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21 Oct 2006

 

[No 473:  du 20 Oct]
Discussions entre l’UFC et le Président Faure : La rencontre de toutes les manipulations …

Véritable casse-tête chinois pour le Président Faure Gnassingbé, l’entrée de l’Union des Forces de Changement (UFC) au gouvernement d’union nationale, alimente encore les discussions et analyses politiques.

            Le vendredi 13 octobre dernier, une délégation de l’UFC a été reçue à la présidence de la République sur la demande du Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé. A cette rencontre, la préoccupation du président Faure était d’avoir une réponse claire et nette de l’UFC en ce qui concerne sa participation au gouvernement actuel. Cette interrogation trouve sa légitimité dans le refus du parti de Gilchrist Olympio de participer au gouvernement que Me Agboyibo, nommé le 16 septembre, était appelé à former. Gilchrist Olympio et les siens arguent que cette primature devait leur revenir automatiquement d’autant plus qu’ils se réclament la deuxième force politique au Togo. Pour ne pas revenir sur des détails, peut-être inutiles, il faut tout simplement préciser que le médiateur du dialogue national togolais, le président Blaise Compaoré été saisi par l’UFC qui se serait sentie flouée par le Président Faure Gnassingbé qui a préféré le CAR de Me Agboyibo à l’UFC de Gilchrist. Ce médiateur qui, selon les dispositions de l’Accord Politique Global, est permanemment sollicité dans la résolution des problèmes qui peuvent subvenir dans l’application de cet accord, devait traverser monts et vallées pour concilier les antagonistes ou du moins tracer le chemin de la solution du différend. Après plusieurs tractations et discussions avec le chef de l’Etat togolais, le Président Blaise Compaoré a balisé le chemin de la solution. C’est donc suite à cet acquis que le président Faure a invité l’Union des Forces de Changement à une discussion qui va permettre à l’entrée de l’UFC au gouvernement. Mais force est de constater que ce parti de l’opposition togolaise, qui depuis la nomination de Me Agboyibo, joue aux surenchères, s’est plutôt radicalisé dans ses positions.

            L’UFC, à en croire à sa déclaration officielle au sortir de l’audience accordée par le président Faure, pose aujourd’hui des conditions quand à son entrée au gouvernement « …la délégation a confirmé les termes de ces modalités (NDLR : modalités de la participation de l’UFC au gouvernement), en réitérant le ferme attachement de l’UFC au processus engagé, le 20 août 2006… », a précisé le communiqué de l’UFC.

            Le parti de Gilchrist Olympio à cette rencontre avec le chef de l’Etat togolais, a joué toutes les cartes de la manipulation afin que le premier magistrat puisse céder à leurs desiderata.

            Les modalités transmises au médiateur, Blaise Compaoré, et sur lesquelles on refuse de lever un coin de voile, avec des natures obscures, constituent un piège sinon un danger pour l’Accord Politique Global voire pour toute la République.

            Tout le monde reconnaît au Togo et ailleurs que l’UFC est une force politique incontournable dans le processus actuel et dans la vie de la nation togolaise. Mais nous devons avoir le courage de dénoncer cette attitude suicidaire de l’UFC à l’égard de toute la République.

            Toutes les autres parties prenantes au dialogue national qui a abouti à l’Accord Politique Global, n’ont posé aucune condition ou modalité quand à leur entrée au gouvernement d’union nationale. C’est un impératif de répondre à la participation de ce gouvernement. L’exception à cette règle relève de la violation de l’Accord Politique Global autour de qui et avec qui tous ont été vraiment d’accord. Les Accords engagent comme dirait quelqu’un, véritablement leurs signataires. L’UFC a été signataire et ne peut s’offrir maintenant un luxe insolent à remettre son application en cause.

            Si dans la situation actuelle qui ressemble plutôt à un dilemme, le président Faure Gnassingbé se plie aux exigences de l’UFC avant sa participation au gouvernement, se serait une erreur qui aura de sérieuses retombées politiques. Il n’y a pas ici deux poids deux mesures à faire. Aussitôt que les autres formations politiques découvriront que l’UFC a fait son entrée au gouvernement avec des conditions taillées sur mesures et acceptées par le Président Faure, elles n’hésiteront pas à faire aux moindres peccadilles et même plus… pour avoir satisfaction avant toutes choses. Ce que nous affirmons, une fois de plus, que c’est suicidaire pour notre pays. Un président manipulable à volonté est dommageable et surtout dangereux pour une République.

            En politique, le jeu des cartes pour servir véritablement à un peuple, se fait sur table et non sous.

