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Faure Gnassingbé a été élu Président
de la République le 24 Avril 2005 ;
bientôt un an. Il tire donc sa
légitimité du verdict des urnes. A ce
titre, il est comptable de tous ses
actes devant le peuple. N'en déplaise
à ses détracteurs.
Certes, le processus électoral dans
notre pays, après le décès subit du
Président Eyadèma, a été émaillé de
violences graves. Mais il faut
reconnaître que ce n'est pas la
première fois que la violence fait son
intrusion dans les mœurs politiques
togolaises. Le phénomène est récurrent
et trouve sa source dans les
événements survenus au Togo entre le
27 Avril 1958 et le 13 janvier 1963.
La politique dans notre pays est
malheureusement caractérisée avant
l'indépendance par l'intolérance et le
mensonge.
Ceci dit, en dépit de toutes les
controverses et de toutes les
contestations, la question de la
légitimité de Faure Gnassingbé a été
réglée à Abuja entre la classe
politique togolaise et les Présidents
de la CEDEAO.
En effet, on se rappelle qu'au cours
de cette rencontre dont nous avions
publié de larges échos, et qui
constituait un tournant, la question a
été posée de savoir : qui ne
reconnaissait pas Faure Gnassingbé
comme Président de la République ?
L'ensemble de la classe politique
togolaise c'est-à-dire le RPT et
toutes les composantes de l'opposition
présentes dans la salle n'avaient
soulevé la moindre petite objection
sur ce point. Ne dit-on pas que celui
qui ne dit mot consent ?
Il reste que la problématique du
dialogue a été toujours sur le tapis
avant la mort du Président Eyadema.
Faure n'a fait qu'endosser les
engagements déjà pris.
Or, entre le moment où ces engagements
ont été pris à Bruxelles par le
Gouvernement de Koffi Sama et
aujourd'hui, beaucoup d'eau a coulé
sous le pont. La politique n'est
jamais figée. Au contraire, elle est
dynamique et doit toujours répondre
aux impératifs de l'heure.
Depuis son arrivée au pouvoir, Faure
Gnassingbé a ouvert plusieurs
chantiers qui font parties intégrantes
des 22 engagements. Mieux encore, un
certain nombre de décisions prises
vident presque le dialogue tant
galvaudé de sa substance.
Il est vrai que l'opposition, surtout
celle dite radicale, refuse de voir ce
qui est pourtant visible.
Cette attitude découle de la stratégie
de l'UFC qui consiste à torpiller
toutes les bonnes initiatives ou à les
dévaloriser systématiquement dans le
but évident mais puéril de conquérir
le pouvoir.
Face à cette donne, il appartient à
Faure Gnassingbé de prendre ses
responsabilités et nouer un dialogue
permanent avec le peuple togolais.
Malheureusement, on constate un
déficit chronique de communication
entre le peuple et le Président Faure.
Il est temps pour ce dernier de
prendre conscience de la nécessité de
rendre compte au peuple. Il est temps
pour le Président élu de concevoir une
politique médiatique d'explication et
de valorisation des actes posés. Il ne
s'agit pas des motions de soutien mais
d'une approche médiatique moderne.
Deux exemples très simples pour
illustrer cette préoccupation. Les
grandes innovations contenues dans le
nouveau budget de l'Etat n'ont jamais
été expliquées. Le Chef de l'Etat a
effectué, la dernière fois, une visite
officielle en Chine. A son départ
comme à son retour, il n'a même pas
adressé le moindre petit mot au
peuple. Et pourtant il est souvent
accusé dans la presse d'être un
Président voyageur. Il ne lui coûte
rien de dire au peuple ce qu'il est
allé faire en Chine puisque c'est dans
l'intérêt du peuple qu'il a séjourné
dans ce pays ami. Ce n'est pas les
commentaires apologétiques des
journalistes de la TVT qui pourront
remplacer les propos du Président de
la République.
