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Canard Indépendant

16 Déc 2006

[ 123: du 15 Déc 2006]  
Congrès du RPT à Lomé : Faure Gnassingbé attendu au tournant

Selon nos informations, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), ancien parti-Etat, parti unique, tient son congrès samedi prochain à Lomé. Ce rendez-vous, loin d’être un simple enjeu de positionnement entre militants du parti du Président de la République Faure Gnassingbé, se révèle tel un tournant pour la démocratisation du pays. «  Il n’y aura pas de démocratisation au Togo, si le RPT ne se démocratise  », affirme un professeur de droit à l’Université de Lomé.

Pour certains observateurs, la démocratisation du RPT passe donc par le renouvellement de son leadership. C’est semble t-il aussi le souhait de l’actuel président du parti, Faure Gnassingbé. Mais cette volonté affichée du premier responsable du parti qui a hérité de ce poste à la disparition de feu Gnassingbé Eyadema, se heurte à la résistance de certains vieux barons du parti. L’un d’entre eux n’étant autre que le Général Assani Tidjani, a failli créer une crise diplomatique entre le Togo et la Côte d’Ivoire, en faisant une sortie tonitruante dans un journal ivoirien. Certains observateurs pensent que le général est ainsi à la recherche d’un nouveau boulot, se sentant de plus en plus écarté de la « mangeoire ». Il faut rappeler que le Général Assani Tidjani, n’a pas digéré le fait de n’avoir pas été retenu pour participer au gouvernement de Edem Kodjo, encore moins à celui que vient de former Me Yawovi Agboyibo.

Sont visés par ce souci de renouvellement, les faucons et autres barons qui telles des sangsues, s’accrochent à leurs intérêts au détriment de l’intérêt général. «  Il parait que nous sommes des vieux et qu’on va nous balayer au prochain congrès  », nous confiait presque la mort dans l’âme, un de ces barons, membre d’une institution constitutionnelle.

Les récriminations à ce sujet contre le président du RPT sont nombreuses. Certains des barons n’hésitent pas à accuser Faure Gnassingbé, d’ « hypothéquer l’avenir du parti ». « Aujourd’hui, l’avenir de notre formation politique se trouve entre les mains de jeunes qui, pour certains, n’ont jamais milité au sein du parti. On ne les a jamais vus, lors des moments critiques pour le parti », relève un autre ancien du parti. Il fait allusion en cela, à la conduite de la délégation du RPT au dialogue inter –togolais, par de jeunes comme Pascal Bodjona, Directeur de cabinet du Président de la République et Gilbert Bawara, ministre de la Coopération, et actuel homme lige de Faure Gnassingbé.

Mais les jeunes « envahisseurs » semblent tout aussi décidés à opérer la rénovation du parti. «  Au contraire, le président n’a d’autres choix que de renouveler la classe dirigeante du parti. C’est le seul moyen, la seule issue pour répondre dignement et efficacement aux enjeux qui se profilent et maintenir au parti, son statut du plus grand parti de l’échiquier national ». Même ceux qui sont qualifiés de « nouveaux venus »  se disent tout autant sinon plus concernés que les anciens. «  Ils ont fait leur temps, défendu  vaillamment les valeurs du parti. Mais, il y a un temps pour tout dans la vie. », objecte laconique, un autre jeune faucon du parti de Faure Gnassingbé.

L’héritier du Général Gnassingbé Eyadema, veut-il réellement démocratiser les institutions de l’Etat ? Les résultats du congrès du RPT, pourraient constituer en cela, un autre témoignage, en plus des réformes actuelles entreprises. Bien entendu, à la condition qu’on se résolve à concevoir comme ce professeur de la faculté de droit de l’Université de Lomé, que « la démocratisation des moeurs politiques au Togo, passera par celle du RPT ».

Augustin AMEGA

 
Divergences dans la mise en œuvre de l’Accord Politique Global : Le Comité de suivi se réunit à Lomé demain

De source généralement bien informée, le Comité de suivi de l’Accord Politique Global (APG), se réunit à Lomé  demain. Au menu de ses travaux, les sujets qui divisent la CENI dans l’application des points de l’accord relatifs  au processus électoral…

Le Comité de suivi de la mise en œuvre de l’Accord Politique Global (APG), signé à Lomé le 20 août 2006, se réunit à Lomé demain.

