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Les
principaux protagonistes de la crise togolaise seront
face à face ce matin, dans le cadre du dialogue
intertogolais. Inscrit au point 1.1 des 22 engagements
souscrits par le gouvernement togolais vis-à-vis de l’UE
le 14 avril 2004. Ce dialogue a commencé avant d’être
interrompu suite au décès du Général Gnassingbé Eyadema.
Ces
pourparlers représentent la 11ème d’une
série de dialogues initiés pour sortir le pays de la
crise sociopolitique qu’il traverse depuis bientôt 16
ans.
Outre
la mouvance présidentielle et l’opposition
traditionnelle (CAR, CDPA, CPP, PDR, UFC), on note la
présence de deux organisations (GF2D, REFAMPT)
représentant la société civile.
Les
travaux de ce matin démarrent sur fond de nombreuses
discordes entre le pouvoir et une partie de
l’opposition, sur l’ordre du jour, la composition, la
direction des travaux, la question de l’armée…
Quel ordre du jour pour le dialogue ?
Selon
certains partis de l’opposition, notamment le CAR, la
CDPA et l’UFC, le dialogue doit aborder toutes les
questions liées à la crise que traverse le pays depuis
bientôt 16 ans. Ces partis insistent en particulier sur
la question de l’impunité. En effet, de nombreux crimes
politiques qui ont endeuillé la nation togolaise restent
à ce jour impunis. A la suite du décès du Général
Gnassingbé Eyadema, une violence s’est déchaînée dans le
pays suite au coup d’Etat qui a porté au pouvoir son
fils Faure Gnassingbé.
Pire
encore, l’élection présidentielle qui a suivi a débouché
sur des violences généralisées. Les différents rapports
publiés sur ces violences chiffrent en moyenne à 150, le
nombre de morts. De nombreux concitoyens se sont
également réfugiés dans les pays voisins à la suite de
ces violences. Ces partis demandent qu’une suite
judiciaire soit donnée à ces violences. Les
commanditaires et auteurs de ces violences doivent être
démasqués et punis.
Le
pouvoir sans se montrer indifférent à la question de
l’impunité, semble dire qu’elle ne relève pas de l’ordre
du jour du dialogue. Pour le pouvoir et comme le prévoit
les termes de l’engagement 1.1, il s’agira d’œuvrer à
une amélioration consensuelle du cadre électorale en vue
de la tenue d’élections législatives avant la fin de
l’année. Le mois d’octobre est évoqué pour la tenue du
scrutin.
« Les 22 engagements représentent un cadre de réflexion
qui n’épuise pas les causes de la crise togolaise »
précise le ministre délégué à la coopération Gilbert
Bawara. En d’autres termes, les autres questions autres
que celles relatives à l’amélioration du cadre électoral
devront faire l’objet d’un dialogue permanent au sein
des institutions.
Une
composition contestée
La
composition des partis au dialogue telle que prévue, est
contestée par certains partis. Pour le CAR, la CPP et le
PDR ne doivent plus faire partie de l’opposition
traditionnelle. Les deux partis siègent au sein du
gouvernement d’union formée par Faure Gnassingbé à la
suite de son élection contestée à la présidence de la
République. Ce gouvernement d’union est dirigé par Edem
Kodjo, leader de la CPP.
Evidemment, la position du CAR est combattue à la CPP,
où on rappelle qu’il s’agit d’un gouvernement d’union et
non d’une coalition gouvernementale au pouvoir. Se
référant au cas de la Côte d’Ivoire, un militant du
parti de Edem Kodjo demande si les forces nouvelles de
Guillaume Soro sont de l’opposition ou non, malgré la
position du N° 2 de son leader au sein du gouvernement.
Soutiendrait-on que les partis de la coalition des
forces démocratiques (CFD) n’étaient plus de
l’opposition si le premier ministre avait été choisi en
leur sein ?
Autres
contestations, venant cette fois-ci des partis qui ne
prennent pas part au dialogue. Pour ces derniers, la
situation politique nationale a beaucoup évolué avec
l’émergence de nouvelles forces politiques. Ces partis
fustigent la composition actuelle du dialogue.
A
propos de l’exigence d’un médiateur…
L’UFC
continue par exiger la présence d’un médiateur pour sa
participation au « dialogue…le médiateur doit être
celui qui adossé à la communauté internationale, aura
l’obligation de résultat : celle d’amener les Togolais à
s’engager sur la voie de l’Etat de droit, de la
démocratie et des pratiques électorales saines, sans
immixtion répétée des forces de sécurité dans le débat
politique », soutient Patrick Lawson, 3ème vice-président
de l’UFC, dans une interview accordée au confrère
« Le Changement » dans son N° 019
L’UFC
lie par ailleurs la nécessité de la direction des
travaux du dialogue à la présence d’un médiateur, à la
cruciale question de l’impunité. « C’est le médiateur
par exemple qui doit nous aider à résoudre
définitivement la question de l’impunité, nous amener à
avouer, à faire l’acte de contrition nécessaire, à punir
s’il le faut, à réparer et à dédommager sûrement ceux
qui ont souffert de ces actes de barbarie, mais dont les
auteurs continuent à bénéficier de l’impunité. »
affirme M. Lawson. Ce dernier relève que l’UFC a proposé
le nom de quatre médiateurs en complément à ceux
proposer par la CDPA.
La
question de l’armée
La
question de la réforme de l’armée est pour l’UFC, un
préalable au dialogue. « A court terme, il faut que
les forces de sécurité cessent leur immixtion dans la
vie politique et acceptent de se soumettre à toute
autorité civile issue d’élections libres, transparentes
et démocratiques, en évitant de prendre fait et cause
pour un camp contre un autre. » a déclaré le 3ème vice-président
de l’UFC.
L’UFC
pense que le fait pour le pouvoir d’éviter la tenue de
réunions préparatoires sur le dialogue, constitue une
manœuvre pour contourner la question de la réforme de
l’armée.
Autant
de questions qui doivent être réglées pour un
aboutissement heureux du dialogue.
Augustin AMEGA
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