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Canard Indépendant |
16 Déc 2006 |
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Congrès du RPT à Lomé :
Faure
Gnassingbé attendu au tournant |
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Selon
nos informations, le Rassemblement du peuple togolais (RPT),
ancien parti-Etat, parti unique, tient son congrès
samedi prochain à Lomé. Ce rendez-vous, loin d’être un
simple enjeu de positionnement entre militants du parti
du Président de la République Faure Gnassingbé, se
révèle tel un tournant pour la démocratisation du pays.
« Il n’y aura pas de démocratisation au Togo, si le RPT
ne se démocratise », affirme un professeur de droit à
l’Université de Lomé. |
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Pour
certains observateurs, la démocratisation du RPT passe
donc par le renouvellement de son leadership. C’est
semble t-il aussi le souhait de l’actuel président du
parti, Faure Gnassingbé. Mais cette volonté affichée du
premier responsable du parti qui a hérité de ce poste à
la disparition de feu Gnassingbé Eyadema, se heurte à la
résistance de certains vieux barons du parti. L’un
d’entre eux n’étant autre que le Général Assani Tidjani,
a failli créer une crise diplomatique entre le Togo et
la Côte d’Ivoire, en faisant une sortie tonitruante dans
un journal ivoirien. Certains observateurs pensent que
le général est ainsi à la recherche d’un nouveau boulot,
se sentant de plus en plus écarté de la
« mangeoire ». Il faut rappeler que le Général
Assani Tidjani, n’a pas digéré le fait de n’avoir pas
été retenu pour participer au gouvernement de Edem Kodjo,
encore moins à celui que vient de former Me Yawovi
Agboyibo.
Sont
visés par ce souci de renouvellement, les faucons et
autres barons qui telles des sangsues, s’accrochent à
leurs intérêts au détriment de l’intérêt général. «
Il parait que nous sommes des vieux et qu’on va nous
balayer au prochain congrès », nous confiait
presque la mort dans l’âme, un de ces barons, membre
d’une institution constitutionnelle.
Les
récriminations à ce sujet contre le président du RPT
sont nombreuses. Certains des barons n’hésitent pas à
accuser Faure Gnassingbé, d’ « hypothéquer l’avenir
du parti ». « Aujourd’hui, l’avenir de notre
formation politique se trouve entre les mains de jeunes
qui, pour certains, n’ont jamais milité au sein du
parti. On ne les a jamais vus, lors des moments
critiques pour le parti », relève un autre ancien du
parti. Il fait allusion en cela, à la conduite de la
délégation du RPT au dialogue inter –togolais, par de
jeunes comme Pascal Bodjona, Directeur de cabinet du
Président de la République et Gilbert Bawara, ministre
de la Coopération, et actuel homme lige de Faure
Gnassingbé.
Mais
les jeunes « envahisseurs » semblent tout aussi
décidés à opérer la rénovation du parti. « Au
contraire, le président n’a d’autres choix que de
renouveler la classe dirigeante du parti. C’est le seul
moyen, la seule issue pour répondre dignement et
efficacement aux enjeux qui se profilent et maintenir au
parti, son statut du plus grand parti de l’échiquier
national ». Même ceux qui sont qualifiés de
« nouveaux venus » se disent tout autant sinon plus
concernés que les anciens. « Ils ont fait leur
temps, défendu vaillamment les valeurs du parti. Mais,
il y a un temps pour tout dans la vie. », objecte
laconique, un autre jeune faucon du parti de Faure
Gnassingbé.
L’héritier du Général Gnassingbé Eyadema, veut-il
réellement démocratiser les institutions de l’Etat ? Les
résultats du congrès du RPT, pourraient constituer en
cela, un autre témoignage, en plus des réformes
actuelles entreprises. Bien entendu, à la condition
qu’on se résolve à concevoir comme ce professeur de la
faculté de droit de l’Université de Lomé, que « la
démocratisation des moeurs politiques au Togo, passera
par celle du RPT ».
Augustin AMEGA |
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Divergences dans la mise en œuvre de l’Accord Politique
Global :
Le
Comité de suivi se réunit à Lomé demain |
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De
source généralement bien informée, le Comité de suivi de
l’Accord Politique Global (APG), se réunit à Lomé
demain. Au menu de ses travaux, les sujets qui divisent
la CENI dans l’application des points de l’accord
relatifs au processus électoral… |
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Le
Comité de suivi de la mise en œuvre de l’Accord
Politique Global (APG), signé à Lomé le 20 août 2006, se
réunit à Lomé demain.
