|
La raison principale invoquée est que Telecel n’a pas obtenu l’autorisation de l’Autorité de
Réglementation du secteur des postes et
télécommunications avant de s’allier avec l’opérateur
Etisalat. Le même communiqué précise que l’apparition de
MOOV est une violation de la réglementation parce que
synonyme d’une substitution d’opérateur. A toutes fins
utiles, nous publions pour nos lecteurs le communiqué
en encadré.
Ce communiqué, avons-nous dit, a soulevé
un véritable tollé parce que les Togolais appauvris et
paupérisés par la crise politique et économique qui
paralyse notre pays, veulent exprimer leur ras-le-bol
face aux abus de Togocel, une société d’Etat qui en fait
voir de toutes les couleurs à ses clients.
On se rappelle que dans notre édition N°
580 du 18 au
22 décembre 2006, nous avions eu à dénoncer les travers
de Togocel dans un article intitulé «Téléphonie
cellulaire, Togocel méprise ses abonnés et triche».
C’est à dessein que nous avions mis ce titre somme toute
par euphémisme parce que nous aurions pu corser
l’article pour évoquer la réalité de la situation que
vivent les clients. Nous ne voulons pas nous en prendre
au fond du communiqué en question. Que Telecel ait agi
en violation des règles, nous ne sommes pas là pour le
contester. Mais qu’un communiqué soit publié pour
suspendre un travail de promotion lancé par Moov dont
les Togolais sont les premiers bénéficiaires, à savoir
un service de communication très performant, la baisse
du coût des impulsions, etc, il y a un pas de trop.
L’offensive commerciale de Telecel fait le
plus grand bien aux Togolais. Ce qui par contre nous
préoccupe, c’est la forme de l’intervention du
Ministère. La brutalité du communiqué nous amène à nous
poser certaines questions, à savoir : a-t-on déjà
exploré toutes les voies de négociation ? A-t-on déjà
donné une sommation qui a essuyé une fin de non
recevoir. Si ce n’est pas le cas, pourquoi a-t-on tenté
brutalement d’arrêter les services de Telecel Moov ? Et
si cela venait à se faire, qui en sera le plus grand
bénéficiaire ?
Naturellement, ce ne sera pas les
Togolais. C’est pourquoi beaucoup d’observateurs voient
derrière ce communiqué, la main de Togocel qui risque
d’étouffer face aux grands moyens déployés par son
concurrent. Nous-mêmes au «Combat du Peuple» n’avons pas
hésité à franchir le pas pour dire que ce communiqué est
le reflet d’une concurrence déloyale. Nous pouvons avoir
tort en pensant ainsi. Mais c’est ce que tout le monde
pense. Car dans un pays comme le nôtre, lorsque des
sociétés, qu’elles soient togolaises ou étrangères
innovent et agissent dans l’intérêt des populations en
général et des plus pauvres en particulier, on ne
saurait décider de leur suspension sans avoir exploré au
préalable, les voies de négociation. Moov agit dans
l’intérêt des Togolais. C’est du concret. C’est du
palpable. Nul ne peut en douter.
Dans notre pays, plusieurs expériences
nous ont montré que lorsqu’une société se trouve en
situation de monopole, elle a toujours abusé de sa
position. A preuve, les premiers clients de Togocel ont
payé plus de
139.000 F CFA pour leur abonnement. Aujourd’hui, le même
abonnement se fait à 2.500 F CFA à cause de la
concurrence qui a provoqué cette baisse.
Au train où vont les choses, Togocel est
en passe de perdre son leadership. Cette société qui
étale piteusement son incapacité à faire face aux
demandes de ses clients est devenue un géant aux pieds
d’argile.
Quant à l’Autorité de réglementation des
postes et télécommunications qui, sûrement, serait à
l’origine de ce communiqué, il y a lieu d’appeler
l’attention de son Président, M. Palouki Massina, sur
une chose. La loi ou les règlements ne doivent pas
s’appliquer qu’aux autres. Si nos informations sont
exactes, le responsable de cette institution de l’Etat
ne doit pas faire plus de deux mandats consécutifs. M.
Massina, à notre connaissance, a déjà fait plus de deux
mandats mais il reste encore en poste. Pire, il a été
nommé Secrétaire Général du Gouvernement. Néanmoins, il
cumule les deux postes en violation flagrante des
textes. Au lieu de harceler une société qui ne veut que
du bien aux Togolais, M. Massina doit mettre de l’ordre
dans sa maison. On nous parle d’une gestion financière
opaque à l’Autorité de réglementation. Le Ministre
délégué à
la Présidence de la République chargé de l’Equipement,
des Transports, des Postes et Télécommunications et des
Innovations Technologiques doit se pencher sérieusement
sur ce cas pour assainir la maison.
Enfin, pour terminer, nous sommes heureux
de constater que la menace que constitue ce communiqué
n’est finalement qu’un coup d’épée dans l’eau. Nous
sommes persuadés que les responsables de Moov réagiront
avec diligence pour régulariser leur situation si
régularisation il y a. Car une fois encore, nous le
disons et le répétons, on n’arrête pas le progrès.
C. P.
|
|
Au terme des travaux, M. Solitoki Esso a été élu
Secrétaire Général. Il faut dire à ce sujet que
l’élection de M. Esso à ce poste est une bonne chose
parce que l’homme, même si on le qualifie de barons, a
une forte expérience de la vie du parti. Il est connu
pour sa rigueur. A notre connaissance, c’est quelqu’un
qui aime le travail bien fait. Nous lui faisons
confiance en espérant qu’il s’investira pour moderniser
et redynamiser le RPT, une grosse machine qui a besoin
d’un nouveau souffle. La tâche sera rude, mais nous
espérons qu’il aura le courage de rompre avec les
pratiques archaïques du passé.
S’agissant du discours de clôture prononcé par le
Président Faure Gnassingbé, il faut reconnaître qu’il
manque une rupture avec la gueule de bois habituelle qui
a trop souvent caractérisé le RPT.
Faure Gnassingbé a prononcé un discours de vérité qui
n’a laissé personne indifférent.
Que ce soient nos frères de l’UFC ou même les
responsables du RPT, chacun en a pris pour son grade.
L’important c’est de ne pas continuer à tromper le
peuple, mais c’est de l’éclairer et d’appeler les choses
par leur nom.
Naturellement, il y aura toujours des commentaires pour
ou contre la vision du Président. C’est aussi cela la
démocratie. En tout état de cause, les jeux sont
désormais clairs. Chacun doit jouer sa partition et la
suite nous édifiera.
Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions
Rodrigue
|