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Canard Indépendant

3 Now 2006

[ 118: du 3 Nov 2006]  
Election du nouveau président de la LTDH : Après les tumultes, Me Hamadou YAKOUBOU porté à la tête de la Ligue

Les sentiments que suscite son élection sont diversifiés et dépendent de quel bord l’on se trouve. Mais, une chose est sûre : l’élection du nouveau  président de la Ligue togolaise des droits de l’homme LTDH marque la fin de sa traversée du désert et d’un nouveau départ. Avocat et à la cour et au barreau de Lomé, le nouveau président de la ligue a sur lui la lourde tâche de redorer le blason, tant terni par les querelles intestines, de cette institution. Reconnu pour son combat dans la défense des droits de l’homme, Me Hamadou Yakoubou devra désormais s’illustrer dans la réunification de la Ligue. Une tâche qui ne s’annonce pas du tout aisée. Et pour cause.

            L’élection qui le porte à la tête de la Ligue a été une course de longue haleine et sans doute la plus tumultueuse que la Ligue aie jamais connu depuis sa création. Tout a commencé avec un petit conflit entre le vice-président M. Clumson-Eklu Hihédéva Etsri et le secrétaire général M. Apédo Amah Togoata. Dans son intervention, le premier a mentionné un changement du lieu de la rencontre qui, initialement prévu pour se tenir à la salle de conférence de la Chambre du commerce, s’est finalement tenue au Foyer Pie XII. Ces propos sont illico démentis par le second qui soutient que « Clumson a menti dans son intervention tout à l’heure… ». Il ajoute pour se justifier que « comment peut-on comprendre que ce qui est organisé par voie de consensus puisse être modifié par Clumson seul ? ».

            Rappelons que les deux hommes ont été opposés il n’y a pas si longtemps par la vacance du poste de président par intérim de la Ligue. Le président Akwei Ghandhi étant absent du territoire national depuis un peu plus d’un an, il a fallu assurer l’intérim de son poste. Clumson est sorti vainqueur de ce bras de fer en se voyant confier le poste. Mais ce mésentente des deux membres a creusé un fossé entre les membres de la Ligue. Désormais, on peut dire qu’il y a les pro Clumson et les pro Apédo Amah. C’est donc dans ce climat de tension qu’intervient la présente assemblée générale.

            Face à cette situation pour le moins tendue, il a été unanimement décidé de surseoir certains points inscrits à l’ordre du jour à savoir la présentation du rapport moral, des activités et financier. Il a été installé un bureau du présidium de trois membres chargé de diriger les élections des membres du nouveau bureau exécutif. Le président de la commission des sages de la Ligue mise en place lors de la journée de réflexion de cette association pour trouver les voies et moyens de régler la crise qui secoue l’association, M. Gabriel Nyassogbo a émis le vœu que pour « sauver la Ligue et lui redonner sa valeur d’antan », soit proscrit la candidature des membres du bureau sortant. Une décision qu’il a du surseoir face à l’accueil mitigé qui lui a été réservé. Tout le monde a été finalement autorisé à présenter sa candidature.

            Mais chose curieuse, le secrétaire général qui convoitait tant le poste de président par intérim ne s’est pas présenté pour briguer le poste de président. Comme raison à cette rétraction, il affirme que : « Dans l’intérêt de la Ligue, je ne veux pas me présenter malgré que beaucoup me le demandent ». Par cette décision, il aère selon beaucoup une situation qui est déjà trop étouffante.

            Au départ, quatre candidats inscrits pour la course à la présidence, Me Hamadou Yakoubou, Jude Aléké, Ahlonko Dovi et Clumson Eklu Etsri Hihédéva, l’on ne retrouvera que Me Hamadou Yakoubou et Clumson Eklu en face à face après que les deux autres eurent décliné l’offre.

            Le vote a donc commencé agrémenté du problème de procurations. De revendications en revendications, l’atmosphère est devenue irrespirable. Les Pro Clumson rejettent les nombreuses procurations. « Et pourtant, déclare un membre, nous avons toujours accepté le vote par procuration. Même si un électeur a au-delà de 5 procurations, nous n’avons jamais assisté à ce que demande Clumson aujourd’hui ». Clumson et les siens demandent l’annulation pure et simple du scrutin.

            Le président et le vice-président du présidium jettent l’éponge. Me Garba qui prend la relève rejette la demande de Clumson. A la fin, l’ordre est rétabli et les décomptes donnent la victoire à Me Hamadou Yakoubou avec 112 voix contre 62 pour Clumson et un bulletin nul.

            En se présentant Me Hamadou Yakoubou a déclaré « Je sens le danger venir. Il est de notre devoir de sauver la ligue aujourd’hui, c’est pourquoi je me présente. Maintenant je vois clair. Sauvons la Ligue ». Il est aujourd’hui élu pour un mandat de 3 ans. Il doit donc mettre en application ses paroles et mettre fin à la traversée du désert de la Ligue qui n’a que trop duré. Son élection doit être synonyme du bout de tunnel et de renouveau pour la prestigieuse institution des droits de l’homme d’antan.

