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Canard Indépendant

3 juillet 2006

[ 101: du 30  juin 2006]
BAC II 2006  Les professeurs boycottent la correction
 
 

Le dernier examen qui sanctionne la fin de l’année, le BAC II s’est déroulé du 19 au 23 Juin sur toute l’étendue du territoire togolais. Plus de 27 000 candidats toutes séries (enseignement technique et général) confondues ont composé et attendent les résultats qui doivent tomber normalement autour de 15 Juillet. Seulement voilà, les chances que les candidats aient les résultats à cette date s’amincissent.

            En effet, convoqués le mercredi 28 Juin dernier à 7 h 30, les correcteurs venus des quatre coins du Togo se sont retrouvés au Lycée de Tokoin, le lieu de rassemblement et de correction. Après les instructions et informations des autorités de l’office du bac, les correcteurs se sont retrouvés par matière. Ceux qui doivent corriger les épreuves de l’enseignement technique se sont dirigés vers le CEG Tokoin  Centre.

            Dans les rangs, les correcteurs se posent des questions telles que : « cette année, on ne va pas augmenter les primes de correction» ? Ou encore « on a appris que cette année c’est 50.000 F ? » « Pourquoi ils n’ont rien dit ? » etc.

            Spontanément un groupe des professeurs de philosophie est constitué pour rédiger une pétition. Le syndrome a atteint les autres unités. Immédiatement les professeurs ont sursis aux travaux.

            Le lendemain 29 pour donner un cachet intellectuel au mouvement, le groupe de philo spontanément constitué, a été rejoint par d’autres membres des autres unités. Ils ont adressé une pétition à Monsieur le directeur de l’office du BAC en ces termes :  

Lomé, le 29 Juin 2006

A

Monsieur le Directeur de

l’Office du BAC-Lomé 

Monsieur le directeur,

Nous, signataires de la présente correcteurs des épreuves de l’examen du Baccalauréat 2ème partie des Enseignements général et technique toutes commissions confondues, posons les revendications suivantes :

1-  L’augmentation de nos primes de corrections que nous voulons voir passer de trente mille (30.000 F) à cent mille francs (100 000 F).

2- L’allocation d’une prime de séjour de quarante mille francs (40.000 F) aux correcteurs de l’intérieur.

3- La révision de la grille kilométrique de 20 F à 60 F par Kilomètre pour les correcteurs venant de l’intérieur au titre de frais de voyage. Et une allocation forfaitaire de déplacement en ville de dix mille francs (10.000 F) pour tout correcteur.

4- L’augmentation des primes d’oral de 5 000 F (cinq mille) à 10.000 F (dix mille) à payer immédiatement.

5- Une prime de 5000 (cinq mille) pour la vérification des notes (Délibération) aussi à payer immédiatement.

Nous subordonnons le démarrage des travaux de correction à la satisfaction de ces points de revendications.

Les autorités rectorales et de l’office du BAC ont reconnu la légitimité et ont fait savoir qu’ils vont rendre compte aux ministres.

« Nous ne réclamons pas 101.000.000 (allusion aux Eperviers) dit Michel, professeur de SVT, venu de Pagouda. Nous voulons seulement 100.000 F et c’est légitime. Le voyage de Pagouda-Lomé-Pagouda ; le séjour à Lomé durant plus d’une semaine ; les va et vient à Lomé tout ça là, revient cher ! Et 100.000 c’est vraiment le minimum ». Même son de cloche chez Mohamed, professeur d’anglais venu de Sokodé : « l’office du BAC nous vole. Il est temps que ça cesse ».

Visiblement, les correcteurs sont déterminés à avoir satisfaction avant de reprendre les travaux qu’ils ont suspendus.

Il faut signaler que les primes en vigueur datent de près de 10 ans à l’heure où le litre de carburant coûtait à peine 300 FCFA. Aujourd’hui, les tarifs de transport ont presque triplé ; de même que le coût de la vie.

Jean-David MESSANGAN

 

 

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