De nombreuses divergences opposent les parties prenantes à l’application  de l’Accord Politique Global. Notamment, la question du mode de scrutin et celle du mode de décisions à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Dans un rapport remis au Premier ministre sur les difficultés qu’éprouve la CENI pour avancer, la commission a souhaité que le gouvernement saisisse le Président du Comité de suivi, le Président du Faso, Blaise Compaoré, pour trancher. En réponse, Me Agboyibo a demandé aux membres de la CENI de faire des efforts en interne  pour trouver un règlement consensuel à leurs divergences.

Tout porte donc à croire que le Comité de suivi, où siège également l’Union des Forces de Changement (non représentée au gouvernement d’union), va plancher sur les points de divergences actuels.

Réuni en conseil des ministres le 08 décembre dernier, le gouvernement a, à la suite d’une communication du ministre de l’Administration du territoire, opté pour le scrutin proportionnel de listes à la plus forte moyenne. La question du mode de décisions à la CENI n’a cependant pas été abordée avant la fin du conseil.

C’est le 13 novembre 2006, que le Comité de suivi de l’APG, a été mis en place à Ouagadougou. Il est présidé par le Président du Faso, son Excellence Blaise Compaoré. Le Comité de suivi est chargé de la bonne « application des engagements souscrits  » par les protagonistes de la crise togolaise. Il est composé d’un représentant de chaque partie signataire  de l’APG à savoir :

-           Monsieur HEGROR Gahoun, représentant le Comité d’action pour le renouveau (CAR)

-           Monsieur GNININVI Léopold, représentant la Convention démocratique des peuples africains (CDPA),

-           Monsieur ALLASSANI Issa-Samarou, représentant la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP),

-           Monsieur AYEVA Zarifou, représentant le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR),

-           Monsieur LAWSON Georges, représentant l’Union des forces de changement (UFC),

-           Madame ADJAMAGBO-JONHSON Kafui, représentant le Groupe de réflexion et d’action femme, démocratie et développement (GF2D)

- Monsieur BODJONA Pascal A., représentant le Rassemblement du peuple togolais (RPT),

-           Madame APOUDJAK A. Maria Larba, représentant le Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (REFAMP/T).

Augustin AMEGA

L’éducation sexuelle des enfants :  Un moyen efficace dans la lutte contre les IST/VIH/SIDA

Réunis sous un arbre dans cet après-midi de premier vendredi du mois de décembre, des centaines d’élèves de l’école primaire de «Tokoin Hounkpati » suivent dans un brouhaha le discours d’un homme vêtu de blanc. D’habitude, les soirées du vendredi sont autrement meublées pour ces élèves : les plus petits sont quasiment en récréation et les plus grands travaillent moins que d’habitude. Mais aujourd’hui est un jour particulier. Le monsieur blouse blanche est un médecin venu entretenir ces jeunes sur la sexualité. Dans cet infernal brouhaha et sous un soleil suffocant, il essaie tant bien que mal de concentrer l’attention sur lui et de divulguer son message.

La sexualité, un sujet qui suscite la curiosité chez les jeunes

Léon a 4 ans et sa sœur Myriam, 6. Ils se couchent ensemble dans le même lit, prennent leur douche ensemble… Ils sont très proches et même à l’école, ils s’entendent très bien. Mais un jour, Léon pose cette question à sa maman : « est-ce que papa et toi, vous étiez comme Myriam et moi ? A l’école, la maîtresse dit que lorsque nous serons grands, on deviendra comme vous. Mais moi, je suis différent de Myriam. Elle est une fille et moi un garçon. Explique moi pourquoi et comment ça se fera ».

Ces explications, tous les enfants les demandent tôt ou tard. Ils sont curieux de savoir pourquoi leur anatomie est différent selon qu’ils soient fille ou garçon, comment ils ont été « fabriqués », ce qui va arriver dans le futur. Ils veulent donc parler de la sexualité.

Léon soutient que « mon sexe est différent de celui de Myriam. Les camarades disent qu’elle va devenir comme maman et moi comme papa ».

C’est dire qu’ils en parlent les tout-petits de leur sexualité. Ils veulent par exemple savoir comment et d’où viennent les bébés. Ce sont des questions auxquelles chaque adulte doit prendre sur lui d’apporter des réponses au risque de voir ces enfants interpréter à leur façon les phénomènes.

Répondre à leurs questions, une obligation pour chaque parent

L’éducation sexuelle de tout enfant et jeune commence à la maison. Cette responsabilité incombe donc aux parents. Selon les spécialistes, il faut toujours répondre à leurs questions. L’essentiel est de le faire selon le degré de compréhension de l’enfant. Les plus jeunes n’ont pas besoin de tout savoir sur la sexualité et leurs questions sont limitées. Ils posent de plus en plus de questions au fur et à mesure qu’ils grandissent. Cette curiosité ne s’arrêtera qu’avec l’entame d’une vie sexuelle active.

Christine, la maman de Léon affirme que « Ce sont des questions bien embarrassantes mais on n’y peut rien. Ils sont curieux sur tous les sujets et encore plus sur leur sexualité. Moi personnellement, je préfère répondre à des questions car si je ne le fais pas, je suis sûre qu’il n’abandonnera pas. Il essaiera d’en savoir plus  et ce sera pire. Je préfère lui donner moi-même les renseignements car je ne sais pas ce qu’on lui dira dehors ». Elle souligne que Myriam aussi pose des questions, mais pas autant que Léon.

Ça ne veut pas dire que les garçons sont toujours plus curieux d’en savoir sur leur sexualité que les filles, mais chaque enfant a sa nature et selon que l’enfant est plus ou moins réservé et bénéficie d’une disponibilité d’écoute auprès de ses parents, il voudrait en savoir plus ou moins de choses sur sa sexualité.

L’éducation sexuelle à l’école, une initiative à encourager

Depuis quelques années l’ampleur que prend le fléau du VIH/SIDA et les IST a amené les acteurs de l’enseignement à introduire dans leur programme un cours d’éducation sexuelle. Quelques fois, c’est l’enseignant habituel qui consacre quelques heures de son emploi du temps pour discuter de la sexualité avec ses élèves. Mais souvent, c’est à un médecin plus aguerri  qu’on fait appel pour venir entretenir les élèves sur le sujet. Il en profite pour les sensibiliser sur les risques liés à une sexualité précoce, les conséquences fâcheuses telles les grossesses prématurées et non désirées, les infections sexuellement transmissibles et le VIH /SIDA.

C’est un programme qui, selon les enseignants, est indispensable car les élèves ont plus confiance en un médecin qu’en un simple enseignant. Selon une enseignante, « nous sommes leur deuxième famille et ils ont confiance en nous. Mais dès qu’il s’agit des sujets sensibles comme la sexualité, il vaut mieux qu’un spécialiste leur en parle. Ils ne se rendent plus compte du fait que ça concerne leur vie active et que ce n’est pas seulement une leçon à apprendre par cœur et à réciter le moment venu mais des conseils à mettre en application dans la vie courante. Nous avons une éducation civique mais l’éducation sexuelle, nous on a décidé que ce soit les médecins qui la fassent ».

Les élèves sont quand même tout excités de poser des questions au médecin. Ils trouvent que c’est l’occasion de vider leur besace. Certains ont déjà des réponses aux questions posées mais d’autres trouvent que c’est un monde tout à fait inconnu qu’ils découvrent. Chloé, 10ans, élève en classe de CM2 pense que « c’est une très bonne chose que ce médecin vienne nous parler d le sexualité tous les premiers vendredi après-midi du mois. Depuis qu’il vient, moi, j’ai appris des tas de choses. Je sais que les rapports sexuels entre personnes de même sexe existent, je sais les risques qu’on encourt en le faisant, je me connais plus et je sais que je peux décider de comment gérer ma sexualité pour éviter les surprises désagréables. On n’a pas fini d’apprendre mais moi je trouve que c’est une bonne idée ».

            Son avis, nombreux d’élèves de cette école primaire la partagent. Ils trouvent que c’est plus facile de se confier à un médecin et tous avouent maintenant avoir une fois entendu parler du VIH/SIDA et des IST.

Les associations de lutte contre la pandémie ont également pris pour cible ces derniers temps les écoles et des campagnes de sensibilisation y sont souvent organisées. C’est toujours l’occasion de dire à ces futurs partenaires sexuels que plus tard on débute une vie sexuelle, mieux on est préparé afin de leur éviter de tomber dans les pièges d’une vie sexuelle non préparée à l’avance.

Nadia ZIBILILA

 

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