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Un milliard de personnes soit un habitant de la
planète sur six, vivent dans des bidonvilles, un
phénomène qui risque de s’amplifier alors que
l’urbanisation se poursuit à un rythme effréné dans
les pays en développement selon un rapport de l’ONU
publié récemment.
Près de 3 milliards de personnes vivent déjà
dans des villes, mais si la population urbaine doit à
peine progresser dans les pays développés, celle-ci doit
passer de 35% de la population totale à 50% au cours des
trente prochaines années en Afrique et en Asie.
Le cas des villes africaines démontre assez
bien l’ampleur du problème. L’exode rural a drainé ces
dernières années une population considérable des
campagnes vers les villes. Selon une étude, d’ici 2010,
les villes africaines réuniront à elles seules autant
d’habitants que toute l’Europe. On dénombre sur tout le
continent des villes de plusieurs millions d’habitants :
Johannesburg, Lagos, Accra, Cotonou, Lomé… A côté, on
dénombre de vastes agglomérations vides d’hommes.
Selon Hugues, sociologue : « c’est le
mythe du citadin épanoui qui a favorisé l’exode rural.
Les conditions de l’agriculture et des agriculteurs en
est également la cause lorsqu’on sait que la population
des campagnes est à majorité composée d’agriculteurs. Le
mythe du citadin épanoui est le mythe qu’entretiennent
tous ces jeunes gens qui partent des villages pour aller
tenter leur chance en ville ou à la capitale. Ceux qui
parviennent à s’en sortir – car peu réussissent
vraiment – deviennent des exemples à suivre à tout
prix ».
La population des villes ne cesse de croître
et la ville, de s’étendre. C’est le cas de Lomé.
Aujourd’hui, des quartiers ont poussé comme des
champignons aux périphéries de la ville. La ville est
surpeuplée et on remarque aux côtés des belles bâtisses,
des bidonvilles où règne une misère indescriptible.
Dans le quartier Lycée, vivent Inès et sa
famille composé de ses trois frères et d’une sœur. Leur
papa est récemment décédé alors qu’il les élevait seul
après que leur mère aie
divorcé et se soit mariée à un autre. Ils vivent dans ce
qui est convenu d’appeler un taudis. Des cases faites
avec des tôles rouillées, usées, des cartons… qui
tiennent debout comme par miracle. Selon Inès, « ce
n’est pas facile de vivre ici. Il n’y a pas de latrines.
La douche est incorporée à la chambre et est tellement
proche de la cuisine. La chambre est si exiguë mais,
nous n’avons pas les moyens de louer une chambre
plus correcte. Il y des gens au village qui vivent mieux
que nous ».
Selon Hugues précité, « Ce que tout
candidat à l’exode vers la ville ne prend pas en compte,
c’est la cherté de la vie en ville. C’est un facteur qui
détermine la pauvreté qui y règne car, même s’il gagne
plus par rapport à ce qu’il gagne dans son milieu
d’origine, il doit dépenser doublement pour avoir le
même confort. C’est ce qui crée cet état de misère dans
les villes ».
Le prix d’une chambre convenable à Lomé
varie entre 5.000 et 10.000 F avec une avance à payer de
6 mois à un an. La même chambre revient à peine à 2.000
F au village avec une avance de 3 mois ou parfois sans
avance. La nourriture y revient également moins chère.
La vie en ville revient un peu cher lorsqu’on prend en
compte la situation économique du pays et lorsqu’on sait
que le SMIG au Togo est d’environ 13.000 F. Un habitant
pour vivre convenablement doit subvenir à d’autres
besoins outre le logement : alimentaire, sanitaire…
La solution qui s’impose à ces citadins est
donc de trouver une situation proportionnelle à leurs
moyens. Il y a en a qui finissent dans des chambres
entassés à plusieurs, ou tout simplement dans des taudis
qui reviennent moins chers.
Le nombre considérable de la population
urbaine limite également les prestations des services
sociaux. Ces prestations sont meilleures dans les
milieux ruraux où la population est en moins grand
nombre.
Selon l’ONU, « l’urbanisation de la
pauvreté est un phénomène croissant : entre un quart et
un tiers des foyers urbains dans le monde vivent dans
une pauvreté absolue ».
Des enquêtes ont montré qu’avec le même
salaire, un individu vivrait doublement mieux à la
campagne qu’en ville.
Hugues soutient que des
stratégies doivent être adoptées pour améliorer les
conditions de vie dans les villes, en particulier pour
les pauvres. La lutte contre l’exode rural et le
développement des campagnes doit être également
renforcée. Il y va de l’intérêt de tout un chacun
lorsqu’on voit à quel point la vie dans les villes
devient dangereuse.
Nadia ZIBILILA |