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27 mars 2006

 
[ No 543: 27 mars 2006]

Dialogue intertogolais:  Le printemps compromis de l’opposition: Faure Gnassingbé entre le peuple et l’opposition

Faure Gnassingbé a été élu Président de la République le 24 Avril 2005 ; bientôt un an. Il tire donc sa légitimité du verdict des urnes. A ce titre, il est comptable de tous ses actes devant le peuple. N'en déplaise à ses détracteurs.

Certes, le processus électoral dans notre pays, après le décès subit du Président Eyadèma, a été émaillé de violences graves. Mais il faut reconnaître que ce n'est pas la première fois que la violence fait son intrusion dans les mœurs politiques togolaises. Le phénomène est récurrent et trouve sa source dans les événements survenus au Togo entre le 27 Avril 1958 et le 13 janvier 1963. La politique dans notre pays est malheureusement caractérisée avant l'indépendance par l'intolérance et le mensonge.

Ceci dit, en dépit de toutes les controverses et de toutes les contestations, la question de la légitimité de Faure Gnassingbé a été réglée à Abuja entre la classe politique togolaise et les Présidents de la CEDEAO.

En effet, on se rappelle qu'au cours de cette rencontre dont nous avions publié de larges échos, et qui constituait un tournant, la question a été posée de savoir : qui ne reconnaissait pas Faure Gnassingbé comme Président de la République ? L'ensemble de la classe politique togolaise c'est-à-dire le RPT et toutes les composantes de l'opposition présentes dans la salle n'avaient soulevé la moindre petite objection sur ce point. Ne dit-on pas que celui qui ne dit mot consent ?

Il reste que la problématique du dialogue a été toujours sur le tapis avant la mort du Président Eyadema. Faure n'a fait qu'endosser les engagements déjà pris.

Or, entre le moment où ces engagements ont été pris à Bruxelles par le Gouvernement de Koffi Sama et aujourd'hui, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. La politique n'est jamais figée. Au contraire, elle est dynamique et doit toujours répondre aux impératifs de l'heure.

Depuis son arrivée au pouvoir, Faure Gnassingbé a ouvert plusieurs chantiers qui font parties intégrantes des 22 engagements. Mieux encore, un certain nombre de décisions prises vident presque le dialogue tant galvaudé de sa substance.

Il est vrai que l'opposition, surtout celle dite radicale, refuse de voir ce qui est pourtant visible.

Cette attitude découle de la stratégie de l'UFC qui consiste à torpiller toutes les bonnes initiatives ou à les dévaloriser systématiquement dans le but évident mais puéril de conquérir le pouvoir.

Face à cette donne, il appartient à Faure Gnassingbé de prendre ses responsabilités et nouer un dialogue permanent avec le peuple togolais. Malheureusement, on constate un déficit chronique de communication entre le peuple et le Président Faure.

Il est temps pour ce dernier de prendre conscience de la nécessité de rendre compte au peuple. Il est temps pour le Président élu de concevoir une politique médiatique d'explication et de valorisation des actes posés. Il ne s'agit pas des motions de soutien mais d'une approche médiatique moderne.

Deux exemples très simples pour illustrer cette préoccupation. Les grandes innovations contenues dans le nouveau budget de l'Etat n'ont jamais été expliquées. Le Chef de l'Etat a effectué, la dernière fois, une visite officielle en Chine. A son départ comme à son retour, il n'a même pas adressé le moindre petit mot au peuple. Et pourtant il est souvent accusé dans la presse d'être un Président voyageur. Il ne lui coûte rien de dire au peuple ce qu'il est allé faire en Chine puisque c'est dans l'intérêt du peuple qu'il a séjourné dans ce pays ami. Ce n'est pas les commentaires apologétiques des journalistes de la TVT qui pourront remplacer les propos du Président de la République.

Un Chef d'Etat élu est comptable devant son peuple. Au-delà de toutes les considérations, Faure doit être en contact permanent avec son peuple. Ce faisant, il doit aussi savoir que de nos jours, il ne suffit pas d'être élu pour se tranquilliser dans son fauteuil. Car la démocratie est désormais une conquête quotidienne.

