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4 juillet 2006

[ 557:  du 3 juillet 2006]

Le temps de la vérité : Du rôle central des médias dans l’échec ou la réussite du dialogue : Le dialogue entre nous et les enjeux du pouvoir
 
 

            Depuis quelques jours, les médias togolais repris par la presse internationale annoncent le blocage du dialogue intertogolais et s’interrogent sur la suite oubliant qu’avant la pluie, il y a toujours des nuages qui obscurcissent le ciel.

            En effet, dès le début  du ‘‘dialogue entre nous’’ le 12e  en l’espèce, on a le sentiment que certains acteurs politiques privilégient et mettent seulement l’accent sur les divergences plutôt que sur les points de convergence.

            Au jour d’aujourd’hui, le problème du dialogue se pose en terme de volonté politique réelle de sortir le pays de l’ornière. Il n’est un secret pour personne que l’une des raisons des différents échecs qui caractérisent les dialogues entre les Togolais trouve sa source dans la propension des uns à vouloir conquérir le pouvoir par ce biais et la détermination des autres à les en empêcher. Un tel antagonisme n’est pas de nature à faire évoluer les choses dans le sens de l’intérêt général.

            Aujourd’hui plus qu’hier, l’opposition radicale incarnée par l’UFC s’entête à ne pas voir la réalité en face.

            A preuve, le directoire du dialogue présidé par Me Yawovi Agboyibo a soumis aux différents protagonistes deux montures d’accord qui furent toutes les deux rejeter. Il reste que les points de divergences, à savoir, la révision constitutionnelle avec à la clé les questions du scrutin à un ou deux tours, le mandat présidentiel, les conditions d’éligibilité sont des questions de fond qu’on ne saurait évacuer précipitamment compte tenu des expériences passées.

            Au Togo, nous avons toujours été victimes de l’immédiateté. On veut tout et tout de suite. C’est pourquoi tout se passe comme si d’un côté émanent des propositions concrètes visant à trouver un modus vivendi et à déterminer un cadre électoral susceptible de permettre d’organiser, dans les quelques mois qui restent, le scrutin législatif et satisfaire ainsi la dernière exigence de l’Union Européenne. Et de l’autre, en l’occurrence l’UFC, on s’accroche à des propositions tactiques dans le but de démontrer que les Togolais ne peuvent rien faire entre eux. D’où l’insistance sur la présence d’un médiateur ou d’un facilitateur. Or, d’ores et déjà, le temps fait défaut. Pour organiser les législatives de 2007, il faut un nouveau recensement pour établir une liste électorale fiable. Toutes les parties sont d’accord sur l’absolue nécessité de faire le recensement. On s’étonne dans ces conditions qu’en même temps on traîne le pas à cause de la question relative au scrutin à deux tours. On se rappelle le fameux slogan : «bulletin unique ou la mort».

            Ce que beaucoup refusent de voir, c’est que le scrutin à un tour, s’agissant spécifiquement des législatives, n’est pas antidémocratique.

            En Grande-Bretagne, le berceau de la démocratie, on continue à élire les Députés à un tour. En Allemagne, c’est le même scénario. Les Parlementaires sont élus au scrutin à un tour.

            En revanche, on peut comprendre qu’en ce qui concerne l’élection présidentielle, le scrutin à deux tours est indiqué parce qu’il n’est pas sérieux qu’un Président se fasse élire par 30 ou 35 % de ses concitoyens.

            Justement, au moment de la révision constitutionnelle qui doit se faire au sein de la future Assemblée Nationale qui sera mise en place, le débat sera ouvert en toute sérénité. Soulignons que le prochain scrutin présidentiel aura lieu en quatre ans. A moins que dans leur quête effrénée du pouvoir suprême, nos frères de l’UFC ne se bernent d’illusions en pensant qu’ils peuvent écourter le mandat de Faure Gnassingbé.

            Nous disons que le blocage actuel dont on parle tant n’est qu’un blocage artificiel voulu par un parti incapable de dire autre chose que ‘‘NON’’. Autrement, s’entendre pour définir un nouveau cadre électoral transitoire pour les prochaines législatives est faisable et ne pose pas de problèmes de fond. Cela n’empêche même pas un facilitateur d’apporter éventuellement son concours.

            En tout état de cause, le Président de la République, Faure Gnassingbé a fait suffisamment d’ouverture pour que le dialogue aboutisse à un bon résultat. N’a-t-il pas permis d’aller au-delà des 22 engagements en abordant les questions qui ne figurent pas dans les  22 engagements ? Les 22 engagements pris le 14 Avril 2003 à Bruxelles ont été pratiquement déjà mis en œuvre. Point n’est besoin de revenir sur cet aspect. Tout observateur honnête doit reconnaître que sur les questions de libertés et de justice, le Togo, notre pays, a enregistré des avancées significatives. N’en déplaise aux détracteurs.

            Blocage ou pas, Faure Gnassingbé est condamné à avancer. Il ne peut pas attendre la bonne ou mauvaise volonté de son opposition. Le Président doit mener à bien les réformes qu’il a déjà commencées. Il doit assainir l’économie et fonder sa politique économique d’abord sur les ressources nationales d’autant qu’il a l’obligation de résultat. Il ne peut s’offrir le luxe ni d’attendre ni d’échouer. Il ne le sait que trop. Et compte tenu de ses orientations quotidiennes et des nouvelles impulsions qu’il donne à la gestion de la chose publique, il va sans dire que Faure est conscient de ses responsabilités vis-à-vis du peuple togolais et qu’il ne se fera pas hara-kiri.

            L’opposition et singulièrement l’UFC doit savoir que Faure n’a pas le choix et qu’il est condamné à réfléchir dans les deux sens à savoir : 1°) Si le dialogue aboutit à un accord qu’est-ce qu’il faut faire ? 2°) Si le dialogue échoue, quelle est la voie à suivre ?

            Ainsi donc, quel que soit l’aboutissement du dialogue, Faure Gnassingbé doit poursuivre son œuvre de redressement pour pouvoir présenter un bilan.

            Il appartient également à l’opposition de se poser la même question. Si le dialogue aboutit, quelle sera notre dividende. S’il échoue, quel sera le fruit de l’échec. Simple question de choix.

            La problématique de la reprise de la coopération ne dépend plus nécessairement de la finalité positive ou négative du dialogue mais de la volonté de Faure Gnassingbé à GOUVERNER AUTREMENT. L’Union Européenne saura apprécier le moment venu les efforts consentis dans le sens de la démocratisation et de la bonne gouvernance.

            Tous les protagonistes doivent savoir que le Togo est notre patrimoine commun et que nous sommes liés par une même communauté de destin.

            Le dialogue entre nous est une donnée permanente et qui ne se limite ni dans le temps ni dans l’espace.

            Pour terminer, il nous semble nécessaire de rappeler cette idée de Georges Bernados au sujet de la politique : «Nous croyons qu’il y a un honneur de la politique. Nous croyons non moins fermement qu’il y a une politique de l’honneur et que cette politique vaut politiquement mieux que l’autre».

            Il est temps pour que les médias qui ont un rôle central à jouer dans la gestion de ce dialogue ne perdent pas de vue leur responsabilité  devant l’histoire. Nous osons croire que ceux qu’on appelle les faiseurs d’opinion, au lieu d’attiser le feu, doivent nécessairement amener les Togolais à s’entendre quel que soit alpha, pour le plus grand bien de notre patrie. Car lorsqu’on dialogue, il ne faut jamais se demander qui sera le vainqueur ou le vaincu d’autant plus que le seul vainqueur, c’est le peuple.

Rodrigue

 

 

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