De
nombreuses divergences opposent les parties prenantes à
l’application de l’Accord Politique Global. Notamment,
la question du mode de scrutin et celle du mode de
décisions à la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI).
Dans
un rapport remis au Premier ministre sur les difficultés
qu’éprouve la CENI pour avancer, la commission a
souhaité que le gouvernement saisisse le Président du
Comité de suivi, le Président du Faso, Blaise Compaoré,
pour trancher. En réponse, Me Agboyibo a demandé aux
membres de la CENI de faire des efforts en interne pour
trouver un règlement consensuel à leurs divergences.
Tout
porte donc à croire que le Comité de suivi, où siège
également l’Union des Forces de Changement (non
représentée au gouvernement d’union), va plancher sur
les points de divergences actuels.
Réuni
en conseil des ministres le 08 décembre dernier, le
gouvernement a, à la suite d’une communication du
ministre de l’Administration du territoire, opté pour le
scrutin proportionnel de listes à la plus forte moyenne.
La question du mode de décisions à la CENI n’a cependant
pas été abordée avant la fin du conseil.
C’est
le 13 novembre 2006, que le Comité de suivi de l’APG, a
été mis en place à Ouagadougou. Il est présidé par le
Président du Faso, son Excellence Blaise Compaoré. Le
Comité de suivi est chargé de la bonne « application
des engagements souscrits » par les protagonistes
de la crise togolaise. Il est composé d’un représentant
de chaque partie signataire de l’APG à savoir :
- Monsieur HEGROR Gahoun, représentant le
Comité d’action pour le renouveau (CAR)
- Monsieur GNININVI Léopold, représentant la
Convention démocratique des peuples africains (CDPA),
- Monsieur ALLASSANI Issa-Samarou,
représentant la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP),
- Monsieur AYEVA Zarifou, représentant le
Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR),
- Monsieur LAWSON Georges, représentant
l’Union des forces de changement (UFC),
- Madame ADJAMAGBO-JONHSON Kafui, représentant
le Groupe de réflexion et d’action femme, démocratie et
développement (GF2D)
-
Monsieur BODJONA Pascal A., représentant le
Rassemblement du peuple togolais (RPT),
- Madame APOUDJAK A. Maria Larba, représentant
le Réseau des femmes africaines ministres et
parlementaires (REFAMP/T).
Augustin AMEGA |
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L’éducation sexuelle des enfants : Un moyen efficace
dans la lutte contre les IST/VIH/SIDA |
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Réunis
sous un arbre dans cet après-midi de premier vendredi du
mois de décembre, des centaines d’élèves de l’école
primaire de «Tokoin Hounkpati » suivent dans un brouhaha
le discours d’un homme vêtu de blanc. D’habitude, les
soirées du vendredi sont autrement meublées pour ces
élèves : les plus petits sont quasiment en récréation et
les plus grands travaillent moins que d’habitude. Mais
aujourd’hui est un jour particulier. Le monsieur blouse
blanche est un médecin venu entretenir ces jeunes sur la
sexualité. Dans cet infernal brouhaha et sous un soleil
suffocant, il essaie tant bien que mal de concentrer
l’attention sur lui et de divulguer son message. |
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La
sexualité, un sujet qui suscite la curiosité chez les
jeunes
Léon a
4 ans et sa sœur Myriam, 6. Ils se couchent ensemble
dans le même lit, prennent leur douche ensemble… Ils
sont très proches et même à l’école, ils s’entendent
très bien. Mais un jour, Léon pose cette question à sa
maman : « est-ce que papa et toi, vous étiez comme
Myriam et moi ? A l’école, la maîtresse dit que lorsque
nous serons grands, on deviendra comme vous. Mais moi,
je suis différent de Myriam. Elle est une fille et moi
un garçon. Explique moi pourquoi et comment ça se fera ».
Ces
explications, tous les enfants les demandent tôt ou
tard. Ils sont curieux de savoir pourquoi leur anatomie
est différent selon qu’ils soient fille ou garçon,
comment ils ont été « fabriqués », ce qui va
arriver dans le futur. Ils veulent donc parler de la
sexualité.
Léon
soutient que « mon sexe est différent de celui de
Myriam. Les camarades disent qu’elle va devenir comme
maman et moi comme papa ».
C’est
dire qu’ils en parlent les tout-petits de leur
sexualité. Ils veulent par exemple savoir comment et
d’où viennent les bébés. Ce sont des questions
auxquelles chaque adulte doit prendre sur lui d’apporter
des réponses au risque de voir ces enfants interpréter à
leur façon les phénomènes.
