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Véritable casse-tête chinois pour le Président Faure
Gnassingbé, l’entrée de l’Union des Forces de
Changement (UFC) au gouvernement d’union nationale,
alimente encore les discussions et analyses
politiques.
Le vendredi 13 octobre dernier, une
délégation de l’UFC a été reçue à la présidence de
la République sur la demande du Chef de l’Etat,
Faure Gnassingbé. A cette rencontre, la
préoccupation du président Faure était d’avoir une
réponse claire et nette de l’UFC en ce qui concerne
sa participation au gouvernement actuel. Cette
interrogation trouve sa légitimité dans le refus du
parti de Gilchrist Olympio de participer au
gouvernement que Me Agboyibo, nommé le 16 septembre,
était appelé à former. Gilchrist Olympio et les
siens arguent que cette primature devait leur
revenir automatiquement d’autant plus qu’ils se
réclament la deuxième force politique au Togo. Pour
ne pas revenir sur des détails, peut-être inutiles,
il faut tout simplement préciser que le médiateur du
dialogue national togolais, le président Blaise
Compaoré été saisi par l’UFC qui se serait sentie
flouée par le Président Faure Gnassingbé qui a
préféré le CAR de Me Agboyibo à l’UFC de Gilchrist.
Ce médiateur qui, selon les dispositions de l’Accord
Politique Global, est permanemment sollicité dans la
résolution des problèmes qui peuvent subvenir dans
l’application de cet accord, devait traverser monts
et vallées pour concilier les antagonistes ou du
moins tracer le chemin de la solution du différend.
Après plusieurs tractations et discussions avec le
chef de l’Etat togolais, le Président Blaise
Compaoré a balisé le chemin de la solution. C’est
donc suite à cet acquis que le président Faure a
invité l’Union des Forces de Changement à une
discussion qui va permettre à l’entrée de l’UFC au
gouvernement. Mais force est de constater que ce
parti de l’opposition togolaise, qui depuis la
nomination de Me Agboyibo, joue aux surenchères,
s’est plutôt radicalisé dans ses positions.
L’UFC, à en croire à sa déclaration
officielle au sortir de l’audience accordée par le
président Faure, pose aujourd’hui des conditions
quand à son entrée au gouvernement « …la délégation
a confirmé les termes de ces modalités (NDLR :
modalités de la participation de l’UFC au
gouvernement), en réitérant le ferme attachement de
l’UFC au processus engagé, le 20 août 2006… », a
précisé le communiqué de l’UFC.
Le parti de Gilchrist Olympio à cette
rencontre avec le chef de l’Etat togolais, a joué
toutes les cartes de la manipulation afin que le
premier magistrat puisse céder à leurs desiderata.
Les modalités transmises au médiateur,
Blaise Compaoré, et sur lesquelles on refuse de
lever un coin de voile, avec des natures obscures,
constituent un piège sinon un danger pour l’Accord
Politique Global voire pour toute la République.
Tout le monde reconnaît au Togo et
ailleurs que l’UFC est une force politique
incontournable dans le processus actuel et dans la
vie de la nation togolaise. Mais nous devons avoir
le courage de dénoncer cette attitude suicidaire de
l’UFC à l’égard de toute la République.
Toutes les autres parties prenantes au
dialogue national qui a abouti à l’Accord Politique
Global, n’ont posé aucune condition ou modalité
quand à leur entrée au gouvernement d’union
nationale. C’est un impératif de répondre à la
participation de ce gouvernement. L’exception à
cette règle relève de la violation de l’Accord
Politique Global autour de qui et avec qui tous ont
été vraiment d’accord. Les Accords engagent comme
dirait quelqu’un, véritablement leurs signataires.
L’UFC a été signataire et ne peut s’offrir
maintenant un luxe insolent à remettre son
application en cause.
Si dans la situation actuelle qui
ressemble plutôt à un dilemme, le président Faure
Gnassingbé se plie aux exigences de l’UFC avant sa
participation au gouvernement, se serait une erreur
qui aura de sérieuses retombées politiques. Il n’y a
pas ici deux poids deux mesures à faire. Aussitôt
que les autres formations politiques découvriront
que l’UFC a fait son entrée au gouvernement avec des
conditions taillées sur mesures et acceptées par le
Président Faure, elles n’hésiteront pas à faire aux
moindres peccadilles et même plus… pour avoir
satisfaction avant toutes choses. Ce que nous
affirmons, une fois de plus, que c’est suicidaire
pour notre pays. Un président manipulable à volonté
est dommageable et surtout dangereux pour une
République.
En politique, le jeu des cartes pour
servir véritablement à un peuple, se fait sur table
et non sous.