Nadia ZIBILILA

 

Présence de Pétchélébia à la CENI :  L’UFC réitère ses inquiétudes
De tous les membres présents à la Commission Electorale Nationale Indépendante CENI, le juge Pétchélébia Abalo, président de la Cour d’Appel de Lomé est celui qui suscite le plus de controverses. Non seulement l’homme avait mal géré les élections législatives de 2002 dont il avait la charge, mais en sa qualité de magistrat, il ne devrait pas siéger à la CENI au nom d’un quelconque parti politique, comme il le fait actuellement pour le parti au pouvoir. En affirmant dans sa déclaration relative à la mise en place de la CENI le 30 octobre dernier que « la nomination à la CENI de Abalo Pécthélébia, Président de la cour d’Appel en tant que représentant d’un parti politique, en l’occurrence le RPT, porte gravement atteinte à l’indépendance de la magistrature et interpelle le chef de l’Etat en tant que garant de l’Indépendance de la magistrature conformément à l’article de 115 de la constitution », l’UFC résume en peu de mots les inquiétudes du peuple face à la nouvelle donne politique nationale. Au-delà du fait que les relations entre le RPT et l’UFC ont toujours été conflictuels, où chacun guette les errements de l’autre pour les exploiter à des fins politiciennes, le parti de Gilchrist Olympio pose là un réel problème d’impartialité des magistrats togolais. Et cette présence du président de la cour d’appel à ce niveau de la vie politique nationale traduit cette volonté inavouée du RPT de donner par la main droite pour rapidement reprendre par la main gauche. Le parti au pouvoir qui clame haut et fort sa volonté d’ouvrir le pays au renouveau démocratique ne devrait plus poser des actes de ce genre dont la signification remet en cause ses dires.

Dans certains milieux, on se montre même sceptique face à ces discours bourrés de bonnes intentions du RPT mais qui tardent encore et toujours à connaître un début d’application effective.

Qui plus est, le silence de l’Assemblée Nationale et de la Cour Constitutionnelle sur cette présence de Pétéhélebia à la CENI est interprété par certains comme le cautionnement de cette forfaiture par ces deux institutions. « Il est préoccupant que ni l’Assemblée nationale ni la Cour Constitutionnelle n’aient relevé l’incompatibilité des fonctions de magistrat avec l’exercice de toute fonction  publique et de toute activité, conformément aux articles 8 et 9 de la loi organique N°96-11 du 21/08/96 fixant statut des magistrats » avait indiqué le communiqué de l’Union des Forces de Changement qui met en lumière les erreurs de ces deux institutions de la république dont la fidélité au RPT n’est plus à démontrer.

 L.R

 

Période des pluies à Lomé : Le pavé de Bè se transforme en une lagune secondaire
Trottoir en lambeaux, mare d’eau bouseuse en pleine rue, pavé enrobé de sable… , voilà le spectacle que présente la rue qui longe le marché de Bè, le boulevard Notre Dame des Apôtre en cette petite saison des pluies. Elle n’est pourtant pas un cas isolé. A chaque saison des pluies, Lomé change d’apparence. Elle ressemble à une cité lacustre et la plupart des rues sont méconnaissables. Les eaux puantes et boueuses prennent d’assaut les rues et transforment la circulation en un vrai casse-tête chinois.

Sur la route, une dispute a lieu. Une dame qui apparemment se rendait à son lieu de travail et un conducteur de taxi-moto communément appelé Zémidjan s’entredéchirent. La dame qui vociférait contre le Zémidjan maladroit s’écrie : « Regardez comme il m’a éclaboussée de cette sale eau. C’est inacceptable une situation pareille et c’est au centre de la capitale. On ne demande pas à l’état de construire nos maisons mais la construction des rues, nous y contribuons et nous exigeons que les choses soient bien faites. »

            Une revendeuse au marché de Bè soutient : « A chaque saison pluvieuse, c’est le calvaire. Les disputes sont légion et pourtant, ce n’est la faute à personne sinon à l’état. Les pavés à Lomé, c’est une vraie catastrophe. Toute pluie les noie et tout est à refaire ». Selon elle, l’argent des tickets qui sont vendus au marché devrait non seulement servir à l’entretien du marché, mais également à celle de la rue qui jouxte le marché. Elle ne comprend donc pas les raisons de l’état délabré de cette rue. C’est ce qui l’intrigue.

            Selon un autre habitant du quartier, le problème réside dans le manque de caniveaux et d’égouts. « Il faut que lorsqu’il pleut, l’eau trouve par où passer. C’est là le vrai problème. C’est par manque ou insuffisance de ces égouts et caniveaux que l’eau stagne dans les rues. Cette route n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Lomé ne compte que des routes en piteux état ».

            L’état des infrastructures routières togolaises laisse vraiment à désirer. Il n’y a pas si longtemps, les autorités semblent avoir pris conscience du fait et investissent dans le réaménagement des routes. Le ministère de ville semble être créé pour des tâches comme celles-là. Mais, tous ces efforts se révèlent insuffisants et Lomé présente toujours une piètre physionomie.

            « Cette situation urge qu’on y trouve des solutions affirme un passant désespéré par l’état de la route. De l’autre côté sur la route qui longe la lagune, c’est pareil. Si vous traversez, vous allez constater que le boulevard Félix Houphouét Boigny est dans un état pareil. Le problème est que ça crée des embouteillages et occasionne des accidents qu’on peut éviter avec un peu de bonne volonté ».

            L’appel est donc lancé à ses autorités qui semblent traîner le pas. Les embouteillages, accident, incidents, disputes en pleine rue, on peut les éviter avec une route qui reste intacte après la pluie.

Nadia ZIBILILA

 

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