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L'affaire
qui défraie actuellement la
chronique à Lomé connaîtra son
épilogue ce jour devant la Cour
d'Appel de Lomé. II s'agit de ce
qu'il est convenu d'appeler
l'affaire Bolloré/Dupuydauby.
Pour mémoire, nous disons que
Dupuydauby est patron de deux
sociétés de manutention qui
opèrent au Port Autonome de Lomé.
Il s'agit de la SE2M et SE3M,
toutes deux filiales du groupe
espagnol
PROGOSA Investment
Or le groupe International
Français, Bolloré, a entre temps
fait une OPA sur la société
PROGOSA, devenant du coup
actionnaire majoritaire de PROGOSA.
Donc la SE2M et la SE3M deviennent
des filiales du groupe Bolloré. Et
cela l'employé de PROGOSA et par
ricochet de Bolloré, Dupuydauby,
n'est pas sensé l'ignorer. Prenant
appui sur certains collaborateurs
de l'ex-chef d'Etat défunt, il
engagea un bras de fer inutile
contre le groupe Bolloré. II
voulait déconnecter les SE2M et
SE3M du groupe Bolloré pour en
faire une affaire personnelle.
L'affaire a été jugée en Espagne
(siège du Groupe PROGOSA) où le
droit a été dit en faveur du
groupe Bolloré. Puisque nous
sommes au Togo où le bon sens est
la chose la moins partagée,
Dupuydauby s'appuie sur ses
relations pour attaquer Bolloré.
S'ensuit alors un bras de fer
politico juridique entre «le
truand» Dupuydauby et le groupe
Bolloré. Seulement, ces derniers
sont, chacun de leur côté,
soutenus par les responsables du
pays qui ont leurs intérêts à
tirer dans un camp comme dans
l'autre. On n'en était quand le
groupe Bolloré a assigné en
justice M. Dupuydauby. L'affaire
suivait son cours au tribunal de
première instance de Lomé. Le 03
février dernier, a justice
togolaise rend un verdict qui
déclare vainqueur le groupe
Bolloré au détriment de l'employé
Dupuydauby.
Une délégation du groupe Bolloré
en fin de mission à Lomé a été
arrêtée à l'aéroport de Lomé le
mercredi 08 février dernier alors
qu'elle s'apprêtait à prendre
l'avion un Falcon 900 appartenant
au groupe et à bord duquel elle
était arrivée à Lomé quelques
jours plus tôt. L'opération a été
menée par le Commandant de la
Gendarmerie Nationale, le Chef
d'Escadron Yark Damehan et le
Directeur du Centre de Traitement
des Renseignements (CTR), le
Commandant Massina. A l'issue de
l'opération, quatre (04)
responsables du groupe Bolloré à
savoir MM. Gilles Allix, Georges
Cognon, Dany Chuteaux et Pascal
Cotti se sont retrouvés dans les
cellules de la brigade anti-gang
de la gendarmerie à Lomé. Ils y
passeront 36 heures avant d'être
déférés au Parquet et mis en
examen par le doyen des juges
d'instruction du tribunal de Lomé,
Pour la cause, ils sont accusés de
corruption à magistrat. Entre
temps, les locaux du groupe
Bolloré ont été perquisitionnés
par la gendarmerie. La délégation
de Bolloré sera enfin autorisée à
quitter Lomé seulement le
vendredi matin après qu'elle ait
versé une caution de mise en
liberté provisoire de 100 millions
de francs CFA par personne soit
un total de 400 millions. Cette
libération n'a été possible,
d'après nos informations, qu'à la
suite de sérieuses interventions,
de quelques chefs d'Etats des pays
dans lesquels le groupe français
Bolloré exerce ses activités. Des
noms comme Ondimba Bongo du Gabon,
Blaise Compaoré du Burkina Faso
ont été cités. On susurre même
que le président Chirac s'est
mêlé à la danse.
Des observateurs avisés du
dossier pensent qu'on tire sur les
ficelles quelque part dans cette
affaire. Mais qui réellement, on
ne saurait le dire avec preuve. On
cite par endroit, M. Dupuydauby du
groupe Progosa, positionné dans la
haute hiérarchie du pays à tel
point qu'il peut frapper qui il
veut à tout moment. Selon notre
confrère français "Le Monde" daté
du 10 février : Dupuydauby est un
homme puissant à Lomé. II est
proche du frère du président,
Kpatcha, qui contrôle le
Port
de Lomé et est considéré aujourd'hui comme l'homme fort
du Togo." II est également proche
du juriste français Charles
Debbasch, ... Conseiller à la
présidence togolaise..." Si les
informations sont vraies, alors
Dupuydauby
a toutes les facilités pour
organiser l'arrestation de la
délégation du groupe Bolloré à
Lomé, que l'on considère comme une
riposte de sa part.
Cette affaire de gros sous
connaîtra son sort aujourd'hui.
Comme nous le disions tantôt, le
03 février le Tribunal de
Première Instance avait débouté
Dupuydauby. Fort de cet arrêt, une
Assemblée Générale a été convoquée
pour le 17 février afin de
procéder au renouvellement des
membres des Conseils
d'Administrations des deux
sociétés, à savoir SE2M et SE3M.
Seulement, c'est mal connaître
Dupuydauby et ses protecteurs. Une
ordonnance en référé rendue par un
autre juge le 06 février est venue
annuler en sorte le verdict du 03
février. Le Groupe Bolloré, qui ne
se laisse pas intimider, attaque
à son tour l'ordonnance en référé
du 06 février devant la Cour
d'Appel de Lomé. Si le Président
Pétchélébia, de la Cour d'Appel,
casse l'ordonnance du 06 février,
c'est clair que l'Assemblée
Générale prévue pour le 17
février aura lieu. Cela voudra
dire que le droit a été dit. Cela
voudra enfin dire que «le truand»
Dupuydauby et ses protecteurs
auront le bec dans l'eau.
Mais si par une démonstration à
contrario, la Cour d'Appel de
Pétchélébia confirme l'ordonnance
du 06 février, ce sera la preuve
que dans notre pays, il n'existe
aucune sécurité judiciaire et que
les investisseurs doivent faire
attention à un pays comme
celui-là.
Et ce sera
vraiment dommage que la Justice,
le cède à la corruption et aux
manigances politiques. A César ce
qui est à César.
De Montpassant |