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Canard Indépendant

16 juillet 2007

[ 151 :  du 13 juillet 2007]  
Dégradation des infrastructures routières :  L’état calamiteux des routes à Lomé fait grincer les dents aux usagers

« Regardez nos routes avec tous ces fossés. Il n’en existe nulle part dans la sous-région. C’est seulement à Lomé qu’on peut rouler sur des pistes de rallye », peste un automobiliste après toutes les peines qu’il a eues pour passer entre la Colombe de Paix et le pavé au niveau de la lagune sur l’Avenue Maman N’danida, une distance d’à peu près 200 m.

 Des pistes de rallye, l’expression est bien trouvée puisque la route, à un certain endroit forme un enchevêtrement de crevasses occasionnant un embouteillage monstre sur cette avenue à toutes les heures de la journée. « Pour passer ce petit cordon c’est tout un calvaire. C’est une voie très animée et il faut que les autorités municipales trouvent rapidement une solution à cette situation », plaide un conducteur de taxi-moto. « Ça fait plusieurs semaines que cette situation dure. Mais nos dirigeants font comme si de rien n’était. C’est une route qui est au cœur de la ville et sous ces fossés, ces nids de poules béants qui s’y trouvent ne nous honorent pas », renchérit un autre. Des routes comportant des trous d’éléphants et déformées, voilà un peu le cliché de la capitale dont on vantait naguère la beauté.

            « Lomé la belle » devenue plus tard « la capitale des grandes rencontres internationales » ne dispose pas d’infrastructures routières. 90% des rues à Lomé ne sont ni bitumées ni pavées. Les boulevards et autres avenues n’existent que de nom. Ceux qui existent se trouvent dans des états effroyables et abîment au passage les véhicules. Il ne se passe pas de jour où les automobilistes, cyclistes et autres piétons ne se plaignent de l’état piteux des routes à Lomé.

            « La bonne tenue et l’entretien des routes devraient constituer une bonne qualité de vie pour nous, favoriser un déplacement avec une sécurité maximale et diminuer les tracasseries de santé mais c’est tout le contraire que nous vivons à Lomé », déplore un taximan.

            Selon certains responsables de l’aménagement et de l’entretien des routes, la dégradation des infrastructures routières est en partie imputable au comportement irresponsable de certains citoyens qui transforment les caniveaux en dépotoirs empêchant le drainage des eaux pluviales. N’ayant pas de canalisation, les eaux séjournent sur  la chaussée et la déforment. On évoque également le poids des véhicules notamment les gros camions qui ne respectent pas le tonnage, ce qui contribue à la dégradation des voies.

            Avec la saison pluvieuse, la situation s’est aggravée. A la moindre averse, les routes sont inondées. Que font les autorités municipales pour circonscrire le mal ? Rien. Elles ont tout simplement baissé les bras. Ce qui est grave, c’est qu’il est fréquent de voir les agents d’entretien routier utiliser de la latérite et de l’argile pour boucher les trous sur les routes, soi-disant qu’ils sont en train de les réparer. Et à la moindre pluie, la situation devient plus dramatique. C’est le retour à la case départ. Cela n’émeut guère  les autorités municipales qui cyniquement crient au manque de moyens. On se demande à quoi servent les fonds générés par les péages.

Komla  AMETEPE

 
Enquête : Chronique d’une déchéance prononcée : Comment et par qui Tata Avlessi a été déstabilisé

L’Affaire  de corruption lors du match Togo-Tunisie dans le cadre du championnat U-17 Togo 2007, vient de connaître son épilogue avec la décision du Jury disciplinaire de la CAF. Datée du Caire, le 05 juillet 2007, cette décision condamne Tata Avlessi Adaglo de Mass, à 8 ans d’interdiction de toute activité ayant trait au football.

 
 
 

Dans une correspondance adressée le 10 juillet à la Fédération Togolaise de Football (FTF), le Secrétaire Général de la Confédération Africaine de Football (CAF),  a tenu à signifier la décision prise par le Jury disciplinaire de la CAF, à l’encontre de Tata Avlessi Adaglo de Mass, Président de la FTF. Aux termes d’une longue procédure entamée suite au match joué le 13 mars 2007 entre le Togo et la Tunisie, dans le cadre du tournoi des moins de 17 ans et des allégations contre M. Avlessi, le Jury disciplinaire a pris une décision le 05 juillet 2007.

Aux sources de l’affaire

            De sources concordantes, le président de la FTF, M. Avlessi, aurait remis par l’entremise de l’arbitre international togolais, Attivi Cessi, une enveloppe à l’arbitre gambien Pa Abdou Sarr, du match Togo-Tunisie. « … en réalité, je n’avais pas traité ouvertement ou en connaissance de cause d’une affaire d’argent avec l’arbitre gambien pour faire gagner le match par le Togo. Ce dont je me rappelle, c’est qu’une enveloppe a été envoyée à ce dernier, M. Pa Abdou Sarr, arbitre du match Togo – Tunisie prévu ce 13 mars 2007, par le président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), M. Tata Avlessi. Et ce, par mon entremise, enveloppe dont j’ignorais totalement et sincèrement le contenu », a déclaré au Jury disciplinaire de la CAF, M. Attivi.

            Mais comme les Togolais se le rappellent, la prestation du trio arbitral lors de ce match, a été en défaveur du Togo, battu 3 buts à 0. Un but et un penalty ont été refusés aux Eperviers Cadets. Cette cuisante défaite qui alors compromettait la qualification du Togo pour la Coupe du Monde de la catégorie, a soulevé le courroux des supporters, qui l’ont manifesté violemment. Le Président de la FTF, déçu de la prestation des arbitres, aurait alors demandé à son ex-collaborateur Théodore Aményra, de lui reprendre l’enveloppe auprès du trio arbitral. Une démarche qu’un arbitre international togolais leur aurait vivement déconseillé. Mais Feu Théodore Aményra se serait alors rabattu sur un autre arbitre international togolais. Celui-ci aurait pris contact avec les arbitres assistants pour vérifier auprès d’eux, s’ils ont effectivement pris possession de leur part.

            Surpris, les arbitres assistants qui eux n’auraient pas eu leur part, saisissent les officiels (parmi lesquels, un Tunisien), de l’affaire. Une fouille dans la chambre de l’arbitre gambien, aurait permis de découvrir l’enveloppe. Selon certaines indiscrétions, il figurerait sur l’enveloppe, un signe qui confirmerait davantage, son origine. S’ouvre alors une procédure disciplinaire contre Tata Avlessi Adaglo de Mass, l’arbitre gambien et son homologue du Togo.

A propos de l’auteur de la plainte

            Suite à la publication de la décision de la CAF, il s’est ouvert au Togo, un pernicieux débat sur l’origine et l’auteur de ce que certains ont appelé, la « plainte ». Certains ont véhémentement déploré le fait que l’information relative à ce fait de corruption provienne des Togolais eux-mêmes. On a maladroitement cherché à jouer sur une certaine fibre patriotique.

            En réalité, comme le démontre cette enquête, le hic se trouve au niveau de la façon dont l’arbitre gambien a géré l’enveloppe. Visiblement, il n’en avait pas parlé à ses assistants et ces derniers ont contredit ses décisions tout le long du match. Le clou, c’est quand sur selon les indiscrétions, Amégnran sur instruction de M. Avlessi aurait par l’entremise d’un arbitre international togolais, cherché à vérifier le fait auprès des arbitres assistants.

            Au demeurant, cela ne révèle d’aucune biensaillance que de demander voire même d’exiger des Togolais qu’ils soient moins vertueux, quand il s’agit d’un certain intérêt du pays.

            Les interdictions et réglementations sont bien connues de tous. Il convient de les respecter. En l’espèce, l’article 36 du code de discipline de la CAF, indique en son point 2, qui en l’espèce a porté à la connaissance des organes juridictionnels, l’information concernant les comportements qu’il juge contraire à la réglementation de la CAF. (Lire ci-dessous, l’article 39). Cet article n’exclut aucune nationalité.

De l’application de la sanction

            Aux termes de la décision, il est précisé que : « Le Comité a trouvé que suite à de telles violations, il n’avait d’autres alternatives que de conclure que le Président (NDLR : Tata Avlessi est coupable et d’invoquer les articles 82.2 et 127.1 a et b.

            Le Comité a estimé que les sanctions stipulées dans les articles en question, interdiction de toute activité ayant trait au football, devraient être appliquées pour une période de huit (8) ans dans le présent cas ».

            Le terme « devraient être appliquées » a amené certains à soutenir que Tata Avlessi Adaglo de Mass, n’est pas sanctionné. En réalité, il écope bel et bien aux termes de cette décision, de 8 ans d’interdiction de toute activité ayant trait au football. Cette sanction lui est applicable à la fin du délai d’expiration de l’appel. Soit le 20 juillet, le jour de la notification y compris.

            S’il n’avait pas interjeté appel, cette sanction lui était applicable à la date du 13 juillet, soit la date de forclusion du premier délai d’expiration de la manifestation de l’intention d’appel. (Lire les articles, 54, 62, 63 du Code de discipline de la CAF).

Les chances de réformation de la décision

            De mémoire de journalistes, jamais le Jury disciplinaire de la CAF, n’a eu ces  10 dernières années, la main aussi lourde en matière de sanction contre un dirigeant d’une fédération nationale de football. Il faut croire que c’est parce que le fait est tellement grave et les preuves presque irréfutables, pour que le Jury disciplinaire n’en vienne à ces extrêmes.

            Il convient de rappeler ici qu’outre le témoignage de l’arbitre international togolais Attivi Cessi, qui cite  nommément M. Avlessi, deux officiels de la CAF, qui étaient à Lomé dans le cadre de la CAN U-17, MM. Diakité et Bester, ont également témoigné dans ce dossier. L’enveloppe contenant l’argent (le corps du délit) est à la possession du Jury et Tata Avlessi, après avoir envoyé une lettre d’explication à la CAF, a lui-même été auditionné, par le Jury disciplinaire de la CAF. La décision du Jury disciplinaire de la CAF, ne peut être reformée que dans deux hypothèses :

- En cas de violation de la réglementation ;

- En cas d’inexactitude des preuves.

Selon certaines indiscrétions, une nouvelle correspondance de la CAF, viendrait bientôt clarifier la situation.

Augustin AMEGA

 
Fait insolite : « Le délestage profite à Hélène »

Depuis bientôt un an, le problème récurrent du délestage au Togo fait couler beaucoup d’encre et de salive. Certaines entreprises ont mis la clé sous le paillasson. D’autres envisagent de réduire leur personnel. Et puis, tenons-nous bien droits, même les mendiants sont touchés. Ils se plaignent de ne plus faire de « recettes » puisque les feux tricolores ne fonctionnent plus. C’est lorsque le feu est rouge et que les passants s’arrêtent qu’on  leur jette quelques jetons, soit ils passent eux-mêmes tendre la main.

M. Isidore, est un fonctionnaire dans l’administration togolaise. Mais pour vouloir désirer la promotion, être Chef, il doit être titulaire d’un doctorat. « Qu’à cela ne tienne » se dit-il puisqu’on le prépare sur place à l’Université de Lomé (UL). Il s’inscrit en DEA. C’est fini. Chaque soir, au sortir du Service, Isidore se rend directement au campus et ne revient qu’autour de 22 h. Parfois sa femme Hélène, une infirmière d’Etat l’attend jusqu’à son retour. Aussitôt arrivé, après le repas, il se met à table, allume la lampe de table et se met à étudier jusque tard dans la nuit. Hélène, souvent, les yeux lourds de sommeil, s’en va se coucher seule. De plus, dans leur quartier quelque part à Kégué, le délestage est rare.

            Hélène n’arrive plus à supporter la situation. Pendant plus de trois mois, elle semble être oubliée de son mari Isidore.

            Le mardi  passé, Isidore a fait un tour à la maison avant de se rendre au campus. Il devait à tout prix rendre un devoir sans lequel, il ne peut suivre le cours. A peine est-il assis à table que le courant est « coupé ».

            « Aujourd’hui, c’est fini. Tu n’iras plus à ton campus. Trop, c’est trop ! Dieu merci qu’on a coupé le courant. Allons-nous coucher », lui jette Hélène qui se précipite d’allumer une bougie dans la chambre. Elle vient tenir la main gauche de Isidore qui se lève vaincu et suit sa femme… « Aujourd’hui, nous allons faire rappel » lui lance-t-elle, les yeux pétillants de désir…  « Il y a longtemps que tu m’as oubliée !... », achève-t-elle en refermant la porte derrière eux !...

            Qui vous a dit que le délestage ne fait pas du bonheur aux autres.

J-D.M

 
Organisation des législatives au forceps par la CENI : Les présidents des CELI débordés par les réclamations

Visiblement, la commission Electorale Nationale Indépendante CENI entame la semaine prochaine l’une des plus importantes phases dans ses efforts pour l’organisation des élections avec le démarrage du recensement électoral.

A la Commission on se réjouit de ce que l’opération de formation des opérateurs de saisie devant assurer l’enregistrement suivi de la délivrance immédiate de la carte d’électeur débutée le samedi 07 juillet se soit déroulée sans entraves majeures ni anomalie. Fort de cela, il est prévu pour aujourd’hui au niveau de chaque préfecture devenue, en raison du mode de scrutin arrêté pour ces législatives-ci, la circonscription électorale, la réinitialisation des Kits puis leur redéploiement sur l’ensemble du territoire national. Ceci, en prévision du recensement électoral qui démarre ce lundi 16 juillet.

A l’intérieur du pays en tout cas, on estime que si la CENI se targue d’avoir fait un nouveau pas dans la marche vers la tenue des élections, c’est au prix de durs sacrifices consentis par les opérateurs de saisis et les responsables des CELI. Selon des membres des commissions Electorales Indépendantes CELI joints hier par la rédaction, la formation  des opérateurs de saisie a été perturbée par deux anomalies. D’abord, l’insuffisance des candidats par rapport au nombre de centres de recensement prévus ainsi que le retard dans le payement. Dans le premier cas, il nous a été déclaré que des opérateurs devant se faire former, pour une raison ou une autre, ne se sont pas présentés. Cela cause aujourd’hui de sérieux ennuis aux présidents des CELI qui sont fourchés, embarrassés  qu’ils sont de la mission à eux confiée et des ressources humaines mises à leur disposition à cet effet. « J’espère qu’on ne dira pas après tout que c’est moi qui n’ai pas fait mon travail. J’ai travaillé avec un effectif qui était largement inférieur à celui que je devais avoir et je me demande comment nous pouvons gérer ce manquement à partir de Lundi sans que cela n’ait une incidence négative sur le cours normal des opérations » s’est plaint un président de CELI qui ajoute tout autant que même pour démarrer la formation samedi dernier, il a fallu passer des heures et des heures au lieu de formation avant que le matériel prévu à cet effet ne parvienne. Sur la question de l’insuffisance des opérateurs de saisi déjà évoquée par la CENI elle-même en début de semaine, un tour hier au siège de cette institution nous a permis de constater que des efforts sont en train d’être faits. Une liste de nouveaux recrus comportant 666 noms a été affichée. Leur formation, selon un communiqué rendu public par la CENI, a commencé depuis hier jeudi 12 juillet au CEG Tokoin centre et se termine demain samedi avant leur déploiement sur l’ensemble du territoire pour compléter les manquements. Lorsque nous avons parcouru cette nouvelle liste avec à la clé un regard intéressé sur les lieux d’affectation des nouveaux recrus, on se rend compte que même si toutes les préfectures ont eu de renfort, la tendance est à la hausse en ce qui concerne les préfectures ou la partie septentrionale du pays. C’est dire implicitement que ceux qui y avaient été affectés au départ, ont refusé de s’y rendre. Le souhait à ce niveau est que la CENI parvienne à réussir à combler  ce vide pour l’intérêt supérieur du processus.

Pour ce qui est de la question du payement des opérateurs de saisie, dès le début de la formation, il leur avait été annoncé, surtout dans le Kloto, que la rétribution par jour en période de formation est de 4.000 FCFA. Y-avait-il eu déficit de communication entre la CENI et la CELI Kloto ? On ne saurait le dire mais ce qui est sûr est que cette somme sera contredite par un membre de la CENI en visite dans le milieu dans la semaine qui évoque lui la somme de 3.000 par jour et par candidat.

Ce n’est pas tout. Au lieu de payer les opérateurs de saisie et leur permettre de bien suivre la formation, la CENI, pour des raisons qu’elle seule sait, a retardé le déblocage des fonds. Jusqu’à hier, les gens sont restés impayés. « Finalement, je suis débordé par les réclamations des participants à la formation. Depuis lundi qu’ils ont commencé à hausser le ton,  j’ai toujours trouvé des subterfuges pour les amadouer mais maintenant, leur intransigeance a fini par avoir raison de mes rappels à l’ordre » nous en avoue au téléphone à un responsable de CENI joint à l’intérieur du pays. Plus loin, il ajoute. « Dans tous les cas, ils ont raison. Imaginez des gens qui quittent Lomé et qui débarquent à l’intérieur du pays. Même si on admet qu’ils ont des proches parents qui peuvent les héberger, il leur faut le minimum pour se restaurer et venir suivre la formation ce qui n’est malheureusement pas le cas». C’est dans un tel climat que se font aujourd’hui la réinitialisation des Kits puis leur déploiement dans les centres de recensement électoral en perspective du recensement annoncé pour lundi 16 juillet.   

L.R.

 
 
 
 
 

 
 
 
 
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