Un Chef d'Etat élu est comptable
devant son peuple. Au-delà de toutes
les considérations, Faure doit être en
contact permanent avec son peuple. Ce
faisant, il doit aussi savoir que de
nos jours, il ne suffit pas d'être élu
pour se tranquilliser dans son
fauteuil. Car la démocratie est
désormais une conquête quotidienne.
En ce qui concerne le dialogue avec
l'opposition, il ne faut pas en faire
une panacée. Dans toutes les
démocraties, l'opposition s'oppose. Si
le pouvoir n'applique pas sa propre
politique. Si les dirigeants attendent
le bon vouloir de l'opposition, ils
n'avanceront jamais et l'opposition
aura beau jeu de les clouer au pilori.
Faure Gnassingbé a l'obligation de
résultat. Il doit faire en sorte que
les conditions de vie des Togolais
s'améliorent. Il doit créer des
richesses pour permettre aux Togolais
de mieux vivre. Il n'a pas besoin pour
cela de dialoguer avec l'opposition
d'autant qu'il a un mandat avec à la
clé un bilan à présenter.
Il est irresponsable voire suicidaire
de lier le destin de tout un peuple à
la présence d'un médiateur. Le
médiateur ne fera pas de miracle.
L'expérience a déjà suffisamment
montré que la présence des
facilitateurs n'est pas la clé du
problème togolais. Dans le cadre du
dialogue intertogolais, les Togolais
ont été assistés de quatre
facilitateurs. Si la montagne avait
accouché d'une souris, c'est parce que
la confiance réciproque entre les
Togolais n'était pas au rendez-vous.
Les Togolais doivent apprendre à vivre
ensemble et à se faire confiance.
Malheureusement la classe politique,
surtout l'opposition regorge des
hommes qui n'ont aucune ambition pour
le pays et qui se complaisent en
permanence dans une logique de refus
qui est la négation de la démocratie.
Ces hommes disent NON à tout et
refusent de voir la réalité en face.
Ces hommes font du populisme leur
credo et ne manquent aucune occasion
pour remettre en cause ce qu'ils ont
eux-mêmes accepté hier.
Imaginez un instant ce qui se
passerait au Togo si demain Faure
Gnassingbé s'amuse à nommer un
Jean-Pierre Fabre Premier ministre ?
Ce sera sûrement le chaos parce que ce
gueulard ne sera pas à la hauteur de
l'enjeu. En revanche il est prêt à
dénigrer ceux qui se battent pour
relever le pays et le sortir de
l'ornière.
Nous avons nommément cité Jean-Pierre
Fabre parce que le parcours d'une vie
- les origines, la formation, les
fonctions successives - modèle un
caractère et des compétences, nourrit
des projets aussi. Ce chemin vaut
d'être exploré et suivi pour une bonne
interprétation d'un tempérament et de
comportements. Au Combat du Peuple,
personne ne nous laisse indifférent,
malheureusement nous avons le plus
souvent trouvé des gens moins que leur
réputation. Plus complexes que leur
image, ces gens se contentent de
nourrir le peuple d'illusions.
Au Combat du Peuple, nous écrivons en
toute liberté, sans but ni de plaire
ni de déplaire, ni de flatter, ni de
dénigrer. D'ailleurs, on ne sait
jamais vraiment dans les traits que
l'on dessine et dans les faits (même
minuscules) que l'on rapporte ce qui
pourrait toucher ou piquer au vif.
En tout état de cause, les rencontres
de notre vie professionnelle nous ont
marqué. Les rencontres avec des gens
dont on parle dans les journaux et pas
moins celles avec les acteurs de
l'ombre. Le pays regorge de militants
généreux, de travailleurs compétents,
de dirigeants ambitieux avec qui on
peut réaliser de grands desseins. Il
suffit d'y penser et d'agir.
Entre le dialogue avec une opposition
réfractaire à toutes idées de progrès
et le peuple attentif mais versatile,
Faure Gnassingbé doit faire son choix.
Rodrigue |