|
Il faut se rappeler qu’au moment des faits, Sylvanus
Olympio était Président de la République. En cette
qualité, il était un homme public et tout ce qui le
touche ne saurait être privatisé. Certes, le fils a le
devoir de venger son père. Mais en l’espèce, il faut
éviter d’agir à partir du sentiment, puisque nous sommes
sur un terrain politique. Malheureusement, M. Gilchrist
Olympio s’est toujours comporté comme si l’assassinat de
son père ne concerne que lui seul. Cette vision a priori
conflictuelle a fait dire par les observateurs les plus
avisés que le processus démocratique est dangereusement
piégé au Togo.
Il n’est un secret pour personne que l’UFC est un parti
de refus permanent c’est-à-dire un parti de la négation
politique. C’est à cause de ce négationnisme que ce
parti a toujours considéré les autres partis de
l’opposition comme illégitimes, leur niant jusqu’au
droit d’agir en toute indépendance.
La récente tournée entreprise sur tout le territoire
national par des responsables de l’UFC illustre
parfaitement cette dérive.
En effet, en dépit des efforts déployés par tous les
acteurs politiques au Togo pour une réconciliation
vraie, l’UFC a plutôt remué le couteau dans la plaie,
refusant par ricochet de relativiser les difficultés que
traverse le pays. Pour l’UFC, les violences qui ont
émaillé le processus électoral d’Avril 2005 constituent
un terreau sur lequel il faut semer la graine de la
haine. Et ses responsables ne s’en sont pas privés.
Exhortant et promettant aux citoyens des finalités
obscures d’actes passionnels, ils croient ainsi gagner
les prochaines législatives.
Les responsables de l’UFC ont tenu des discours de haine
qui ne peuvent que raviver les douleurs qui commencent à
s’estomper.
Leur message a laissé croire que l’Accord Politique
Global qu’ils ont pourtant signé en bonne et due forme
n’est qu’une chimère.
Certes, personne ne peut dénier à l’UFC le droit de
s’opposer. Cependant, il faut tenir compte d’un
paramètre important, celui de la période de la
transition régie par l’Accord Politique Global qui
bannit l’apologie de la haine et qui convie les uns et
les autres à faire table rase sur un passé qu’il vaut
mieux oublier. Les acteurs politiques togolais doivent
éviter de verser dans la surenchère et la démagogie.
Même si l’UFC n’est pas au gouvernement, elle est partie
prenante de l’Accord Politique Global. Elle est donc
soumise à certaines obligations dans l’intérêt supérieur
de la nation.
L’ambiguïté qui a toujours caractérisé le parti de
Gilchrist Olympio, c’est de vouloir une chose et son
contraire à la fois. C’est aussi de dire que les autres
sont quantité négligeable. C’est enfin de surestimer ses
atouts.
Dans l’état actuel de nos réalités, nous avons tous
besoin de faire preuve de responsabilité et de la
mesure. Car, en comparaison de ce que nous vivons
aujourd’hui et de ce qui se passait encore hier sous feu
Eyadema, notre pays revient de loin, de très loin. C’est
le jour et la nuit. Il est vrai que malgré tout, les
séquelles de la crise sont encore lourdement présentes
et, ressenties. Il est vrai que les extrémistes de
l’ordre ancien ne désarment pas. Il est vrai que les
extrémistes du RPT ne vont pas, du jour au lendemain,
changer et se transformer en agneaux.
Nous ne devons pas, face à cette dure réalité, perdre de
vue que notre pays, avait touché le fond et qu’il faut
du temps et des efforts constants pour renverser le
courant. Il faut que les nombreux chantiers ouverts
soient menés à bien et l’assainissement de la gestion
des finances publiques n’est pas une sinécure. C’est une
question de longue haleine et de constante vigilance.
Pour sortir du rouge, le Togo a besoin de la
contribution, de la compétence et du savoir-faire de
tous ses fils. L’UFC doit s’adapter à la nouvelle
configuration du terrain et cesser de jouer aux
pyromanes. Le Togo ne s’en portera que mieux.
Rodrigue |