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Selon
de nombreuses sources, l’Union des Forces de Changement
(UFC), qui avait boycotté le gouvernement formé par Me
Yawovi Agboyibo, est à présent revenu à de meilleurs
sentiments. Ce sujet aurait été débattu à Ouagadougou,
le 24 septembre entre le Président Blaise Compaoré,
président du comité de suivi de l’Accord politique
global et Gilchrist Olympio.
Selon
nos sources, le parti de Gilchrist Olympio aurait
demandé comme préalable à une éventuelle participation
au gouvernement, l’assurance de voir lui revenir, la
présidence de la Commission électorale nationale
indépendante (CENI).
Outre
cela, l’UFC exigerait de recouvrer les quatre ministères
qui lui auraient été proposés lors des consultations
pour la formation du gouvernement. Ces ministères ont
été pourvus par des membres des partis de l’opposition
radicale et le RPT.
A l’UFC,
c’est le mutisme total. On ne confirme ni n’infirme ces
informations. Dans un communiqué laconique rendu
publique le 25 septembre 2006, et signé de son
secrétaire général, Jean-Pierre Fabre, le parti confirme
la rencontre entre le Président du Faso et Gilchrist
Olympio. Sont énumérés comme sujets qui ont fait l’objet
de discussions lors de cette rencontre :
- La
nomination du premier ministre,
-la
formation du gouvernement,
-les
conditions d’une participation éventuelle de l’UFC au
gouvernement.
Lors
de l’exposé de son programme de gouvernement devant
l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre Me.
Yawovi Agboyibo a affirmé que « son gouvernement
reste ouvert ». Tout le problème reste à savoir si
pour l’entrée de l’UFC, le gouvernement va connaître une
restructuration, ou si cette équipe qui est déjà
pléthorique va l’être davantage.
Augustin AMEGA |
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Togo
La nomination de Edem Kodjo, diversement appréciée !
Il
n’a fallu que 10 petits jours à la « calebasse de Noépé »,
pour rebondir après son départ de la primature.
Cherchant à renforcer la tendance à la réconciliation,
Faure Gnassingbé s’emploie à aménager une place à toutes
les entités représentatives, non sans ignorer la
nécessité de maintenir le cap, sur la voie de la relance
de l’économie. Pour cela, il n’a pas hésité à nommer
Kodjo, à la Présidence sans doute pour suivre les
chantiers ouverts.
« Quand
tu vois la lumière au bout du tunnel, fais attention car
il pourrait s’agir d’un train qui arrive de l’autre
bout »,
conseille un proverbe français. Tous ceux qui, par
cécité politique, se sont trop tôt réjouit d’un départ
de Edem Kodjo, l’ont pris plein la figure. Le peuple lui
est resté de marbre face à leurs jérémiades après coup.
Il ne comprend d’ailleurs que trop peu, l’enthousiasme
affiché dans certains camps en faveur d’une cohabitation
avec Faure Gnassingbé, alors que la même vision par
anticipation aurait dû assurer à de pauvres compatriotes
les désastres connus après la proclamation des résultats
de la présidentielle du 25 avril 2005.
Pourtant, comme un signal, Faure Gnassingbé avant
d’annoncer sa décision d’accepter la démission de Edem
Kodjo, félicitait vivement avec des mots choisis, ce
dernier. 10 jours seulement après, par décret N°
2006-128/PR, du 16 septembre 2006, il choisit de faire
de lui, un ministre d’Etat à la présidence. Ici, ceux
qui se croient comme seuls en droit de travailler avec
le fils du feu Gal. Gnassingbé Eyadema, pestent contre
le ciel. Mais rien à faire, en homme d’Etat, Edem Kodjo
a choisi sans ambiguïté et sans relent de populisme, de
servir l’Etat Togolais. C’est du moins, l’avis de ses
partisans, « Vous pouvez laisser les gens jaser. On
parle ici de choses et de valeurs qui peut-être
échappent à certains, réagit laconiquement
un militant de la CPP, avant d’ajouter, si Kodjo en
étant à la primature à œuvré pour la réussite du
dialogue social, du dialogue politique et de la
décrispation du climat politique, ce n’est pas en étant
à
la
Présidence qu’il va œuvrer à saboter ce qu’il a
d’intelligence avec le Président de la République, passé
le temps à bâtir ».
De
source généralement bien informée, on rappelle qu’il ne
s’agit là que d’un schéma de partage du pouvoir, proposé
par le Président Obasanjo qui n’a pu aboutir du fait des
tergiversations au sein de la Coalition des Forces de
Changements, au moment de nommer Me Agboyibo, Premier
ministre au détriment de Gnininvi. On se rappelle, à
l’époque, la CFD, avait soumis un document comme
préalable à l’acceptation par la CFD, du poste de
Premier ministre. Il était question de mettre entre
parenthèses certaines dispositions de la Constitution de
la IV République.
