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Dans notre pays,
lorsqu’on parle du dialogue, le commun des mortels pense au dialogue politique
communément appelé dialogue intertogolais.
Ce genre du
dialogue, plusieurs fois entamé a toujours accouché d’une souris. Et pour
cause. Les différents protagonistes de la scène politique n’arrivent pas à
accorder leurs violons au sujet d’une finalité qui prend en compte les
intérêts des uns et des autres.
Le pouvoir
estime que le dialogue doit être un rendez-vous destiné à réfléchir et à
améliorer les conditions de vie des citoyens dans le but de résorber la crise
politique qui perdure.
L’opposition
n’entend pas les choses de cette oreille. Pour elle, il n’est pas question de
consolider le pouvoir en place. Ce sera un trop beau cadeau. Le dialogue,
selon l’opposition, doit être l’occasion de remettre la pendule à l’heure
c’est-à-dire rétablir la Constitution de 1992, refaire un nouveau code
électoral, fixer de nouvelles échéances pour des élections démocratiques qui
doivent déboucher sur l’alternance politique ou tout au plus le partage du
pouvoir, en d’autre terme, la cohabitation.
Comme on le
voit, les positions des parties en présence sont aux antipodes l’une de
l’autre, c’est-à-dire inconciliables.
En attendant que
cette querelle qui perdure trouve un dénouement, les travailleurs togolais
pénalisés continuent de tirer le diable par la queue. Leurs conditions de
travail et de vie se détériorent au jour le jour. Leur pouvoir d’achat est des
plus dérisoires. Le travailleur togolais survit par miracle. La débrouille
reste la vertu la mieux partagée voire un véritable sport national.
Depuis quelque
temps, il était devenu impérieux d’initier un dialogue social qui permettra
aux partenaires sociaux à savoir : l’Etat, le Patronat et les Syndicats de
plancher et d’identifier les voies et moyens propres à permettre de trouver
des solutions idoines aux maux dont souffrent les travailleurs togolais toutes
catégories confondues. Des contacts ont été pris et les modalités pratiques de
mise en œuvre de ce rendez-vous ont été affinées. Les termes de référence de
ce dialogue social ont été convenus.
Déjà dans notre
livraison n° 520 du 24 au 28 Octobre 2005, nous avions pris sur nous de
publier le document en question.
Tout récemment
encore, lors d’une rencontre entre le Premier Ministre Edem Kodjo et la
Centrale Syndicale, le Chef du Gouvernement avait fait une promesse ferme au
sujet de l’ouverture dudit dialogue dans la deuxième quinzaine de janvier
2006.
Aujourd’hui, les
travaux de ce dialogue social ont effectivement commencé. La promesse est donc
tenue.
Pour notre part,
nous ne pouvons que saluer la volonté politique de plus en plus affirmée des
nouvelles Autorités togolaises de faire en sorte que des solutions soient
trouvées aux difficultés des Togolais. Pour permettre à nos lecteurs de cerner
tous les contours de ce dialogue social qui, à nos yeux, risque de vider le
dialogue politique de son contenu, nous publions une seconde fois les termes
de référence du dialogue social.
Nous restons
persuadés que les partenaires sociaux éviteront les pièges politiques et
veilleront à dépassionner le débat pour aboutir à des résultats concrets en
tenant compte des moyens réels de l’Etat et du contexte général de notre pays.
Car, l’heureux aboutissement de ce dialogue apportera, incontestablement, un
plus aux travailleurs togolais qui ont besoin de vivre comme tous les
travailleurs dignes de ce nom de par le monde.
Rodrigue |