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Canard Indépendant

3 juillet 2006

[ 101: du 30  juin 2006]
L’urbanisation de la pauvreté, un phénomène croissant
 
 

Un milliard de personnes soit un habitant de la planète sur six, vivent dans des bidonvilles, un phénomène qui risque de s’amplifier alors que l’urbanisation se poursuit à un rythme effréné dans les pays en développement selon un rapport de l’ONU publié récemment.

            Près de 3 milliards de personnes vivent déjà dans des villes, mais si la population urbaine doit à peine progresser dans les pays développés, celle-ci doit passer de 35% de la population totale à 50% au cours des trente prochaines années en Afrique et en Asie.

            Le cas des villes africaines démontre assez bien l’ampleur du problème. L’exode rural a drainé ces dernières années une population considérable des campagnes vers les villes. Selon une étude, d’ici 2010, les villes africaines réuniront à elles seules autant d’habitants que toute l’Europe. On dénombre sur tout le continent des villes de plusieurs millions d’habitants : Johannesburg, Lagos, Accra, Cotonou, Lomé… A côté, on dénombre de vastes agglomérations vides d’hommes.

            Selon Hugues, sociologue : « c’est le mythe du citadin épanoui qui a favorisé l’exode rural. Les conditions de l’agriculture et des agriculteurs en est également la cause lorsqu’on sait que la population des campagnes est à majorité composée d’agriculteurs. Le mythe du citadin épanoui est le mythe qu’entretiennent tous ces jeunes gens qui partent des villages pour aller tenter leur chance en ville ou à la capitale. Ceux qui parviennent à s’en sortir – car peu réussissent vraiment – deviennent des exemples à suivre à tout prix ».

            La population des villes ne cesse de croître et la ville, de s’étendre. C’est le cas de Lomé. Aujourd’hui, des quartiers ont poussé  comme des champignons aux périphéries de la ville. La ville est surpeuplée et on remarque aux côtés des belles bâtisses, des bidonvilles où règne une misère indescriptible.

            Dans le quartier Lycée, vivent Inès et sa famille composé de ses trois frères et d’une sœur. Leur papa est récemment décédé alors qu’il les élevait seul après que leur mère aie divorcé et se soit mariée à un autre. Ils vivent dans ce qui est convenu d’appeler un taudis. Des cases faites avec des tôles rouillées, usées, des cartons… qui tiennent debout comme par miracle. Selon Inès, « ce n’est pas facile de vivre ici. Il n’y a pas de latrines. La douche est incorporée à la chambre et est tellement proche de la cuisine. La chambre est si exiguë  mais, nous n’avons pas les moyens de louer une chambre plus correcte. Il y des gens au village qui vivent mieux que nous ».

            Selon Hugues précité, « Ce que tout candidat à l’exode vers la ville ne prend pas en compte, c’est la cherté de la vie en ville. C’est un facteur qui détermine la pauvreté qui y règne car, même s’il gagne plus par rapport à ce qu’il gagne dans son milieu d’origine, il doit dépenser doublement pour avoir le même confort. C’est ce qui crée cet état de misère dans les villes ».

            Le prix d’une chambre convenable à Lomé varie entre 5.000 et 10.000 F avec une avance à payer de 6 mois à un an. La même chambre revient à peine à 2.000 F au village avec une avance de 3 mois ou parfois sans avance. La nourriture y revient également moins chère. La vie en ville revient un peu cher lorsqu’on prend en compte la situation économique du pays et lorsqu’on sait que le SMIG au Togo est d’environ 13.000 F. Un habitant pour vivre convenablement doit subvenir à d’autres besoins outre le logement : alimentaire, sanitaire…

            La solution qui s’impose à ces citadins est donc de trouver une situation proportionnelle à leurs moyens. Il y a en a qui finissent dans des chambres entassés à plusieurs, ou tout simplement dans des taudis qui reviennent moins chers.

            Le nombre considérable de la population urbaine limite également les prestations des services sociaux. Ces prestations sont meilleures dans les milieux ruraux où la population est en moins grand nombre.

            Selon l’ONU, « l’urbanisation de la pauvreté est un phénomène croissant : entre un quart et un tiers des foyers urbains dans le monde vivent dans une pauvreté absolue ».

            Des enquêtes ont montré qu’avec le même salaire, un individu vivrait doublement mieux à la campagne qu’en ville.

                        Hugues soutient que des stratégies doivent être adoptées pour améliorer les conditions de vie dans les villes, en particulier pour les pauvres. La lutte contre l’exode rural et le développement des campagnes doit être également renforcée. Il y va de l’intérêt de tout un chacun lorsqu’on voit à quel point la vie dans les villes devient dangereuse.

Nadia ZIBILILA

 
L’ouverture des péages fait grincer les dents aux usagers de la route

        Le gouvernement togolais a décidé lors du conseil des ministres tenu le 22 juin d’ouvrir les postes de péage construits sur les axes routiers il y a quelques mois. Ces postes de péage seront opérationnels à partir du 1er juillet pour, dit-on, produire des ressources additionnelles pour l’entretien du réseau routier togolais.

            Il s’agit des postes de Vodougbé à l’entrée d’Aného, le poste de Davié à l’entrée de Tsévié, le poste de Sotouboua et le poste de Sanguéra.

            Selon le communiqué, les véhicules légers devront payer à chaque passage 300 F, les minibus jusqu’à 15 places 400 F, les bus et autocars de plus de 15 places 1000 F et les véhicules lourds 2000 F.

