Site Web entier

AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 

 

20 fevrier 2006

 
[ No 538: 20 fev. 2006]

Le dialogue intertogolais de nouveau reporté: Les enjeux d’une rencontre qui divise

                        Il y a quelques jours, nous annoncions dans nos colonnes, la reprise du dialogue intertogolais à Ouagadougou (Burkina Faso) sous la présidence du Chef de l’Etat burkinabé Blaise Compaoré. Cette rencontre prévue pour débuter ce lundi 20 février n’aura finalement plus lieu. Elle a été reportée sine die faute d’un minimum d’entente entre les différents protagonistes qu’elle devait réunir. Notre pays le Togo passe indubitablement pour celui qui a connu le plus de dialogues qui malheureusement n’auront conduit à rien.

            En effet, depuis la rencontre entre l’opposition et le pouvoir à Colmar en 1993 jusqu’à ce jour, un nombre incalculable d’initiatives ont été prises pour permettre aux Togolais de se parler pour trouver, ne serait-ce qu’un début de solution aux nombreuses questions qui les divisent. Mais à toutes les fois, si ces initiatives n’échouent pas tout simplement avant d’être concrétisées, c’est le dialogue qui se termine en queue de poisson, laissant les problèmes intacts ou un peu plus compliqués qu’avant. De nombreuses tentatives d’explications ont été données à ces échecs répétés. Mais nous pensons qu’un minimum de conditions est nécessaire pour la réussite d’un dialogue.

            Pour qu’un dialogue comme celui préconisé au Togo connaisse un succès, il faut que les différentes parties en présence sachent à l’avance ce qu’elles veulent et surtout les moyens dont elles disposent pour l’obtenir. Au Togo, tel n’a jamais été le cas. Parfois on recherche quelque chose et son contraire à la fois. On donne l’impression de vouloir réellement aller à la table de négociation et à la dernière minute, on se débine.

            La vérité, c’est que les enjeux du dialogue ne sont pas les mêmes pour le pouvoir et pour l’opposition. Outre le fait que ce dialogue pourrait conduire s’il aboutissait, à la normalisation des relations de coopération entre le Togo et ses partenaires au développement, le pouvoir n’a pas forcément besoin de dialoguer.

            Mais au niveau de l’opposition, le problème se pose autrement et offre une double option qui impose un choix dès le départ. L’opposition doit se demander si elle va au dialogue pour préparer les conditions d’une démocratie pouvant permettre l’alternance au pouvoir ou si elle y va pour obtenir l’alternance ici et tout de suite.

            La première option suppose que l’opposition rentre dans le jeu, discute et négocie avec le pouvoir en place, parvient à arracher une modification des lois électorales, prépare les esprits et le terrain au changement et affronte victorieusement le pouvoir en place aux prochaines échéances.

            La seconde option qui veut qu’on aille au dialogue avec l’idée d’en faire un tremplin pour accéder au pouvoir en dépouillant ceux qui l’incarnent aujourd’hui de l’essentiel de leurs prérogatives est la plus difficile et paraît impossible.

            Laquelle de ces deux options l’opposition choisit-elle ? Apparemment elle-même ne le sait pas. Puisque depuis toujours, tout porte à croire qu’elle n’a aucune stratégie cohérente.

            Mais en tout état de cause, les Togolais ont besoin de s’asseoir et de se parler pour exorciser la crise et parvenir à la réconciliation vraie. Si l’Union Européenne a préconisé ce dialogue, c’est qu’elle avait constaté un déficit démocratique au Togo. L’opposition démocratique qui n’est jamais parvenue à déloger le RPT au pouvoir a toujours estimé que ce parti aux affaires depuis de nombreuses années a mis en place un mécanisme de fraudes électorales soutenu par des textes électoraux taillés sur mesure. Le dialogue devra permettre donc d’élaborer des textes consensuels, gage d’élections crédibles, susceptibles de conduire à l’alternance par la voie des urnes.

            Chose curieuse, alors que le pouvoir montre une disposition certaine à aller au dialogue, c’est l’opposition qui pose des conditions et se montre frileuse. Après le faux problème des préalables, c’est la question du choix d’un facilitateur qui avait plombé le débat pendant plusieurs semaines. Finalement ce fut le Secrétaire Général de l’ONU qui avait fait avancer les choses, pour désigner M. Lakhdar Brahimi comme facilitateur du dialogue. Mais le diplomate algérien a beau avoir des qualités, il maîtrise très peu le dossier togolais. C’est pourquoi il a été proposé que lui soit adjoint, le Sénégalais Moustapha Niasse, un habitué du dossier, qui avait d’ailleurs été facilitateur et n’était reparti que pour un impératif national.

                        Mais une fois encore, l’opposition a récusé M. Niasse, en se fondant sur des a priori et des arguments fort peu convaincants. A son tour, le pouvoir décide d’émettre de sérieuses réserves sur M. Brahimi. Conclusion, le processus se retrouve dans l’impasse.

            On en était là quand l’initiative de la reprise du dialogue à Ouagadougou a été annoncée. Le Président Compaoré sollicité à cet effet avait donné son accord pour abriter et présider la rencontre. Selon nos informations, il aurait pris attache avec Gilchrist Olympio qui contrairement à ses habitudes, n’avait trouvé aucune objection à aller dialoguer au Burkina Faso. La difficulté viendra de ceux qui sont au Togo qui estiment n’avoir été informés d’aucune rencontre à Ouagadougou et prétendent que le dialogue ne devrait se tenir qu’au Togo. Comme pour compliquer les choses, Gilchrist Olympio qui avait déjà accepté le principe de Ouaga se rétracte à son tour.

            Pour débloquer la situation, on invite les différentes parties à un pré-dialogue toujours dans la capitale burkinabé. Une occasion pour leur expliquer les raisons du déplacement du dialogue sur Ouagadougou, raisons qui tiennent essentiellement à un besoin de discuter dans la sérénité, loin des médias et de régler une bonne fois pour toutes, l’épineuse question du facilitateur. Mais, fidèle à sa stratégie, l’opposition refuse de faire le déplacement.

            Dans cette affaire, c’est l’opposition qui est toujours la plus grande perdante. Elle a toujours payé le prix de ses tergiversations et de son manque de courage. Au lendemain de l’élection présidentielle du 24 Avril dernier, le Président Faure Gnassingbé, dans un souci d’apaisement avait décidé de désigner comme Premier ministre, un membre de la Coalition. Le choix avait été porté sur Me Agboyibo. Tout avait été apprêté pour sa nomination. Mais le leader du CAR a tellement mal géré cette affaire que finalement, la primature lui avait échappé. En politique, il y a des erreurs qui ne pardonnent pas. Il faut savoir saisir les opportunités et les exploiter à son avantage. Si Me Agboyibo était Premier ministre aujourd’hui, le problème du dialogue qui se situerait dans un contexte de cohabitation se poserait autrement.

            Désormais, les refus répétés de l’opposition à aller au dialogue deviennent lassants et risquent de la conduire à sa propre perte. Car qu’on le veuille ou non, le RPT, lui, est déjà au pouvoir et n’en demande pas mieux. Seul le peuple qui souffre de la suspension de la coopération continuera à payer un lourd tribut du fait de l’hésitation et des inconséquences de la classe politique. Mais jusqu’à quand ?

C. P.

 

Job.com

 

 

 

 

 
 
 

Nécrologie


Agbodjan Kpovi Ernest


Agbéssi Akuété Justin

Leurs propos


M. GNANDI Thomas
Interview: Entretien de togoforum avec M. Alex BINIZI, SG de l’A.P.U.A.-FRD
 

 

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
  Rapport Koffigoh

Publicité

Copy your games, movies, dvds, and data onto DVD.

 

You'll be amazed at the prices at CallingCards.com

 

AmericanSingles.com

 

Roxio Backup MyPC Deluxe!

 
 
   
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved