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Canard Indépendant

31 juillet 2006

[ 105: du 28 juillet 2006]  
Blaise Compaoré plébiscité facilitateur : L’opposition radicale cède devant la pression internationale
Les protagonistes du dialogue togolais ont à l’unanimité choisi le Président du Burkina Blaise Compaoré, facilitateur pour la suite du dialogue en vue de parvenir à la conclusion d’un Accord politique global. Beaucoup de Togolais ont été surpris par ce choix. En février, les partis de l’opposition radicale ont rejeté toute médiation du Président Compaoré. Pour certains observateurs, le revirement de l’opposition s’explique par une forte pression exercée sur les leaders par la communauté internationale.

 
 

Le choix du Président de la République du Burkina Faso, Blaise Compaoré, à l’unanimité comme facilitateur du dialogue togolais, surprend les Togolais. En effet, c’est au mois de février que le nom du leader burkinabé a été évoqué pour la première fois. C’était suite à une mission effectuée au Burkina Faso, par le Premier ministre Edem Kodjo. Ce dernier était allé demander officiellement au Président Blaise Compaoré, « d’aider le Togo à sortir de la crise ».

Cette démarche avait soulevé un tollé au sein de l’opposition radicale. L’UFC et le CAR notamment avaient émis des réserves sur une médiation de Blaise Compaoré dans la crise togolaise. Plusieurs raisons avaient alors été évoquées à cet effet. « Blaise Compaoré a laissé la CEDEAO, participer à une conspiration contre les populations togolaises. » avait déclaré dans une interview publiée par « Le Regard N° 483 » le Secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre. «  Il nous revient que des velléités « françafricaines », en intelligence avec le Commissaire Européen au Développement n’ont pas renoncé à organiser le dialogue par le Burkina » avait-il en outre fustigé.

Cinq mois plus tard, alors qu’une controverse prévaut autour du bien-fondé du paraphe d’un Accord de base par certaines délégations, les parties au dialogue acceptent à l’unanimité le choix de Blaise Compaoré comme « Facilitateur ». Une fois de plus, les amis du Premier ministre Edem Kodjo auront eu un retard sur lui. On se rappelle également qu’après la mort du Gal. Gnassingbé Eyadema, en diplomate avisé, Edem Kodjo avait suggéré la médiation d’un certain nombre de personnalités africaines, pour trouver un accord politique en vue de mettre en place une transition politique. Les autres ont préféré se battre pour un retour inconditionnel à l’ordre constitutionnel. Une bataille enclenchée en toute ignorance de la Realpolitik et dans l’improvisation totale. Un an plus tard, après des pertes en vies humaines et une cassure sociale plus prononcée, les voilà en train de négocier en position de faiblesse, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Le pourquoi et le comment d’une pression internationale ?

            De l’avis de certains observateurs de la politique nationale, le choix à l’unanimité du Président Blaise Compaoré, comme facilitateur du dialogue togolais procède d’une réédition de l’opposition radicale devant la pression de la communauté internationale. Outrée par l’incessante lutte de leadership et les nombreux et répétitifs impaires commis par l’opposition, la communauté internationale semble à présent séduite par les réformes qu’opère Faure Gnassingbé. Elle serait donc plus disponible à l’accompagner qu’à maintenir sa confiance en une opposition qui éprouve beaucoup de mal à se structurer et à s’organiser en une véritable alternative au RPT.

Par ailleurs, la communauté internationale et principalement l’Union européenne ne digère plus la propension des opposants togolais à renier leurs responsabilités dans la pérennisation du système de dictature au Togo en se déchargeant sur elle. En effet, de source bien introduite dans la diplomatie occidentale, les décideurs de l’UE ont mal pris les attaques virulentes de l’opposition togolaise contre le Commissaire Louis Michel, accusé de rouler en faveur du pouvoir togolais en intelligence avec la France.

