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17 fevrier 2006

 
[ No 456:  17 fev. 2006]
Dialogue intertogolais: Des accords aux désaccords

Ils sont à dialoguer mais ne s'entendent pas sur les préalables. La dernière actualité est le désaccord intervenu entre les forces politiques autoproclamées dans la crise to­golaise et qui a poussé les partis politiques de l'opposition à boy­cotter le nouveau dialogue que prétendait organiser dans la ca­pitale burkinabé le pouvoir. On a dernièrement rectifié pour parler de préparation au dialogue. Peu importe et quelle que soit la dé­marche les partis hostiles au ré­gime remettent les questions de "préalables" sur la table. Du vi­vant de Eyadema, cette question avait contribué à diviser plus les parties prenantes au point où le dialogue n'a pu se tenir jusqu'à sa mort. Le dialogue sentait trop l'autorité et l'imposition RPT. Elle est encore réactualisée à cette occasion où cinq partis politiques devraient être face au RPT dans ce dialogue. Les partis politiques ont refusé l'avion proposé pour les transporter à Ouaga ainsi que "les perdiems qui seront servis pour couvrir les différents frais", selon la note de l'invitation adres­sée par le Premier Ministre aux responsables de partis politiques. Un peu amusant, c'est vrai mais aussi le peuple qui se meurt quo­tidiennement n'est jamais con­sulté.

Les trois partis de l'opposition à savoir, le CAR, la CDPA et l'UFC ont signé absents à cette dite préparation de dialo­gue de Ouagadougou. lis s'avouent découragés par la dé­marche du pouvoir, selon leurs déclarations.

Pour le CAR, c'est "compte tenu des conditions dans lesquelles ce pré-dialogue va avoir lieu" qu'il a décidé de ne pas y participer. Le communiqué du CAR n'est pas assorti de dé­monstration argumentaire mais il va sans dire que les responsa­bles du parti dénoncent l'invita­tion brusque et tardive par télé­phone contrairement à une cour­toisie partenariale qui aurait exigé des discussions préalables, comme le soutient la CDPA.

Dans une mise au point, l'UFC, du fait qu'elle n'a pas été préalablement consultée ‘’n’a pu donner son accord pour la tenue du dialogue à Ouagadougou, au lieu  de Lomé comme attendu’’. Pour le parti de Gilchrist Olympio, la tenue du dialogue ‘’ne peu être imposée par qui que ce soit’’. Les positions des différents partenaires politiques en face du RPT contrastent avec celle de la communauté internationale qui accentue son soutien au régime RPT. C’est encore un dialogue de sourds qui est en train de naître. L’UFC dénonce le comportement de cette communauté au lendemain du  décès du Général Eyadema et qui a permis aux "Gnassingbé" de  rester au pouvoir malgré plusieurs dizaines de morts avant, pendant et après une présidentielle largement contestée et teintée de violences inouïes. Mais aussi que dialogue soit transporté dans un pays étranger et surtout que les services du médiateur imposé E l'ONU ne soient pas mis l'épreuve dès la préparation.

En fait, il était entendu que, que ce soit le dialogue ou le pré-dialogue, ce n'est qu'un jeu de mots pour éterniser la crise. II y a quelques jours, on parlait de dialogue dans le cadre des 22 engagements pour Ouaga et à deux jours de la tenue de ce fameux dialogue on nous fait répéter le pré-dialogue. C'est un nouveau mot pour amuser la galerie.

Le dialogue, version après Eyadema, tourne plus en rond qu'hier. Les mêmes avaient conseillé Eyadema, conseillent le fils. Est-ce réel et concret qu'il puisse avoir changement ?

Maintenant, dans le choix des participants, c'est un réservoir de problèmes. Seuls partis de la coalition existent non la coalition elle-même. Les mêmes qui ont fait perdurer la crise depuis jusqu'alors sont de nouveau reconduits au mépris peuple pour quoi faire ? Alors qu'entre-temps de nouvelles ces alternatives ont fait leur apparition et même aussi dans la société civile. Le pouvoir en place ne jure que par une société civile féminine représentée par deux associations féminines cooptées dont les intérêts sont diamétralement opposées. Les deux associations ont eu leurs récompenses en siégeant à la CENI  et en occupant des postes dans le gouvernement actuel. Il n’est pas question d’y mettre d’autres pour les récompenses mais de comprendre qu’il urge que d’autres forces alternatives s’essayent pour la sortie de crise aux côtés des anciennes.

Tout perdure et on accusera tout le monde aussi bien le pouvoir que l’opposition ; le pouvoir qui cafouille pour préserver ses intérêts et l’opposition boycotteuse et non créatrice et passive. Pourtant dans tous les états-majors on ne jure que par le dialogue pour la sortie de crise. C’est déjà un accord en plus du choix du facilitateur Lakhdar Brahimi. Les désaccords c’est sur le cadre, la démarche, le contenu…le pouvoir actuel croit qu’il lui incombe unilatéralement d’organier la sortie de crise alors pour cette crise il en est le principal instigateur et donc disqualifié. Il s’est pressé d’avancer l’argument des  engagements (les fameux 22) alors qu’ils sont caducs et ont approfondi le fossé qui existait.

Le nouveau boycott du pré-dialogue remet à plus tard la résolution de la crise togolaise. D’ailleurs le pré-dialogue ou le dialogue annoncés ne venaient pas pour résorber la crise mais pour l’enfoncer un peu plus puisque l’on parlait du cadre électoral (législatives en vue) comme une panacée. Les réels problèmes sont encore là.

Emilie   

 
 

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