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24 avril 2006

 
[ No 547: 24 avril 2006]
Célébration du 27 Avril : Un enjeu majeur de réconciliation nationale

            Dans notre précédente édition (C.P. N° 546 du 18 au 21 Avril courant) nous avions publié un article sous le titre : «Commémoration de la fête de l’indépendance, une privatisation dangereuse pour la réconciliation nationale, le 27 Avril, une fête qui doit unir les Togolais».

            Dans la semaine passée, le Gouvernement a rendu public le programme des festivités. (Voir programme en encadré)

            Tout observateur honnête doit convenir qu’il s’agit d’un programme dense et complet. En effet, les nouvelles autorités togolaises, le Président Faure Gnassingbé le premier, et son Premier Ministre Edem Kodjo, loin de vouloir biaiser, ont décidé de bien faire les choses.

            Le programme apporte la preuve que les promesses électorales au sujet de la réconciliation nationale ne sont pas de vains mots. Faure Gnassingbé rompt avec un passé dichotomique et pénalisant. C’est un acte politique majeur qu’il faut saluer. Tous les Togolais pétris de patriotisme doivent lui apporter leur soutien pour continuer dans cette voie.

            En revanche, le programme parallèle publié par l’UFC ne doit effrayer personne. Si ce programme venait à être mis en exécution, la preuve sera ainsi faite que Gilchrist Olympio et son parti l’UFC se nourrissent de la crise politique au Togo comme une sève vivifiante. En politique, il faut savoir perdre. En politique, il faut savoir reconnaître à l’adversaire ses actes positifs. De tout temps, la célébration officielle du 27 Avril a été l’une des revendications majeures de l’opposition voire des Togolais dans leur ensemble. Personne ne comprenait que la fête de l’indépendance nationale soit réduite à sa plus simple expression ou passe en compte perte et profit. En décidant de la commémorer avec faste, Faure Gnassingbé a compris que la célébration du 27 Avril est un enjeu majeur de réconciliation nationale vraie et durable. Et il a raison. En choisissant de se dissocier de cette célébration officielle, l’UFC et son leader persistent dans la voie de la division, de la polémique et de la surenchère. C’est cela qu’on appelle la négation démocratique.

            Au jour d’aujourd’hui, il est établi que le Togo est dans une dynamique d’amélioration progressive de la gouvernance politique et de la démocratie. Certes, sur le plan électoral, des problèmes existent. Mais face à cette réalité, les partis politiques doivent lutter politiquement pour obtenir des changements structurels et consensuels par lesquels la démocratie et la gouvernance peuvent être durablement ancrées dans nos mœurs politiques. Ce changement auquel non seulement les partis doivent prendre part mais encore pour lequel ils peuvent jouer un rôle décisif et contribuer à résorber, selon des modalités démocratiques et consensuelles, les contentieux récurrents au niveau post-électoral.

            Quelle peut être la contribution des partis politiques à une refondation de l’Etat qui permette à celui-ci de parachever sa mutation démocratique et de surmonter la crise de ‘‘mal gouvernance’’ ?

            Pour ancrer l’Etat démocratique dans la Société togolaise, il y a lieu de répondre politiquement à un certain nombre de préoccupations pouvant servir de guide pour une gouvernance juste et idoine.

            Les partis politiques doivent œuvrer pour conjurer toute manipulation de l’ethnicité et son impact sur la paix sociale et l’unité du peuple.

            Les partis politiques de l’opposition, notamment l’UFC doit pratiquer une politique d’inclusion, de non discrimination et assumer un devoir de respect de la diversité de vision sans préjudice pour les dynamiques positives de brassages porteuses d’une nouvelle citoyenneté. C’est le cas du 27 Avril.

            «Les partis politiques ont un rôle fondamental à jouer dans la construction de la démocratie à l’échelle nationale, locale et régionale et dans la complémentarité et l’interactivité de ces différents niveaux. Ils ont une responsabilité importante dans la restructuration et/ou la consolidation de la paix civile et la stabilité politique». Cf. (Forum des partis politiques, des médias et la société civile en Afrique de l’Ouest). Il est donc temps pour que les partis politiques prennent conscience de leur rôle dans la vie de la nation et surtout qu’ils évitent d’abandonner la proie pour l’ombre en passant leur temps à faire la guérilla politique.

Rodrigue

 

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