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Le
dialogue politique, principale pomme de discorde
entre les protagonistes de la scène politique
togolaise a repris ses travaux le vendredi
21
Avril 2006.
Déjà la situation commence à se décanter
et une étape importante est franchie. Ce qui hier
encore était incroyable est désormais une réalité.
En effet, après environ 36 heures de
travaux marqués par des débats très laborieux, un
premier acte a été posé. Il s’agit de l’élection
d’un bureau du dialogue. La grande innovation,
l’élément qu’il faut mettre en évidence, c’est que
le RPT disons plutôt le Président Faure Gnassingbé,
dans le souci de permettre l’aboutissement heureux
de ce dialogue, a fait une concession majeure qui a
permis d’élire Me Yawovi Agboyibo, Président
National du CAR, un parti de l’opposition radicale,
Président du Bureau du Dialogue.
Mme Tchangaï Kissem WALLA est élue
Vice-présidente au titre de
la
Société Civile.
Enfin M. Bawara Gilbert Ministre délégué
chargé de la coopération est élu rapporteur au titre
du Gouvernement.
Avant l’ouverture de ce dialogue, qui
aurait cru que l’opposition obtiendrait
la
Présidence du dialogue ?
Si l’UFC tenait mordicus à la
désignation d’un médiateur, c’est parce que ce parti
était persuadé que, comme par le passé, la
présidence des travaux serait confiée au
Gouvernement ou au RPT et que les dés seraient
pipés.
Il est vrai que c’est le Gouvernement
qui a pris les 22 engagements et qui, de ce fait,
reste comptable devant l’Union Européenne pour la
mise en œuvre.
En acceptant que le Président du bureau
soit d’abord démocratiquement élu et que le choix
porté sur la personne de Me Agboyibo ne fasse pas
l’objet de veto de la part du pouvoir, le Président
Faure Gnassingbé vient d’apporter un démenti
cinglant à tous ceux qui fondent leur politique sur
des préjugés et des a priori en tirant des
conclusions hâtives.
Désormais, la preuve est faite que les
Togolais peuvent résoudre leurs divergences même
celles qui paraissent les plus insurmontables s’ils
s’asseyent et discutent sereinement. Il est vrai que
les débats seront ardus parce que les enjeux sont de
taille. Mais en définitive, c’est l’avenir de
l’opposition dans sa composition actuelle qui se
joue. Personne ne doit oublier que la lassitude des
citoyens peut devenir déterminante pour l’avenir.
L’un des éléments qu’il faut également
souligner, c’est la gestion médiatique du dialogue.
Il n’est un secret pour personne que la presse
togolaise et particulièrement la presse privée
excelle dans la dramatisation, l’amalgame, la
manipulation et la surenchère. Mais l’honnêteté
intellectuelle nous commande de reconnaître que le
tort, tout le tort n’est pas à imputer à la presse
et à elle seule en dépit de ses insuffisances.
La responsabilité de cette situation
incombe surtout aux acteurs politiques eux-mêmes.
Aujourd’hui, personne ne sait ce qui se passe dans
la salle, puisque les travaux se déroulent à huis
clos. Il sera déplorable voire suicidaire que des
participants aux travaux une fois dehors, cherchent
à exercer la pression sur leurs adversaires par
presse interposée en donnant des informations
tronquées ou en dramatisant ce qui ne l’est pas.
Naturellement la presse en fera ses choux gras avec
les conséquences que l’on sait. Les partis
politiques qui prennent part au dialogue doivent
savoir que le pays regorge d’autres partis
politiques et qu’il leur appartient d’œuvrer dans
l’intérêt commun et non pour leur seul et propre
intérêt.
Les participants à ces débats doivent
faire preuve de responsabilité et de maturité
politique pour ne jamais mettre la charrue devant le
bœuf. Car les Togolais, tout le peuple togolais
souhaite
que cette fois-ci, le dialogue aboutisse d’autant
que chacun a le sentiment que l’échec de ces
pourparlers le pénalisera. Les Togolais ont besoin
de vivre dans l’espérance. Il revient aux
participants de leur donner cette espérance sans
laquelle aucun progrès n’est possible.
Me Agboyibo que nous n’avons plus
besoin de présenter parce qu’il est l’une des
figures de proue de la lutte pour la démocratie au
Togo, doit se dire que cette fois doit être la
bonne.
Il doit conjurer le démon de l’échec et
se faire violence pour transcender, à travers les
nouvelles évolutions, certaines considérations qui
ont jusqu’à présent freiné ou terni ses actions
pourtant nobles au fond.
Enfin, le Président du Bureau du
dialogue doit avoir présent à l’esprit qu’il a
l’obligation de résultat et que la communauté
internationale et tous les Togolais ont le regard
braqué sur lui. Il s’agit avant et après tout
d’assumer une responsabilité dans l’intérêt
supérieur du peuple.
Rodrigue |