AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 

28 Nov 2006

 

[ 577 : du 27 Nov 2006]
Les conséquences d’une information mal gérée : Nana FM, relais des rumeurs ?

De toutes les radios privées émettant à Lomé, Nana FM passe pour l’une de celles qui peuvent s’enorgueillir d’avoir une grande audience. Nous avons de ce fait toujours eu pour cette station, du respect. Malheureusement, nombreux sont ceux qui constatent aujourd’hui, à leurs dépens, que cette radio qui devrait tendre vers l’excellence, s’appuie de plus en plus sur sa crédibilité pour se comporter comme si l'information n’est pas un couteau à double tranchant. Nous allons illustrer nos propos par deux exemples précis.

1er exemple

Il y a quelques jours, Nana FM avait diffusé sur ses antennes, une information selon laquelle un conducteur de Zémidjan avait vendu trois enfants d’une même mère à des membres de la communauté Ibo. Après de laborieuses recherches, la mère de ces enfants avait fini par découvrir chez ces Ibo, les corps décapités de ses rejetons. Face au spectacle macabre, la pauvre dame piqua une crise et mourut.

Le sujet avait été présenté comme un scoop et fait l’objet d’une émission interaction au cours de laquelle des auditeurs très remontés n’avaient pas caché leur rage.

Après des recherches, nous nous étions rendus compte au Combat du Peuple que cette information n’était pas vraie, ou du moins, qu’il ne s’était rien passé de la sorte dans notre pays. Mais le germe était déjà dans le fruit puisque les Zémidjan qui se sentaient ciblés ont juré de régler les comptes aux Ibo. C’était pour eux, la seule façon de faire payer ceux-là dont les pratiques font passer les conducteurs de taxi-moto pour des individus suspects.

C’est ainsi que suite à une arrestation qui rentre dans les attributions normales de la Police, le feu a été mis aux poudres. En effet, vendredi dernier au matin, deux voleurs de bijoux avaient été arrêtés à la plage. Pendant que les policiers étaient en train de négocier avec un taxi pour les transporter au commissariat, des Zémidjan convaincus qu’il s’agissait de malfaiteurs Ibo surgissent pour en découdre avec eux. Le commissariat où les deux voleurs avait été conduits après moult difficultés a été pris d’assaut par des conducteurs de taxi-moto et des badauds qui demandaient qu’ils leur soient livrés. Suite au refus des autorités policières et à la dispersion de la foule, des groupes de Zémidjan s’étaient répandus en ville pour s’en prendre aux Ibo et à leurs biens. Au marché de Hedzranawoé et au quartier Gbossimé, des boutiques ont été brûlées et saccagées. Le pire avait été évité de justesse. Mais le seuil de l’intolérable était franchi.

Analyse

Pour situer des responsabilités dans cette affaire, on dira que si les Zémidjan ont agi comme ils l’ont fait c’est parce qu’ils étaient blessés dans leur dignité par une information relayée par Nana FM, une radio qui a ainsi, volontairement ou non, démontré la capacité des médias à mettre le feu. Les Zémidjan déchaînés ont mis le feu à un magasin ignorant qu’il y a aussi des Togolais au Nigeria qui peuvent, en retour, subir des représailles. C’est bien grave. Mais nous voulons aussi dire que si on en est arrivé-­là, c’est parce que les autorités de notre pays n’ont pas su gérer cette affaire de façon efficiente. Le Togo ne doit pas être à la merci des rumeurs.

En effet, au lendemain de l’information faisant état de trois enfants vendus par un Zémidjan, la Police dont on a dit qu’elle a participé aux recherches ayant abouti à la découverte des corps devrait réagir pour démentir les faits. Les Autorités compétentes devraient mettre les populations en confiance. Certes le Commissaire Central de la ville de Lomé a rendu public un communiqué pour remettre la pendule à l’heure. Mais le mal était déjà fait. Le communiqué a accusé un retard. On a laissé la rumeur se répandre comme une traînée de poudre. Conséquence, les Togolais sont gagnés par un esprit xénophobe qui risque, si on ne prend garde, d’avoir des retombées hautement négatifs. A un moment où l’intégration régionale et africaine est plus que de mise, le Togo ne peut pas devenir un pays où les étrangers sont traqués après avoir été un pays où les étrangers étaient rois.