            Le jeu de manipulation que pratique actuellement l’UFC à l’égard du président Faure, se comprend, parce qu’elle veut d’abord servir ses propres ambitions avant de chercher à servir les autres. Si l’UFC réussit dans sa démarche, actuelle, c’est-à-dire, obtenir du chef de l’Etat des modalités qui régissent son entrée au gouvernement, c’est elle et elle seule qui en profitera et sortira la tête haute. Mais au même moment, c’est le président Faure et toute sa crédibilité et surtout celle de l’Etat togolais qui seront remis en cause.

            Il faut donc privilégier le peuple qu’à une certaine frange qui veut régenter toute une majorité.

            Mohammed

Après avoir raté la primature : L’UFC jette son dévolu sur la présidence de la CENI
Ils étaient 19 comme prévu par l’Accord Politique Global, à être nommés à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) par l’Assemblée Nationale, le vendredi dernier et ont prêté serm0ent hier matin à la Cour Constitutionnelle.

            Selon les dispositions de cet accord, cinq (5) des membres sont issus du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), parti au pouvoir, dix (10) de l’Opposition (CAR, CDPA, UFC, CPP) ; deux (2) du gouvernement avec voix non délibératives et deux (2) de la société civile à raison d’une personne par association (la REFAMPT et le GF2D). Ce qui est remarquablement apprécié par tous les Togolais dans la mise en place de cette CENI, c’est que toutes les parties prenantes au dialogue national togolais sont toutes représentées pour l’organisation transparente des législatives à venir.

            La seule fausse note qui donne encore à penser et à dépenser tant d’énergies, c’est la réclamation de la présidence de la CENI par tous, qui semblent être compétents pour l’assumer. Au-delà d’une certaine compétence sur laquelle on pouvait centrer les débats, il y a cet aspect politique qui semble monstrueusement dominer les analyses.

            Tous les Togolais sont aujourd’hui conscients que la bonne organisation des législatives anticipées de 2007, dépendra du bon fonctionnement de cette CENI. Ce qui suppose qu’il faut des hommes d’expérience pour faire face aux problèmes d’hégémonie qui peuvent surgir à tout moment au profit de la transparence qu’on veut pour cette CENI. Mais déjà à sa mise en place et même avant, certains partis politiques comme l’UFC réclament la présidence de cette institution comme se fut le cas de la primature.

            Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) parti au pouvoir, qui n’est sûrement pas prêt à tout perdre (la Primature, la Présidence de la CENI…) réclame la direction de cette CENI, c’est-à-dire que la présidence de la CENI lui revienne.

            D’autres formations, non moins ambitieuses que le RPT pensent que c’est à leur tour de s’accaparer de ce poste. Il s’agit de la CDPA, être du PDR…

            La société civile, représentée par REFAMPT et GF2D, n’est pas du reste. Elle pense qu’eu moment où des politiques se disputent, il leur revient de les départager. C’est ce qui explique chez elle aussi l’acharnement à convoiter la présidence de la CENI en ce moment.

            Mais le plus dur des morceaux qui donne des maux de tête, c’est le cas de l’UFC. Après avoir réclamer à tue-tête la primature et s’il vous plaît, de droit, sans succès, ce parti politique estime que la présidence de la CENI doit lui revenir. Les responsables de l’UFC que nous avons approché, parlent du principe d’équilibre. Pour eux, la présidence étant assurée par le Président Faure du RPT, la primature confiée à tort à Me Agboyibo du CAR, il serait de bon ton et de bonne appréciation que la présidence de la CENI leur revienne. Tout se fait ici comme si ces postes doivent faire l’objet de surenchère et de menace pour les conquérir. Or comme nous l’avons écrit plus haut, se sont des postes politiques qui d’abord n’ont rien de standard ou d’acquis. C’est après discussions et surtout concessions qu’on arrive à mettre les points sur les « i ». Ce sont des postes, comme surtout la présidence de la CENI, qui font objet de longues et peut-être houleuses discussions entre les membres avant d’aboutir comme le précise l’Accord Politique Global, au consensus général.

            Même le RPT, parti au pouvoir, qu’on pense détenir une majorité, mécanique pour réclamer de droit la présidence de cette CENI, ne peut en cette circonstance le faire puisque tout se joue sur la compétence, la transparence et surtout le consensus.

            Lorsqu’un de ces trois éléments manquent, il faut accepter courageusement et politiquement passer la main ou céder l’ambition à ceux qui les réunissent.

L’UFC à notre sens, se prête encore à un jeu très dangereux et il va falloir faire beaucoup attention pour ne pas tomber inutilement dans un gouffre.

