|
Combat du Peuple |
28 fevrier 2007 |
|
|
|
[
N°589
: du 26 fevrier
2007]
|
|
Sur
fond de tribalisme : Me Agboyibo, le pouvoir et l’argent |
|
L’homme politique le plus redoutable, c’est celui qui
sait se relever après les chutes. C’est-à-dire qu’il est
capable de rebondir après avoir essuyé des revers. Ne
dit-on pas souvent qu’en politique, rien ne sert de
tomber il faut pouvoir se relever ? Me Agboyibo fait
partie de cette race d’hommes qui se battent sans répit
pour conquérir le pouvoir et qui n’épargnent rien à leur
adversaire. Il a connu plusieurs déboires et il parvient
toujours à se remettre sur pieds. |
|
Le
Premier Ministre Agboyibo a joué un rôle prépondérant
sur l’échiquier politique togolais. Il a fait beaucoup
de choses pour l’avènement de la démocratie au Togo.
Nous ne sommes pas là pour le nier. Mais si le processus
démocratique a connu beaucoup de ratés voire des
blocages, c’est en grande partie parce que le bélier
noir de Kouvé a impitoyablement joué parfois sa propre
partition. Me Agboyibo a des idées qu’il met au service
exclusif de ses finalités propres. L’homme est
calculateur, très calculateur. En bon Avocat, le
meilleur au Togo, il ne néglige rien pour faire valoir
ses idées. Persuadé qu’il a le soutien inconditionnel et
surtout aveugle des gens de son milieu, les Ouatchi pour
qui il est le libérateur par rapport aux guins d’Aného
(appelés la bourgeoisie comprador), Me Agboyibo a
toujours déplacé les pions au gré des événements parce
qu’il avait bien compris comment s’adresser aux déçus et
aux découragés. Porte parole du logo des Togolais
déshérités, il posait au fond une question qui dépassait
tout le monde mais qui semble nous concerner tous au
plus haut point. C’est la question du devenir du
Togolais par rapport à l’hégémonie Kabyè. Bref, il a
toujours joué sur la mélancolie d’une partie du peuple.
Il oublie que la mélancolie est étrangère à la vie
instinctive. Nous ne voulons pas verser dans la
philosophie, mais nous pensons que l’homme peut être
triste, connaître et ressentir avec émotion une
situation tragique, connaître la joie, le dépit, la
douleur morale, la colère. Mais il ignore la mélancolie
qui n’est que l’apanage des privilégiés. Me Agboyibo en
fin connaisseur des hommes joue. Il oublie qu’il est
observé. En effet, quand l’animal humain joue, il sait
ce qu’il joue. Non seulement il agit, il fait ceci ou
cela et il a conscience qu’il agit et qu’il fait ceci ou
cela, mais il a conscience d’avoir conscience de ce
qu’il fait. Cela signifie qu’il est capable de se
représenter lui-même dans les différents moments de sa
vie. Sur ce plan, Me Agboyibo a toujours excellé, mais
il ne peut savoir, il ne peut pas comprendre qu’il joue
avec le destin du peuple togolais. J’ai ouïe dire dans
l’entourage de Me Agboyibo que les Ouatchi veulent
devenir au Sud ce que les Kabyè sont au Nord. Je ne dis
pas que Me Agboyibo est l’inspirateur de cette vision
mais je sais que les valets n’obéissent qu’à leur
maître.
Le défunt Président Eyadema est accusé
d’avoir tribalisé l’armée, l’administration, l’économie,
etc. Il faut dire que c’est un problème réel auquel
beaucoup de pays africains sont confrontés. D’abord il
faut accepter de poser le diagnostic, de préconiser la
thérapeutique. Avec une certaine dose de bonne volonté
politique, on peut progressivement briser le cercle
vicieux et trouver une solution idoine.
Me Agboyibo est arrivé au pouvoir dans les
circonstances politiques qu’il est fastidieux de
rappeler. Dès le début, son entourage (puisque lui-même
ne parle presque pas) a fait croire qu’il est victime
parce qu’il est bloqué et qu’on ne lui donne pas les
moyens d’accomplir sa mission.
