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Combat du Peuple

25 janvier 2007

[ 584 : du 22 janvier 2007]
Fédération Togolaise de Football : Après l’élection du nouveau Bureau Exécutif : Tata Avlessi doit faire ses preuves

Le 09 Janvier dernier, la Fédération Togolaise de Football (FTF) a été dotée d’un nouveau Bureau Exécutif élu dans les circonstances de transparence que tout le monde sait. Les Togolais dans leur ensemble ont applaudi. Cependant, tout se passe aujourd’hui comme si quelque part, des citoyens mal intentionnés veulent empêcher le nouveau Bureau de travailler en toute sérénité. Comme toujours au Togo, on a commencé à abandonner la proie pour l’ombre.

       Le jour de l’élection de ce Bureau, certains confrères ont parlé de climat d’animosité entre le Président de la FTF et son 1er Vice-Président. Quelques jours après, interrogé sur la TVT, le Président élu de la FTF, M. Tata Avlessi a déclaré que tout est rentré dans l’ordre et que son 1er Vice-président Gabriel Améyi et lui se sont réunis ensemble au cours d’une séance de travail et que le champagne a coulé à flot.

            Pour nous, c’est un grand soulagement. Nous nous sommes dits que la guerre n’aura pas lieu. Avons-nous raison ou tort ? Tout ce que nous savons, c’est que, au cours de cette même émission, le Secrétaire Général de la FTF M. Espoir Assogbavi avait annoncé la nomination de certaines personnalités à des postes de responsabilité pour accompagner le Bureau Exécutif. Et c’est ces nominations qui ont suscité un véritable déchaînement de passion. Des titres fusent de partout dans les journaux. On parle de crise et on ajoute que le Président Tata Avlessi est dénoncé par ses deux Vice-Présidents. La lettre ouverte rédigée par les deux Vice-présidents est publiée  avec des commentaires les plus alarmants.

            Par ailleurs, dans un tout autre registre, on nous gargarise du bras de fer qui oppose le Ministre de la Jeunesse et des Sports Richard Attipoé et le Président de la FTF. Là également, on parle pêle-mêle de guerre déclarée. Finalement, on se demande où allons-nous avec cette propension à la dramatisation ? Nous ne savons pas si après la publication de la lettre ouverte des deux Vice-présidents, on a pu recueillir le point de vue du Président de la FTF. Sinon sa version des faits mérite d’être également connue.

            En attendant d’en arriver là, nous résumons la situation. Le premier couac vient du fait que le Ministre Attipoé dont c’est la prérogative, veut recruter un entraîneur pour l’équipe nationale. Les négociations et autres tractations devant aboutir à cette finalité ont été engagées par le Bureau sortant. Est-ce à dire que le nouveau Bureau est tenu d’entériner automatiquement ce que le Bureau sortant a commencé ? La question reste posée.

            Ce que nous savons, c’est que le nouveau Bureau exécutif de la FTF a marqué son refus. En principe, ce refus doit être motivé. Si tel est le cas, nous ne voyons pas où se trouve la guerre entre le Ministre et le Président de la FTF. Puisque l’un et l’autre veulent le bien du football togolais, ils finiront bien par se comprendre.

            Par ailleurs, en ce qui concerne la nomination de diverses personnalités dont l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, candidat malheureux à la présidence de la FTF à des postes de responsabilité,on nous dit que ces nominations ne sont pas prévues par les statuts actuels de la FTF. Mais on ne nous dit pas que les statuts actuels les ont interdites.

            Que dire, sinon que ce qu’une loi n’a pas prévu ne peut pas être considéré comme interdit.

            Sur ce plan également, le Président et les deux Vice-présidents protestataires doivent pouvoir s’entendre, parce que ces personnalités ont été nommées pour aider à l’épanouissement et au développement du football togolais. En publiant dans les journaux une lettre ouverte contre leur Président, on peut se demander si c’est la meilleure voie pour régler un problème interne à la Fédération. On peut aussi se demander si délibérément, on ne se saisit pas d’une occasion pour fragiliser à dessein le nouveau Président. Et là, la grande question reste de savoir à quelle fin veut-on en arriver là ?

            La FTF n’est pas une enceinte politique. C’est un ensemble et un tout sportif. Et au sein de cet ensemble, il faut qu’il y ait la discipline et la solidarité. La FTF compte 12 membres dans son Bureau Exécutif. Sur les 12, même si c’est les deux Vice-présidents qui protestent, ils peuvent être mis en minorité. C’est pourquoi il faut savoir raison garder.

            Nous ne portons pas de jugement de valeur en disant que les deux Vice-présidents ont tort. Nous exprimons tout simplement notre désapprobation par rapport à leur démarche. Parce que leur approche est viciée. Si l’on sait la crise que l’ancien Bureau a traversée et qui a fait la honte de tous les Togolais, chacun doit faire preuve de modération au lieu d’en rajouter au moment où tout le monde se réjouit de l’issue prometteuse de l’élection du nouveau bureau.

            D’après des informations qui nous parviennent de sources concordantes et bien informées, il semblerait que le courant ne passe pas entre le Président et son 1er Vice-président pourtant hier encore amis. Si pour des raisons que nous ignorons, les deux hommes n’arrivent pas à s’entendre, le 1er Vice-président doit faire un choix clair entre la mission à lui confiée par les électeurs et qui le met au service du football togolais et ses sentiments personnels. Il doit également savoir que le Président est au-dessus de lui et agir en toute responsabilité pour éviter une confrontation qui ne peut que nuire au football togolais que tous les deux aiment si bien.

            Si le Président pose un acte qui appelle des réserves, cela doit être débattu et tranché par l’ensemble du Bureau. Le 1er Vice-président doit cesser de se mettre en rébellion car nous savons aussi que, après la première réunion à laquelle il a pris part, il n’a pas répondu présent aux autres séances de travail. Ce qui en vérité pose problème.

            A l’endroit du Président, nous disons simplement qu’il est comme un père de famille et qu’il a le devoir d’accepter, au nom de l’intérêt du pays, d’avaler certaines couleuvres, du moins dans cette phase de démarrage. Toutefois, nous ajoutons que dans la vie et en toute chose, la finalité doit être conçue comme principe interne de direction. On dit également que à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le Président Tata Avlessi doit se dire que la tâche qui lui incombe n’est pas facile. Après avoir été élu, il doit faire ses preuves. C’est une exhortation. En conséquence, nous lui faisons confiance. Car, en se positionnant comme candidat et en se faisant élire, il a l’obligation de résultat.

            Ce que nous déplorons en revanche, c’est cette propension à la dramatisation fondée sur les rumeurs et les commentaires de tous genres destinés à faire croire que la terre brûle alors qu’il n’en est rien. Nous osons croire que les soubresauts qui ont marqué les premiers pas du nouveau Bureau Exécutif relèvent plus d’une crise de croissance que de toute autre chose. Nous restons persuadés que les deux Vice-présidents veilleront à l’avenir à utiliser le moins possible les médias pour régler les affaires internes de la Fédération. Si même on doit en arriver là, il faudrait que d’autres voies soient d’abord explorées. C’est notre point de vue et nous avons le devoir de l’exprimer. Parce que nous pensons à juste titre que le nouveau Bureau Exécutif a besoin de cohésion et de dialogue pour affronter les défis à venir et qui ne sont pas des moindres.

C. P.

 

 

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