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11 Août 2006

 

[No 468:  du 10 Août]
Bilan de l’an 1 du gouvernement Kodjo : Les oublis fâcheux du Premier Ministre !
 
 

En juillet 2005, le gouvernement Kodjo présentait son discours programme devant l’Assemblée Nationale composée presque totalement des députés du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), parti du président de la République, Faure Gnassingbé. Le Premier Ministre, Edem Kodjo, nommé par le nouveau Président Faure, était donc chargé de former un gouvernement qui selon les nouvelles dispositions contestées de la constitution togolaise est sous autorité directe et totale du Premier magistrat, Faure Gnassingbé. Logiquement, et même s’il était entendu que ce gouvernement se voulait d’unir des forces politiques du Togo, il est aisé d’affirmer qu’il est appelé à faire exécuter le programme du Président Faure, Président du RPT. C’est d’ailleurs l’une des raisons fortes qui a vite amené les députés RPT a approuvé le discours-programme du Premier Ministre Edem Kodjo. Tellement aussi les grands axes du programme du Président Faure qui tournent autour de la réconciliation nationale, ont été bien visibles dans les lignes de la présentation du Premier Ministre Kodjo. Et depuis, beaucoup de choses se sont passées. Nous comptons aujourd’hui plus de douze mois d’exercice de ce gouvernement.

Le jeudi 03 juillet dernier, comme de tradition dans presque tout exercice de pouvoir, le gouvernement Kodjo a fait le point sur ce parcours à mi-chemin : «Une année de gouvernement» donc.

Sur le plan politique comme sur le plan socio-économique, il est loisible de constater que des avancées significatives ont été opérées. C’est vrai qu’il y a de cela douze mois, le Togo était dans une «période de détresse sociopolitique et économique qui a failli le conduire… au chaos». Et comme l’a si bien mentionné le Premier Ministre, Edem Kodjo, dans sa présentation-bilan, «les violences post-électorales avaient emporté beaucoup de nos compatriotes, la désolation était dans beaucoup de maisons. Des destructions de maison, des dégradations de biens, des exactions contre des personnes, des discours attisant la haine, un climat de peur et d’insécurité généralisé était le lot quotidien des Togolais. Les salaires, les pensions n’étaient pas régulièrement payés, la Jeunesse était désespérée, manquait de confiance en elle-même et donc en proie à toute forme de manipulation ; les laborieuses masses paysannes qui ne profitent pas suffisamment des fruits de leurs labeurs, ont fini par se persuader d’être les parents pauvres de la République.

Les togolais se suspectaient, parce que séparés en deux camps antagonistes où la logique de la confrontation stérile et destructive avait pris le pas sur la raison. Tout espoir paraissait perdu et l’horizon bien sombre. Le pays semblait sans perspectives. Au plan international, l’image du Togo était ternie et tous les pays voisins craignaient le pire». C’est dans cette atmosphère trouble que la mission de colmater les brèches a été confiée au Premier Ministre Kodjo. Il est donc heureux de constater aujourd’hui que non seulement le calme est revenu dans le pays, mais aussi et surtout de nombreuses réformes ont été entreprises et nombre de problèmes ont trouvé de solutions d’apaisement : le cas du retour progressif des réfugiés, l’installation d’une Commission de Réflexion pour la Réhabilitation de l’Histoire du Togo ; la création de la Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante sur les actes de violences et de vandalisme commis pendant et après l’élection présidentielle de 2005 ; le renouvellement de certaines institutions telles la HAAC, la CNDH… ; le renforcement des effectifs de la police et de la gendarmerie ainsi que la mise à leur disposition de moyens efficaces pour mieux protéger les libertés individuelles et l’Etat de droit ; la réforme amorcée de la Justice togolaise et celle souhaitée de l’armée togolaise ; la réorganisation des services de Santé Publique ; des mesures incitatives en faveur des agriculteurs togolais… pour ne citer que ces réformes-là ; réformes que nous ne pouvons que saluer et encourager. Et nous savons que ceci a été possible parce que le Président Faure Gnassingbé a été favorable, ouvert à ces réformes et a même piloté personnellement ces mutations positives. Le Premier Ministre Kodjo n’a été en réalité qu’un exécutant de la politique du Président Faure qui depuis sa campagne électorale a promis changer les choses positivement et redonner un nouveau souffle au pays. Mais quelle n’a été la surprise de nombre de togolais lorsque le Premier Ministre Kodjo, présentait le bilan des douze mois d’exercice, le jeudi dernier ! Tout a été dit comme si les efforts consentis et les résultats obtenus sont l’œuvre de la résolution d’une équation personnelle de Monsieur le Premier Ministre. A écouter le Premier Ministre Edem Kodjo, l’on a l’impression qu’il présentait un bilan d’un gouvernement en pleine cohabitation avec le pouvoir RPT. La nostalgie du gouvernement de cohabitation de 1994 piloté par le même Kodjo serait-elle la source du caractère presque personnel de ce bilan ?

Tel un tribun, le Premier Ministre Kodjo, s’est présenté comme celui dont le Togo avait exclusivement besoin en juillet 2005 pour redresser les choses. Présentant les avancées constatées comme des initiatives personnelles, le Premier Ministre a le long de sa lecture, ignoré le Chef de l’Etat comme si toute l’action gouvernementale est sous sa responsabilité.