En
tout cas, à la CPP, on semble résolument tourné vers
l’avenir et les objectifs du parti, loin des polémiques
à la « Togolaiserie ». Comme en témoigne leur
communiqué en date du 19 septembre qui affirme : «
La CPP
demande à ses militants de s’approprier cette fierté
légitime qui anime tout le parti et qui permet une fois
encore, et loin des supputations récurrentes, de juger
le parti et son président sur les actes nobles et
citoyens posés, à chaque fois que le Pays est en danger,
au bord du chaos et qu’il lui a été donnée la
possibilité d’apporter sa contribution ».
Pour
d’autres observateurs, « ceux qui se sont par tous
les moyens battus pour accéder aux postes
gouvernementaux, doivent à présent faire la preuve de
leur compétence, au lieu de rechercher des voies de
diversion pour camoufler leurs camouflages. ».
Augustin AMEGA
Sit-in des associations en lutte contre le VIH/SIDA
:
Les
manifestants décidés à aller au bout de leurs
revendications
Hier
jeudi 28 septembre 2006. La journée s’annonce
ensoleillée. Dès 6 heures du matin, on remarque un
attroupement des plus inhabituelles à l’entrée du campus
universitaire de Lomé, face à la cité OUA qui abrite la
nouvelle primature. Composé d’hommes et de femmes,
l’attroupement ne présente aucune particularité sauf que
la plupart de ces composants arborent un T-shirt, une
casquette, une banderole, un macaron… imprimé du logo du
VIH/SIDA.
Dans
cette marée humaine pour le moins bruyante et où chacun
veut exprimer son ras-le-bol, nous repérons M.
Tsolenyanu Komi. Casquette et T-shirt à l’effigie du VIH/SIDA,
il est le président du réseau TOCASO, un réseau
d’associations luttant pour le bien-être des personnes
vivant avec le VIH/SIDA. Interrogé sur la raison de
cette manifestation, il répond : « ce sit-in que nous
appelons le « dying » est initié par les malades du Sida
PVVIH en collaboration avec les associations de lutte
contre le SIDA. Il y a de cela 8 mois que les malades du
SIDA ne sont plus pris en charge et tout récemment le
fonds mondial a envoyé une lettre au ministère de la
santé pour informer de la suspension des financements ».
La
lettre en question, datée du 27-28 avril 2006 à Genève,
stipule ce qui suit : Le 1er novembre 2005,
le comité du Fonds Mondial a décidé d’octroyer plus de
fonds au projet qui devrait être à sa fin sous certaines
conditions contrairement à l’accord de financement. Le
bénéficiaire principal devait remplir ces conditions
avant que l’amendement de prolonger le financement en
phase II puisse être signé. Une des conditions imposées
par le comité est de faire un audit de qualité afin de
vérifier et de contrôler les rapports transmis par le
bénéficiaire principal au Fonds Mondial.
Le
rapport de l’audit à ce sujet a été transmis au
secrétariat. Sur la base des procédures d’audit du Fonds
Mondial, sept indicateurs ont été choisis pour la
vérification des données. Malheureusement les données
analysées sur six des sept indicateurs audités
présentent des insuffisances au-delà de 10% acceptable
(dépasse le seuil tolérable). En réalité, les résultats
vérifiés sur deux au lieu de sept indicateurs présentent
plus de 20% d’insuffisance de moins que ceux présentés
par le bénéficiaire principal. En outre, le consultant
qui a réalisé l’audit n’a pas trouvé un système
approprié d’analyse des quatre autres indicateurs.
Considérant les résultats de cet audit, les données
rapportées par le bénéficiaire principal semblent non
crédibles et par conséquent, la condition imposée par le
Fonds Mondial reste non remplie.
En
plus, selon l’accord de financement, le projet sera à
terme le 30 septembre 2006 qui vient dans quelques
semaines.
Nous
regrettons que le secrétariat ait décidé de ne pas
continuer des négociations permettant d’élargir la durée
du financement du projet».
C’est
donc cette décision du Fonds mondial qui suscite
l’inquiétude et le mécontentement des membres du réseau
des associations de personnes vivant avec le VIH au
Togo RAS+Togo. Selon Fabrice Aléga, coordonnateur de
l’antenne Aného de l’ONG Espoir Vie Togo et membre de
RAS+Togo, « La manifestation a pour but essentiel de
voir et de discuter de la situation avec le Premier
ministre pour essayer de trouver un terrain d’entente.
Notre principale préoccupation est la reprise du
décaissement des fonds par le Fonds mondial pour
permettre la poursuite des activités afin de sauver des
milliers de vies humaines ».
Selon
RAS+Togo, le blocage des financements par le Fonds
mondial a pour conséquence la rupture du traitement de
3500 PVVIH et leur sevrage de tout appui depuis janvier
2006, l’anéantissement du budget de fonctionnement de 22
ONG/Association de PVVIH…
Le
premier ministre a promis recevoir une délégation. Ce
qu’il n’a finalement pas pu faire. Aux dernières
nouvelles, il leur accorde une audience ce matin à 8h30.
Nous y
reviendrons.
Nadia ZIBILILA |