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On se rangera derrière ceux qui
disent que le tandem Faure-Kodjo
s'est partagé les dialogues au
Togo mais que dans tous les cas
les deux ont du plomb dans l'aile.
Rappelons-nous qu'on nous avait
dit le 18 novembre 2005 que le
dialogue national était reparti
pour de bon et que plus rien ne
pourrait ébranler son cours.
Personne ne parle de son échec,
puisqu'il devait durer seulement
quatre semaines. Nous en sommes
au troisième mois.
Edem Kodjo a aussi ouvert son
dialogue la semaine dernière et à
l'occasion il a prononcé un
nouveau discours d'orientation.
L'adepte des discours pompeux
s'est de nouveau illustré dans ses
emprunts agaçants à l'image des
paroles du moine espagnol :
« Deciamos ayer » pour embrouiller l'assistance. Les
travailleurs et le patronat s'en
sont éperdument moqués. Pour eux
c'est agaçant, eux qui sont venus,
pressés de discuter pour leurs
broutilles voient débiter des
paroles aux allures de «
leçons de chose ».
«ll lisait des pages et des
pages pour
nous faire assimiler sa leçon
», avait ironisé un
syndicaliste au lendemain de la
cérémonie d'ouverture. Le
discours ressemblait à divers
endroits comme celui d'un
anniversaire au cours duquel il
est question de bilan. Ce n'est
pas un acquis ni un exploit de
s'étaler sur les insuffisances des
accords qui avaient été signés
dix ans plus tôt et qu'ils soient
obligés d'être révisés de nouveau.
C'est dire qu'ils n'étaient pas
bons, malicieusement négociés en
faveur du pouvoir. Les accords
d'il y a dix ans n'ont
partiellement que été appliqués.
Pourquoi revenir là-dessus alors
qu'il ne s'agit que d'une
cérémonie d'ouverture. La liste
des revendications est trop
colossale et il a voulu se mettre
à la place des médiateurs, en vain
car leur démarche ne serait pas
forcément la même chose.
Néanmoins, et c'est peut-être
rassurant, M. Kodjo parle de
démonstration avec éloquence de «
l'engagement
continuel et continu à
conduire des réformes
essentielles pour une
modernisation en
profondeur
». Pourvu que l'on puisse lui accorder un peu de répit à
la tête de la primature, celle-ci
n'étant que nominative selon la
dernière monture
constitutionnelle, et de
suffisance orgueilleuse démontrée
dans ce discours les travailleurs
et leurs syndicats le jugeraient à
la clôture des négociations et
des résultats qui en sortiront. |