AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Google
 
Web www.togoforum.com

30 mai 2006

[ 548:  03 mai  2006]
La preuve Célébration du 27 avril, fête de l’indépendance : Faure Gnassingbé rompt avec le passé

Qui a dit que rien n’a changé au Togo ? La célébration cette année du 46e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale est la preuve irréfutable et tangible que les choses bougent sur la terre de nos aïeux. Tous les Togolais interrogés ont exprimé leur satisfaction et félicité le Président Faure Gnassingbé d’avoir réhabilité cette fête. Beaucoup pensent qu’à travers cet acte, il s’est crédibilisé aux yeux de l’opinion togolaise et internationale, quant à sa capacité à œuvrer pour une réconciliation vraie et durable au Togo.

 
 

En effet, cette journée, contrairement aux années précédentes, a été commémorée avec faste et des cérémonies grandioses ont marqué l’événement. C’est ainsi que pour la première fois dans l’histoire de la 4e République, le Président Faure Gnassingbé, se pliant à l’obligation constitutionnelle, s’est présenté devant l’Assemblée Nationale, en vertu de l’article 74 de la Constitution, pour prononcer un discours sur l’état de la Nation. Ce discours émouvant est la preuve que désormais au Togo la réconciliation n’est pas un vain mot. Prononcé sur un ton de conviction, d’humilité et de vérité, ce discours bilan s’article autour des grands axes suivants : les avancées politiques et institutionnelles, les avancées économiques et sociales, les avancées judiciaires, les moteurs de développement et de croissance et les nouveaux défis.

Il faut reconnaître que les points évoqués dans ce discours ainsi que d’autres actes majeurs posés par le Président Faure Gnassingbé et son Gouvernement dans de nombreux domaines, en l’occurrence : les avancées politiques notamment la réconciliation nationale qui est devenue le socle sur lequel est en train d’être bâti l’essor de la nation et la relance de l’économie. La relance du dialogue intertogolais qui est le point d’achoppement de toutes les initiatives de réconciliation est désormais une affaire bien engagée puisque l’opposition radicale a obtenu la direction du directoire avec l’élection de Me Yawovi Agboyibo comme Président. La Commission de Réflexion pour la Réhabilitation de l’Histoire du Togo composée de personnalités reconnues a fait des recommandations qui sont en train d’être pris en compte. Aussi le conseil des Ministres du Mercredi 26 Avril 2006 a rendu un vibrant hommage à tous les pionniers de l’indépendance et adopté un décret portant dénomination de quatre avenues et de la place Fréau Jardin afin d’honorer et d’immortaliser la mémoire de certaines illustres figures qui ont animé la vie politique togolaise durant les premières années de notre indépendance.

Au terme de ce décret, la rue du commerce et la rue des Lacs qui vont de l’Hôtel Palm Beach à la Station Mobil Marina sont désormais dénommées Avenue Sylvanus Olympio, l’Avenue de la Nouvelle Marche s’appelle l’Avenue Kléber Dadjo, l’Avenue du Golfe porte le nom de Mama Fousséni, la rue Kokéti est dénommée l’Avenue Ben Apaloo et la place Fréau jardin porte la nouvelle dénomination de la Place Anani Santos.

Dans le même ordre d’idées, les décorations remises aux récipiendaires le 27 Avril, répondent à un impératif de réconciliation contrairement aux simples opérations de gratitude destinées à récompenser les affidés au régime. En décorant des personnalités comme le Prof. Gnininvi, le doyen André Kuevidjen,  le Chef Supérieur Nana Ohiniko d’Aného, Me Doe-Bruce, Me Loretta Massan Acouetey et tant d’autres, les nouvelles Autorités de notre pays démontrent leur bonne volonté de sortir des sentiers battus. La Commission Nationale Spéciale d’Enquête indépendante sur les actes de violence et de vandalisme survenus avant et après les élections présidentielles du 24 Avril 2005 a produit un rapport qui sera versé au dossier du dialogue intertogolais. Ce document d’une importance capitale sera d’un grand apport pour démêler l’épineux problème de l’impunité.

Le Haut Commissariat aux Réfugiés et à l’Action Humanitaire mis en place le 08 juin 2005 est à l’œuvre et travaille d’arrache-pied pour trouver un heureux aboutissement aux difficultés liées au retour des réfugiés. De nombreux prisonniers ont été libérés. Il s’agit de mesure d’apaisement qui a mis du baume au cœur des citoyens. La Haute Autorité de l’Audiovisuel de la Communication  (HAAC) rénovée est en train de réguler les médias tant publics que privés. Le séminaire sur la relance de l’économie togolaise tenu du 17 au 21 décembre 2005 vise à associer tous les acteurs de la vie économique à la réflexion sur les différents moyens qui peuvent permettre la relance de l’économie.

