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Le
jour de l’élection de ce Bureau, certains confrères ont
parlé de climat d’animosité entre le Président de
la FTF
et son 1er Vice-Président. Quelques jours
après, interrogé sur la TVT, le Président élu de la FTF,
M. Tata Avlessi a déclaré que tout est rentré dans
l’ordre et que son 1er Vice-président Gabriel
Améyi et lui se sont réunis ensemble au cours d’une
séance de travail et que le champagne a coulé à flot.
Pour nous, c’est un grand soulagement. Nous
nous sommes dits que la guerre n’aura pas lieu.
Avons-nous raison ou tort ? Tout ce que nous savons,
c’est que, au cours de cette même émission, le
Secrétaire Général de
la FTF
M. Espoir Assogbavi avait annoncé la nomination de
certaines personnalités à des postes de responsabilité
pour accompagner le Bureau Exécutif. Et c’est ces
nominations qui ont suscité un véritable déchaînement de
passion. Des titres fusent de partout dans les journaux.
On parle de crise et on ajoute que le Président Tata
Avlessi est dénoncé par ses deux Vice-Présidents. La
lettre ouverte rédigée par les deux Vice-présidents est
publiée avec des commentaires les plus alarmants.
Par ailleurs, dans un tout autre registre,
on nous gargarise du bras de fer qui oppose le Ministre
de
la
Jeunesse et des Sports Richard Attipoé et le Président
de la FTF. Là également, on parle pêle-mêle de guerre
déclarée. Finalement, on se demande où allons-nous avec
cette propension à la dramatisation ? Nous ne savons pas
si après la publication de la lettre ouverte des deux
Vice-présidents, on a pu recueillir le point de vue du
Président de la FTF. Sinon sa version des faits mérite
d’être également connue.
En attendant d’en arriver là, nous résumons
la situation. Le premier couac vient du fait que le
Ministre Attipoé dont c’est la prérogative, veut
recruter un entraîneur pour l’équipe nationale. Les
négociations et autres tractations devant aboutir à
cette finalité ont été engagées par le Bureau sortant.
Est-ce à dire que le nouveau Bureau est tenu d’entériner
automatiquement ce que le Bureau sortant a commencé ? La
question reste posée.
Ce que nous savons, c’est que le nouveau
Bureau exécutif de
la FTF
a marqué son refus. En principe, ce refus doit être
motivé. Si tel est le cas, nous ne voyons pas où se
trouve la guerre entre le Ministre et le Président de la
FTF. Puisque l’un et l’autre veulent le bien du football
togolais, ils finiront bien par se comprendre.
Par
ailleurs, en ce qui concerne la nomination de diverses
personnalités dont l’ancien Premier Ministre Agbéyomé
Kodjo, candidat malheureux à la présidence de la FTF à
des postes de responsabilité,on nous dit que ces
nominations ne sont pas prévues par les statuts actuels
de la FTF. Mais on ne nous dit pas que les statuts
actuels les ont interdites.
Que dire, sinon que ce qu’une loi n’a pas
prévu ne peut pas être considéré comme interdit.
Sur ce plan également, le Président et les
deux Vice-présidents protestataires doivent pouvoir
s’entendre, parce que ces personnalités ont été nommées
pour aider à l’épanouissement et au développement du
football togolais. En publiant dans les journaux une
lettre ouverte contre leur Président, on peut se
demander si c’est la meilleure voie pour régler un
problème interne à
la
Fédération. On peut aussi se demander si délibérément,
on ne se saisit pas d’une occasion pour fragiliser à
dessein le nouveau Président. Et là, la grande question
reste de savoir à quelle fin veut-on en arriver là ?
La FTF
n’est pas une enceinte politique. C’est un ensemble et
un tout sportif. Et au sein de cet ensemble, il faut
qu’il y ait la discipline et la solidarité. La FTF
compte 12 membres dans son Bureau Exécutif. Sur les 12,
même si c’est les deux Vice-présidents qui protestent,
ils peuvent être mis en minorité. C’est pourquoi il faut
savoir raison garder.
Nous ne portons pas de jugement de valeur en
disant que les deux Vice-présidents ont tort. Nous
exprimons tout simplement notre désapprobation par
rapport à leur démarche. Parce que leur approche est
viciée. Si l’on sait la crise que l’ancien Bureau a
traversée et qui a fait la honte de tous les Togolais,
chacun doit faire preuve de modération au lieu d’en
rajouter au moment où tout le monde se réjouit de
l’issue prometteuse de l’élection du nouveau bureau.
D’après des informations qui nous
parviennent de sources concordantes et bien informées,
il semblerait que le courant ne passe pas entre le
Président et son 1er Vice-président pourtant
hier encore amis. Si pour des raisons que nous ignorons,
les deux hommes n’arrivent pas à s’entendre, le 1er
Vice-président doit faire un choix clair entre la
mission à lui confiée par les électeurs et qui le met au
service du football togolais et ses sentiments
personnels. Il doit également savoir que le Président
est au-dessus de lui et agir en toute responsabilité
pour éviter une confrontation qui ne peut que nuire au
football togolais que tous les deux aiment si bien.
Si le Président pose un acte qui appelle des
réserves, cela doit être débattu et tranché par
l’ensemble du Bureau. Le 1er Vice-président
doit cesser de se mettre en rébellion car nous savons
aussi que, après la première réunion à laquelle il a
pris part, il n’a pas répondu présent aux autres séances
de travail. Ce qui en vérité pose problème.
A l’endroit du Président, nous disons
simplement qu’il est comme un père de famille et qu’il a
le devoir d’accepter, au nom de l’intérêt du pays,
d’avaler certaines couleuvres, du moins dans cette phase
de démarrage. Toutefois, nous ajoutons que dans la vie
et en toute chose, la finalité doit être conçue comme
principe interne de direction. On dit également que à
vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le
Président Tata Avlessi doit se dire que la tâche qui lui
incombe n’est pas facile. Après avoir été élu, il doit
faire ses preuves. C’est une exhortation. En
conséquence, nous lui faisons confiance. Car, en se
positionnant comme candidat et en se faisant élire, il a
l’obligation de résultat.
Ce que nous déplorons en revanche, c’est
cette propension à la dramatisation fondée sur les
rumeurs et les commentaires de tous genres destinés à
faire croire que la terre brûle alors qu’il n’en est
rien. Nous osons croire que les soubresauts qui ont
marqué les premiers pas du nouveau Bureau Exécutif
relèvent plus d’une crise de croissance que de toute
autre chose. Nous restons persuadés que les deux
Vice-présidents veilleront à l’avenir à utiliser le
moins possible les médias pour régler les affaires
internes de
la
Fédération. Si même on doit en arriver là, il faudrait
que d’autres voies soient d’abord explorées. C’est notre
point de vue
et
nous avons le devoir de l’exprimer. Parce que nous
pensons à juste titre que le nouveau Bureau Exécutif a
besoin de cohésion et de dialogue pour affronter les
défis à venir et qui ne sont pas des moindres.
C. P. |