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Dans notre édition N° 553
du 6 au 9 juin 2006, nous avions
publié à la «une», un article
intitulé : «Scandale à la justice
togolaise. M. Têkoé, Président de
la Cour Suprême du Togo, vendeur de riz. A la clé, 2.250.000.000 F
CFA».
Il nous semble indiqué de revenir
aujourd’hui à la charge sur ce dossier
qui n’a pas cessé de nous étonner à
cause de ses rebondissements plus
scabreux les uns que les autres.
Le but de l’article sus indiqué était de
démontrer que depuis l’entrée en vigueur de l’Acte
uniforme de l’OHADA, le Président de la Cour Suprême
n’est plus habilité en matière commerciale, à
prendre des ordonnances pour régler ces genres de
problèmes. Nous avons voulu démontrer que le
Président de la Cour Suprême, non seulement a
outrepassé ses prérogatives mais que par son
comportement, il a banalisé la haute juridiction
qu’il a l’honneur de présider. Ce qui est très grave
pour la République.
Malheureusement, au lieu de retenir la
leçon et de mettre un terme à ces genres de
pratiques hautement compromettantes et salissantes
pour toute la Justice togolaise, le Président de la
Cour Suprême, M. Théodose Têtê Têkoé a persisté dans
ses turpitudes en se livrant à des contorsions
juridiques incroyables. Oui, en pleine débâcle, le
Président Têkoé ne veut pas s’avouer vaincu. Il
persiste et il signe. C’est ainsi qu’il vient de
cautionner une fausse vente organisée par Bassam et
ses commanditaires. Voici les faits.
Par ordonnance N° 41 du
08 mai 2006, M. Têtê Théodose Têkoé, Président de
la Cour Suprême autorise la société Sea Transport
Contractors (STC), partie perdante devant la Cour
d’Appel, à vendre le riz objet du litige et à
consigner le prix de vente au Greffe de la Cour
Suprême.
Quatre jours plus tard, soit le
12 mai 2006, par ordonnance N° 45, le même Têtê Théodose Têkoé se
rétracte et annule l’ordonnance N° 41 du 08 mai
autorisant la société STC à vendre le riz et à
consigner le prix de vente au Greffe de la Cour
Suprême
On avait alors cru que le Président
Têkoé a pris de bonnes résolutions et qu’il veut
tourner le dos au déni de droit. C’est mal le
connaître puisqu’il n’a fait que reculer pour mieux
sauter.
C’est ainsi que le
24 mai 2006, il prend une nouvelle ordonnance N° 48 pour
autoriser la société STC à vendre la cargaison de
riz sans lui faire obligation cette fois-ci, de
consigner le prix de vente au Greffe de
la Cour Suprême.
Suite à cette décision, les Banques
Suisses ont réagi et demandé par le biais de leur
Avocat, la rétractation au motif que les
dispositions de l’article 223 du Code de Procédure
Civile ne permettent pas au Président de la Cour
Suprême de prendre des mesures qui sont du ressort
des juridictions du premier degré et du second
degré. Cette Ordonnance, toujours selon l’Avocat, si
elle était maintenue instaurerait un désordre
judiciaire au sein de l’appareil judiciaire togolais
et serait hautement préjudiciable à l’image de la
Justice togolaise.
Mal leur en prit puisque en réponse à
cette requête, le Président de la Cour Suprême prend
l’Ordonnance N° 49 et précise dans un attendu que
l’ordonnance N° 48 du 24 mai a été exécutée le 26
mai, avant la requête de rétractation. Ce qui veut
dire concrètement que le Président de la Cour
Suprême soutient que 48 heures ont suffi pour
négocier et vendre une cargaison de 14.150 tonnes de
riz. Allez savoir dans quelles circonstances et sur
la base de quels documents, ce riz a été vendu.
Ce qui est vrai, c’est que ce riz n’a
jamais été vraiment vendu. Il est toujours dans les
entrepôts de SE3M puisque selon cette société
séquestre judiciaire, elle n’a jamais été approchée
dans le cadre d’une opération de vente. On est donc
fondé de dire que M. Têkoé a cautionné une opération
de fausse vente sur ordonnance N° 49 du
02 juin 2006.
Tout ce que Bassam et les siens
brandissent pour attester la vente, ce sont des
papiers bidon qui n’ont aucune valeur juridique.
Nulle part dans cette affaire, on ne trouve des
traces de preuves irréfutables d’une vente. Comment
peut-on vendre ou acheter 14.150 tonnes de riz sans
laisser des pièces comptables ? Quelle banque a
effectué les transactions ? Quel a été le mode de
paiement utilisé ? A moins qu’on ne prenne les
autres pour des idiots, on ne peut pas soutenir que
entre le 24 mai 2006 et 26 mai 2006, soit dans
l’intervalle de deux jours, on a pu trouver une
banque qui a débloqué des crédits pour financer
l’achat d’une cargaison de surcroît litigieuse.
Pire, le vendeur présumé, un certain M. René NAKAD,
survenu de nulle part et sans aucune coordonnée
vérifiable est un inconnu au Togo. S’il réussissait
son coup, celui de vendre le riz, il répartirait
incognito, ni vu, ni connu.
Comme pour apporter la preuve de la
fausse vente, le 26 juin 2006, une ordonnance de
référé sur assignation a été prise sous le N°
0487/2006 et par lequel le juge constate
l’irrégularité des procédures de vente du riz et dit
que cette vente est inopposable aux banques suisses.
Cette décision doit retentir comme un
signal fort et rappeler à l’ordre le Président Têkoé
qui se fourvoie dans ses turpitudes.
C. P. |