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08 Août 2006

[ 561:  du 08 Août 2006]
Que vont chercher les Togolais à Ouagadougou ? Edem Kodjo le mal aimé a eu finalement raison

Le 25 juillet 2006, les parties prenantes au dialogue intertogolais ont décidé à l’unanimité, de choisir comme facilitateur, le Président burkinabé, Blaise Compaoré. L’information a surpris plus d’un. Elle a même créé un malaise dans l’opinion. Beaucoup de gens se sont posés la question de savoir comment on en est arrivé-là. La raison de cette réaction était simple.

On se rappelle qu’en prélude à l’ouverture du dialogue le 21 Avril dernier, le Premier Ministre Edem Kodjo, sur instruction du Président Faure Gnassingbé, s’est rendu le
03 Février 2006 à Ouagadougou pour solliciter le concours du Président Compaoré. Cette démarche a suscité un véritable lever de boucliers. Les uns et les autres, surtout les partis politiques dits radicaux, ont condamné la démarche et traité Edem Kodjo de tous les noms d’oiseau.

D’aucuns sont allés jusqu’à se poser la question de savoir qu’est-ce que Compaoré, un autre dictateur, a de mieux à offrir aux Togolais. Bref, des gens qui se disent politiciens mais qui n’ont pas de la suite dans les idées et qui sont prompts à réagir à fleur de peau ont trouvé que, en faisant appel à Compaoré,  Kodjo a voulu tronquer le dialogue.

Ces politiciens ont leur presse qui les suit dans cette dérive quotidienne et cette presse a pris le relais pour insulter proprement Kodjo et lui régler les comptes. Et pourtant, en définitive, Edem Kodjo le mal aimé a eu raison contre tous.

En effet, personne ne saurait dire aujourd’hui, par quelle alchimie, l’UFC et la CDPA se sont finalement rangées sur l’avis des autres.

Pour notre part, nous nous félicitons de ce résultat tout simplement parce que la raison a primé. Dans la vie, il faut toujours savoir là où on va, faire un choix et en assumer les conséquences. Cette philosophie est contenue dans la formule qui dit qu’«en toute chose, la finalité doit être conçue comme principe interne de direction».

A partir de ce jour, lundi
07 Août 2006, les délégations togolaises au dialogue vont se rendre à Ouagadougou à tour de rôle pour rencontrer le Président Compaoré. Au terme de ces rencontres séparées, le bureau du dialogue sera à son tour reçu. D’après nos informations, c’est après cette phase exploratoire que la décision sera prise d’organiser des plénières.

Nous publions pour nos lecteurs, les points de désaccords soulevés par les parties en pourparlers et soumis au médiateur Compaoré.

Le Commissaire européen au Développement et à l’Action Humanitaire M. Louis Michel lors de son passage à Lomé avait mis en garde : le dialogue ne se terminera pas par la victoire d’une partie. Les uns et les autres doivent accepter de faire des concessions. C’est la seule voie du salut.

En réalité, nous ne savons pas ce que les Togolais vont chercher Ouagadougou si ce n’est pour s’entendre intimer l’ordre de faire ce qu’ils pourront eux-mêmes faire dans un cadre strictement togolo-togolais.

Qu’à cela ne tienne ! Nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut proscrire dans notre pays, un mode de direction patrimoniale ou clanique et instaurer la démocratie. Mais nous sommes convaincus que pour en arriver à ce résultat, il faut faire preuve, certes de fermeté et de vigilance, mais également de flexibilité, de doigté et de discernement, sans aucune passion. C’est pourquoi, une fois encore, nous souhaitons qu’à Ouagadougou, la raison prenne le pas sur la démagogie. C’est pourquoi nous souhaitons qu’à Ouagadougou, la politique du mensonge qui a toujours empêché les Togolais d’aller de l’avant cesse. C’est pourquoi enfin, nous souhaitons qu’à Ouagadougou, le Togo et les Togolais gagnent. Pour ce faire, nous ne pouvons que souhaiter du courage aux acteurs politiques togolais. Car pour faire la guerre, il faut du courage. Pour faire la paix aussi, il faut du courage.

C. P.

 
Conférence de presse-bilan de Edem Kodjo : «Et pourtant le changement se fait !.. »

Contrairement à ce qu’on a observé sous feu Gnassingbé Eyadema, les plus hautes autorités togolaises ont choisi aujourd’hui de présenter périodiquement, leur bilan au peuple togolais. C’est ainsi que le Premier Ministre Edem Kodjo avait rencontré la presse au bout des 100 jours de son gouvernement pour présenter les chantiers ouverts.

A la veille de la célébration de la fête de l’indépendance (27 Avril), le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a prononcé devant l’Assemblée Nationale, un discours sur l’état de la nation.

Cette fois, après un an de gestion, le Premier Ministre Kodjo revient à la charge pour présenter à la presse et aux Togolais, un bilan de ce qui a été fait.

Au cours de cette rencontre avec la presse, le Premier Ministre Edem Kodjo a lu un exposé liminaire assez exhaustif qui a eu le mérite d’éclairer l’opinion sur ce qui a été réalisé dans notre pays sur les plans politique, économique, social, sécuritaire et autres, ces douze derniers mois.

Ces exercices auxquels se livrent le Chef de l’Etat et le Premier Ministre sont l’illustration du changement en cours dans notre pays. Car dans tous les pays du monde, quand les dirigeants savent qu’ils ont une obligation de résultat parce qu’ils doivent présenter un bilan, ils font attention aux actes qu’ils posent.


Cela dit, le débat qui a suivi la présentation de l’exposé liminaire a donné lieu à des échanges très francs entre la presse et le Chef du Gouvernement.

Certes, comme tout bon politique, Kodjo, en habile orateur, a brossé un tableau assez optimiste de la situation qui prévaut dans notre pays. Il a appelé les Togolais à l’espérance. Là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les sujets qui fâchent, le Premier Ministre a tout simplement expliqué qu’il faut du temps et que un an ne suffit pas pour tout faire. Cependant le grand mérite de Kodjo au cours de ce rendez-vous, c’est de n’avoir éludé aucune question
.

Par exemple, il a reconnu, s’agissant de la Justice togolaise que, malgré les grandes réformes en cours, beaucoup de choses restent à faire.

En ce qui concerne les problèmes politiques, particulièrement le dialogue intertogolais, le Chef du Gouvernement a tout simplement renvoyé la balle au Président Compaoré à qui il a demandé de finaliser le travail commencé par les Togolais.

Sur le plan économique, le Premier Ministre est assez optimiste et s’est félicité des progrès accomplis, même s’il sait qu’au Togo, le panier de la ménagère n’a pas encore bénéficié des retombées de ce qui se fait.


Sur le plan sécuritaire, M. Kodjo n’est pas passé par quatre chemins. Il a reconnu que l’insécurité issue du petit et du grand banditisme connaît une évolution alarmante et dangereuse et qu’il faut mettre les bouchées doubles pour éradiquer le péril.


Pour le Premier Ministre, le secteur touristique est sinistré. Il faut tout remettre à plat et laisser le temps au temps.

Enfin, dans le domaine sportif et particulièrement le football, Edem Kodjo a avoué l’impuissance du gouvernement à cause de l’interdiction faite par la FIFA aux Etats de s’immiscer dans les affaires des Fédérations sportives. Mais, pour autant, il ne désespère pas.

            Grosso modo, Edem Kodjo a été une fois encore, égal à lui-même. Malgré les difficultés que tout le monde sait, l’homme, un optimiste indécrottable, est resté plus pugnace que jamais.

            Répondant à une question, il a tenu à préciser qu’il est un serviteur de l’Etat et qu’il a été formé pour servir l’Etat. Ce qui d’ailleurs est vrai.

            Cette conférence de presse qui a duré plus de trois heures d’horloge a permis aux uns et aux autres de s’abreuver à la source. Pour notre part, nous félicitons le Chef du Gouvernement non seulement pour ce qu’il fait et pour ce qu’il a dit, mais aussi pour avoir le courage de rendre compte au peuple togolais à travers ses rencontres avec la presse. Nous pensons que cette pratique doit être pérennisée et aller au-delà de Kodjo. Car, quoiqu’on pense et quoiqu’on dise de l’homme, Edem Kodjo est un vrai serviteur de l’Etat. Il en a toujours donné la preuve chaque fois qu’il est aux affaires. Il continue de s’investir et de donner le meilleur de lui-même malgré le poids de l’âge. Au lieu de lui jeter la pierre, il doit être un exemple. Et ceux qui viendront après lui doivent s’inspirer de son courage et de son dévouement au service de l’Etat. Car, depuis qu’il est revenu aux affaires après son passage de 1994 à 1996, Edem Kodjo n’a pas eu la tâche facile. Mais nous savons tous que dans tous les pays à régime présidentiel, un Premier Ministre a toujours été un fusible. C’est pourquoi nous ne pouvons que l’encourager lorsqu’il reconnaît que beaucoup de chantiers sont ouverts mais qu’il reste encore énormément à faire.

            Au jour d’aujourd’hui, quelle que soit l’opinion de ses détracteurs et de ses adversaires politiques, il faut dire qu’avec le Gouvernement Kodjo sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, le changement se fait au jour le jour au Togo. Et tout porte à croire que cette évolution est irréversible.

            Voici pour nos lecteurs, en intégralité, l’exposé liminaire lu par le Premier Ministre Edem Kodjo au début de la conférence de presse-bilan.

C. P.

 

 

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