gouvernementale. Le président Faure fera de l’aboutissement des 22 engagements son affaire. A maintes reprises, il a eu à rencontrer les leaders des partis politiques d’opposition. Ce qui semblait impossible s’est réalisé. Signe tangible que le pays vit une autre époque, les leaders de l’opposition interviennent librement sur les médias d’Etat.

Des concertations se poursuivront pour aboutir le 20 août dernier à la signature de l’Accord Politique global à Lomé. Tous les partis y compris l’UFC ont accepté de se donner un nouveau cadre dans lequel va évoluer le pays.

L’APG, donnera lieu le 20 septembre 2006 à la nomination d’un nouveau premier ministre. Me Agboyibo Madji Yawovi formera son gouvernement et seule l’UFC de Gilchrist Olympio boudera ce choix. Cependant les portes du gouvernement ne sont pas pour autant fermées. On a attendu une volte-face de l’UFC en vain de ce côté.

S’agissant du volet économique, ces avancées significatives sur le plan politique auront d’heureuses répercussions dans nos relations avec nos partenaires en développement notamment l’UE et le FMI. Les fonds gelés pour « déficit démocratique » ont été débloqués (9e FED) et la confiance se rétablit entre ces institutions et notre pays.

Les législatives prévues pour juin prochain après quelques piétinements dus à certains calculs semblent irréversibles et l’adoption du nouveau code électoral par l’Assemblée nationale illustre la mise en branle du processus.

Ce n’était pas du tout évident de réussir à avoir tous ces acquis en un temps record par rapport à ce qui a suivi le décès du président Eyadema. Des pas de géants ont été faits et rien ne saurait freiner ce bel élan.

Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que le Togo n’est plus le même qu’il y a deux ans. Le président Eyadema a essayé mais la résistance a été forte et les autorités actuelles ne font que parachever l’œuvre entamée par feu Eyadema. Réussiront-elles ? Seul l’avenir nous le dira !

TMH

 
Match international amical Togo –Cameroun : Le faux pas n’est pas permis
Une victoire pour l’honneur du nouveau bureau de la FTF
Battus au Mali pour le compte  de la deuxième journée des éliminatoires CAN 2008, les Eperviers rechaussent les crampons cette fois-ci dans un tout autre cadre. Il s’agit d’une rencontre internationale amicale contre le Cameroun.

A la dernière CAN en Egypte, les Eperviers et les Lions Indomptables s’étaient retrouvés dans la même poule. Malgré la hargne de vaincre qui les avait animés, ils courberont l’échine devant les coéquipiers de Samuel Eto’o par 2 buts à 0 à Accra. Les Camerounais ont donc pris leur revanche sur les Togolais qui les avaient battus par 1 but à 0.

            La rencontre amicale du 07 février sera d’un très haut niveau. Les deux équipes n’entendent pas se faire cadeau. Rien qu’en jetant un regard sur la liste des deux formations, ça va chauffer.

            Le faux pas des Eperviers ne sera pas du tout digéré par le public sportif togolais. Ceux-ci jouent à domicile et à ce titre, ils devront se faire respecter en battant les Camerounais qui ont toujours eu la grosse tête. D’après des sources, la fédération a monté la barre très haute pour que cette rencontre soit possible. Cent millions de nos francs pour le Cameroun et en plus de cela, l’hébergement et les autres charges seront payés par la FTF. Une bonne prestation des Eperviers atténuera à coup sûr le poids de ces engagements.

            Si le Togo battait le Cameroun, il soignera son classement FIFA et cela sera de tout honneur pour le nouveau bureau de la FTF que dirige M. Avlessi Tata.

            Le mercredi 07 février prochain, il ne fait l’ombre du moindre doute que le stade va faire son plein,  les deux formations nous gratifient d’un beau football et qu’au finish, les supporteurs et le nouveau bureau quittent le stade le sourire aux lèvres.

            Dans ce désir de voir les Eperviers gagner la rencontre, on omet un autre aspect non moins important : qui va assurer le coaching ?

T. M. H.

 
Choix du sélectionneur : Pourquoi tient-on tant à Keshi?
Au sein de la nouvelle équipe dirigeante de la FTF, on pense bien que le coach Stephen Keshi a été victime d’une grande injustice qu’il faut absolument réparer. Nous avons toujours en mémoire le sort peu glorieux qu’on a réservé au technicien nigérian du retour de la CAN en Egypte.

Certains pour se dédouaner de tout avaient fait porter l’entière responsabilité à Keshi. Ce dernier a accepté présenter ses sincères excuses et a même demandé qu’on lui accorde une chance pour rectifier le tir mais c’était peine perdue. Il a été viré et remplacé par le vieux Otto Pfister qui a lui aussi montré ses limites de par les frasques dont il nous a gavé à satiété en Allemagne.

            Le président Avlessi Tata n’a pas en idée de narguer qui que ce soit et encore moins de créer une tension au sein de l’équipe dirigeante de la FTF. Le temps presse et les échéances à venir s’annoncent décisives. Il faudrait quand même aller droit à l’essentiel et surtout en gagnant beaucoup de temps.

            Stephen Keshi ne se perdra pas dans les sinueux labyrinthes du football togolais. Il usera de ce qu’il sait et des erreurs du passé pour corriger le présent si on venait à le choisir.

            Il est grand temps qu’on cesse de tourner en rond. Il faut aller droit à l’essentiel afin de donner à la jeunesse ce qui explique sa seule raison d’être, le football.

Khaled

 

 

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