Plusieurs observateurs ont mis cette
assertion sur le compte de l’incompétence. Cependant,
les actes posés par la suite démontrent que le Premier
Ministre est celui qui a dispersé les éléments puzzle et
le seul à pouvoir les rassembler et à reconstituer le
schéma. La preuve est désormais faite que l’homme ne
déroge pas à sa réputation de calculateur. Le pouvoir
est-il synonyme de l’argent ? Oui et non. Il reste que
beaucoup croient naïvement que les deux vont de paire.
Ce n’est pas si simple.
Peut-on actuellement régler dans notre pays
le problème du tribalisme qui est réel en privilégiant
une autre forme de tribalisme ? Le risque d’un dérapage
n’est-il pas trop grand ? Nous pensons qu’il est temps
qu’on approfondisse la réflexion et que des voies et
moyens soient identifiés pour trouver une solution
durable à la situation qui prévaut sur ce plan en
particulier.
Est-il possible que seule l’élection
législative règle les problèmes politiques, économiques,
financiers, socioculturels de notre pays ? La réponse
évidemment est non. Tout est question de l’articulation
générale et de la façon dont chacun veut satisfaire son
ambition personnelle.
D’ores et déjà, nous pensons qu’on ne peut
pas régler le problème du pouvoir et de l’argent sur
fond de tribalisme. Et pourtant c’est la voie suicidaire
que Me Agboyibo, devenu Premier Ministre, est en train
d’emprunter. Nous disons halte. Car le Togo est notre
patrimoine commun et nous avons tous une même communauté
de destin.
Rodrigue |
|
|
|
La bonne gouvernance au Togo Le crépuscule des
profiteurs (suite) : Des Libanais et leurs
complices locaux menaceraient la Directrice
Générale des Impôts |
|
Dans notre livraison N° 586 du 05 au 09 Février
2007, nous avions écrit et publié un article sur
la fermeture de magasins RAMCO pour non-paiement
d’impôt. Nous avons salué cette nouvelle dynamique
impulsée par le Chef de l’Etat et appliquée par la
nouvelle Directrice Générale des Impôts. |
|
D’après nos informations, nous savons
que cette opération coup de poing destinée à
permettre à l’Etat togolais de faire rentrer les
recettes fiscales a porté des fruits en ce qui
concerne RAMCO puisque cette société a été obligée
de cracher 2 milliards F CFA sur les 2 milliards
300 millions qu’elle devait. Nous ne sommes pas
dans le secret des services des impôts. Nous ne
saurons donc dire s’il s’agit d’arriérés d’impôts
impayés ou d’un redressement fiscal. Mais il nous
semble indiqué de nous arrêter un tant soit peu
sur le cas de RAMCO, une société au sein de
laquelle, des pratiques inadmissibles sont en
cours.
1.
RAMCO fait la distribution et le transit. Ce qui
n’est pas une bonne chose. Si aucun texte ne
l’interdit, il urge qu’on pense à légiférer en la
matière. On ne peut pas avoir la latitude de
passer des commandes et de faire en même temps les
opérations de transit et de dédouanement soi-même.
Le risque de fraude est trop grand.
2.
Les Boutiques hors taxe sont devenues pour RAMCO,
un grand boulevard de fraudes. Elle commande des
marchandises qu’on déclare destinées à la boutique
hors taxe. La société bénéficie de ce fait d’une
franchise de douane. Mais curieusement, ces
produits se retrouvent dans les magasins en ville
où ne se vendent que des marchandises assujetties
à la douane et aux impôts. Les boutiques hors taxe
qui sont devenues un paravent derrière lequel
RAMCO se livre à la fraude doivent lui être
retirées et confiées à un autre opérateur sérieux
et respectueux des lois de la République. Afin
d’éviter tout amalgame, cet opérateur ne doit
intervenir exclusivement que dans le secteur des
boutiques hors taxes.
Il y a aussi le cas BASSAM. Ce monsieur qui pompe
l’économie togolaise pour aller bâtir des chaînes
hôtelières en Guinée Equatoriale après avoir
investi un peu partout en Europe n’investit jamais
au Togo où pourtant il amasse des milliards dans
des conditions illégales.
On parle également des cas de SAMEX et
de Leader Price, deux autres Libanais qui
verseraient dans des pratiques douteuses. Et que
nous dit-on ?
