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Canard Indépendant

05 mai 2007

[ 141 :  du 04 mai 2007]  
Célébration de la fête de l’indépendance : Les infrastructures et la fausse note
 Les Togolais ont célébré le 27 avril dernier le 47 anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale. Les festivités se sont déroulées à Dapaong, Chef-lieu de la Région des Savanes marquant ainsi le début d’une célébration rotative de la fête de l’indépendance.

            Pour cet évènement qui se déroule pour la première fois à Dapaong,  les populations se sont mobilisées afin de donner un éclat particulier à la fête. La ville avait fait sa toilette. Certains axes routiers ont été bitumés et des infrastructures inaugurées.

            Le ton de la manifestation a été donné la veille par une course populaire dénommée «  Réconciliation sans frontières » et une retraite au flambeau à travers certaines artères de la ville. Ces manifestations ont connu leur épilogue avec un important défilé militaire et civil en face des bureaux de la préfecture de Dapaong. Il a mobilisé dans une liesse populaire les différents corps de l’armée ainsi que les couches socioprofessionnelles et culturelles de notre pays. C’était en présence du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé, du Premier ministre Me Yawovi Agboyibo, des membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée nationale, du corps diplomatique, des personnalités administratives, religieuses, traditionnelles…

La commémoration du 47e anniversaire de la fête de l’indépendance à Dapaong devrait permettre à cette ville de bénéficier des retombées directes surtout dans le domaine des infrastructures immobilières mais tel n’a pas été le cas. La ville n’était pas prête à accueillir l’événement d’autant plus que certaines infrastructures mises en chantier n’ont pas été achevées mais inaugurées en l’état. C’est le cas notamment du marché moderne de la ville. Bien que cet édifice soit inauguré, on a vu les ouvriers s’activer autour de l’ouvrage pour l’achever dans les meilleurs délais.

L’axe routier central de la ville en face des bureaux de la préfecture où s’est déroulée la parade militaire et civile se trouve un rond point dont la construction est à peine entamée. Le grand hôtel aussi  n’est pas terminé. Conséquence : la ville n’a pas eu d’infrastructures d’accueil dignes de ce nom. La plupart des membres du gouvernement et d’autres personnalités ont été contraints d’aller passer la nuit à Kara.

« La fête de l’indépendance célébrée chez nous devrait permettre aux hôtels de réaliser de bons chiffres d’affaires. Mais nous manquons d’infrastructures. Notre ville n’a qu’un grand hôtel qui est d’ailleurs en construction. L’Etat doit penser à cela et doter Dapaong d’infrastructures de sorte que lorsqu’il y aura des évènements de telle envergure, la ville puisse bénéficier de retombées », nous a confié un enseignant. Il a regretté le fait que leurs hôtes qui étaient là la veille de la célébration soient repartis pour revenir le lendemain faute de centres d’accueil.

            Cependant, il faut souligner que certaines constructions ont pu être réalisées. Dans le  secteur de la santé, un hôpital doté de maternité et de laboratoires est construit dans l’enceinte du centre Régional Hospitalier (CHR) de Dapaong. Il a été inauguré le 27 avril. Les populations de Dapaong se réjouissent de cet hôpital qui va leur faciliter l’accès aux soins de santé. « La santé est devenue un luxe pour nous et seules les personnes qui ont les moyens se soignent. Ce qui nous préoccupe plus est qu’on puisse avoir accès aux soins de santé quand on tombe malade. Cet hôpital va nous offrir des soins de santé adéquats », s’est réjouie une dame.

            D’autres édifices ont été également construits. C’est le cas du siège régional de la Banque Togolaise du Commerce et d’Industrie (BTCI) qui a été inauguré la veille de même que le Village d’enfants SOS de Dapaong.

Un fait marquant : l’hélicoptère du Président de la République Faure Gnassingbé qui s’est posé dans la ville non loin du lieu du défilé a mobilisé une foule nombreuse. Jeunes femmes, enfants ont déserté quelques instants le lieu du défilé pour aller admirer l’appareil présidentiel.