Répondre à leurs questions, une obligation pour chaque
parent
L’éducation sexuelle de tout enfant et jeune commence à
la maison. Cette responsabilité incombe donc aux
parents. Selon les spécialistes, il faut toujours
répondre à leurs questions. L’essentiel est de le faire
selon le degré de compréhension de l’enfant. Les plus
jeunes n’ont pas besoin de tout savoir sur la sexualité
et leurs questions sont limitées. Ils posent de plus en
plus de questions au fur et à mesure qu’ils grandissent.
Cette curiosité ne s’arrêtera qu’avec l’entame d’une vie
sexuelle active.
Christine, la maman de Léon affirme que « Ce sont des
questions bien embarrassantes mais on n’y peut rien. Ils
sont curieux sur tous les sujets et encore plus sur leur
sexualité. Moi personnellement, je préfère répondre à
des questions car si je ne le fais pas, je suis sûre
qu’il n’abandonnera pas. Il essaiera d’en savoir plus
et ce sera pire. Je préfère lui donner moi-même les
renseignements car je ne sais pas ce qu’on lui dira
dehors ». Elle souligne que Myriam aussi pose des
questions, mais pas autant que Léon.
Ça ne
veut pas dire que les garçons sont toujours plus curieux
d’en savoir sur leur sexualité que les filles, mais
chaque enfant a sa nature et selon que l’enfant est plus
ou moins réservé et bénéficie d’une disponibilité
d’écoute auprès de ses parents, il voudrait en savoir
plus ou moins de choses sur sa sexualité.
L’éducation sexuelle à l’école, une initiative à
encourager
Depuis
quelques années l’ampleur que prend le fléau du VIH/SIDA
et les IST a amené les acteurs de l’enseignement à
introduire dans leur programme un cours d’éducation
sexuelle. Quelques fois, c’est l’enseignant habituel qui
consacre quelques heures de son emploi du temps pour
discuter de la sexualité avec ses élèves. Mais souvent,
c’est à un médecin plus aguerri qu’on fait appel pour
venir entretenir les élèves sur le sujet. Il en profite
pour les sensibiliser sur les risques liés à une
sexualité précoce, les conséquences fâcheuses telles les
grossesses prématurées et non désirées, les infections
sexuellement transmissibles et le VIH /SIDA.
C’est
un programme qui, selon les enseignants, est
indispensable car les élèves ont plus confiance en un
médecin qu’en un simple enseignant. Selon une
enseignante, « nous sommes leur deuxième famille et
ils ont confiance en nous. Mais dès qu’il s’agit des
sujets sensibles comme la sexualité, il vaut mieux qu’un
spécialiste leur en parle. Ils ne se rendent plus compte
du fait que ça concerne leur vie active et que ce n’est
pas seulement une leçon à apprendre par cœur et à
réciter le moment venu mais des conseils à mettre en
application dans la vie courante. Nous avons une
éducation civique mais l’éducation sexuelle, nous on a
décidé que ce soit les médecins qui la fassent ».
Les
élèves sont quand même tout excités de poser des
questions au médecin. Ils trouvent que c’est l’occasion
de vider leur besace. Certains ont déjà des réponses aux
questions posées mais d’autres trouvent que c’est un
monde tout à fait inconnu qu’ils découvrent. Chloé,
10ans, élève en classe de CM2 pense que « c’est une
très bonne chose que ce médecin vienne nous
parler d le sexualité tous les premiers vendredi
après-midi du mois. Depuis qu’il vient, moi, j’ai appris
des tas de choses. Je sais que les rapports sexuels
entre personnes de même sexe existent, je sais les
risques qu’on encourt en le faisant, je me connais plus
et je sais que je peux décider de comment gérer ma
sexualité pour éviter les surprises désagréables. On n’a
pas fini d’apprendre mais moi je trouve que c’est une
bonne idée ».
Son avis, nombreux d’élèves de cette école
primaire la partagent. Ils trouvent que c’est plus
facile de se confier à un médecin et tous avouent
maintenant avoir une fois entendu parler du VIH/SIDA et
des IST.
Les
associations de lutte contre la pandémie ont également
pris pour cible ces derniers temps les écoles et des
campagnes de sensibilisation y sont souvent organisées.
C’est toujours l’occasion de dire à ces futurs
partenaires sexuels que plus tard on débute une vie
sexuelle, mieux on est préparé afin de leur éviter de
tomber dans les pièges d’une vie sexuelle non préparée à
l’avance.
Nadia ZIBILILA |
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