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Ils sont à dialoguer mais ne
s'entendent pas sur les
préalables. La dernière actualité
est le désaccord intervenu entre
les forces politiques
autoproclamées dans la crise
togolaise et qui a poussé les
partis politiques de l'opposition
à boycotter le nouveau dialogue
que prétendait organiser dans la
capitale burkinabé le pouvoir. On
a dernièrement rectifié pour
parler de préparation au dialogue.
Peu importe et quelle que soit la
démarche les partis hostiles au
régime remettent les questions de
"préalables" sur la table. Du
vivant de Eyadema, cette question
avait contribué à diviser plus les
parties prenantes au point où le
dialogue n'a pu se tenir jusqu'à
sa mort. Le dialogue sentait trop
l'autorité et l'imposition RPT.
Elle est encore réactualisée à
cette occasion où cinq partis
politiques devraient être face au
RPT dans ce dialogue. Les partis
politiques ont refusé l'avion
proposé pour les transporter à
Ouaga ainsi que "les perdiems qui
seront servis pour couvrir les
différents frais", selon la note
de l'invitation adressée par le
Premier Ministre aux responsables
de partis politiques. Un peu
amusant, c'est vrai mais aussi le
peuple qui se meurt
quotidiennement n'est jamais
consulté.
Les trois partis de l'opposition à
savoir, le CAR, la CDPA et l'UFC
ont signé absents à cette dite
préparation de dialogue de
Ouagadougou. lis s'avouent
découragés par la démarche du
pouvoir, selon leurs déclarations.
Pour le CAR, c'est
"compte tenu des conditions dans
lesquelles ce pré-dialogue va
avoir lieu" qu'il a
décidé de ne pas y participer. Le
communiqué du CAR n'est pas
assorti de démonstration
argumentaire mais il va sans dire
que les responsables du parti
dénoncent l'invitation brusque et
tardive par téléphone
contrairement à une courtoisie
partenariale qui aurait exigé des
discussions préalables, comme le
soutient la CDPA.
Dans une mise au point, l'UFC, du
fait qu'elle n'a pas été
préalablement consultée ‘’n’a pu
donner son accord pour la tenue du
dialogue à Ouagadougou, au lieu
de Lomé comme attendu’’. Pour le
parti de Gilchrist Olympio, la
tenue du dialogue ‘’ne peu être
imposée par qui que ce soit’’. Les
positions des différents
partenaires politiques en face du
RPT contrastent avec celle de la
communauté internationale qui
accentue son soutien au régime RPT.
C’est encore un dialogue de sourds
qui est en train de naître. L’UFC
dénonce le comportement de cette
communauté au lendemain du décès
du Général Eyadema et qui a permis
aux "Gnassingbé" de rester au
pouvoir malgré plusieurs dizaines
de morts avant, pendant et après
une présidentielle largement
contestée et teintée de violences
inouïes. Mais aussi que dialogue
soit transporté dans un pays
étranger et surtout que les
services du médiateur imposé E
l'ONU ne soient pas mis l'épreuve
dès la préparation.
En fait, il était entendu que, que
ce soit le dialogue ou le
pré-dialogue, ce n'est qu'un jeu
de mots pour éterniser la crise.
II y a quelques jours, on parlait
de dialogue dans le cadre des 22
engagements pour Ouaga et à deux
jours de la tenue de ce fameux
dialogue on nous fait répéter le
pré-dialogue. C'est un nouveau mot
pour amuser la galerie.
Le dialogue, version après
Eyadema, tourne plus en rond
qu'hier. Les mêmes avaient
conseillé Eyadema, conseillent le
fils. Est-ce réel et concret qu'il
puisse avoir changement ?
Maintenant, dans le choix des
participants, c'est un réservoir
de problèmes. Seuls partis de la
coalition existent non la
coalition elle-même. Les mêmes qui
ont fait perdurer la crise depuis
jusqu'alors sont de nouveau
reconduits au mépris peuple pour
quoi faire ? Alors qu'entre-temps
de nouvelles ces alternatives ont
fait leur apparition et même aussi
dans la société civile. Le pouvoir
en place ne jure que par une
société civile féminine
représentée par deux associations
féminines cooptées dont les
intérêts sont diamétralement
opposées. Les deux associations
ont eu leurs récompenses en
siégeant à la CENI et en occupant
des postes dans le gouvernement
actuel. Il n’est pas question d’y
mettre d’autres pour les
récompenses mais de comprendre
qu’il urge que d’autres forces
alternatives s’essayent pour la
sortie de crise aux côtés des
anciennes.
Tout perdure et on accusera tout
le monde aussi bien le pouvoir que
l’opposition ; le pouvoir qui
cafouille pour préserver ses
intérêts et l’opposition
boycotteuse et non créatrice et
passive. Pourtant dans tous les
états-majors on ne jure que par le
dialogue pour la sortie de crise.
C’est déjà un accord en plus du
choix du facilitateur Lakhdar
Brahimi. Les désaccords c’est sur
le cadre, la démarche, le
contenu…le pouvoir actuel croit
qu’il lui incombe unilatéralement
d’organier la sortie de crise
alors pour cette crise il en est
le principal instigateur et donc
disqualifié. Il s’est pressé
d’avancer l’argument des
engagements (les fameux 22) alors
qu’ils sont caducs et ont
approfondi le fossé qui existait.
Le nouveau boycott du pré-dialogue
remet à plus tard la résolution de
la crise togolaise. D’ailleurs le
pré-dialogue ou le dialogue
annoncés ne venaient pas pour
résorber la crise mais pour
l’enfoncer un peu plus puisque
l’on parlait du cadre électoral
(législatives en vue) comme une
panacée. Les réels problèmes sont
encore là.
Emilie |