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Dans notre précédente édition (C.P. N°
546 du 18 au 21 Avril courant) nous avions publié un
article sous le titre : «Commémoration de la fête de
l’indépendance, une privatisation dangereuse pour la
réconciliation nationale, le 27 Avril, une fête qui
doit unir les Togolais».
Dans la semaine passée, le Gouvernement
a rendu public le programme des festivités. (Voir
programme en encadré)
Tout observateur honnête doit convenir
qu’il s’agit d’un programme dense et complet. En
effet, les nouvelles autorités togolaises, le
Président Faure Gnassingbé le premier, et son
Premier Ministre Edem Kodjo, loin de vouloir
biaiser, ont décidé de bien faire les choses.
Le programme apporte la preuve que les
promesses électorales au sujet de la réconciliation
nationale ne sont pas de vains mots. Faure
Gnassingbé rompt avec un passé dichotomique et
pénalisant. C’est un acte politique majeur qu’il
faut saluer. Tous les Togolais pétris de patriotisme
doivent lui apporter leur soutien pour continuer
dans cette voie.
En revanche, le programme parallèle
publié par l’UFC ne doit effrayer personne. Si ce
programme venait à être mis en exécution, la preuve
sera ainsi faite que Gilchrist Olympio et son parti
l’UFC se nourrissent de la crise politique au Togo
comme une sève vivifiante. En politique, il faut
savoir perdre. En politique, il faut savoir
reconnaître à l’adversaire ses actes positifs. De
tout temps, la célébration officielle du 27 Avril a
été l’une des revendications majeures de
l’opposition voire des Togolais dans leur ensemble.
Personne ne comprenait que la fête de l’indépendance
nationale soit réduite à sa plus simple expression
ou passe en compte perte et profit. En décidant de
la commémorer avec faste, Faure Gnassingbé a compris
que la célébration du 27 Avril est un enjeu majeur
de réconciliation nationale vraie et durable. Et il
a raison. En choisissant de se dissocier de cette
célébration officielle, l’UFC et son leader
persistent dans la voie de la division, de la
polémique et de la surenchère. C’est cela qu’on
appelle la négation démocratique.
Au jour d’aujourd’hui, il est établi que
le Togo est dans une dynamique d’amélioration
progressive de la gouvernance politique et de la
démocratie. Certes, sur le plan électoral, des
problèmes existent. Mais face à cette réalité, les
partis politiques doivent lutter politiquement pour
obtenir des changements structurels et consensuels
par lesquels la démocratie et la gouvernance peuvent
être durablement ancrées dans nos mœurs politiques.
Ce changement auquel non seulement les partis
doivent prendre part mais encore pour lequel ils
peuvent jouer un rôle décisif et contribuer à
résorber, selon des modalités démocratiques et
consensuelles, les contentieux récurrents au niveau
post-électoral.
Quelle peut être la contribution des
partis politiques à une refondation de l’Etat qui
permette à celui-ci de parachever sa mutation
démocratique et de surmonter la crise de ‘‘mal
gouvernance’’ ?
Pour ancrer l’Etat démocratique dans
la Société
togolaise, il y a lieu de répondre politiquement à
un certain nombre de préoccupations pouvant servir
de guide pour une gouvernance juste et idoine.
Les partis politiques doivent œuvrer
pour conjurer toute manipulation de l’ethnicité et
son impact sur la paix sociale et l’unité du peuple.
Les partis politiques de l’opposition,
notamment l’UFC doit pratiquer une politique
d’inclusion, de non discrimination et assumer un
devoir de respect de la diversité de vision sans
préjudice pour les dynamiques positives de brassages
porteuses d’une nouvelle citoyenneté. C’est le cas
du 27 Avril.
«Les partis politiques ont un rôle
fondamental à jouer dans la construction de la
démocratie à l’échelle nationale, locale et
régionale et dans la complémentarité et
l’interactivité de ces différents niveaux. Ils ont
une responsabilité importante dans la
restructuration et/ou la consolidation de la paix
civile et la stabilité politique». Cf. (Forum des
partis politiques, des médias et la société civile
en Afrique de l’Ouest). Il est donc temps pour que
les partis politiques prennent conscience de leur
rôle dans la vie de la nation et surtout qu’ils
évitent d’abandonner la proie pour l’ombre en
passant leur temps à faire la guérilla politique.
Rodrigue |