D’après nos informations, il
semblerait que pour ne pas payer les impôts, ces
commerçants déchargent leurs marchandises à Accra
ou à Cotonou et les font rentrer nuitamment (vers
1 h ou 2 h du matin) par des camions au Togo,
naturellement après avoir copieusement sucré les
douaniers.
Si ces informations sont vérifiées, il faut que
des mesures énergiques soient prises pour y mettre
un terme. Et la parade suprême, c’est qu’on
finisse par mettre en place un Guichet Unique.
Cela permettra d’éviter ces genres de situations
où on ne maîtrise rien.
Il y a également les circuits financiers occultes
dont M. Tabchoury serait le grand manitou. En
effet, toujours d’après nos informations, beaucoup
de Libanais vont faire d’importants dépôts
d’argent auprès de lui évitant ainsi les circuits
bancaires normaux. Allez savoir comment il
s’organise pour que ces sommes colossales sortent
du pays. Sur ce plan également, il faut que des
actions vigoureuses soient menées pour mettre le
holà parce que le Togo notre pays ne doit pas être
une passoire. Il existe déjà un Guichet Unique au
Ghana. Bientôt le Bénin mettra en place son
Guichet Unique. Le Togo ne doit pas être à la
traîne dans la sous-région. C’est dans cette
atmosphère que nous avons appris que la Directrice
Générale des Impôts serait menacée. Ceux qui
doivent payer à l’Etat doivent rendre gorge. Car
ceux qui profèrent des menaces doivent comprendre
que la D.G. des Impôts n’est un électron libre,
mais qu’elle applique une politique économique
salvatrice impulsée par le Chef de l’Etat. Même
sans elle, la nouvelle dynamique ne connaîtra ni
frein ni retour en arrière.
Nous savons qu’en matière de bonne
gouvernance, beaucoup d’efforts sont en train
d’être fait. Mais on ne fera jamais assez avant
d’avoir éradiqué ces réseaux mafieux de
trafiquants de toutes sortes, ces Indo-pakistanais
et ses Libanais qui arrivent pauvres dans notre
pays et qui font fortune dans un laps de temps
très court. Prenons par exemple, le cas de BASSAM.
On sait comment cet homme est arrivé au Togo.
Aujourd’hui, il est à la tête d’une fortune
colossale. Et pourtant, il n’est pas plus
intelligent que les Togolais.
Il faut faire en sorte que le Togolais cesse
d’être un étranger sur son propre sol. Il faut
faire en sorte que les étrangers cessent de piller
notre économie. L’Etat togolais doit réagir pour
faire obligation aux opérateurs économiques
étrangers de réinvestir au Togo. Autrement, on ne
s’en sortira jamais. Le Togo doit appartenir aux
Togolais. Ce n’est pas de la xénophobie. Un
Togolais ne peut pas débarquer en France ou dans
un autre pays pour faire ce qu’il veut, même sur
le plan commercial.
L’insécurité judiciaire qui
caractérise le domaine des affaires au Togo est
créée et alimentée par les étrangers. On parle de
la corruption des magistrats et autres auxiliaires
de justice. Mais on oublie de parler des
corrupteurs qui sont des étrangers ayant fait
fortune chez nous. Nous ne parlons pas de chasse
aux étrangers. Nous préconisons une nouvelle
politique pour assainir le terrain commercial
économique et financier. C’est une question de
bonne gouvernance. Il est vraiment temps d’y
penser et d’agir. Autrement, le Togo ne sera
jamais un pays respecté.
C. P. |
|
|
|
Débat : Ignorance et mensonge au service de la
politique : La presse togolaise menacée par les
apprentis sorciers |
|
Dans son édition N° 167 du 14/02/07 le Journal
Liberté a publié un article au vitriol
intitulé «Edem Kodjo crée sa propre Présidence».
Et pour justifier cet article, M. Kodjo est accusé
d’avoir mis sur la plaque qui indique
l’emplacement de son Ministère – «Présidence de
la République annexe». Notre grand journaliste
Aziadouvo Zeus trouve que M. Kodjo a commis un
sacrilège et déclare sentencieusement que ce
dernier a «un goût démesuré du pouvoir». A
priori, cette façon de présenter les choses ne
résiste à aucune analyse sérieuse. Nous avions
donc décidé de relever ce fait qui n’est que la
conséquence d’une ignorance grossière des règles
les plus élémentaires de la hiérarchisation des
institutions de l’Etat. |
|
Mais, notre grand journaliste, le jeune
homme qui a plus de biceps que de cervelle, monte sur
ses grands chevaux et crie au scandale. En tout cas, il
ne fait rien d’autre que de persister et de signer.
Pire, il s’en prend à la personne de notre Directeur de
Rédaction qu’il traite de tous les noms d’oiseaux
croyant ainsi faire une prouesse.
Avant d’en arriver au fond du sujet, nous
voulons dire que Zeus Aziadouvo est venu trop tard dans
un monde trop vieux. Tout ce qu’il écrit est usé. C’est
des disques déjà mille fois joués et entendus. Il doit
faire tourner ses méninges pour inventer d’autres
sornettes. Cet énergumène ne saurait se mesurer à aucun
des collaborateurs de M. Messan Lucien. Lorsque des
jeunes voyous s’en prennent à leurs aînés en arguant que
ceux-ci n’ont pas le droit de les critiquer, ils doivent
se demander s’ils auront un jour l’âge de ceux qu’ils
traînent inutilement dans la boue. Le Combat du
Peuple est un journal qui a fait ses preuves. Ce
journal a 13 ans d’existence et continue à paraître
régulièrement en dépit des vicissitudes liées à la
distribution et à la vente. Le Combat du Peuple
est distribué de Lomé jusqu’à Dapaong. Lorsqu’on tire un
tel journal à moins de 2000 exemplaires, il n’est pas
possible de le distribuer surtout qu’à Lomé, plusieurs
dépôts sont pourvus. Ecrire des mensonges ou des
inepties lorsqu’on ne fait pas soi-même des recettes
suffisantes pour vivre décemment, est tout simplement
ridicule. Le journal Liberté Hebdo n’a
même pas trois ans d’existence. Nous savons comment son
Directeur se débrouille et où il trouve d’argent pour
faire ce qu’il fait. Nous nous connaissons tous au Togo
et nous savons ce dont chacun est capable. Au jour
d’aujourd’hui, le Directeur du Combat du Peuple
n’a rien de comparable avec à un apprenti sorcier
farfelu sans domicile personnel, un petit prétentieux
irréfléchi qui croit refaire le monde à son image, une
vilaine image.
S’agissant du fond du sujet, Zeus Aziadouvo
ne doit jamais oublier que lorsqu’il se sert de sa
feuille de chou pour injurier, dénigrer ou vilipender
gratuitement et sans raison valable un leader politique,
il pose implicitement un acte politique qui peut se
retourner contre lui.. La première question qui vient à
l’esprit, c’est à qui profite le crime ? Quand on pose
un acte politique on ne fuit ou ne refuse pas le débat.
En
écrivant ce qu’il a écrit, il s’est comporté comme le
pauvre écervelé qu’il est. Et ce n’est pas en revenant à
la charge pour répéter la même sottise qu’il a raison.
En tout état de cause, il ne peut convaincre personne.
Au contraire, il a tort d’insister, car Kodjo n’a commis
aucune faute. Il s’agit en définitive, d’une accusation
sans aucun fondement et en tant qu’organe de presse nous
avons non seulement le droit mais également le devoir de
le relever, car, l’Accord Politique Global nous convie à
la modération dans notre mission d’accompagnement du
processus électoral. Nous sommes fatigués au Togo des
mêmes rengaines qui alimentent la haine. Cette phrase :
Kodjo a un «goût démesuré du pouvoir» n’est pas
une invention de Zeus qui n’a d’ailleurs rien dans le
crâne. Nous avons déjà plusieurs fois entendu de la
bouche de Me Agboyibo, cette phrase. Nous savons
également que Zeus Aziadouvo est de Tchékpo (Yoto) et
qu’il est l’un de ceux qui écrivent pour soutenir ou
faire plaisir à leur cousin, frère, oncle, Me Agboyibo.
Pour rien au monde, nous ne nous laisserons
pas intimider par des blancs-becs inexpérimentés qui
sont arrivés à la profession et qui refusent d’en
connaître les règles et de les respecter.
Ces impertinents qui ne sont pas capables
d’écrire correctement une phrase s’amusent à publier des
citations dont ils ignorent le sens. Ces pamphlétaires
qui cherchent à impressionner pour se donner de
l’importance ne sont, en réalité, que de pauvres types
en train de creuser la tombe de la presse togolaise qui
actuellement baigne dans une médiocrité accablante.
Depuis l’avènement de la presse privée au
Togo, la profession de journaliste n’a connu autant de
dérives que maintenant. Le journalisme est devenu
n’importe quoi et on refuse à d’autres d’en parler. A
preuve, la confusion dans les genres. Liberté
Hebdo n’est pas un journal satirique. Si tel
est le cas, on devait prendre soin de l’indiquer à la
une. Mais lorsqu’on lit certains articles, on a le
sentiment qu’on verse dans la satire. Une satire de bas
étage et de mauvais goût. C’est cela qu’on appelle la
confusion dans les genres. Notre soi-disant Directeur ne
maîtrise rien de la profession. Il n’en fait qu’à sa
tête qui est malheureusement très grosse pour lui
permettre de se fixer des limites.
Lorsqu’on est journaliste, on n’a pas le
droit d’écrire des mensonges. Ce n’est pas cela la
liberté de la presse. Depuis la création du Combat
du Peuple il y a 13 ans, jamais le Directeur n’a
été convoqué à
la
HAAC pour avoir publié des articles mensongers. Nous ne
savons pas si le Directeur de Liberté Hebdo,
devenu bi-hebdo puis tri-hebdo et bientôt quadri-hebdo
peut se rappeler le nombre de fois qu’il a été convoqué
par la HAAC et le nombre de fois qu’il a fait son mea
culpa ? C’est triste que ceux qui aiment entretenir des
conflits de génération sont ceux-là qui croient tout
savoir alors qu’en vérité, ils ne pèsent pas plus lourd
que leur poids n’est pas lourd. M. Messan Lucien a
apporté sa contribution pour que la liberté de la presse
soit ce qu’elle est aujourd’hui. Et c’est parce que M.
Messan s’est investi à son corps défendant pour
atteindre avec certains confrères lucides cet objectif,
que des Kangourous de l’espèce de Zeus ont trouvé leur
place sur cet échiquier et commettent toutes sortes de
bêtises. Nous ne nous tairons pas face à des sots.
Nous savons les dividendes politiques que
certains politiciens tirent des idioties que certaines
presses véhiculent. Depuis quelque temps, les proches de
Me Agboyibo s’échauffent dans l’arrière cuisine
électorale. Revenir sur la rivalité perpétuelle entre
Kodjo et Agboyibo est l’exercice le plus facile. La
diabolisation a toujours été le ferment sur lequel
Agboyibo a bâti sa stratégie de conquête du pouvoir
suprême. Quand ses frères insultent les autres, il est
toujours heureux et jubile.
Mais la donne a changé. C’est lui Agboyibo
qui est au pouvoir. Il doit faire preuve de
responsabilité. Autrement il prêtera le flanc et on ne
lui fera aucun cadeau.
Rodrigue |
|
|
|
Pour éviter les accidents de la circulation au Togo : Le
secteur des permis de conduire doit être réformé |
|
La
recrudescence des accidents de la circulation est
devenue aujourd’hui une question de préoccupation
quotidienne au Togo. Il y a quelques temps, le sujet
avait fait l’objet d’un débat en Conseil des Ministres.
La semaine dernière encore, des services du ministère de
la
Sécurité se sont penchés sur la question. Car le tableau
est des plus sombres et il urge que des mesures idoines
soient prises pour rendre nos routes moins mortelles. |
|
Dans
certaines de nos récentes parutions, nous nous sommes
intéressés à la question en explorant les voies et
moyens pour renverser cette tendance meurtrière et
réduire les cas d’accident. Nous avions évoqué
l’importance pour les candidats à l’examen du permis de
conduire, de se faire former dans un centre
d’enseignement de conduite automobile (auto-école),
seule structure équipée de matériel et disposant d’un
personnel qualifié à même de donner la formation requise
et de transmettre les connaissances pouvant conduire à
la maîtrise des règles de conduite automobile. Nous
pensons qu’il est important de revenir à la charge parce
que c’est la vie des populations et des usagers de la
route qui est en cause.
Nous ne le dirons donc jamais assez.
L’acquisition de connaissances en matière de conduite
automobile impose au candidat à l’examen du permis de
conduire le passage dans un centre d’enseignement de
conduite automobile (auto-école). Dans certains pays
comme au Bénin par exemple, ce sont les auto-écoles qui
présentent les candidats à l’examen. Et elles le font
après s’être assurée que le postulant a acquis et
maîtrise les connaissances en matière de conduite
automobile. Mais, qu’est-ce qu’un centre d’enseignement
de la conduite automobile ?
De façon sommaire, un centre d’enseignement
de conduite automobile est un établissement agréé par
l’autorité administrative et qui est chargé de dispenser
des connaissances théoriques et pratiques en matière de
conduite automobile aux postulants au permis de
conduire.
Au Togo, le secteur de l’auto-école est
organisé par le décret N° 2001-002/PR du 07 février
2001. Ce décret dispose entre autres que «l’ouverture et
l’exploitation d’un centre d’enseignement de conduite
automobile (auto-école) est subordonné à une
autorisation conjointe du Ministre chargé des Transports
et du Ministre chargé de l’Enseignement technique et de
la formation professionnelle». (Article 2)
Mais, selon nos informations, aucune
commission paritaire conjointe n’a été créée pour la
mise en application de cette disposition. Conséquence,
on note comme une pagaille dans le secteur. On constate
une floraison d’auto-écoles à tous les coins de rue. Au
lieu d’être une affaire de professionnels bien outillés
et volontariste ayant eux-mêmes la maîtrise de la
matière, la création d’auto-écoles est devenue un moyen
pour des désoeuvrés, de se faire un peu d’argent. Et ce
qui doit arriver en cas pareil arrive. Avec des
moniteurs qui ne justifient pas eux-mêmes d’une solide
formation et qui manquent cruellement d’expérience,
l’enseignement est approximative et laisse à désirer.
Et pourtant ce ne sont pas les
professionnels qui manquent. Il est vrai qu’il manque de
structure de formation de moniteurs sur place. Mais il y
en a qui ont bénéficié d’une formation en 1996 et 1997
grâce à la coopération allemande. D’autres sont allés se
former à l’étranger. Il appartient au Ministère des
transports de mettre ces professionnels en valeur. Le
secteur doit être dépouillé des imposteurs qui le
polluent afin que l’auto-école devienne vraiment, une
affaire de professionnels. C’est la seule et unique
condition pour permettre à la formation d’être efficace
dans ces centres. C’est aussi la seule et unique façon
de permettre au passage dans les auto-écoles de réduire
les cas d’accidents sur nos routes.
L’autre mesure qui, sans conteste oeuvrera
dans le sens d’une réduction des cas d’accident est la
création effective de la commission nationale des
examens de permis de conduire. Cette commission selon
les textes fondateurs est chargée de l’organisation et
du déroulement des examens de permis de conduire. Elle
est habilitée à donner son avis sur toutes les questions
relatives au permis de conduire en particulier celle
concernant la création d’auto-écoles et le programme
d’enseignement dans ces établissements. Elle donne son
avis sur toutes les questions qui lui sont soumises par
le ministère des Transports. Dans les matières relavant
de sa compétence, elle peut prendre l’initiative de
présenter toute proposition aux autorités
administratives.
Le principal intérêt dans la création de
cette commission est qu’elle veillera à la suppression
des délivrances de permis par complaisance.
Malheureusement, depuis Novembre 1991, date de la
signature de l’arrêté N° 45/MCT/DTR, portant sa
création, cette commission n’a jamais vu le jour. De
fait, plusieurs questions relatives au permis de
conduire sont gérées de façon hasardeuse.
Aujourd’hui, selon nos informations,
seulement 20 % des 15.000 candidats annuellement
enregistrés à l’examen du permis de conduire passent par
une auto-école. Où se forment donc les 80 % restants ?
Le secteur des permis de conduire mérite de
sérieuses réformes. Mais en attendant d’en arriver là,
on doit commencer à appliquer les textes existant déjà.
Il y va de la vie des usagers de la route.
C. P. |
|
 |
|
|
|