Suite à l’échec de la nomination du diplomate Lakhdar Brahimi, comme médiateur au dialogue intertogolais, sur proposition du Secrétaire Général des Nations Unies, l’opposition togolaise avait accusé Louis Michel, de jouer la partition du pouvoir togolais. Le Commissaire européen aurait alors décidé de ne plus s’investir pour la désignation d’un médiateur pour le dialogue entre les Togolais.

Le chemin a ainsi été balisé pour « la France qui naturellement a imposé son pion dans la sous-région », a noté un diplomate togolais, sympathisant de l’opposition. Les protagonistes du dialogue préfèrent ne retenir pour l’instant que le fait que le « Président Blaise Compaoré entretient de bonnes relations avec l’ensemble des acteurs politiques au Togo ».

Augustin AMEGA

 
Togo  : Des questions après le choix du facilitateur
Le paraphe d’un accord de base préservant les acquis du dialogue ainsi que la désignation à l’unanimité du Président Blaise Compaoré comme facilitateur du dialogue constituent de l’avis de plusieurs observateurs, une importante avancée. Mais le facilitateur une fois choisi, plusieurs questions se posent à savoir,  quel sera à présent le lieu du dialogue, quelle forme prendra-t-il désormais et enfin, sur quel sujet va-t-il porter ?…

Le Président Blaise Compaoré choisi pour conduire la facilitation du dialogue intertogolais vient de répondre officiellement, favorablement à cette sollicitation que la classe politique lui a unanimement adressée. C’est à l’occasion d’une audience qu’il a accordée le mercredi, à une délégation conduite par Me Yawovi Agboyibo, le Président du directoire du dialogue.

            A présent, les interrogations portent sur le lieu où va se poursuivre le dialogue. Blaise Compaoré étant un Chef d’Etat en fonction, on imagine mal le voir venir séjourner au Togo, jusqu’à la conclusion d’un accord global. Il y a donc de forte probabilité de voir le dialogue se poursuivre désormais à Ouagadougou. Or, on se rappelle que l’un des préalables de l’UFC, c’est de voir le dialogue se dérouler au Togo. Le parti de Gilchrist Olympio va-t-il- sur ce point également céder ?

            Autre incertitude, la forme que prendront à présent les pourparlers. On connaît la préférence de l’Union des Forces de Changement (UFC) pour des négociations bilatérales avec le RPT. Blaise Compaoré va-t-il privilégier cette approche, qui semble également celle pour laquelle opte la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) du Prof. Léopold Gnininvi ? Quelle sera dans ce cas, la réaction des autres protagonistes au dialogue ? « Peu importe la forme qui sera retenue. C’est le résultat final que nous recherchons », nous a pour sa part répondu Me Yawovi Agboyibo.

            Autre inquiétude et non des moindres, la problématique des acquis du dialogue, consignés dans un Accord de base et paraphé par 7 délégations sur les 9 regroupées au sein du dialogue. Quels seront donc les points de divergence sur lesquels le facilitateur Compaoré devra rechercher le consensus ? Nul doute que la tâche ne sera pas du tout aisée pour le Président Compaoré. Mais, tous les acteurs semblent optimistes, évoquant les atouts dont dispose le facilitateur.

Atouts et craintes de la facilitation

            Le principal atout du Président Compaoré, unanimement reconnu par l’ensemble des protagonistes du dialogue, c’est sa « maîtrise du dossier togolais ». Le Chef d’Etat burkinabé avait déjà conduit en 1993, des discussions entre le pouvoir et l’opposition togolaise. Il convient d’ajouter à cela, « sa compétence et son charisme ainsi que le fait qu’il entretienne de bonnes relations avec tous les acteurs de la crises togolaise », souligne un membre de l’opposition radicale. La seule crainte réside par contre dans le fait qu’il soit considéré par certains comme un des maillons essentiels de la « françafrique ».

Augustin AMEGA

 
Chemin de croix des retraités au Togo
55 ans d’âge ou 30 ans de services effectifs après, les fonctionnaires civils soumis au statut général des fonctionnaires de la République togolaise ou les militaires etc. sauf les salariés du secteur privé sont admis à la retraite. Mais commence pour eux un parcours de combattant avant de bénéficier des pensions de retraite. Ils s’en plaignent. M. BOROZE le Directeur général de la Caisse de Retraites du Togo (CRT) de son côté, explique.


De la lenteur administrative
Kossi est un employé au ministère de l’enseignement technique. Il vient d’être admis à la retraite il y a deux mois. Depuis, plus de temps de répit. Il passe sont temps dans les directions pour constituer son dossier exigé par la CRT avant qu’il ne bénéficie des pensions. « La lenteur administrative et la pléthore de pièces qu’on nous demande font que je suis déjà épuisé. Or rien n’est prêt » se plaint-il.

Alors, à cela, M. Tchao Lasigaisi BOROZE, DG de la CRT reconnaît la réalité. Il aborde le problème sur deux plans :

D’abord sur la pléthore de pièces à fournir, c’est la loi N° 91-11 du 23 mai 1991 dans son article 1er et suivant qui a fixé le régime des pensions de la CRT. C’est la même loi qui fixe les pièces à fournir. 13 pièces à fournir entre autres une demande de liquidation de pension signée par le veuf ou la veuve ; déclaration d’élection de domicile et de non cumul faite par le (la) requérant(e) ; une lettre du Président du conseil de famille expliquant la situation matrimoniale de cujus… Pour obtenir les pièces, il faut parcourir plusieurs directions générales et cela devient un parcours de combattant pour des gens qui n’ont plus tellement du jus dans leur jambe ni de carburant dans leur engin.

« Moi-même, dit M. Borozé, je trouve que la liste (des pièces) est longue et je suis en train de voir s’il n’y a pas de futilités dedans  (à éliminer)» pour alléger un peu la souffrance aux retraités. Mais en attendant, des séminaires s’organisent sur toute l’étendue du territoire pour expliquer le comment et le pourquoi de ce dossier. Par exemple, le DG a fait comprendre que pendant que les gens sont encore en fonction ou à quelques mois de leur retraite, ils doivent commencer à apprêter le dossier. Mieux, le directeur pense à résoudre le problème. Il est en concertation avec ses homologues de la fonction publique et des autres ministères afin de voir ce qu’ils peuvent faire. « Moi, personnellement, l’Etat paye le fonctionnaire déjà sur la base d’un dossier complet qu’il avait fourni étant en fonction. A la retraite de l’agent, pourquoi l’Etat ne va-t-il pas simplement transférer son dossier à la CRT, quitte à l’intéressé de compléter seulement avec certains renseignements dont nous aurons besoin ? » Cependant, reconnaît le DG, il sera question de l’informatisation connectée. Mais « C’est les perspectives à moyen terme. Nous sommes conscients de cette lenteur et nous nous employons à des solutions » a laissé entendre le DG.

Ensuite M. Borozé a nuancé un peu ses propos car pour lui, la lenteur n’est pas nécessairement due à la pléthore de pièces à fournir. Il s’agit d’une lenteur administrative. Lorsqu’on cherche à obtenir une pièce, la demande doit suivre un circuit. Cela est inhérent à l’administration en général. « Mais une fois encore conscient de tout cela, nous nous employons à aider les pensionnaires. Aujourd’hui, nous faisons une avance de l’ordre de 65 à 75 % de la pension de l’agent en attendant qu’il commence à toucher » a précisé le directeur.

Les comptes bancaires
« Nous ne voulons plus faire de l’argent à aucune banque ! Pendant trente ans, nous avons payé les agios. Dès la fin de mon service, j’ai fermé mon compte à la BTD. Voilà que maintenant on nous demande d’ouvrir encore un compte. Or l’argent ne suffit pas. On n’augmente pas notre pension ! ». C’est en ces termes que se plaignait un ancien comptable admis à la retraite il y a 10 ans en réaction à la décision du DG de la CRT demandant à tout retraité dont la pension mensuelle dépassait 50 000 FCFA d’ouvrir un compte bancaire.

            Un autre, Emmanuel, ancien professeur de sciences physiques réplique : « ils sont en train de nous tuer. Ils veulent se partager encore nos maigres sous ». Pour la catégorie de Emmanuel, le DG s’accoquinerait avec les banques pour se partager les agios.