Le déblocage des avancements au niveau de la Fonction Publique est désormais effectif. L’intégration des fonctionnaires. Les questions de la Santé, l’aménagement des villes, la Chambre Administrative de la Cour d’Appel. Le Conseil Supérieur de la Magistrature renouvelée, la réhabilitation des prisons et centres de détention, l’emprunt obligataire, le secteur bancaire avec la création de nouvelles banques : la Banque Régionale de Solidarité (BRS), la Banque Sahélo-Sahérienne et la Banque Atlantique ; les infrastructures routières et enfin la qualification de l’équipe nationale de football au mondial, voilà autant de chantiers et de réalisations qui ont été concrétisés ou en cours de réalisation en un an. Nous pensons que nous devons faire l’économie de commentaire parce que ces actes parlent d’eux-mêmes. Nous pensons sincèrement que face à ce constat, les Togolais doivent en revanche s’investir et aider Faure Gnassingbé et son Premier Ministre Edem Kodjo à maintenir le cap. Car incontestablement notre pays vient de connaître une année d’évolution qu’il faut saluer.

En ce qui concerne la célébration proprement dite du 27 Avril au Togo, nous avons assisté à la tentative avortée de la privatisation du 27 Avril par Gilchrist Olympio qui a organisé des festivités parallèles. Nous avons suivi le déroulement des festivités organisées par l’UFC et son leader. Un rendez-vous manqué. A ce sujet, il faut reconnaître que M. Gilchrist Olympio a perdu son pari en dépit du soutien de son amie la journaliste de RFI Karine Frenk venue spécialement de Paris pour rehausser l’éclat de sa fête privatisée.

En ce qui concerne son meeting qui n’a réuni qu’environ 2.500 participants, M. Olympio a connu des moments d’inquiétudes. Il n’est arrivé sur les lieux que vers 14 heures pour une réunion prévue pour 11 heures à cause du désintérêt général. Tous les observateurs de la scène politique savent que les arrivées à Lomé de Gilchrist Olympio ont toujours donné lieu à des manifestations qui mettent en mouvement, dans les rues de Lomé, des foules hystériques. Les meetings de M. Gilchrist Olympio sont toujours des méga-meetings. Le stade de Béniglato a toujours été trop petit pour contenir les foules euphoriques qui s’y déversent. Or cette fois-ci, la lassitude aidant, la mobilisation a échoué. Les gens n’ont pas fait le déplacement. Triste et cruelle désillusion pour un homme qui a toujours cru qu’il est incontournable et que tout lui est dû.

D’ailleurs les manifestations de part et d’autre ne sont en rien comparables. Côté officiel, le discours sur l’état de la nation, la réanimation de la flamme de l’indépendance à la place de l’indépendance avec un monument restauré, la caravane à travers la ville, le spectacle son et lumière, le grand défilé militaire et civil, le garden party, la grandiose  et fabuleuse soirée culturelle et les feux d’artifice n’ont rien à envier aux one man show d’un Gilchrist Olympio lors d’un meeting qui rassemble environ 2.500 personnes. Il n’y a que la militante de l’UFC Karine Frenk de RFI, une journaliste stipendiée qui s’emploie à comparer l’incomparable. Mais comme on le dit souvent, quelle que soit la physionomie du mouton, la fête a bel et bien eu lieu. Faure Gnassingbé a rompu avec le passé.

Désormais M. Olympio est tombé de son piédestal. Son parti l’UFC n’offre plus d’attrait. L’UFC est en train de devenir un parti normal presque banal. Et pour cause. Il ne faut pas confondre l’histoire et l’actualité. Il ne faut pas confondre histoire et mémoire. Il faut dépasser voire transcender parfois l’histoire pour trouver la solution aux maux qui nous assaillent.

Durant son séjour de presque une semaine passée dans l’indifférence, M. Olympio a pu constater que le Togo de Faure Gnassingbé n’est plus celui de Eyadéma qui lui faisait peur. Exemple, la récurrente question de sa sécurité ne se pose plus en terme d’acuité, d’autant que lui-même a reconnu sur TV7 qu’il s’est promené à Lomé, a visité les maquis où il a vu des jeunes boire de la bière et exprimer leur joie malgré les difficultés ambiantes.

Si aujourd’hui Gilchrist Olympio se promène à Lomé, lui qui d’habitude y passait quelques heures et repartait sur la pointe des pieds, c’est la preuve par 3 que quelque chose a changé au Togo. Seulement la mauvaise foi ne lui permet pas de le reconnaître plubliquement. M. Olympio doit savoir que ce n’est pas parce que son parti pense quelque chose que c’est absolument vrai. Le leader de l’UFC est désormais dépassé. Il a perdu son aura et sa boussole parce que, à l’UFC, le débat est biaisé et on refuse de faire une autocritique sur le plan interne. Il faut donc abattre les préjugés et le mur de la haine, car le mythe de l’opposant historique ne séduit plus. Ce n’est pas seulement au Togo qu’il y a un opposant historique. En Centrafrique, Abel Goumba est un opposant historique. Au Burkina Ki-Zerbo est un opposant historique. Au Congo Démocratique (ex-Zaïre) Tshisékédi est un opposant historique. Tous ces opposants historiques n’ont jamais su aller au-delà de leur vision étriquée du changement. Au Togo, en dépit du poids des contraintes, le changement se fait. Ceux qui prônent le changement sans changer eux-mêmes doivent comprendre que le changement se fait sans eux.

Rodrigue

 
 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved