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Canard Indépendant

2 Oct 2006

[ 113: du 29 Sept 2006]  
Participation au gouvernement : L’UFC sur le point de réviser sa position

Selon de nombreuses sources, l’Union des Forces de Changement (UFC), qui avait boycotté le gouvernement formé par Me Yawovi Agboyibo, est à présent revenu à de meilleurs sentiments. Ce sujet aurait été débattu à Ouagadougou, le 24 septembre entre le Président Blaise Compaoré, président du comité de suivi de l’Accord politique global et Gilchrist Olympio.

Selon nos sources, le parti de Gilchrist Olympio aurait demandé comme préalable à une éventuelle participation au gouvernement, l’assurance de voir lui revenir, la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Outre cela, l’UFC exigerait de recouvrer les quatre ministères qui lui auraient été proposés lors des consultations pour la formation du gouvernement. Ces ministères ont été pourvus par des membres des partis de l’opposition radicale et le RPT.

A l’UFC, c’est le mutisme total. On ne confirme ni n’infirme ces informations. Dans un communiqué laconique rendu publique le 25 septembre 2006, et signé de son secrétaire général, Jean-Pierre Fabre, le parti confirme la rencontre entre le Président du Faso et Gilchrist Olympio. Sont énumérés comme sujets qui ont fait l’objet de discussions lors de cette rencontre :

- La nomination du premier ministre,

-la formation du gouvernement,

-les conditions d’une participation éventuelle de l’UFC au gouvernement.

Lors de l’exposé de son programme de gouvernement devant l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre Me. Yawovi Agboyibo a affirmé que « son gouvernement reste ouvert ». Tout le problème reste à savoir si pour l’entrée de l’UFC, le gouvernement va connaître une restructuration, ou si cette équipe qui est déjà pléthorique va l’être davantage.

  Augustin  AMEGA

Togo  La nomination de Edem Kodjo, diversement appréciée !

Il n’a fallu que 10 petits jours à la « calebasse de Noépé », pour rebondir après son départ de la primature. Cherchant à renforcer la tendance à la réconciliation, Faure Gnassingbé s’emploie à aménager une place à toutes les entités représentatives, non sans ignorer la nécessité de maintenir le cap, sur la voie de la relance de l’économie. Pour cela, il n’a pas hésité à nommer Kodjo, à la Présidence sans doute pour suivre les chantiers ouverts.

« Quand tu vois la lumière au bout du tunnel, fais attention car il pourrait s’agir d’un train qui arrive de l’autre bout », conseille un proverbe français. Tous ceux qui, par cécité politique, se sont trop tôt réjouit d’un départ de Edem Kodjo, l’ont pris plein la figure. Le peuple lui est resté de marbre face à leurs jérémiades après coup. Il ne comprend d’ailleurs que trop peu, l’enthousiasme affiché dans certains camps en faveur d’une cohabitation avec Faure Gnassingbé, alors que la même vision par anticipation aurait dû assurer à de pauvres compatriotes les désastres connus après la proclamation des résultats de la présidentielle du 25 avril 2005.

Pourtant, comme un signal, Faure Gnassingbé avant d’annoncer sa décision d’accepter la démission de Edem Kodjo, félicitait vivement avec des mots choisis, ce dernier. 10 jours seulement après, par décret N° 2006-128/PR, du 16 septembre 2006, il choisit de faire de lui, un ministre d’Etat à la présidence. Ici, ceux qui se croient comme seuls en droit de travailler avec le fils du feu Gal. Gnassingbé Eyadema, pestent contre le ciel. Mais rien à faire, en homme d’Etat, Edem Kodjo a choisi sans ambiguïté et sans relent de populisme, de servir l’Etat Togolais. C’est du moins, l’avis de ses partisans, «  Vous pouvez laisser les gens jaser. On parle ici de choses et de valeurs qui peut-être échappent à certains, réagit laconiquement  un militant de la CPP, avant d’ajouter, si Kodjo en étant à la primature à œuvré pour la réussite du dialogue social, du dialogue politique et de la décrispation du climat politique, ce n’est pas en étant à la Présidence qu’il va œuvrer à saboter ce qu’il a d’intelligence avec le Président de la République, passé le temps à bâtir ».

De source généralement bien informée, on rappelle qu’il ne s’agit là que d’un schéma de partage du pouvoir, proposé par le Président Obasanjo qui n’a pu aboutir du fait des tergiversations au sein de la Coalition des Forces de Changements, au moment de nommer Me Agboyibo, Premier ministre au détriment de Gnininvi. On se rappelle, à l’époque, la CFD, avait soumis un document comme préalable à l’acceptation par la CFD, du poste de Premier ministre. Il était question de mettre entre parenthèses certaines dispositions de la Constitution de la IV République.

En tout cas, à la CPP, on semble résolument tourné vers l’avenir et les objectifs du parti, loin des polémiques à la « Togolaiserie ». Comme en témoigne leur communiqué en date du 19 septembre qui affirme : «  La CPP demande à ses militants de s’approprier cette fierté légitime qui anime tout le parti et qui permet une fois encore, et loin des supputations récurrentes, de juger le parti et son président sur les actes nobles et citoyens posés, à chaque fois que le Pays est en danger, au bord du chaos et qu’il lui a été donnée la possibilité d’apporter sa contribution ».

Pour d’autres observateurs, «  ceux qui se sont par tous les moyens battus pour accéder aux postes gouvernementaux, doivent à présent faire la preuve de leur compétence, au lieu de rechercher des voies de diversion pour camoufler leurs camouflages. ».   

Augustin  AMEGA

Sit-in  des associations en lutte contre le VIH/SIDA : Les manifestants décidés à aller au bout de leurs revendications
Hier jeudi 28 septembre 2006. La journée s’annonce ensoleillée. Dès 6 heures du matin, on remarque un attroupement des plus inhabituelles à l’entrée du campus universitaire de Lomé, face à la cité OUA  qui abrite la nouvelle primature. Composé d’hommes et de femmes, l’attroupement ne présente aucune particularité sauf que la plupart de ces composants arborent un T-shirt, une casquette, une banderole, un macaron… imprimé du logo du VIH/SIDA.

Dans cette marée humaine pour le moins bruyante et où chacun veut exprimer son ras-le-bol, nous repérons M. Tsolenyanu Komi. Casquette et T-shirt à l’effigie du VIH/SIDA, il est le président du réseau TOCASO, un réseau d’associations luttant pour le bien-être des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Interrogé sur la raison de cette manifestation, il répond : « ce sit-in que nous appelons le « dying » est initié par les malades du Sida PVVIH en collaboration avec les associations de lutte contre le SIDA. Il y a de cela 8 mois que les malades du SIDA ne sont plus pris en charge et tout récemment le fonds mondial a envoyé une lettre au ministère de la santé pour informer de la suspension des financements ».

La lettre en question, datée du 27-28 avril 2006 à Genève, stipule ce qui suit : Le 1er novembre 2005, le comité du Fonds Mondial a décidé d’octroyer plus de fonds au projet qui devrait être à sa fin sous certaines conditions contrairement à l’accord de financement. Le bénéficiaire principal devait remplir ces conditions avant que l’amendement de prolonger le financement en phase II puisse être signé. Une des conditions imposées par le comité est de faire un audit de qualité afin de vérifier et de contrôler les rapports transmis par le bénéficiaire principal au Fonds Mondial.

Le rapport de l’audit à ce sujet a été transmis au secrétariat. Sur la base des procédures d’audit du Fonds Mondial, sept indicateurs ont été choisis pour la vérification des données. Malheureusement les données analysées sur six des sept indicateurs audités présentent des insuffisances au-delà de 10% acceptable (dépasse le seuil tolérable). En réalité, les résultats vérifiés sur deux au lieu de sept indicateurs présentent plus de 20% d’insuffisance de moins que ceux présentés par le bénéficiaire principal. En outre, le consultant qui a réalisé l’audit n’a pas trouvé un système approprié d’analyse des quatre autres indicateurs.

Considérant les résultats de cet audit, les données rapportées par le bénéficiaire principal semblent non crédibles et par conséquent, la condition imposée par le Fonds Mondial reste non remplie.

En plus, selon l’accord de financement, le projet sera à terme le 30 septembre 2006 qui vient dans quelques semaines.

Nous regrettons que le secrétariat ait décidé de ne pas continuer des négociations permettant d’élargir la durée du financement du projet».

C’est donc cette décision du Fonds mondial qui suscite l’inquiétude et le mécontentement des membres du réseau des associations de personnes vivant avec le VIH  au Togo RAS+Togo. Selon Fabrice Aléga, coordonnateur de l’antenne Aného de l’ONG Espoir Vie Togo et membre de RAS+Togo, « La manifestation a pour but essentiel de voir et de discuter de la situation avec le Premier ministre pour essayer de trouver un terrain d’entente. Notre principale préoccupation est la reprise du décaissement des fonds par le Fonds mondial pour permettre la poursuite des activités afin de sauver des milliers de vies humaines ».

Selon RAS+Togo, le blocage des financements par le Fonds mondial a pour conséquence la rupture du traitement de 3500  PVVIH et leur sevrage de tout appui depuis janvier 2006, l’anéantissement du budget de fonctionnement de 22 ONG/Association de PVVIH…

Le premier ministre a promis recevoir une délégation. Ce qu’il n’a finalement pas pu faire. Aux dernières nouvelles, il leur accorde une audience ce matin à 8h30.

Nous y reviendrons.

Nadia ZIBILILA

 

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