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Si notre pays le Togo est en
proie à une crise depuis plusieurs années et ploie sous le poids d’un marasme
généralisé, c’est bien parce que certains Togolais ont décidé qu’il en soit
ainsi. En effet, aussi bien au sein de la classe politique que de la population
civile, il est des gens qui, visiblement, ne veulent pas voir la crise se
résorber au Togo. Il y tirent leurs comptes et de ce fait, font tout pour que
cette situation perdure. La plupart du temps, il s’agit d’individus qui
distillent et font propager dans la population, des informations alarmistes qui
ne reposent sur aucun fondement. Ils voient des problèmes là où il n’y en a pas
et relèvent des difficultés sur des questions aux réponses pourtant toutes
simples.
Lorsqu’on observe aujourd’hui avec le recul la crise togolaise, on peut se
rendre à l’évidence que si, à une époque plus ou moins lointaine, la situation
était préoccupante, ce que vivent les Togolais aujourd’hui, n’a de crise que de
nom. Depuis la brusque disparition du Président Eyadema, une nouvelle dynamique
a été insufflée à la vie politique dans notre pays et beaucoup de choses
bougent. Les institutions de la République fonctionnent mieux et le gouvernement
est en train de régler nombre de problèmes intéressant le quotidien des
populations. La récente opération d’emprunt obligataire qui s’était déroulée
avec un succès éclatant dénote de la reprise totale et du regain de confiance
des opérateurs économiques. Depuis le début de cette année, le Gouvernement a
tenu ses promesses d’abord de payer les salaires en tenant compte des
avancements. Ensuite un mois de salaire en retard a été versé aux
fonctionnaires. Il faut reconnaître que dans le contexte togolais, les nouveaux
dirigeants méritent félicitations. Si c’était au bon vieux temps c’est-à-dire du
vivant d’Eyadema, il faudrait au moins trois mois de motions de soutien pour
remercier le vieux.
Aujourd’hui c’est le silence radio. Cela aussi s’appelle changement.
Sur un autre plan, le Togo est, peu à peu, en train de retrouver sa place dans
le concert des nations. L’Union Européenne est en train de mettre de plus en
plus de bémol dans sa position vis-à-vis de notre pays. Faute pour l’opposition
et le pouvoir RPT sous Eyadèma de s’asseoir pour dialoguer, le temps est en
train de faire son œuvre.
En politique, il y a des erreurs qui ne pardonnent pas. Le dialogue
intertogolais qui devrait s’ouvrir depuis le 20 Février dernier reste encore la
seule chance pour l’opposition de démontrer sa réelle volonté à apporter sa
contribution à l’édification du pays. A elle de savoir si elle veut en profiter
ou sombrer dans le néant. Car il est de plus en plus clair que le Togo va se
construire avec ou sans l’opposition. Avec ou sans l’opposition, la reprise
viendra et avec ou sans l’opposition, la normalisation sera totale. Alors trêve
de surenchère. La roue du temps tourne et l’histoire continue de s’écrire au
quotidien. L’heure du choix a sonné.
C. P. |