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Qualifié pour la première fois de
son histoire, le Togo était au
rendez-vous de la phase finale de
la Coupe du Monde 2006. Parmi les
32 pays qui étaient en Allemagne,
c’est le Togo qui s’est mal
illustré en se ridiculisant le
plus. Les Eperviers du Togo ont
quitté la compétition après le
premier tour.
S’il est permis de dresser le bilan de la
participation du Togo à ce Mondial 2006 qui bat
encore son plein, l’on ne peut que l’avouer bien
négatif. Trop de problèmes ont miné l’organisation
togolaise pour cette compétition de haut niveau. Et
pourtant, les dirigeants du football togolais
étaient bien avertis au sortir de la CAN ; laquelle
CAN a participation des Eperviers et qui a précédé
le Mondial 2006. Malgré la volonté affirmée des
joueurs togolais à donner le meilleur d’eux même,
l’impréparation et l’improvisation de la fédération
togolaise de football et de tout son staff sportif,
ont pris le dessus. Conséquence, le Togo a quitté la
compétition avec trois défaites sur les trois
matches des éliminatoires, six buts encaissés avec
bien sûr zéro point obtenu
L’équipe et son coach
En trois sorties au mondial, les
Eperviers ont montré de quoi, ils sont capables. Il
est donc aisé de remarquer que notre équipe ne
jouait qu’une mi-temps, soit 45 minutes. Elle a
montré qu’elle ne pouvait tenir pendant 90 minutes.
La preuve, les buts encaissés par les Eperviers sont
tous survenus au cours de la deuxième mi-temps. Face
à la Corée du Sud pour la première sortie, les
Eperviers menaient au score à la première partie
avant que les Coréens ne réduisent le score à la
seconde période puis prendre l’avantage. Contre la
Suisse, les deux buts sont marqués dans la seconde
période du match après que les nôtres ont offert un
très bon premier mi-temps. A la troisième journée,
le résultat a été le même. Après une première partie
très appréciée, c’est en moins de six minutes que la
France a obtenu sa qualification en inscrivant
successivement ses deux buts. Ce qui nous conforte
dans nos analyses que l’équipe du Togo ne sait
préparer que pour jouer une mi-temps sur les deux
que comporte normalement un match de football.
En d’autre terme, il faut dire que
l’équipe n’a pas été bien préparée. Les
entraînements étaient sacrifiés au profit des
revendications de primes. On a eu un problème de
coaching. Otto Pfister, l’entraîneur qui a abandonné
l’équipe pour revenir par la suite, les matchs
amicaux d’entraînement non joués, ou joués avec des
équipes qui ne valent pas grand-chose ont fait que
les joueurs n’avaient pas un régime puissant pour
tenir un match de haut niveau. Or, actuellement, un
match se joue à 90 minutes sous haute tension et
pression, avec une attaque à outrance. Ce que les
Eperviers ne pouvaient pas supporter. C’est clair
que les Eperviers en soi ne pouvaient pas fournir
plus que ce qu’on a vu. L’autre aspect qu’on ne doit
perdre de vue, est que, à la CAN en Egypte, le Togo
n’a pas été le seul mondialiste à faire piètre
prestation. Il y avait le Ghana, l’Angola. Mais avec
une prise de conscience, ces pays se sont entraînés
et on a vu leur résultat au Mondial par rapport au
Togo. Pendant ce temps, on se contentait à Lomé de
renvoyer le coach fétiche des Eperviers, Stephan
Keshi, de trouver un autre qui n’a pas eu beaucoup
la chance de se retrouver avec l’équipe pour mûrir
les préparations.
La
FTF et le gouvernement
Il est tout de même flagrant de
reconnaître que c’est la Fédération sous la
présidence de Rock Gnassingbé qui a conduit les
Eperviers au Mondial. Mais en même temps, il faut
désavouer la conduite et les manières peu orthodoxes
qu’emploient cette Fédération pour gérer le football
togolais. Il ne sert à rien de se voiler la face. La
FTF et son président sont allés étaler aux yeux du
football mondial toute leur incompétence et leur
incapacité. Le problème de prime qui a été longtemps
le différend entre elle et les joueurs ont fait que
beaucoup de choses n’ont pu être réglées à temps
pour permettre d’abord un bon regroupement des
joueurs et des entraînements sereins de l’équipe.
C’est le même problème qui a poussé le coach à
abandonner en fracas l’équipe et ne revenir qu’après
que le mal ait été consommé. Pour finir, c’est la
FIFA qui a tapé sur la table pour mettre fin à ce
problème de prime et s’est chargée de les payer
elle-même. Quelle honte pour nous ? Et jusqu’à
présent, on ne sait pas comment l’argent est géré
par la FTF et ses membres. Après avoir longtemps
crié au manque de moyens, la FTF a fini par mener
tous les togolais en bateau. En tout cas, la FIFA
n’est pas content de la FTF et promet des sanctions
contre elle. Sur le plan national, la FTF est tenue
pour responsable du malheur du football togolais. Il
faut qu’elle démissionne au moins pour l’honneur du
pays et de ses membres.
Faut-il seulement situer les responsabilités au
niveau de la Fédération ?
Dans une situation pareille comme la
nôtre, quelles sont les actions du gouvernement dans
le sens du dénouement de la crise au niveau de la
Fédération ? Est-ce que le gouvernement a fait ce
qui était sous sa responsabilité ?
Pour une première fois que le Togo est
qualifié à une phase finale du football mondial,
nous pensons que le gouvernement ne devait pas
laisser la FTF fabriquer ce qu’elle voulait. Le
ministre des Sports devait plutôt s’investir dans
les préparations de l’équipe. Malheureusement … !
Aujourd’hui, les responsabilités de ce
qui s’était passé regarde aussi le gouvernement et
c’est à lui de prendre les mesures nécessaires pour
éviter de pareille humiliation pour notre pays. Et
voilà que, nous organisons la CAN des cadets à
partir de l’année prochaine. C’est bien une occasion
pour le Togo de se racheter aux yeux du monde si
d’ici là, la FIFA et la CAF ne nous retirent pas
cette chance.
Guy De Maupassant
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