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5 Déc 2006

 

[ 578 : du 4 Déc 2006]
Editorial : Elections et citoyenneté

Dans quelques mois, si ce n’est déjà commencé, la fièvre électorale va envahir notre pays. Les postulants à la députation descendront dans l’arène pour solliciter les suffrages des électeurs. Des batteries de promesses, des présentations de bilans (vrais ou faux) accompagneront cette épreuve.

            A notre sens, cette élection législative capitale ne ressemble pas aux précédentes. En effet, pour une fois, toute la classe politique sans exclusive, se sent concernée par le scrutin, parce que tous les partis politiques sont directement impliqués dans le processus et les préparatifs vont bon train en dépit des petits accrocs inhérents à ces genres de situation.

            En principe, cette élection devrait se dérouler plutôt dans une atmosphère de fraternité électorale née du consensus autour de l’Accord Politique Global qui a posé les bases de la transparence et l’impartialité du scrutin. A plus d’un titre, cette élection sera importante. Car elle permettra de dessiner les contours du Togo de demain.

            Dans le choix des candidats (potentiels futurs élus), le peuple appréciera de sa fenêtre les compétiteurs les plus crédibles, ceux capables de poser des actes dans leurs circonscriptions. Il s’agit de privilégier la détermination, les atouts naturels et les capacités de nos candidats à partager les mêmes convictions que leur électorat.

            Cette compétition, comme tout porte à le croire, laissera peu de place au hasard et aux calculs mesquins.

            Les Togolais rêvent de la modernité c’est-à-dire de la liberté, de la Justice bref de la démocratie consolidée et durable. Ils choisiront donc des citoyens qui, pour leur passé à cause des actes posés et leur esprit de proximité, convaincront tout au long de la campagne. La démarche doit être humble, celle du quotidien de la réalité des gens.

            Beaucoup de virtuels candidats répondront, nous en sommes persuadés à cette description. Il reste à ces hommes de nous convaincre sur le terrain, sans démagogie.

            Le Président de la République, en s’investissant personnellement pour l’aboutissement heureux du dialogue intertogolais, a montré la voie. La CENI s’active pour donner à ce scrutin une crédibilité indiscutable qui donnera une nouvelle dimension à notre jeune démocratie.

            Les perdants auront cinq ans pour s’affirmer sur le terrain et revenir à la charge. Les gagnants auront aussi la même durée pour accompagner le Gouvernement et le Chef de l’Etat dans l’édification d’un Togo meilleur pour tous.

            Dans un esprit républicain, les résultats doivent être acceptés pour que triomphe la nation togolaise. Il faut donc refuser l’incivisme et l’abstention, face à la dépression démocratique actuelle, donner aux Togolais l’envie de voter et de faire dans quelques mois le choix de l’avenir.

            Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes ont le devoir d’être vigilants et réalistes, afin de ne pas tomber dans le gouffre des vendeurs d’illusions, qui après avoir obtenu ce qu’ils veulent, les jettent à la poubelle. Ce scénario, nous le connaissons désormais. Ne vous laissez donc plus conduire comme des bœufs votants qu’on traîne à tout bout de champ et à chaque élection pour rien.

            Mesdames et messieurs les candidats, à vous de nous faire rêver et bon vent !

Rodrigue

Police Nationale : Faure Gnassingbé dans ses œuvres : AGADAZI  viré : un message fort, un acte pour le Togo

Nommé tout récemment au poste de Directeur Général de la Police Nationale, le capitaine de frégate AGADAZI Ouro-Koura a été viré par décret pris en Conseil de Ministres le mercredi 30 novembre 2006 et remplacé par le Lt-Colonel MONPION Matéindou.

Ce départ imprévu du nouveau Directeur Général de la Police Nationale est un événement qui a surpris presque tous les Togolais. Car dans les annales des nominations, il est rare d’assister à une telle situation. Incontestablement, AGADAZI a été le Directeur Général qui a passé le plus court de temps à la tête de la Police.

