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Canard Indépendant

28 mai 2007

[ 144 :  du 25 mai 2007]  
Congrès statutaire de la FTF : Un revers pour Tata Avlessi

La Fédération Togolaise de Football (FTF) s’est dotée de nouveaux statuts au sortir du congrès extraordinaire du 22 mai 2007, à l’hôtel Mercure Sarakawa de Lomé. Les 82 articles de ces statuts désormais conformes aux  standards de la FIFA ont été adoptés dans un climat de vive tension soutenue par des débats très houleux durant les 10 heures de travaux. L’article 23 adopté par un vote à bulletin secret et l’article 81 laissé à l’arbitrage de la FIFA, ont été  le tournant décisif de ce congrès au cours duquel le tombeur de Rock Gnassingbé au congrès électif du 09 janvier 2007, a été désillusionné.

Le congrès a failli capoter
Deuxième étape des recommandations contenues dans la feuille de route de la FIFA  pour sortir le football togolais de ses crises répétées, le congrès extraordinaire statutaire du 22 mai a eu du mal à se tenir. La crise au sein du Bureau Exécutif de la FTF et la décision personnelle et impopulaire de Tata Avlessi de suspendre jusqu’à « nouvel ordre » trois cadres des Eperviers, ont pollué l’atmosphère déjà délétère entre les clubs, les ligues et la fédération. La position braquée des uns et des autres a failli faire capoter le congrès à ses débuts.

Certains délégués, dont ceux de Maranatha, évoquant le non respect des délais de convocation du congrès et la non validation des statuts par la FIFA, ont purement et simplement proposé un report des assises. Le congrès n’a pu se poursuivre que grâce à la détermination et à la subtilité du ministre Bernard Walla dirigeant les travaux. « Ce congrès est exceptionnel et il ne peut être convoqué que dans ces conditions », a souligné le ministre Walla. Sa prière du début de séance, implorant l’assistance et l’éclairage du Seigneur et sa mise au point invitant les uns et les autres à dépassionner les débats, n’ont pas empêché les échauffourées pendant l’étude et l’adoption des statuts, article par article.

Le vote de l’article 23 ou la désillusion de Tata
Si les débats ont été souvent très houleux pour l’adoption de chacun des 82 articles des statuts de la FTF, l’article 23 a été le seul dont l’adoption a nécessité un vote à bulletin secret. L’alinéa c de l’article 23 propose l’élection du président seul et l’article 33 précise que les autres membres du bureau exécutif sont nommés par le président. Cette proposition soutenue par le président Tata Avlessi n’a pas reçu l’assentiment des délégués qui en ont fait deux autres ; l’élection d’une liste bloquée des membres du BE et l’élection de chaque membre du BE. Les 51 délégués ont été appelés à voter pour les trois propositions. Ainsi les délégués ont opté pour l’élection de chaque membre du BE. La proposition de Tata Avlessi n’a totalisé que 8 voix sur les 51. Les 24 qui l’ont porté sur le fauteuil présidentiel au congrès du 09 janvier lui ont tourné le dos. Sa popularité est sérieusement entamée malgré la tournée de séduction effectuée à travers tout le Togo, à coup de billet de banque et de matériel sportif dans le mois d’avril. Il doit plutôt revoir sa méthode de gestion de la FTF s’il veut toujours compter sur ses électeurs. La décision de lever la sanction contre les trois cadres des Eperviers deux jours après le congrès prouve-t-il qu’il a perçu ce message ? L’avenir nous le révélera.

L’article 81 laissé à l’arbitrage de la FIFA
Les dispositions transitoires de l’article 81 permettent au BE issu du congrès électif du 09 janvier de se maintenir en place jusqu’à la fin de son mandat sans chambouler sa structure et son fonctionnement. Mais cette proposition de la commission ne satisfait pas le président Tata Avlessi pressé de régler les comptes avec son Secrétaire Général Espoir Assogbavi, qu’il souhait remplacer le plus rapidement que possible. Malgré les efforts de M. Dobou pour faire adopter l’une des deux propositions, la troisième du délégué de Togo Télécom pour une nouvelle élection dans les deux prochains mois étant écartée, aucun consensus ne s’est dégagé. Alors seule la proposition de se conformer à la décision de la FIFA sur l’avenir de l’actuel Bureau Exécutif a été acceptée par les délégués. Tata ne peut pas pour l’instant nommé un Secrétaire Général pour remplacer Espoir Assogbavi qualifié de dissident et Tino Adjété qui lui est pourtant resté fidèle.

Michel ADJAVOIN

 
Eliminatoires  CAN 2008 : La FTF lève la sanction de Shéyi et consorts , Des cadres menacent toujours de boycotter
Tirant leçon du déroulement du congrès statutaire, Tata Avlessi Adaglo, a décidé de lever la sanction prise contre 3 cadres des Eperviers. Mais du côté des joueurs, on maintient la menace de boycott du match contre la Sierra Leone.

De source proche de la Fédération Togolaise de Football (FTF), le président de cette institution Tata Avlessi Adaglo, a signé hier, une décision portant levée de sanction contre Adébayor Shéyi, Cougbadja Kader et Nibombé Daré. C’est à l’issue de la rencontre entre le Togo et la Sierra Leone, comptant pour la 3ème journée des éliminatoires de la CAN 2008, remportée par les Eperviers sur la marque de 3 à 1, que les trois cadres ont été suspendus « jusqu’à nouvel ordre pour indiscipline caractérisée ».

            Les Eperviers avaient exigé de la FTF, le versement du reliquat des primes de participation à la Coupe du monde, estimé à 30 millions F CFA par joueur.

            De source proche des joueurs, les trois cadres de la sélection ne seraient pas disposés à rejoindre la sélection nationale, malgré la levée de la sanction.

            Outre ces trois joueurs, d’autres cadres comme Tchangaï Massamaesso, Agassa Kossi ne seraient toujours pas prêts à rallier la sélection.

            Les supporteurs de la sélection redoutent une déchéance à Freetown en cas d’un boycott des principaux cadres de la sélection. Ils souhaitent donc que les cadres des Eperviers fassent abstraction des bourdes de Tata Avlessi Adaglo, pour aller défendre les couleurs nationales.

            Pour l’instant, dans l’attente de voir les joueurs revenir à de meilleurs sentiments, le sélectionneur national Stephen Keshi, a reporté sur aujourd’hui, la publication de la liste définitive des joueurs convoqués pour le match du 02 juin à Freetown.

Augustin AMEGA

 
Arrestation en Belgique de Charles Debbasch : Guéguerre entre le conseiller de Faure Gnassingbé et M. de Bonnecorse

L’arrestation la semaine passée du conseiller juridique du Président de la République, Faure Gnassingbé, en Belgique a fait grand bruit à Lomé. Informés de cet épisode, bien de Togolais se sont demandés comment le Chef de l’Etat, peut avoir pour conseiller juridique, un délinquant, qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Rappelons que Charles Debbasch, qui jouit d’une immunité diplomatique grâce à sa détention d’un passeport diplomatique togolais, a été condamné à défaut, à 2 ans d’emprisonnement dont un avec sursis, en mai 2005, par la cour d’Appel d’Aix-en-Provence, pour « détournement d’œuvres du peintre Victor Vassarely ».

Charles Debbasch a été interpellé le mercredi 16 août 2007, à l’aéroport de Bruxelles puis remis en liberté surveillée avec interdiction de quitter la Belgique. Agé de 69 ans, il a été appréhendé alors qu’il s’apprêtait à décoller pour Lomé.

Pour l’ancien doyen de l’université d’Aix-Marseille, cette arrestation est la conséquence d’une « initiative étrange et qui semble en tout cas illégale », dont l’auteur n’est autre de l’ex Monsieur Afrique de l’Elysée, Michel de Bonnecorse.

Une autre guéguerre entre des membres influents mais aux intérêts divergents au sein des réseaux françafricains ? Toujours est-il que les deux hommes se sont expliqués sur RFI.

 
Voici la transcription du reportage diffusé par Radio France Internationale le 18 mai 2007

C’est à la suite d’un banal contrôle de la police des frontières que Charles Debbasch a été interpellé à l’aéroport de Bruxelles. Le conseiller juridique de Faure Gnassingbé s’apprêtait alors à partir pour le Maroc. Aussitôt informée de cette arrestation, l’ambassade du Togo en Belgique, selon nos informations, est intervenue pour rappeler aux autorités Belges que l’ancien doyen de la fac de droit d’Aix en Provence bénéficie d’une immunité diplomatique. Reste que pour Charles Debbasch, la raison de sa rapide libération est ailleurs.

Interview de Charles Debbasch
«
Moi, j’ai argué de la nullité du mandat d’arrêt, moi je suis fidèle aux règles juridiques, je suis professeur de droit et je trouve ahurissant que la république française se comporte parfois comme un état bananier, et qu’un mandat d’arrêt qui a été régulièrement levé par l’autorité judiciaire ait été rétabli sur l’ordre d’un personnage qui était alors à l’Elysée et qui n’y est plus aujourd’hui. C’est Monsieur de Bonnecorse, un de mes anciens étudiants d’Aix en Provence.»

L’ancien patron de la cellule Afrique de l’Élysée dément les accusations de Charles Debbasch et assure qu’il s’est contenté d’alerter les autorités compétentes sur les incohérences de cette affaire.

Interview de Michel de Bonnecorse
«C’est la machine judiciaire qui l’a décidé et je ne suis pas intervenu. En revanche, on était dans une situation de paradoxe puisque la justice française avait délivré un mandat d’arrêt international et qu’en même temps, un juge d’application des peines permettait à Monsieur Debbasch de venir à Paris. Donc Monsieur Debbasch pouvait être arrêté à l’étranger et il circulait librement en France, donc l’affaire a été signalée au cabinet du garde des sceaux qui a mis bon ordre.»

Par vous-même ?
Michel de Bonnecorse : «L’affaire a été signalée par moi-même, oui. Togo.»

Transport : Bientôt la vérité sur la disparition d’un avion privé togolais
Dans notre parution N° 136, du 23 mars 2007, dans un article intitulé « Disparition mystérieuse d’un avion et deux sud-africains : l’Afrique du sud interpelle les autorités togolaises », nous faisions état de la disparition de cet aéronef.

C’était le samedi 24 février 2007, que la disparition de l’avion à bord duquel se trouvaient les sieurs Antony MEYER, mécanicien et Thomas STEYN, pilote, a été constatée au-dessus de Port Harcourt au Nigeria. Selon certaines sources, les deux sud africains étaient également détenteurs d’autres passeports.

L’avion était attendu à l’aéroport de Douala, au Cameroun. D’après nos informations, les deux sud-africains étaient en mission au Togo, pour réparer et rapatrier en Afrique du Sud, un avion Sencca PA 34. On sait désormais qu’il y avait en tout 6 personnes à bord.

C’était la tour de contrôle de l’aéroport Muritala Mohamed de Lagos qui, en dernier a été en contact avec l’appareil avant sa disparition.

D’après un article du confrère « Angola-press » (lire ci-dessous), l’épave du jet privé vient d’être découverte par un chasseur camerounais. Cette trouvaille pourra permettre bientôt d’en savoir sur les occupants du jet privé, et les raisons du crash.

Augustin AMEGA

 

 

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