Ce dossier nous interpelle à plusieurs égards. Les Togolais dans leur majorité devraient cesser de réagir de façon grégaire. La gestion des rumeurs est une affaire d’Etat. Il est temps que soit créée une cellule de gestion de la rumeur pour le triomphe de l’information vraie.

2e exemple

Il y a quelques jours, la même radio Nana FM a passé un éditorial dans lequel on accusait l’ancien Premier ministre Edem Kodjo d’avoir emporté des tapis et des tableaux de la Primature. L'éditorialiste dont nous taisons volontairement le nom mais qui est un ancien de la profession devient gâteux. Il n’y a pas de journaliste fort. Le journaliste doit toujours être à la hauteur de l’information qui lui parvient. Nous n’avons pas l’ambition de donner des leçons. Mais le journaliste, le bon doit toujours traiter l’information comme un débutant. L’ancienneté ne dispense pas des règles de l’écriture journalistique. Au contraire, elle appelle à plus de rigueur dans les recoupements et les vérifications.

Lorsque dans un éditorial, Nana FM a dit que l’ancien Premier Ministre Edem Kodjo avait emporté des tableaux et des tapis de la Primature, nous sommes allés aux informations. Voici ce que nous avons découvert.

Le Premier Ministre Edem Kodjo avait toujours dans bureau, depuis le siège de la CPP (son parti) jusqu’à la Primature, un tableau qui lui appartient en propre et qu'il a acheté à 1 million F CFA. C’est un tableau auquel il est attaché et qu’il aime mettre sur son lieu de travail.

Quant au tapis en question, M. Edem Kodjo l’a également acheté et payé de sa propre poche à une foire iranienne.

Que dire au regard de ce qui précède sinon que tout cela procède d’une ignorance suicidaire ? Au Togo, tous ceux qui veulent parler ignorent tout. Et comme on le dit, l’ignorance est un fléau social. Autrement, ils doivent comprendre que lorsqu’on est une autorité et qu’on a un bureau, on peut y amener tout ce qu’on veut et repartir avec, lorsqu’on quitte ses fonctions. L’Etat n’a pas pour vocation d’acheter un tableau de 1 million F CFA pour orner les bureaux du Premier Ministre. Qu’un ministre en partance emporte ses effets personnels n’est qu’une chose normale. Cela ne doit pas faire l’objet d’un éditorial.

Nous ne voulons pas verser dans la polémique. Et nous ne voulons pas qu’on nous amène sur un terrain mouvant que nous évitons jusqu’à présent. Nous savons que certaines autorités actuellement au pouvoir veulent gérer le pays par presse interposée. Des affaires d’Etat, des difficultés, tout se retrouve dans la presse. Tout se passe comme si on veut se servir de la presse pour gouverner. Chacun doit savoir ce qu’il veut. Ceux qui se servent de la presse croyant que la presse va mettre la pression sur le chef de l’Etat et que par ricochet, il va prendre des décisions en leur faveur se trompent, parce que si on veut gérer l’Etat, on ne doit pas le mettre sur la place publique. Nous savons que nombreux sont ceux qui se trouvent aux affaires aujourd’hui mais qui n’ont aucune expérience de la gestion de la chose publique. Cependant ils peuvent apprendre. Mais pour apprendre, il faut de l’humilité. C’est vrai que compte tenu de certaines contingences et des nécessités de l‘heure, chacun veut aller vite. Mais la gestion de l’Etat a ses règles, ses impératifs et surtout ses obligations. Le Premier Ministre Yawovi Agboyibo doit veiller à ce que ses fans par leur passion, ne l’empêchent pas d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé et qu’il veut atteindre.

C. P.

Relation UE-Togo Chronique d’une reprise annoncée : Ce qui est dit est fait

Chose promise, chose due. Après 13 années de suspension de la coopération pour cause de «déficit démocratique», l’Union Européenne vient de décider à la faveur des progrès réalisés par notre pays, de débloquer au Togo, les reliquats des 6e et 7e FED. Dans le même esprit, il est décidé de la notification du 9e FED, à sa mise en oeuvre, ainsi que du cadre d’obligations mutuelles pour les Fonds STABEX 1995-1999.

Ainsi donc, dans un communiqué de presse en date du 21 novembre 2006, le Conseil de l’Union Européenne a donné des précisions sur le sujet et surtout sur la décision du 13 novembre 2006 visant à modifier et à étendre jusqu’au 15 novembre 2007 la validité de la décision 2004/793/ EC du 15 novembre 2004 portant conclusions des consultations avec le Togo au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou.