            Mohammed

 

Une délégation de l’Union Européenne au Togo : Une mission décisive pour banaliser le chemin de la reprise totale de la Coopération
Le chemin était ba­lisé, depuis, pour la reprise de la coopération de l’Union Européenne avec le Togo. L’actuelle mission du partenaire économi­que et privilégié du Togo depuis le mardi 17 octobre 2006, est sans doute, une exploration des chantiers de la mise en oeuvre des 22 engagements pris à Bruxelles par le gouvernement togolais. En Avril 2004, lorsque le Togo signait ces engagements dans la capitale de la Belgique, siège de l’Union Européenne, nombre de togolais, avaient en­core le désespoir en ce qui con­cerne leur mise en oeuvre. Beau­coup ont été pessimistes en ce qui concerne la volonté politique à joindre à la lettre pour rendre effectivement ces engagements dans la réalité. Feu Président Eyadema qui s’était investie, bon gré, mal gré, pour que ces enga­gements aboutissent, n’a pu malheureusement avoir la chance de célébrer cette victoire.

A son décès, d’autres situations, plus compliquées se sont ajoutées au paysage politique pour donner de l’insomnie à tout le monde. Heureusement que son successeur, le Président Faure, s’est investi à faire de sorte qu’il y ait une continuité dans la gestion des affaires de l’Etat. Les 22 engagements, mal­gré les soubresauts qui ont ca­ractérisé ce nouveau pouvoir, ont connu une suite logique dans leur application. Il est heureux de faire remarquer que l’Union Euro­péenne, depuis la signature des 22 engagements, se déploie pour suivre leurs applications. C’est comme cela qu’un comité de suivi, de façon permanente, a été mis en place depuis Bruxelles, pour accompagner le gouverne­ment togolais dans la mise en oeuvre de ces engagements.

A l’arrivée du Prési­dent Faure à la présidence de la République, dans des conditions que nous connaissons, beau­coup se sont accordé à dire que ces 22 engagements connaîtront la fin de leur exécution.

Mais beaucoup aussi ont été surpris de voir que c’est plutôt pendant cette période, l’ère Faure, que les choses ont connu une accélération incroyable : ré­formes des institutions de la Ré­publique telle la HAAC pour ne citer que celui-là ; l’amorce de la Réforme de la Justice, la mise en place d’une commission pour la réhabilitation de l’histoire du Togo, … Tout a été mis en œuvre pour fasciner les grandes instances de l’Union Européenne et les obliger elles aussi à accélérer la reprise de la coopération avec le Togo. D’abord, il a été question d’un satisfecit que la commission de l’Union Européenne a adressé au président Faure, l’encoura­geant à poursuivre dans la même voie des avancées démocrati­ques. La seule exigence que ce partenaire économique exigeait des nouvelles autorités togolai­ses, c’est l’organisation rapide et la réussite du dialogue national prévu dans les 22 engagements. Cela n’a pas tardé : L’équipe Faure, à qui nous ne jetons pas des fleurs, a réussi en un laps de temps, ce dialogue national qui pour une fois a abouti sur un Ac­cord Politique Global. Toutes les parties prenantes à ce dialogue, se sont mises d’accord sur une li­gne de conduite politique pour sortir le Togo de l’imbroglio dans lequel il se trouve. Cette démar­che, a, pour tout dire, impres­sionné l’Union Européenne qui a pris une série de décisions inci­tatives pour accompagner le Togo à se « débarrasser » du défi­cit démocratique qu’on lui repro­chait. Le Togo selon les autorités de l’Union Européenne s’est fait inscrit dans les prochains Fonds Economiques et de Développement (FED) et a même déjà bé­néficié des reliquats des précé­dents FED pour sa relance économique.

L’actuelle mission de l’Union Européenne au Togo, ne sera qu’une mission exploratoire pour constater de visu les avan­cées démocratiques, enregis­trées depuis l’avènement de l’ère Faure. Cette mission qui va ren­contrer les différents acteurs po­litiques du Togo, va constater qu’actuellement, les réformes institutionnelles sont à grands pas, que la volonté politique d’avancer sur le chemin de la démocratie a pris le pas sur des pratiques rétrogrades ou antidémocratiques et qu’enfin le dialogue politique sur lequel l’Union Européenne insistait, est désormais palpable avec Me Agboyibo du CAR comme Pre­mier Ministre devant conduire aux législatives anticipées de 2007. La délégation rencontre ce jour les nouveaux membres de la CENI.

La mission de l’Union Européenne, après son passage au Togo (du 17 au 19 Octobre 2006), ne peut que s’estimer heu­reuse du cas togolais. Ce ne se­rait qu’une amorce de la reprise totale de la coopération avec le Togo que cette mission de l’UE est venue annoncer.

Mohammed

 
 
 

 

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