            Au-delà de tout ce qu’on peut reprocher à cet officier de Marine réputé têtu et autoritaire, il faut reconnaître qu’en frappant aussi fort et vite, le Président Faure Gnassingbé a livré un message à tous ceux qui seront appelés à exercer de hautes responsabilités dans la vie de la nation.

            En décidant de virer AGADAZI, Faure Gnassingbé a posé un acte pour le Togo. On parle d’insoumission et d’incompétence. Il faut dire que AGADAZI n’est pas plus insoumis ni plus incompétent que son prédécesseur, le Lt-Colonel Takougnandi qui n’en faisait qu’à sa tête. Et pourtant, il était resté à sa place pendant toute une décennie avec les conséquences que l’on sait.

            En chassant AGADAZI, Faure Gnassingbé a apporté la preuve qu’il veut gouverner autrement et qu’il veut rompre avec le passé. Cette rupture avec les pratiques du passé doit créer une nouvelle dynamique et servir d’avertissement à tous ceux qui, une fois investis de la confiance du Président, écrasent tout sur leur passage. Désormais le respect de la hiérarchie doit être la règle d’or qui guide chaque responsable.

            Dans tous les pays, la Police Nationale est la vitrine que le premier venu voit. Malheureusement chez nous, une véritable crise de confiance caractérise les relations entre la Police et les citoyens.

            En effet, la Police est synonyme de corruption de racket, d’incompétence et d’incapacité.

            Au Togo, contrairement aux pays voisins, il n’existe même pas de Police municipale ni d’Hôtel de Police. Le Commissariat Central héberge dans une maison à location. Aussi la violation de règles de conduite par les usagers de la route est-elle devenue un sport national. Plus spécialement les Zémidjan ne respectent pas les feux rouges et passent leur temps à vociférer et à injurier les conducteurs de voiture.

            Le grand banditisme ne fait que croître et les Togolais ne savent pas à quel diable se vouer puisque les saints les ont abandonnés.

            Au sein même de ce corps (La Police) se posent de sérieux problèmes de fond : le problème de commandement, celui du matériel et de l’effectif. A cela, il faut ajouter les difficultés liées à la formation et aux maigres salaires.

            En effet, les agents de Police souvent confrontés à des tentatives de corruption doivent être mieux formés et mieux payés. C’est le moins qu’il leur faut.

            Pendant longtemps, la Police Nationale a été laissée à l’abandon. Le Directeur Général Takougnandi en a fait sa chose et a tout désorganisé. Il avait transformé la Police en une société privée où il n’engageait que ses frères de village, de canton et de préfecture de préférence.

            Il ne laissait pas une petite parcelle de pouvoir à ces collaborateurs. Il n’hésitait pas à écraser et à humilier les commissaires de Police qui étaient devenus ses boy-scouts.

            Il est temps de rompre avec ces pratiques passéistes. Il faut donner à la Police ses lettres de noblesse et permettre à ce corps de jouer pleinement son rôle.

            Car si la Police est malade, le pays ne se portera que mal.

            Le départ du Commandant AGADAZI ne nous a pas surpris. Nous avons eu à le connaître.

            La façon cavalière dont il avait géré l’OSAT en violation de toutes les conventions de la CEDEAO et de l’UEMOA en est une illustration. Tous les mensonges qu’il avait inventés pour parvenir à ses fins nous confortent dans le sentiment que cet officier ne changera pas. Nous étions sûrs que ceux qui ont hissé cet homme à la tête  de la Police ont commis une erreur.

            Heureusement que Faure Gnassingbé a vite compris et a prestement agi pour éviter la catastrophe. Nous ne pouvons que l’en féliciter car l’erreur est humaine, mais persister dans l’erreur est criminel.

Rodrigue

 
 
 
 
 
 
 

 

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