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En effet, cette journée, contrairement aux
années précédentes, a été commémorée avec
faste et des cérémonies grandioses ont
marqué l’événement. C’est ainsi que pour la
première fois dans l’histoire de la 4e
République, le Président Faure Gnassingbé,
se pliant à l’obligation constitutionnelle,
s’est présenté devant l’Assemblée Nationale,
en vertu de l’article 74 de la Constitution,
pour prononcer un discours sur l’état de la
Nation. Ce discours émouvant est la preuve
que désormais au Togo la réconciliation
n’est pas un vain mot. Prononcé sur un ton
de conviction, d’humilité et de vérité, ce
discours bilan s’article autour des grands
axes suivants : les avancées politiques et
institutionnelles, les avancées économiques
et sociales, les avancées judiciaires, les
moteurs de développement et de croissance et
les nouveaux défis.
Il
faut reconnaître que les points évoqués dans
ce discours ainsi que d’autres actes majeurs
posés par le Président Faure Gnassingbé et
son Gouvernement dans de nombreux domaines,
en l’occurrence : les avancées politiques
notamment la réconciliation nationale qui
est devenue le socle sur lequel est en train
d’être bâti l’essor de la nation et la
relance de l’économie. La relance du
dialogue intertogolais qui est le point
d’achoppement de toutes les initiatives de
réconciliation est désormais une affaire
bien engagée puisque l’opposition radicale a
obtenu la direction du directoire avec
l’élection de Me Yawovi Agboyibo comme
Président. La Commission de Réflexion pour
la Réhabilitation de l’Histoire du Togo
composée de personnalités reconnues a fait
des recommandations qui sont en train d’être
pris en compte. Aussi le conseil des
Ministres du Mercredi 26 Avril 2006 a rendu
un vibrant hommage à tous les pionniers de
l’indépendance et adopté un décret portant
dénomination de quatre avenues et de la
place Fréau Jardin afin d’honorer et
d’immortaliser la mémoire de certaines
illustres figures qui ont animé la vie
politique togolaise durant les premières
années de notre indépendance.
Au terme de ce décret, la rue du commerce et
la rue des Lacs qui vont de l’Hôtel Palm
Beach à la Station Mobil Marina sont
désormais dénommées Avenue Sylvanus Olympio,
l’Avenue de la Nouvelle Marche s’appelle
l’Avenue Kléber Dadjo, l’Avenue du Golfe
porte le nom de Mama Fousséni, la rue Kokéti
est dénommée l’Avenue Ben Apaloo et la place
Fréau jardin porte la nouvelle dénomination
de la Place Anani Santos.
Dans le même ordre d’idées, les décorations
remises aux récipiendaires le 27 Avril,
répondent à un impératif de réconciliation
contrairement aux simples opérations de
gratitude destinées à récompenser les
affidés au régime. En décorant des
personnalités comme le Prof. Gnininvi, le
doyen André Kuevidjen, le Chef
Supérieur Nana Ohiniko d’Aného, Me
Doe-Bruce, Me Loretta Massan Acouetey et
tant d’autres, les nouvelles Autorités de
notre pays démontrent leur bonne volonté de
sortir des sentiers battus. La Commission
Nationale Spéciale d’Enquête indépendante
sur les actes de violence et de vandalisme
survenus avant et après les élections
présidentielles du 24 Avril 2005 a produit
un rapport qui sera versé au dossier du
dialogue intertogolais. Ce document d’une
importance capitale sera d’un grand apport
pour démêler l’épineux problème de
l’impunité.
Le Haut Commissariat aux Réfugiés et à
l’Action Humanitaire mis en place le 08 juin
2005 est à l’œuvre et travaille d’arrache-pied
pour trouver un heureux aboutissement aux
difficultés liées au retour des réfugiés. De
nombreux prisonniers ont été libérés. Il
s’agit de mesure d’apaisement qui a mis du
baume au cœur des citoyens. La Haute
Autorité de l’Audiovisuel de la
Communication (HAAC) rénovée
est en train de réguler les médias tant
publics que privés. Le séminaire sur la
relance de l’économie togolaise tenu du 17
au 21 décembre 2005 vise à associer tous les
acteurs de la vie économique à la réflexion
sur les différents moyens qui peuvent
permettre la relance de l’économie.
Le déblocage des avancements au niveau de la
Fonction Publique est désormais effectif.
L’intégration des fonctionnaires. Les
questions de la Santé, l’aménagement des
villes, la Chambre Administrative de la Cour
d’Appel. Le Conseil Supérieur de la
Magistrature renouvelée, la réhabilitation
des prisons et centres de détention,
l’emprunt obligataire, le secteur bancaire
avec la création de nouvelles banques : la
Banque Régionale de Solidarité (BRS), la
Banque Sahélo-Sahérienne et la Banque
Atlantique ; les infrastructures routières
et enfin la qualification de l’équipe
nationale de football au mondial, voilà
autant de chantiers et de réalisations qui
ont été concrétisés ou en cours de
réalisation en un an. Nous pensons que nous
devons faire l’économie de commentaire parce
que ces actes parlent d’eux-mêmes. Nous
pensons sincèrement que face à ce constat,
les Togolais doivent en revanche s’investir
et aider Faure Gnassingbé et son Premier
Ministre Edem Kodjo à maintenir le cap. Car
incontestablement notre pays vient de
connaître une année d’évolution qu’il faut
saluer.
En ce qui concerne la célébration proprement
dite du 27 Avril au Togo, nous avons assisté
à la tentative avortée de la privatisation
du 27 Avril par Gilchrist Olympio qui a
organisé des festivités parallèles. Nous
avons suivi le déroulement des festivités
organisées par l’UFC et son leader. Un
rendez-vous manqué. A ce sujet, il faut
reconnaître que M. Gilchrist Olympio a perdu
son pari en dépit du soutien de son amie la
journaliste de RFI Karine Frenk venue
spécialement de Paris pour rehausser l’éclat
de sa fête privatisée.
En ce qui concerne son meeting qui n’a réuni
qu’environ 2.500 participants, M. Olympio a
connu des moments d’inquiétudes. Il n’est
arrivé sur les lieux que vers 14 heures pour
une réunion prévue pour 11 heures à cause du
désintérêt général. Tous les observateurs de
la scène politique savent que les arrivées à
Lomé de Gilchrist Olympio ont toujours donné
lieu à des manifestations qui mettent en
mouvement, dans les rues de Lomé, des foules
hystériques. Les meetings de M. Gilchrist
Olympio sont toujours des méga-meetings. Le
stade de Béniglato a toujours été trop petit
pour contenir les foules euphoriques qui s’y
déversent. Or cette fois-ci, la lassitude
aidant, la mobilisation a échoué. Les gens
n’ont pas fait le déplacement. Triste et
cruelle désillusion pour un homme qui a
toujours cru qu’il est incontournable et que
tout lui est dû.
D’ailleurs les manifestations de part et
d’autre ne sont en rien comparables. Côté
officiel, le discours sur l’état de la
nation, la réanimation de la flamme de
l’indépendance à la place de l’indépendance
avec un monument restauré, la caravane à
travers la ville, le spectacle son et
lumière, le grand défilé militaire et civil,
le garden party, la grandiose
et fabuleuse soirée culturelle et les feux
d’artifice n’ont rien à envier aux one man
show d’un Gilchrist Olympio lors d’un
meeting qui rassemble environ 2.500
personnes. Il n’y a que la militante de
l’UFC Karine Frenk de RFI, une journaliste
stipendiée qui s’emploie à comparer
l’incomparable. Mais comme on le dit souvent,
quelle que soit la physionomie du mouton, la
fête a bel et bien eu lieu. Faure Gnassingbé
a rompu avec le passé.
Désormais M. Olympio est tombé de son
piédestal. Son parti l’UFC n’offre plus
d’attrait. L’UFC est en train de devenir un
parti normal presque banal. Et pour cause.
Il ne faut pas confondre l’histoire et
l’actualité. Il ne faut pas confondre
histoire et mémoire. Il faut dépasser voire
transcender parfois l’histoire pour trouver
la solution aux maux qui nous assaillent.
Durant son séjour de presque une semaine
passée dans l’indifférence, M. Olympio a pu
constater que le Togo de Faure Gnassingbé
n’est plus celui de Eyadéma qui lui faisait
peur. Exemple, la récurrente question de sa
sécurité ne se pose plus en terme d’acuité,
d’autant que lui-même a reconnu sur TV7
qu’il s’est promené à Lomé, a visité les
maquis où il a vu des jeunes boire de la
bière et exprimer leur joie malgré les
difficultés ambiantes.
Si aujourd’hui Gilchrist Olympio se promène
à Lomé, lui qui d’habitude y passait
quelques heures et repartait sur la pointe
des pieds, c’est la preuve par 3 que quelque
chose a changé au Togo. Seulement la
mauvaise foi ne lui permet pas de le
reconnaître plubliquement. M. Olympio doit
savoir que ce n’est pas parce que son parti
pense quelque chose que c’est absolument
vrai. Le leader de l’UFC est désormais
dépassé. Il a perdu son aura et sa boussole
parce que, à l’UFC, le débat est biaisé et
on refuse de faire une autocritique sur le
plan interne. Il faut donc abattre les
préjugés et le mur de la haine, car le mythe
de l’opposant historique ne séduit plus. Ce
n’est pas seulement au Togo qu’il y a un
opposant historique. En Centrafrique, Abel
Goumba est un opposant historique. Au
Burkina Ki-Zerbo est un opposant historique.
Au Congo Démocratique (ex-Zaïre) Tshisékédi
est un opposant historique. Tous ces
opposants historiques n’ont jamais su aller
au-delà de leur vision étriquée du
changement. Au Togo, en dépit du poids des
contraintes, le changement se fait. Ceux qui
prônent le changement sans changer eux-mêmes
doivent comprendre que le changement se fait
sans eux.
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