           

Inquiétude au sein des populations

            L’annonce de l’ouverture des postes de péage inquiète énormément les populations qui, à cause de la conjoncture, n’arrivent pas à supporter les conséquences des récentes hausses du prix des produits pétroliers. Aujourd’hui, elles doivent faire face aux suites fâcheuses que va engendrer cette mesure.

            Un automobiliste qui fait plusieurs fois dans la journée un aller et retour Anèho-Lomé doit débourser une fortune au regard des tarifs au poste de péage.

            Les conducteurs de transport en commun qui sont excédés par les rackets des policiers, douaniers et autres syndicats sur les routes haussent déjà le ton en annonçant qu’ils vont réviser à la hausse les frais de transport. On s’achemine vers une pagaille dans ce domaine puisque aucune grille tarifaire des transports urbains et interurbains n’existe pas, chaque conducteur fixe ses tarifs au gré de ses humeurs. De plus, il n’est pas exclu que ces chauffeurs évoquent des prix aux postes de péage pour justifier des surcharges des passagers ou de marchandises qui constituent un danger pour les autres usagers de la route.

Des péages sur des routes qui n’existent pas

            Le réseau routier au Togo est dans un état de délabrement avancé. Les routes nationales sont toutes dégradées, deviennent impraticables à la moindre averse et abîment au passage les véhicules. Pour parcourir une petite distance, c’est tout un parcours de combattant. Et dire que c’est sur ces routes qu’on ouvre des péages, il n’y a qu’au Togo qu’on peut voir cela. Seule une mobilisation populaire peut amener les autorités à surseoir à cette mesure impopulaire.

K. AMETEPE

 
Gestion calamiteuse de la Coupe du Monde : Toute la bande à Rock doit démissionner!

            Après la débâcle de la CAN 2006, l’équipe de Rock Gnassingbé qui s’est réfugiée derrière les accusations portées contre Stephen Keshi, n’a pas mis longtemps pour se signaler. Au mondial en Allemagne, Rock Gnassingbé et les siens avec le fort renfort de ses médiocres de courtisans ont simplement humilié toute la nation togolaise, voire l’Afrique toute entière. Pour douloureux que soit cet épisode, il aura tout au moins le mérite d’étaler aux yeux du monde les vrais responsables des maux qui minent l’évolution du football togolais. A présent, il ne reste plus qu’une chose aux férus du football togolais : la démission des membres du bureau exécutif de la FTF.

            Les divergences autour des problèmes des primes de matches entre les Eperviers et la FTF, ont défrayé la chronique en Allemagne. Face aux revendications des joueurs avisés sur les masses d’argent encaissées par la FTF et ceux collectés par certains courtisans véreux du premier responsable de cette instance, Rock Gnassingbé et les siens ont étalé leur  incurie. Tout s’est passé comme s’ils manoeuvraient pour thésauriser la manne disponible et celle à verser par la FIFA, pour en faire des usages égoïstes, sur fond de l’habituelle opacité qui règne dans la gestion de cette seconde promise mi-temps. Mais à présent, tout est clair pour chaque Togolais. Les Togolais ont définitivement compris que le mal, c’est plus dans la façon dont Rock Gnassingbé conduit la FTF, qu’autre chose. Et c’est à ce niveau que les Togolais à défaut d’obtenir un acte fort de contrition devront pouvoir s’organiser pour l’exiger afin de sauver le football Togo.

Après leur élimination de la Coupe du monde, c’est en catimini et en rangs dispersés que les Eperviers rentrent au pays. Sans tambour ni trompette, sans protocole ni accueil populaire digne du rang d’ambassadeurs qu’ils sont et de la prestation qu’ils ont fournie, les internationaux rentrent. Peut-être pas tout à fait fiers d’eux-mêmes. Peut-être un peu  au regret d’avoir déçu des attentes légitimes. Peut-être même un peu remontés contre eux-mêmes pour s’être trop préoccupés à régler leurs comptes avec les dirigeants qu’à se concentrer sur la compétition. Mais c’est évident, les Togolais sont unanimes avec les observateurs les plus avisés en matière de football, pour reconnaître que pour des néophytes à ce niveau, les Eperviers ont été tout sauf  ridicules dans la défense des couleurs nationales et de la représentativité du continent. Chapeau donc aux Eperviers, même s’ils sont par pudeur et par respect pour le peuple, décidés à  rester discrets. Ils méritent largement qu’à un moment ou à un autre, on le leur témoigne.

            Evidemment, comme de coutume, le hic, c’est en dehors des prés dans la gestion de l’équipe et plus principalement dans la crise de confiance entre dirigeants et joueurs d’une part avec pour corollaire les manifestations médiatiques de déviance  et d’autre  part, la guéguerre entre dirigeants eux-mêmes. Plus qu’on ne s’y attendait, la délégation togolaise à la coupe du monde a défrayé la chronique, servant au passage de la matière à alimenter les réflexions et colonnes de négriers et autres afro pessimistes des temps anciens, plongeant toute la nation togolaise dans l’humiliation. Rock Balakyèm Gnassingbé et ses courtisans ont ainsi choisi de rentrer négativement dans l’histoire de la Coupe du monde, allant jusqu’à susciter la colère de responsables de la FIFA. Une des frasques de trop d’un président adepte d’un absolutisme qui n’a pas sa place dans ce domaine par excellence de fair-play et de convivialité. Paradoxe des paradoxes, pendant que sur le terrain le Togo, par un geste de Tchangaï envers son adversaire donne un exemple de fair-play, en dehors entre les Togolais, c’est quasiment la guerre.

Augustin AMEGA

 

 

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