            Le DG réagissant à son tour à ces propos explique les motifs qui l’ont amené à prendre une telle décision. Pour lui, c’est d’abord le problème de sécurité. Au guichet, des pensionnaires obtiennent parfois des sommes importantes lorsqu’ils prennent les pensions uniques et autres. Certaines veuves ou certains agents reçoivent la totalité de plusieurs années en une seule traite. C’est ce qu’on appelle la pension unique. Alors le directeur explique que parfois ils sont attaqués et dépossédés de leur argent.

            Mais les agents rétorquent que les attaques sont des cas isolés et ne suffisent pas à justifier la décision.

            Par ailleurs, selon le DG le guichet n’existe qu’à Lomé. Les retraités ne se trouvent pas seulement à Lomé. Alors, pour régler le problème d’agios, la CRT a négocié à la Caisse d’Epargne du Togo (CET) et à la société des postes du Togo (SPT) et obtenu une réduction considérable des agios. Mieux, les retraités peuvent y ouvrir leur compte avec OF ce que les banques ont refusé. A signaler que les agents de la Caisse nationale de sécurité sociale n’ont pas cette chance. Et le directeur de préciser qu’il a suspendu d’ailleurs  la note qui demande l’ouverture des comptes. C’est ainsi que même ceux qui n’ont pas ouvert des comptes continuent de percevoir normalement et régulièrement leur pension. « Nous avons la conscience tranquille. Nous veillons au meilleur de nos retraités » a expliqué M. Borozé qui a dit que des projets sont en vue pour les retraités et les études en ce sens se poursuivent pour des projets de bien-être.

Des indemnités
Les retraités se plaignent que la caisse a supprimé ces indemnités. Il s’agit d’un montant correspondant à 1 an de salaire que l’Etat octroyait à tout agent admis à la retraite. C’est en réalité un bonus pour récompenser l’agent pour service rendu à l’Etat.

C’est un cadeau qu’il touche par l’intermédiaire de
la CRT mais qui relève du budget national.

Depuis 1997, suite aux difficultés financières que connaît  le pays explique le DG, ce bonus est suspendu et non supprimé. « Nous consignons chaque année tous les cas (c’est-à-dire ceux qui partent à la retraite depuis cette date) comme dette de l’Etat. Ce n’est pas nous qui avons la décision. C’est une question de trésorerie » a-t-il dit en substance avant de préciser que le dialogue social intervenu il y a  quelques mois est revenu sur le problème. Ce qui veut dire implicitement que dès que le trésor le permettra, ce bonus sera remis en selle.

Jean-David MESSANGAN

 
Affaire SE2M contre « Le Changement »  Du renvoi  aux incertitudes du dossier

La Chambre Correctionnelle du Tribunal de Première Instance de Lomé a ouvert le dossier Dupuydauby contre le confrère « Le Changement », avant de le renvoyer au 16 août prochain,  pour payement d’une caution de 75 000 F. C’était au cours de son audience du mercredi 26 juillet, présidée par le juge Ayim avec le substitut du Procureur de la République, Komlagan Guy, dans le fauteuil du ministère public. La partie civile était représentée par le cabinet de Me Tchalim.

            De l’autre côté, la défense du prévenu est assurée par un collège d’avocats. Les débats du jour ont porté sur le montant de la caution à payer par la partie civile. Le ministère public en la personne du juge Komlagan Guy a requis 50 000F. Mais suite à des observations des avocats, ce montant a été fixé à 75 000 F, par le Président Ayim qui a renvoyé le procès au 16 août prochain.

Les curiosités du dossier

            Dans ce dossier, il est reproché au confrère « Le Changement » d’avoir écrit et publié dans sa parution N° 25 du 29 juin 2006, un article intitulé : « Port Autonome de Lomé : Les non-dits d’une inauguration. Beaucoup de bruits pour de vieilles grues ». Le Président-directeur des sociétés SE2M et SE3M, considère que cet article est truffé de « fausses informations ». Il a donc directement intenté un procès au confrère « Le Changement », sans chercher à user des articles 44 à 53 du code de la presse relatifs aux rectifications et démentis en cas de publication de fausses informations.