K. AMETEPE

 
Tournée du leader de l’UFC : Gilchrist du mythe adulé à l’opposant ordinaire

Depuis vendredi 27 avril, l’Union des Forces de Changement avec à sa tête son président national Gilchrist Olympio est en tourné dans le pays. Ce périple qui a commencé par Kpalimé où la délégation a célébré, à sa façon, le 47e anniversaire de l’accession à l’indépendance du Togo l’a conduite à Dapaong, Mango… et devra se terminer  dimanche 06 mai à Lomé par des étapes à Vogan Akoumapé, Hahotoé, Tabligbo demain samedi. Visiblement, Gilchrist devrait boucler avec succès sa tournée nationale au cours de laquelle il appelle la population à voter massivement pour son parti à l’occasion des consultations électorales à venir. Mais si dans la forme le périple de l’opposant historique au pouvoir Gnassingbé est en voie d’être un fiat marquant car exempt d’attaque (cas de Soudou le 05 mai 1993) ou d’accident (comme ce fut le cas lors de leur retour à Lomé, après une tournée à Atakpamé en début février dernier), dans le fond cela présente selon certains des  résultats mitigés.

            D’abord, l’accueil réservé à l’homme,  dans le Kloto, au-delà des discours partisans, est révélateur d’un nouvel état d’esprit au sein des populations. En effet, il est vrai que des gens se sont déplacés pour voir le leader de l’UFC. Mais pour qui connaît l’homme, l’aura dont il jouissait auprès du peuple  le bain de foule qui le suivait au départ du processus démocratique en cours, n’a rien de comparable avec celui qui l’a suivi vendredi. D’anciens militants de l’UFC interrogés à Akpadapé samedi 28, font des aveux troublants. « Le mythe Olympio n’est plus ce qu’il était en 1993, 1998 et même 2003. ». Pour eux, « une certaine lassitude aux origines inconnues s’est emparée de la population et la présence de ce monde à l’accueil de ce nationaliste togolais était plus le fruit d’un désir d’aller voir cet homme et le connaître que celui de militer pour ce parti ». Ce que confirme d’une manière ou d’une autre un paysan rencontré dans la foulée. « Je suis fatigué des hommes politiques » nous a-t-il déclaré avant de renchérir. « Nous avons perdu notre temps à nous créer des problèmes à cause de cette affaire de l’UFC. Aujourd’hui, je n’en veux plus. Qu’il y ait un Olympio au pouvoir ou un Gnassingbé et encore moins un Agboyibo, ce n’est plus mon affaire. Ce qui, désormais m’intéresse, c’est la pluie et mes cultures ».

De ces interventions, découlent deux observations. La première est celle selon laquelle la population a perdu de son engouement pour la chose politique dû vraisemblablement aux multiples résultats truqués, sans répondant.

            La seconde, et la plus inquiétante pour l’Union des Forces de Changement est cette éventuelle perte de popularité auquel le leader est en proie. Pour la majorité des gens rencontrés dans la foulée du passage de l’homme à Kpalimé, il ressort que l’UFC, n’ayant pas rassuré jusqu’ici que les élections à venir ne feront plus objet de fraudes, il serait inutile d’aller voter quand on sait que le RPT est là et est prêt à s’appuyer sur l’armée pour s’approprier la victoire. Même si, parlant de cette armée à Kpalimé, Olympio disait le 27 avril qu’« actuellement, il leur est enseigné la protection et la défense de l’intégrité territoriale en cas d’attaque extérieure….. et non de tirer sur les populations civiles…et que cela constitue un changement de fond survenu dans notre pays, qui nous réconforte et qui nous donne l’espoir de retourner aux urnes avec succès », le degré de psychose de la population est si grand que ces simples discours sont loin d’être suffisants pour rassurer.

            Pour beaucoup d’autres observateurs aujourd’hui, le mythe qui faisait de lui l’homme le plus populaire de la classe politique togolaise est en train de s’effriter. On estime que son passage au Togo ou dans une quelconque autre ville du Togo est désormais perçu comme celui des autres opposants ordinaires tels Léopold Gnininvi, Yawovi Agboyibo Edem Kodjo… puisqu’il arrive à effectuer une tournée électorale comme l’actuelle sans être inquiété or ce n’était pas imaginable il y a 10 ou 15 ans. Cette liberté retrouvée de l’homme, selon ceux-ci, a volé en éclat le mythe qui faisait la popularité du parti et l’UFC a alors intérêt à réinventer de nouvelles stratégies politiques si vraiment elle souhaite pérenniser son aura au sein de la population.

            Tout semble pour le moins indiqué que les responsables de l’UFC, en sont conscients. Comme le RPT, ils ont fait convoyer de Lomé, des militants pour masquer le désintérêt et le peu d’enthousiasme cette fois-ci, manifestées par les populations aux passages de Gilchrist Olympio

L.R

 
Tribulations des barons du RPT à la veille des législatives : Dama Dramani contesté par les populations à Tchamba

Les primaires imposés au RPT par  Faure Gnassingbé dans le cadre des prochaines législatives causent des problèmes à ce parti qu’ils n’en résolvent. Certains barons qui ont fait feu de tout bois pour se faire élire s’exposent à présent à la vindicte populaire.

L’ancien Secrétaire Général du RPT M. Dama Dramani qui, semble avoir opéré un passage en force lors de ces élections à Tchamba, s’attire les foudres des militants de base qui veulent voir de nouvelles personnes représenter le parti dans la région. Les jeunes sont révoltés et n’entendent pas se laisser faire. L’ex-S.G du RPT ne tardera pas à subir la colère des jeunes de Tchamba.

            Le 25 avril dernier, M. Dramani a été proprement humilié par le président des supporters de Koroki de Tchamba. Revenant des cérémonies de Kigbeleng à Kara, M. Dramani a croisé à Tchamba une délégation de la FTF qui faisait une tournée. Il s’est alors arrêté  pour saluer le président Tata Avlessi et sa suite. L’ordre lui a été donné par le supporter de l’équipe de Tchamba de remonter dans sa voiture et de partir. « Nous sommes ici pour le football pas pour le RPT ; va, attendre le président chez toi », lui somma-t-il. Sans dire un mot, M. Dramani s’exécuta et partit. Tout le monde était ahuri devant la scène qu’on venait de vivre en live.

            On apprendra plus tard que c’est à coups de pierres qu’il a été chassé dans la ville. Et il n’a eu son salut qu’en allant se réfugier chez le Général Séyi Mèmène  à Sokodé.

K.A

 
Football : Tata Avlessi sous une menace de sanction de la CAF
Le dossier de corruption des arbitres lors de la CAN-U17  à Lomé vient de rebondir. Un arbitre togolais vient d’être sanctionné. Tout porte à croire que le président de la FTF également risque une sanction dans ce dossier.

           Lors du second match disputé par les Eperviers Cadets à Lomé contre la Tunisie, le public est sorti des stades furieux. Il a par ailleurs violemment manifesté sa colère à la fin de la rencontre en jetant des projectiles contre les officiels. Le Togo avait été battu par 3 buts à 0.

            L’arbitre central et ses deux assistants ont passé le temps durant le match à se contredire. Dans cette cacophonie, un but matinal régulièrement inscrit par Saïbou Safiou ainsi qu’un penalty en 2ème mi temps ont été refusés aux Togolais. Dans l’ensemble, l’arbitrage a pénalisé le Togo et négativement influencé le déroulement du match côté togolais.

Les raisons de la cacophonie

            Aujourd’hui, on en sait un peu plus sur les raisons de cette cacophonie. De source digne de foi, on explique cette situation par le fait que les deux assistants aient refusé de se faire corrompre par de l’argent que  l’arbitre central leur aurait proposé de la part du président de la Fédération Togolaise de Football (FTF).

            De source proche du dossier, l’argent aurait été remis à l’arbitre gambien par un de ses collègues togolais qui se serait présenté comme étant en mission pour le compte de Tata Avlessi Adaglo de Mass.