II faut rappeler que, grâce à cette notification, notre pays bénéficiera 20,8 millions d’euros, montant qui pourra être doublé en fonction de la capacité d’absorption du pays et des nécessités d’appui au processus de transition démocratique.

Comme on le voit, ce qui est dit est fait. Le gouvernement togolais a honoré ses engagements au-delà des attentes. L’UE en retour a tenu ses promesses. Ceux qui prêchent encore l’enfer constateront à leurs dépens que leur rêve n’est pas réalité.

Le délestage électrique conséquence de la privatisation bâclée de la CEET :  L’ancien Ministre Andjo Tchamdja et ses complices doivent rendre des comptes

Les Togolais subissent aujourd'hui les contrecoups de la privatisation ratée de la CEET il y a cinq ans.Il n’est un secret pour personne que lorsque la décision de la privatisation de la CEET avait été prise en 2000, c’était pour trouver une solution définitive aux problèmes de l’énergie électrique au Togo. Au départ, l’idée était noble. Malheureusement ceux qui étaient aux affaires à l’époque et qui étaient chargés de négocier et de concrétiser le projet en ont fait une source d'enrichissement personnel.

En effet, M. Tchamdja Andjo alors Ministre de l’Equipement, des Mines et de l’Energie, et feu Tidjani Douroudjaye, Ministre de l'Economie, des Finances et des Privatisations avaient joué un rôle très nocif dans ce dossier qu’ils ont géré sans aucune considération ni pour les intérêts de l’Etat ni pour les citoyens togolais.

Ils ont bradé la CEET en la cédant à ELYO maison mère de Togo-Electricité qui a fait des promesses mirobolantes mais dont les offres financières ne correspondaient en rien aux données techniques. Ce bradage leur ont rapporté des centaines de millions de francs CFA. On avait parlé de 420 millions de dessous de table. L'acte était grave, très grave.

Pour commettre ce crime, ils avaient abusé de la confiance de feu Président Eyadema à qui ils ont menti en lui laissant croire que c’est la Banque Mondiale qui a exigé la privatisation et qui a choisi ELYO. De son vivant, le Président Eyadema avait découvert le pot-aux-roses et était amer. Andjo savait qu’il avait perdu la confiance du vieux avant la mort de celui-ci.

Aujourd'hui, M. Tidjani Douroudjaye est mort. Paix à son âme. En revanche, M. Andjo est là et jouit paisiblement du fruit de ses diverses rapines.

D’après des informations, il serait en train de jouer un rôle très important au sein du Conseil d’Administration de la CEB.

Ce faisant, Andjo est celui qui vole en amont et se retrouve en aval pour pressurer. La vérité c’est que cet homme est mauvais, très mauvais, très très mauvais. Il ne changera jamais parce qu’il n’a aucune ambition pour le Togo.

Il fait partie de ceux qui ont ruiné le régime Eyadema. II est de la race de ceux qui ont abusé de la confiance du Président Eyadema et qui se sont comportés comme s’ils n’auront jamais de compte à rendre.

Pour Andjo et ses pareils, le Togo est un gâteau qui appartient à un groupe d’individus dont ils font partie et qui ne se rassasient jamais. Ils sont prêts à marcher sur les cadavres des autres c’est-à-dire à s’enrichir, pendant que les autres meurent de faim dans la misère.

Compte tenu de la situation qui prévaut aujourd’hui, Andjo et ses complices doivent rendre des comptes. Les Togolais payent aujourd’hui un lourd tribut. Le développement du pays s’en trouve sérieusement entravé. Andjo doit rendre des comptes. C’est une question de Justice.

Rodrigue

 
La politique et les faits : L’Intersyndicale démontre le contraire du communiqué de la Primature

Tout homme politique qui se respecte doit faire en sorte que sa politique coïncide avec les faits. Ceci est un élément très important puisque c’est à ce seul prix que les citoyens trouvent leur compte. En revanche, lorsque le politique tente de prouver quelque chose que les faits viennent infirmer par la suite, cela s’appelle de la démagogie.

Au jour d’aujourd’hui, le climat social au Togo commence à pourrir. Nous dirons même que tous les ingrédients d’une confrontation Syndicats-Pouvoir se mettent en place. Le problème tourne autour du non-respect du contenu de l’Accord tripartite Syndicats - Patronat - Gouvernement issu du dialogue social. Les organisations syndicales regroupées au sein de l’Intersyndicale se sentent flouées parce que l’Accord signé dans le but de résoudre les nombreux problèmes qui se posent aux travailleurs n’a pas connu un début d’exécution.

Face à ce constat, les syndicats montent au créneau et demandent le respect de la chose signée. C’est dans ce cadre qu’ils ont eu des entretiens avec le Premier Ministre Yawovi Agboyibo.

Lorsque l’Inter­syndicale a rencontré le Premier Ministre de la République le 17 Novembre 2006, les médias nationaux en ont fait état. On s’étonne alors que quelques jours plus tard, le 20 Novembre 2006, les syndicats reviennent à la charge et lancent un préavis de grève.

Si nous comprenons bien le communiqué de la Primature en date du 21 Novembre 2006, tous les sujets ont été abordés et les choses sont en bonne voie. Alors, pourquoi un préavis de grève ?

De deux choses l’une : ou bien l’Intersyndicale se moque royalement de toutes les promesses du Gouvernement, ce qui peut se comprendre aisément, car ne dit-on pas que chat échaudé craint l’eau froide ? Ou bien le Premier Ministre fait du folklore en publiant un communiqué démagogique pour faire croire qu’il travaille.

Le problème du Togo ne se pose plus aujourd’hui en termes de communiqués publiés à la va-vite mais en termes de résultat. Le Premier Ministre Agboyibo doit savoir que lorsqu’on a la charge du Gouvernement, on ne doit le faire que lorsque tout est verrouillé. Nous le disons sans acrimonie parce que le tout n’est pas de chercher à jeter le dévolu sur son prédécesseur alors qu’on est soi-même entouré par les mêmes Ministres qui avaient en charge, l’exécution de l’Accord.

Plusieurs fois déjà, avant même l’ouverture du dialogue social, l’Intersyndicale a menacé d’aller à la grève. Il avait fallu les rencontrer et négocier pour désamorcer la bombe. Ceci, sans fanfare ni trompette. Aujourd’hui, nous assistons à tout le contraire. On rencontre les syndicats, on négocie, on publie un communiqué mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les syndicats continuent comme si de rien n’était.

Pour notre part, nous pensons que dans l’état actuel de notre situation économique, le Togo doit faire économie d’une grève de cette nature. Car nous savons tous les dégâts que peut causer une grève dans notre situation. II vaut mieux ne pas prendre de risque. Même pour une heure. Certes, les syndicats ont le droit de lancer un préavis de grève. C’est leur arme favorite, Mais il appartient au Gouvernement de les convaincre, de les rassurer et de tenir parole. C’est une question de responsabilité politique.

Par contre, si au lieu de cela, le Premier Ministre Agboyibo s’amuse et que ça finit par exploser, il endossera seul la responsabilité de cet échec. Tout autour de lui et même lorsqu’on ouvre les presses proches de la Primature que nous appelons «les chiens de garde», on parle de la continuité de l’Etat et on laisse croire que Edem Kodjo a fait signer un Accord qu’il n’a pas respecté. Il est temps pour nous au Togo d’éviter ces genres de comportements. Nous l’avons déjà dit et répété. On ne gouverne pas un pays par presse interposée, ni avec des communiqués de presse. On pose des actes. Le jour du bilan est toujours là. «Le tigre», disait Wolé Soyinka, «ne proclame pas sa tigritude. II bondit sur sa proie et la dévore».

Ceux qui ont la charge de gérer les affaires de la cité doivent savoir qu’ils sont au pouvoir pour corriger les erreurs des autres si erreur il y a et mieux faire. Faure Gnassingbé quant à lui, ne le sait que trop, lui qui a hérité du pouvoir et qui sait qu’un héritage est global et non sélectif.

Le Premier Ministre Agboyibo doit faire un effort pour rapidement cerner les contours du pouvoir. Il ne doit pas se laisser enfermer dans le piège de la facilité, surtout que le temps lui est compté.

En lisant le communiqué de la Primature qui rend compte d’une rencontre avec l’Intersyndicale le 17 Novembre 2006 et un préavis de grève qui date du 20 Novembre 2006, on est fondé de dire que Me Agboyibo ne prend pas la mesure des faits.    

C. P.

 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved