Dans notre précédente édition, C.P. N° 529 du 19 au 23 décembre 2005, nous avions repris
pour nos lecteurs un article de La Lettre du Continent publié
sous le titre « France/Afrique – Bolloré-Dupuydauby : l’affrontement ».
Par cette publication nous avions voulu administrer la preuve une fois encore,
si besoin est, que Dupuydauby n’est qu’un usurpateur, quelqu’un qui joue son
propre jeu et qui se moque de tous. Ce que nous reprochons à cet homme, c’est
de mener tout le monde en bateau. C’est de tromper les plus hautes autorités
de notre pays et de spolier ses propres chefs. Nous avions dit et répété au
défunt Président Eyadema que Dupuydauby fait des promesses dont il n’a pas les
moyens. En somme, il veut cuire la tortue avec le jus de la tortue selon une
formule de chez nous.
Au moment où notre pays est aux prises
avec d’énormes difficultés économiques et financières, nous ne saurons nous
taire sur les agissements d’un vautour qui a tissé partout ses tentacules et
qui visiblement, par une habilité diabolique, a mis beaucoup de personnes dans
sa gibecière.
L’un de ces derniers faits d’arme était de
gruger son patron bienfaiteur Bolloré dont il s’est servi pour s’implanter au
Togo.
Mal lui en prit puisque Bolloré qui n’est
pas tombé de la dernière pluie a réagi et saisi la Justice togolaise.
Malheureusement notre justice, après avoir, dans un premier temps, condamné
Dupuydauby, a reçu des pressions et a fait marche arrière. Mais ce n’était que
partie remise. L’affaire est toujours pendante devant deux juridictions. Le
dossier-mère doit être tranché le 30 décembre courant pour le Président du
Tribunal de Lomé. L’aspect relatif à la saisie conservatoire relève de la Cour
Suprême qui tarde à faire diligence.
Dans ce dossier Dupuydauby, nous avions
mené des investigations de fond pour connaître ce qui oppose le Groupe Bolloré
à Dupuydauby.
En juillet dernier, le Groupe Bolloré
avait déclaré qu’il faisait confiance à la Justice togolaise pour que le
détournement dont il est victime soit condamné et qu’il récupère la possession
de ses actions de sa filiale PII Sa dans SE2M et SE3M. Ainsi le Groupe
Bolloré pourra assurer la gestion directe de ses filiales SE2M et SE3M en vue
de mener une politique de développement du Port de Lomé en matière
d’infrastructures portuaires.
De quoi
s’agit-il ?
Ce dossier touche
au droit des sociétés. Il est traité par la Justice togolaise. Où en est le
dossier ? Comment la Justice togolaise traite-t-elle l’avenir des Sociétés
essentielles à l’activité économique de notre pays dans un contexte où il est
évoqué des détournements d’actifs, la vente illégale d’actions par un employé
indélicat, un détournement des matériels de SE2M au profit d’une société
dénommée CEOP qui refacture à SE2M le matériel qui appartient à SE2M ? etc.
Le Groupe Bolloré, lésé dans cette
affaire, a introduit dès le mois de Mai 2005 une action en Justice pour
obtenir des mesures conservatoires en attendant le Jugement au fond.
Il se trouve que depuis le mois de mai
2005, la Justice togolaise, paradoxalement, n’a pas daigné autoriser ces
mesures conservatoires parce que Dupuydauby lui-même, Avocat de son état, a
utilisé de multiples procédures dilatoires avec l’appui de hautes
personnalités qui, depuis le sommet de l’Etat, exercent de fortes pressions.
Ainsi le dossier est bloqué depuis le mois de juin 2005 à cause du sursis
accordé par la Cour Suprême.
Comment peut-on expliquer que des actions
urgentes pour obtenir des mesures conservatoires soient bloquées pendant des
mois au risque de compromettre la situation financière d’une des entreprises
les plus importantes du Togo ?
Si finalement des malversations sont
commises ou prouvées, ce qui risque d’être le cas, vers qui pourra-t-on se
retourner ? Vers ceux qui auront commis les malversations et qui auront
certainement pris la fuite ou vers ceux qui auront permis les malversations ?
C’est-à-dire ceux qui auront donné aux personnes malhonnêtes le temps de
commettre leurs forfaits et quitter le pays ? En clair, il s’agit des Juges
qui refusent de faire leur travail et leurs complices.
Au jour d’aujourd’hui où en est l’action
au fond initiée également en Mai 2005 ? A ce niveau aussi le dossier traîne.
Si Dupuydauby se savait dans son droit, pourquoi ferait-il traîner les actions
en Justice ?
C’est le lieu d’expliquer les raisons de
la plainte de Bolloré sur la revendication de la propriété des actions dans
SE2M. Le Groupe Bolloré demande simplement à la Justice de se prononcer au
regard des informations et des preuves apportées à la Justice.
En revanche, Dupuydauby met des entraves
pour que la Justice ne puisse se prononcer, mais n’apporte lui-même aucune
preuve de la légalité de la vente qu’il a organisée (en tant qu’employé du
Groupe Bolloré). Il s’agit des ventes des actions PII Sa (filiale du Groupe
Bolloré) dans SE2M et SE3M à une Société homonyme dénommée PII Luxembourg dans
laquelle Dupuydauby possède des intérêts personnels.
Si Dupuydauby ne peut pas apporter la
preuve de la légalité de la vente, c’est que cette vente est illégale.
Pour notre part, nous avons réuni des
informations sur ce dossier qui est pendant devant la Justice depuis des mois.
En réalité, quand on parle de vente, il y
a toujours un contrat de vente et un paiement. Nous avons vu le contrat de
vente et les clauses qui y figurent. Le prix de vente est fixé unilatéralement
par l’acheteur puisque Dupuydauby est en même temps le vendeur et l’acheteur.
Pire, il n’a d’ailleurs pas l’intention de payer, car les modalités de
paiement qui sont portées sur le contrat sont tout à fait étonnantes. Il est
ainsi prévu que se fera :
- le paiement de 50 % du prix des actions
«à l’issue des scrutins présidentiels et législatifs à venir annoncés par les
autorités togolaises
- le versement du solde du paiement des
actions «dès le retour à une situation normalisée entérinée par la reprise des
aides de la Communauté Européenne en faveur du Togo».
Comment les modalités de
paiement d’un contrat de vente peuvent-elles être subordonnées à l’issue des
scrutins présidentiels et législatifs ou à «une situation normalisée entérinée
par la reprise des aides de la Communauté Européenne au Togo» ?
Comment peut-on
comprendre quelque chose à ces contorsions sauf qu’il s’agit d’un acte posé
par un truand de classe exceptionnelle ?
Ainsi donc. Dupuydauby profite de Sociétés
qui ne lui appartiennent pas sans même prétendre en payer le prix des actions.
Il est impensable que la Justice togolaise
puisse définitivement entériner une telle situation de non-droit.
Il est scandaleux que la Justice togolaise
puisse permettre à Dupuydauby et ses acolytes de légaliser une spoliation
manifeste des biens d’autrui.
Comme on le voit, en définitive,
Dupuydauby et ses acolytes-complices ont intérêt à ce que la réconciliation
des Togolais ne se fasse jamais et que le Togo ne renoue jamais avec la
Communauté Internationale puisque ainsi ils n’auront jamais à payer le prix
prévu dans ce scabreux contrat de vente fait par Dupuydauby à son propre
profit.
C’est d’ailleurs le risque que court notre
pays le Togo si une telle situation de non-droit est confirmée et qu’une des
entreprises les plus importantes du Togo reste dans une situation illégale
plus longtemps. Dans le contexte actuel, Dupuydauby a tout intérêt à se donner
des moyens de toutes sortes pour provoquer et entretenir des troubles
sociopolitiques dans notre pays. En tout cas, il a tout à y gagner et rien à
perdre.
En s’intéressant plus attentivement au
dossier, on s’aperçoit que Dupuydauby et ses acolytes jouent un jeu dangereux
pour le Togo et qu’au plus fort des événements dramatiques qu’a vécu notre
pays en 2005 ils auraient diffusé des fausses informations de nature à ternir
le processus électoral à l’extérieur et faire douter de la conduite du
processus électoral et de l’issue du scrutin présidentiel.
A preuve, Dupuydauby a déclaré le 28 Mars
2005 ‘‘compte tenu du récent décès du Président de la République togolaise et
des graves émeutes ayant récemment eu lieu dans cette République, le personnel
expatrié au Togo de SE2M et SE3M était particulièrement vulnérable face aux
autorités de ce pays et qu’il ne devait en aucun cas être exposé à un risque
politique».
Il a convoqué le 28 Mars 2005 un Conseil
d’Administration de SE2M et SE3M pour le 30 Mars à Séville en Espagne en
raison des circonstances politiques que traverse le Togo (cf. Courrier de SE2M
et réponse du Port Autonome de Lomé (PAL) (voir fac similé).
Comment dans un tel cas cet individu
peut-il continuer à bénéficier du soutien des autorités togolaises ? Il n’y a
pas de place au Togo pour des individus aussi nuisibles.
Il faut que Dupuydauby et ses acolytes
s’expliquent sur ces faits.
Si ce que Le Combat du Peuple
publie est faux, nous invitons M. Dupuydauby à nous faire parvenir un démenti
ou à porter plainte.
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