En ce qui concerne le dialogue avec l'opposition, il ne faut pas en faire une panacée. Dans toutes les démocraties, l'opposition s'oppose. Si le pouvoir n'applique pas sa propre politique. Si les dirigeants attendent le bon vouloir de l'opposition, ils n'avanceront jamais et l'opposition aura beau jeu de les clouer au pilori.

Faure Gnassingbé a l'obligation de résultat. Il doit faire en sorte que les conditions de vie des Togolais s'améliorent. Il doit créer des richesses pour permettre aux Togolais de mieux vivre. Il n'a pas besoin pour cela de dialoguer avec l'opposition d'autant qu'il a un mandat avec à la clé un bilan à présenter.

Il est irresponsable voire suicidaire de lier le destin de tout un peuple à la présence d'un médiateur. Le médiateur ne fera pas de miracle. L'expérience a déjà suffisamment montré que la présence des facilitateurs n'est pas la clé du problème togolais. Dans le cadre du dialogue intertogolais, les Togolais ont été assistés de quatre facilitateurs. Si la montagne avait accouché d'une souris, c'est parce que la confiance réciproque entre les Togolais n'était pas au rendez-vous.

Les Togolais doivent apprendre à vivre ensemble et à se faire confiance. Malheureusement la classe politique, surtout l'opposition regorge des hommes qui n'ont aucune ambition pour le pays et qui se complaisent en permanence dans une logique de refus qui est la négation de la démocratie. Ces hommes disent NON à tout et refusent de voir la réalité en face. Ces hommes font du populisme leur credo et ne manquent aucune occasion pour remettre en cause ce qu'ils ont eux-mêmes accepté hier.

Imaginez un instant ce qui se passerait au Togo si demain Faure Gnassingbé s'amuse à nommer un Jean-Pierre Fabre Premier ministre ? Ce sera sûrement le chaos parce que ce gueulard ne sera pas à la hauteur de l'enjeu. En revanche il est prêt à dénigrer ceux qui se battent pour relever le pays et le sortir de l'ornière.

Nous avons nommément cité Jean-Pierre Fabre parce que le parcours d'une vie - les origines, la formation, les fonctions successives - modèle un caractère et des compétences,  nourrit des projets aussi. Ce chemin vaut d'être exploré et suivi pour une bonne interprétation d'un tempérament et de comportements. Au Combat du Peuple, personne ne nous laisse indifférent, malheureusement nous avons le plus souvent trouvé des gens moins que leur réputation. Plus complexes que leur image, ces gens se contentent de nourrir le peuple d'illusions.

Au Combat du Peuple, nous écrivons en toute liberté, sans but ni de plaire ni de déplaire, ni de flatter, ni de dénigrer. D'ailleurs, on ne sait jamais vraiment dans les traits que l'on dessine et dans les faits (même minuscules) que l'on rapporte ce qui pourrait toucher ou piquer au vif.

En tout état de cause, les rencontres de notre vie professionnelle nous ont marqué. Les rencontres avec des gens dont on parle dans les journaux et pas moins celles avec les acteurs de l'ombre. Le pays regorge de militants généreux, de travailleurs compétents, de dirigeants ambitieux avec qui on peut réaliser de grands desseins. Il suffit d'y penser et d'agir.

Entre le dialogue avec une opposition réfractaire à toutes idées de progrès et le peuple attentif mais versatile, Faure Gnassingbé doit faire son choix.

Rodrigue

 

Job.com

 

 

 
 

Nécrologie


ATOHOUN Koffi Alex dit «Aléko »


Marc Raymond Agnacou Kponton

Leurs propos

Jean-Pierre Fabre s'entretient avec L'hebdomadaire "Le Républicain"

Me Max Sitti
S.E. Mgr Julien Mawulé KOUTO:  "Il m’a été demandé pour le bien de l’Eglise et pour mon propre bien » de démissionner"

Jacques Goumai Nassam

Prof. Gnininvi
 

 

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  Rapport FIDH
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