Le Premier Ministre Kodjo a fâchement oublié de dire que le Chef de l’Etat Faure est le maestro des actions gouvernementales et par ricochet que le RPT à travers lui, fait exécuter son programme de gouvernement présenté au peuple lors de la campagne présidentielle d’Avril 2005. Certes, tout avance bien parce que chacun apportant son savoir-faire, contribue à la consolidation des idées. Mais il faut reconnaître que le Président Faure est la personne centrale autour de qui et avec qui tout évolue. Le Premier Ministre en récupérant tout à son propre profit, veut certainement que les togolais qui depuis quelques années le porte mal dans leur cœur, reconsidèrent leur position vis-à-vis de lui et le porter peut-être haut. Mais c’est dangereux de vouloir s’accaparer les fruits d’un travail collectif qui a été même voulu par une autre personne.

Le Premier Ministre Kodjo, n’a certainement pas manqué à son devoir, celui de coordonner l’action gouvernementale. Mais il a oublié de préciser aux togolais que beaucoup de volontés clairement manifestées par le Président Faure et son parti le RPT, ont constitué des stimulants et pas les moindres à la bonne marche des initiatives la plupart venant du Président Faure lui-même
.

Dresser aujourd’hui un bilan, tant bien même qu’à mi-parcours, sans faire allusion, serait-ce qu’avec une courte phrase, aux efforts, aux lourds sacrifices consentis par le nouveau pouvoir en place, c’est faire preuve d’une rétention d’informations qui ne dit pas son nom. Pourquoi Edem Kodjo s’est refusé délibérément à lever le voile sur cet aspect important du bilan ?

Notre société change, c’est vrai Monsieur le Premier Ministre, il faut aussi changer votre façon de présenter les choses !

Mohamed

 
Reprise progressive de la coopération UE-Togo : L’Union Européenne encourage le Togo avec 10 milliards de F CFA

L’Union Européenne, qui reprend sa coopération progressive avec le Togo compte tenu des récents progrès constatés ça et là, a décidé de débloquer les fonds Stabex 90-94 en faveur de ce pays. D’un montant total de quinze millions huit cent mille euros, soit 10 milliards de francs CFA, ces fonds serviront, selon l’Union Européenne, à la mise en œuvre d’actions en faveur des petits producteurs togolais afin de redynamiser les filières agricoles.

L’Union Européenne suivant de près des «avancées politiques» au Togo, a opté pour un suivi minutieux de la démocratie au Togo. Les autorités togolaises, résolument aussi engagée à procéder à des réformes démocratiques, ne ménagent aucun effort pour que la coopération reprenne totalement avec le Togo. Les relations avec elles et les instances de l’Union Européenne étant aujourd’hui au beau fixe, une mission de deux rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les tortures et les exécutions extrajudiciaires n’a reçu aucune résistance pour se faire acceptée au Togo. Cette ouverture, preuve de volonté politique à voir évoluer les choses ne peut que séduire l’Union Européenne qui s’engage aussi à contribuer au développement et au bien-être des togolais. Si tout va bien et surtout à l’allure encourageante où vont les choses, l’on peut espérer une reprise totale de la coopération de l’Union Européenne avec le Togo très bientôt. Chapeau donc aux autorités togolaises !

Mohamed

 
Démarrage des discussions inter togolaises avec Blaise Compaoré : Ouaga, la solution attendue des Togolais

Elles viennent de dé­marrer seulement le lundi dernier à Ouagadougou, la Capitale Burkinabé, les discussions, dans le cadre du dialogue intertogolais, mais déjà, des to­golais nourrissent l'espoir d'un accord politique naissant entre les différents protagonistes de la crise togolaise.

La solution attendue par les togolais, ne sera pas «miracle» mais tout simplement la compréhension retrouvée. Hier encore, ils se refusaient ca­tégoriquement de s'adresser la parole parce que nourrissant une certaine méfiance et suspi­cion les uns à l'égard des autres. Toujours encore hier, ils ont ac­cepté s'asseoir autour d'une ta­ble de négociation mais là avec cet esprit de méfiance mutuelle. Aujourd'hui, la providence aidant, l'espoir renaît et tous ont senti la nécessité de trouver, malgré les divergences, un mo­dus vivendi pour enterrer défini­tivement cette crise qui retarde le Togo.

Il y a de cela quel­ques années, qui aurait cru que le Togo serait l'enfant pauvre du développement des pays afri­cains ? Qui aurait cru que les to­golais vont faire du surplace sur l'évolution de leur pays ? Qui aurait même cru que le Togo mendierait en tendant vaine­ment sa main à l'extérieur ?


N
os politiques, quoi qu'on dise, sont maintenant conscients de ces réalités et ont décidé d'en finir avec l'antago­nisme inutile qui les oppose.

Le lundi 07 Août 2006, sont ouvertes à Ouaga, sous la présidence du président Compaoré, les discussions pour rapprocher les points de vue des partis participants au dialogue intertogolais. L'espoir qui est aussi permis, c'est cette accep­tation des protagonistes togolais (Et l'on se demande s'il faut con­tinuer à les appeler ainsi) à choi­sir comme facilitateur ou média­teur, selon que vous voulez, le président burkinabé, Blaise Compaoré.

Les différentes délé­gations qui ont commencé par être reçues par le facilitateur, à Ouaga, expriment déjà leurs sa­tisfactions par rapport aux pre­miers contacts à huis clos avec le président burkinabé. Pro­grammées de manière à recen­ser d'abord les positions des uns et des autres, bien sûr, ces dis­cussions vont se poursuivre se­lon nos informations, en séance plénière aujourd'hui; séance au cours de laquelle les divergen­ces de point de vue seront con­frontées pour en dégager une solution commune, acceptée par tous. Ouaga vers où le re­gard de tous les togolais se tourne, sera bien la solution at­tendue des togolais.

Bonne réussite au président Compaoré !

Mohamed

 
 
 

 

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