|
Ce
départ imprévu du nouveau Directeur Général de
la
Police Nationale est un événement qui a surpris presque
tous les Togolais. Car dans les annales des nominations,
il est rare d’assister à une telle situation.
Incontestablement, AGADAZI a été le Directeur Général
qui a passé le plus court de temps à la tête de la
Police.
Au-delà de tout ce qu’on peut reprocher à
cet officier de Marine réputé têtu et autoritaire, il
faut reconnaître qu’en frappant aussi fort et vite, le
Président Faure Gnassingbé a livré un message à tous
ceux qui seront appelés à exercer de hautes
responsabilités dans la vie de la nation.
En décidant de virer AGADAZI, Faure
Gnassingbé a posé un acte pour le Togo. On parle
d’insoumission et d’incompétence. Il faut dire que
AGADAZI n’est pas plus insoumis ni plus incompétent que
son prédécesseur, le Lt-Colonel Takougnandi qui n’en
faisait qu’à sa tête. Et pourtant, il était resté à sa
place pendant toute une décennie avec les conséquences
que l’on sait.
En chassant AGADAZI, Faure Gnassingbé a
apporté la preuve qu’il veut gouverner autrement et
qu’il veut rompre avec le passé. Cette rupture avec les
pratiques du passé doit créer une nouvelle dynamique et
servir d’avertissement à tous ceux qui, une fois
investis de la confiance du Président, écrasent tout sur
leur passage. Désormais le respect de la hiérarchie doit
être la règle d’or qui guide chaque responsable.
Dans tous les pays,
la
Police Nationale est la vitrine que le premier venu
voit. Malheureusement chez nous, une véritable crise de
confiance caractérise les relations entre la Police et
les citoyens.
En effet,
la
Police est synonyme de corruption de racket,
d’incompétence et d’incapacité.
Au Togo, contrairement aux pays voisins, il
n’existe même pas de Police municipale ni d’Hôtel de
Police. Le Commissariat Central héberge dans une maison
à location. Aussi la violation de règles de conduite par
les usagers de la route est-elle devenue un sport
national. Plus spécialement les Zémidjan ne respectent
pas les feux rouges et passent leur temps à vociférer et
à injurier les conducteurs de voiture.
Le grand banditisme ne fait que croître et
les Togolais ne savent pas à quel diable se vouer
puisque les saints les ont abandonnés.
Au sein même de ce corps (La
Police) se posent de sérieux problèmes de fond : le
problème de commandement, celui du matériel et de
l’effectif. A cela, il faut ajouter les difficultés
liées à la formation et aux maigres salaires.
En effet, les agents de Police souvent
confrontés à des tentatives de corruption doivent être
mieux formés et mieux payés. C’est le moins qu’il leur
faut.
Pendant longtemps, la Police Nationale a été laissée à
l’abandon. Le Directeur Général Takougnandi en a fait sa
chose et a tout désorganisé. Il avait transformé la
Police en une
société privée où il n’engageait que ses frères de
village, de canton et de préfecture de préférence.
Il ne laissait pas une petite parcelle de
pouvoir à ces collaborateurs. Il n’hésitait pas à
écraser et à humilier les commissaires de Police qui
étaient devenus ses boy-scouts.
Il est temps de rompre avec ces pratiques
passéistes. Il faut donner à
la
Police ses lettres de noblesse et permettre à ce corps
de jouer pleinement son rôle.
Car si
la
Police est malade, le pays ne se portera que mal.
Le départ du Commandant AGADAZI ne nous a
pas surpris. Nous avons eu à le connaître.
La façon cavalière dont il avait géré l’OSAT
en violation de toutes les conventions de
la
CEDEAO et de l’UEMOA en est une illustration. Tous les
mensonges qu’il avait inventés pour parvenir à ses fins
nous confortent dans le sentiment que cet officier ne
changera pas. Nous étions sûrs que ceux qui ont hissé
cet homme à la tête de la Police ont commis une erreur.
Heureusement que Faure Gnassingbé a vite
compris et a prestement agi pour éviter la catastrophe.
Nous ne pouvons que l’en féliciter car l’erreur est
humaine, mais persister dans l’erreur est criminel.
Rodrigue |