Le jeu de manipulation que pratique
actuellement l’UFC à l’égard du président Faure, se
comprend, parce qu’elle veut d’abord servir ses
propres ambitions avant de chercher à servir les
autres. Si l’UFC réussit dans sa démarche, actuelle,
c’est-à-dire, obtenir du chef de l’Etat des
modalités qui régissent son entrée au gouvernement,
c’est elle et elle seule qui en profitera et sortira
la tête haute. Mais au même moment, c’est le
président Faure et toute sa crédibilité et surtout
celle de l’Etat togolais qui seront remis en cause.
Il faut donc privilégier le peuple qu’à
une certaine frange qui veut régenter toute une
majorité.
Mohammed
Après avoir raté la primature : L’UFC jette son
dévolu sur la présidence de la CENI
Ils étaient 19 comme prévu par l’Accord Politique
Global, à être nommés à la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) par l’Assemblée
Nationale, le vendredi dernier et ont prêté serm0ent
hier matin à la Cour Constitutionnelle.
Selon les dispositions de cet accord,
cinq (5) des membres sont issus du Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT), parti au pouvoir, dix (10) de
l’Opposition (CAR, CDPA, UFC, CPP) ; deux (2) du
gouvernement avec voix non délibératives et deux (2)
de la société civile à raison d’une personne par
association (la REFAMPT et le GF2D). Ce qui est
remarquablement apprécié par tous les Togolais dans
la mise en place de cette CENI, c’est que toutes les
parties prenantes au dialogue national togolais sont
toutes représentées pour l’organisation transparente
des législatives à venir.
La seule fausse note qui donne encore à
penser et à dépenser tant d’énergies, c’est la
réclamation de la présidence de la CENI par tous,
qui semblent être compétents pour l’assumer. Au-delà
d’une certaine compétence sur laquelle on pouvait
centrer les débats, il y a cet aspect politique qui
semble monstrueusement dominer les analyses.
Tous les Togolais sont aujourd’hui
conscients que la bonne organisation des
législatives anticipées de 2007, dépendra du bon
fonctionnement de cette CENI. Ce qui suppose qu’il
faut des hommes d’expérience pour faire face aux
problèmes d’hégémonie qui peuvent surgir à tout
moment au profit de la transparence qu’on veut pour
cette CENI. Mais déjà à sa mise en place et même
avant, certains partis politiques comme l’UFC
réclament la présidence de cette institution comme
se fut le cas de la primature.
Le Rassemblement du Peuple Togolais
(RPT) parti au pouvoir, qui n’est sûrement pas prêt
à tout perdre (la Primature, la Présidence de la
CENI…) réclame la direction de cette CENI,
c’est-à-dire que la présidence de la CENI lui
revienne.
D’autres formations, non moins
ambitieuses que le RPT pensent que c’est à leur tour
de s’accaparer de ce poste. Il s’agit de la CDPA,
être du PDR…
La société civile, représentée par
REFAMPT et GF2D, n’est pas du reste. Elle pense
qu’eu moment où des politiques se disputent, il leur
revient de les départager. C’est ce qui explique
chez elle aussi l’acharnement à convoiter la
présidence de la CENI en ce moment.
Mais le plus dur des morceaux qui donne
des maux de tête, c’est le cas de l’UFC. Après avoir
réclamer à tue-tête la primature et s’il vous plaît,
de droit, sans succès, ce parti politique estime que
la présidence de la CENI doit lui revenir. Les
responsables de l’UFC que nous avons approché,
parlent du principe d’équilibre. Pour eux, la
présidence étant assurée par le Président Faure du
RPT, la primature confiée à tort à Me Agboyibo du
CAR, il serait de bon ton et de bonne appréciation
que la présidence de la CENI leur revienne. Tout se
fait ici comme si ces postes doivent faire l’objet
de surenchère et de menace pour les conquérir. Or
comme nous l’avons écrit plus haut, se sont des
postes politiques qui d’abord n’ont rien de standard
ou d’acquis. C’est après discussions et surtout
concessions qu’on arrive à mettre les points sur les
« i ». Ce sont des postes, comme surtout la
présidence de la CENI, qui font objet de longues et
peut-être houleuses discussions entre les membres
avant d’aboutir comme le précise l’Accord Politique
Global, au consensus général.
Même le RPT, parti au pouvoir, qu’on
pense détenir une majorité, mécanique pour réclamer
de droit la présidence de cette CENI, ne peut en
cette circonstance le faire puisque tout se joue sur
la compétence, la transparence et surtout le
consensus.
Lorsqu’un de ces trois éléments
manquent, il faut accepter courageusement et
politiquement passer la main ou céder l’ambition à
ceux qui les réunissent.
L’UFC
à notre sens, se prête encore à un jeu très
dangereux et il va falloir faire beaucoup attention
pour ne pas tomber inutilement dans un gouffre.
Mohammed
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