            Selon la même source, les deux arbitres assistants auraient refusé l’offre. A la fin du match, un autre arbitre togolais se serait allé s’assurer auprès des assistants, si l’arbitre central leur avait transmis leur enveloppe de la part du président de la FTF. C’est alors que les arbitres assistants ont saisi un membre de la commission des arbitres de la CAF.

Deux aveux et deux reniements

            Selon nos informations, recoupées auprès d’une source proche du dossier, un des arbitres togolais impliqués dans le dossier, avocat de son état, ainsi que l’arbitre central, ont reconnu les faits. Une perquisition effectuée dans la chambre d’hôtel de l’arbitre gambien, aurait permis la découverte de deux enveloppes, contenant des montants qui n’ont pas été révélés.

            Par contre, le second arbitre togolais impliqué, et qui serait celui qui aurait remis les enveloppes au nom de Tata Avlessi Adaglo de Mass à l’arbitre avant le match Togo contre Tunisie, aurait nié les faits.

            Le président de la FTF, principal accusé dans cette opération de corruption d’arbitre, aurait lui également nié en bloc. Il aurait été auditionné à cet effet par un membre du Comité Exécutif de la CAF, en la personne du Malien Diakité.

Le temps des sanctions

            A un moment donné, la presse togolaise avait fait écho de cette affaire. Mais très tôt, un block out total a été levé sur le dossier. « Ça c’est arrangé lors du passage de Issa Hayatou à Masséda. Les généraux (NDLR : Séyi Mèmène et Zoumarou Gnonfame) ont calmé les choses », nous avait confié un proche de l’exécutif de la FTF.

            Mais vraisemblablement, le dossier est loin d’avoir été enterré ou du moins, il vient à nouveau d’être exhumé.

            En effet, selon nos informations, l’arbitre togolais qui aurait remis les enveloppes à l’arbitre gambien, vient d’écoper d’une « suspension jusqu’à nouvel ordre » de la part de la commission des arbitres de la CAF.

            L’instance dirigeante du football continental serait actuellement en réunion à Paris. « D’importantes décisions pourraient être annoncées à l’issue de la réunion de la CAF à Paris », nous a confié hier un ancien dirigeant du football togolais.

            Ces sanctions pourraient frapper Tata Avlessi Adaglo de Mass. « Dans de pareils cas de figure, la CAF généralement décide de mettre le dirigeant fautif en retrait de la direction des affaires jusqu’à ce que la lumière se fasse », a indiqué notre interlocuteur qui a requis l’anonymat.

Une nouvelle ère de branle-bas à la FTF ?

            Pour certains, la CAF n’hésitera pas à « broyer » Tata Avlessi Adaglo. « En allant soutenir Jacques Anoumah à Abidjan, alors que la veille il avait donné des assurances à ses parrains qui l’ont porté à la tête de la FTF, qu’il ira à Accra, il (NDLR : Tata Avlessi) s’est mis à dos l’un de ses parrains ainsi que la puissante tendance proche du Président de la CAF », analyse un responsable d’un club de D1.

            De toutes les façons, l’assemblée extraordinaire annoncée pour le 22 mai 2007, prenait déjà des allures d’une assemblée élective. Face aux bourdes de Tata Avlessi Adaglo, qui brille par une dérive présidentialiste, plusieurs associations membres de la FTF, exprimaient déjà le souhait de voir cette échéance être non seulement celle de la refonte des textes, mais aussi, celle d’un renouvellement du Bureau Exécutif, mis en place il y a à peine 4 mois, mais qui se particularise à travers les conflits en son sein.

            Autre Epée de Damoclès qui plane sur l’avenir de Tata Avlessi à la tête de la FTF. La question de son agression physique sur le président de la Fédération Béninoise de Football Moncharaf Anjorin, en marge de la CAN-U17 à Lomé. La presse béninoise demande que le président de la FTF, soit puni pour « acte d’indiscipline caractérisée » pour ce fait. Qui a dit « indiscipline caractérisée » ?

Koffi AMEGA

 

 

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