            Dans un communiqué publié le 21 juillet 2006, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo, (UJIT) a dit son étonnement de voir Jacques Dupuydauby, qui conteste la véracité des informations publiées par le confrère, privilégier une action en justice plutôt que les dispositions ci-dessus citées du code de la presse.

            « …en refusant d’opter pour les procédures prescrites par les pertinentes dispositions du Code de la Presse et de la Communication qui constituent les voies de recours pour amener le journaliste à rétablir la vérité en cas de publication de fausses nouvelles, M. Jacques Dupuydauby se trouve dans sa logique qui démontre qu’il compte sur les bras obscurs pour amener la justice togolaise à être sous sa coupole comme c’est le cas actuellement dans l’affaire qui l’oppose au Groupe Bolloré, où il est parvenu à empêcher l’application d’une décision de justice qui lui était défavorable », a écrit l’UJIT.

L’ATOPAP  piégée ?

            Dans son communiqué, l’UJIT appelait également tous ses membres à se mobiliser derrière le confrère. « Pour éviter que le Président-directeur de SE2M-Togo etSE3M-Togo n’utilise la justice togolaise pour imposer l’Omerta à la presse afin de faire main basse sur tout un pan de l’économie togolaise, l’UJIT invite tous ses membres ainsi que tous les journalistes à se mobiliser et à se rendre massivement au Palais de Justice de Lomé pour soutenir le journal « Le Changement » dans ce bras de fer qui l’oppose à M. Jacques Dupuydauby ».

            Le lundi 24 juillet, soit deux jours avant l’ouverture du procès, l’Association Togolaise des Patrons de Presse (ATOPAP) dans un communiqué semble vouloir prôner la démobilisation des confrères. « … rapidement, les Patrons de Presse se sont saisis du dossier et après moult tractations, une solution à l’amiable a été trouvée conduisant au retrait pur et simple de la plainte », affirmation qui s’est avérée fausse. Une situation qui a poussé plus d’un à se poser des questions sur le rôle que joue l’ATOPAP dans ce dossier, d’autant que ce sont les journaux appartenant à cette association qui ont préalablement publié un démenti déguisé en communiqué de presse.

            Approché par notre rédaction, le président de ATOPAP, Pierre Sabi, rassure de sa bonne foi. « J’ai eu au téléphone M. Jacques Dupuydauby, qui m’a rassuré qu’il allait donner des instructions à son avocat, pour le retrait de la plainte. C’est suite à cette assurance que j’ai signé notre communiqué en date du 24 juillet », a déclaré Pierre Sabi. « Nous poursuivons les tractations après l’audience d’hier »,a-t-il ajouté.

Jacques Dupuydauby, le dindon de la farce ?

            Dans cette affaire, certaines indiscrétions qui ne tarderont pas à faire jour, portent à croire que Jacques Dupuydauby serait victime de sa générosité. Une générosité tout azimut qui ne tient qu’à son souci d’usurper grâce aux soutiens divers, les actifs détournés du Groupe Bolloré. Conscients de cela, certains de ses proches montent des scénarii, aux fins de se faire débloquer des sous.

            Nul doute que le confrère « Le Changement » a été abusé, pour s’en servir à dessein. En tout état de cause, les journalistes semblent unanimement décidés à se mettre du côté du confrère « Le Changement ». Les confrères de l’ATOPAP promettent à leur tour d’en faire la démonstration, si le procès du 16 août venait à être maintenu pour faute de retrait de la plainte par la partie civile.

Augustin AMEGA

 
Les examens de la première session à l’Université de Lomé  Des taux de réussite microscopiques

Le mardi 25 juillet dernier, les étudiants de la 1ère, 2ème et 3ème année du département de lettres modernes ont débuté leurs examens de la deuxième session. Les résultats de la première session qui s’est tenue en juin ont été proclamés deux semaines auparavant et le calendrier de la deuxième session ou session de rattrapage, communiqué.

Dans l’enceinte de l’Université, on ne voit pas la marée humaine habituelle. Les nombreux bancs de pierre ainsi que l’ombre des arbres qui servent de lieux de détente aux étudiants sont déserts. Tous les étudiants ont déjà composé pour le compte de la première session. Certains à l’instar des nombreux étudiants des facultés de science, de gestion et de droit attendent impatiemment leurs résultats. D’autres comme les étudiants de la faculté d’anglais ont déjà eu leurs résultats de la première session et les recalés ont déjà composé pour le compte de la session de rattrapage. Les étudiants des facultés d’allemand et de philosophie ont eu tout récemment leurs résultats et les recalés attendent le programme de la deuxième session.

Ce qui retient l’attention, c’est le nombre pléthorique d’étudiants en lettres modernes venus composer à la session de rattrapage. Sur un effectif de 58 étudiants qui ont composé en première session pour l’obtention du DEUG II en lettres modernes, seulement 10 ont été retenus. Les 48 autres sont en train de jouer leur dernière chance. En plus, la majorité des étudiants recalés ont à composer lors de cette deuxième session dans 8 voire 10 matières

Interrogé sur les raisons de cet échec  des étudiants en grand nombre à la première session, M. Gbenouga, chef du département de lettres modernes à l’Université de Lomé répond : « Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les mêmes causes qui ont produit l’échec des élèves au premier, deuxième et troisième cycle ont à l’origine de celui des étudiants. Les causes de l’échec scolaire au Togo sont les mêmes à tous les niveaux. Ce n’est pas à moi d’énumérer les causes mais elles sont là et on en parle tous les jours ».

Les étudiants eux, continuent leur deuxième session. Entassés devant l’amphi 600, on lit sur leur visage la déception, l’anxiété et l’incertitude de pouvoir ou non sauver leur année académique, neuf mois de dur labeur.

Selon Line, étudiante en deuxième année de lettres modernes, « si je passe la deuxième session c’est parce que les professeurs ont été très sévères à la correction. Ils disent que nous n’apprenons pas nos cours alors que nous ne faisons que ça toute l’année. Imaginez que des professeurs ont donné des 1 sur 20. C’est inconcevable. Nous sommes à l’Université et sommes tout de même conscients d’être là pour un objectif. »

Les étudiants sont conscients qu’il n’y a pas de potion magique pour soigner le mal que constitue l’échec scolaire. Cet état de choses n’est que la conséquence logique de leurs conditions cruciales de vie et d’étude. Aujourd’hui, poursuivre des études supérieures pour un Togolais moyen est une lourde responsabilité compte tenue de la crise socio économique qui sévit dans le pays. La réduction des tranches d’aides et la majoration des frais d’inscription ont poussé de nombreux étudiants à ajouter à leurs activités scolaires une activité lucrative leur permettant de s’en sortir financièrement. Cela présente de nombreux inconvénients et les faits sont là qui en témoignent.

Diane, une étudiante dans le cas témoigne : « Ce n’est pas un choix d’allier une autre activité aux études, c’est une nécessité. On n’a pas le choix. Ça perturbe nos études. Moi par exemple, je suis très irrégulière aux cours. Lorsqu’on a affiché les résultats de la première session, j’étais sûre de ne pas être admise car je n’ai pas assez travaillé durant les examens partiels. Moi, je ne pense pas que les raisons de l’échec à l’université soient les mêmes qu’aux autres niveaux. Nombreux de mes camarades sont dans un cas similaire. Imaginez si nous n’avions pour activité que les études, on s’en sortirait et le taux d’échec serait moindre. Mais à la longue, malgré notre envie de poursuivre des études supérieures, la situation nous y fera  renoncer ».        Un problème se pose donc : survivre avant d’étudier. Un choix qui s’impose à la majorité des étudiants. Un défi pour les autorités s’ils veulent remédier au mal qui gangrène l’instruction supérieure.

Nadia ZIBILILA

 

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