|
Comment
réagissez-vous sur les deux points?
S’agissant du lieu de la tenue du dialogue
intertogolais, je ne trouve pas d’inconvénient qu’il ait
lieu au Togo ou à l’extérieur. Le lieu du dialogue n’a,
à mon avis, aucune incidence sur la conscience des
parties au dialogue. Mais, si les Togolais pouvaient
s’imprégner de la petite expérience récente de la Côte
d’Ivoire, ils essayeraient de dialoguer au Togo et
devant le peuple togolais.
Mais, s’il s’avérait qu’on veuille
tenir un pré dialogue entre l’UFC et le RPT à Rome comme
nous avons eu à l’entendre, cela n’a aucun inconvénient
sauf que les autres partis politiques notamment la CDPA,
le CAR devaient être également représentés au même titre
que l’UFC même si c’est pour déblayer le terrain. Le
problème togolais n’est pas seulement entre le RPT et
l’UFC ou entre les familles GNASSINGBE et
OLYMPIO. Je voudrais féliciter le courage de
certains leaders de partis politiques qui ont enfin vu
juste en se prononçant aussi clairement sur la tenue du
dialogue intertogolais tant sur le lieu que sur la
médiation.
En ce qui concerne le choix du
médiateur, si les partis au dialogue sont conscients des
problèmes qu’ il y a dans notre pays; si les parties
audit dialogue mettent en avant l’intérêt général du
peuple togolais, le problème du médiateur extérieur
n’est pas une nécessité ; car le médiateur n’est pas
celui-là qui viendra pour imposer telle ou telle chose
mais plutôt pour aider au consensus et donner confiance
aux parties dans l’exécution des accords qui seront
signés. Cela peut se réaliser entre les seuls Togolais.
C’est d’ailleurs pourquoi, dans une récente interview
parue dans le journal « LE REPUBLICAIN »,
je me proposais comme médiateur en tant que fils du pays
et connaissant très bien tous les problèmes qu’il y a
dans notre pays. Aucun parti ne pourra me tromper sur
tel ou tel sujet de notre pays. Ainsi, les Togolais
entre eux, pourront se parler franchement.
Certains estiment que les 22
engagements, pris le 14 avril 2004, par le Togo
vis-à-vis- de l’UE sont déphasés. Quel est votre avis
sur la question?
En réalité, les 22 engagements ne
sont pas déphasés. L’application des 22 engagements
avait même commencé avec le Feu Président EYADEMA.
A la disparition de celui-ci, plusieurs évènements assez
regrettables ont eu lieu dans notre pays et méritent
d’être corrigés une fois pour de bon dans un cadre
politique en vue de la poursuite normale de
l’application des 22 engagements. A cela, s’ajoutent des
discussions devant permettre la vraie réconciliation.
Que proposez-vous comme solution
globale pour une sortie de crise au Togo?
Comme j’ai eu à le dire dans mes
différentes interventions sur le problème togolais, pour
une sortie de crise, les protagonistes doivent trouver
un consensus sur l’application des 22 engagements et les
actes concrets d’une vraie réconciliation nationale,
notamment la révision de la Constitution et du Code
électoral pour des élections ouvertes à tous, libres et
transparentes ainsi que d’autres décisions d’ordre
social entre autres, la suite à donner aux différents
rapports de 2005, le dédommagement des familles ayant
subi des dégâts lors des élections présidentielles
d’avril 2005, le problème des réfugiés togolais se
trouvant dans les deux pays voisins du Togo. Ce sont là
des actes d’application immédiate pour une sortie de
crise.
Cependant, je saisis l’occasion pour
dire aux autorités en place, aux leaders des partis de
toutes tendances confondues, de se mettre en tête que
c’est la dernière fois que certains partis politiques
négocient au nom de toute la classe politique togolaise
et que la prochaine fois, d’autres leaders politiques y
compris ma personne émergeront pour prendre part à
toutes autres négociations.
Il y a peu, vous avez déclaré votre
candidature à la prochaine présidentielle. Aujourd’hui,
vous résidez en Angleterre. Comptez-vous revenir au
pays,ou pensez -vous que le pouvoir est plus prenable de
l’extérieur?
Je ne vois pas, dans le cas du Togo,
quelqu’un qui peut prétendre prendre le pouvoir à partir
de l’extérieur. Actuellement, j’ai des obligations et
autres raisons qui ne me permettent pas de rentrer tout
de suite au Togo. Cependant, je confirme que je compte
revenir au Togo en 2008 pour la création du parti
politique devant m’investir comme candidat a l’élection
présidentielle de 2008. Ce sera sur l’échiquier
politique national, le parti le plus populaire et ce,
conformément aux articles 168, 169 et 170 du code
électoral. Je me prépare sérieusement puisque j’aurai
des adversaires de taille et j’entends remporter ces
élections quand bien même je serai le dernier venu sur
la scène politique togolaise.
On vous connaissait comme étant un
syndicaliste. Il se déroule au Togo, actuellement un
dialogue social. Pensez-vous que c’est un impératif pour
l’amélioration des conditions des travailleurs.
Avez-vous des échos de ces négociations. Ou avez-vous
coupé avec vos amis d’hier?
Je reste toujours syndicaliste
quand bien même j’ai aujourd’hui des ambitions
politiques. C’est parce que ma vision syndicale a
beaucoup évolué et je voudrais assurer à mes collègues,
des conditions de vie et de travail plus adaptées qu’ils
ne trouvent actuellement. Je ne voudrais plus être un
demandeur ou revendicateur de droits mais plutôt un
décideur ou un metteur en application des droits qui
sont reconnus aux travailleurs.
Aujourd’hui, le dialogue social est
quand même un impératif pour redonner au travailleur
togolais le goût du travail puisqu’il débouchera
sûrement sur des décisions applicables à court terme.
Mais, je dis que les décisions qui seront issues de ce
dialogue social ne seront que provisoires car en 2008,
je serai de retour au pays avec des propositions très
pertinentes dans le sens de l’amélioration des
conditions de vie et de travail des travailleurs
togolais qui méritent mieux.
Aussi, même étant très loin de mon
pays, je suis très informé sur l’évolution des
négociations en cours dans le cadre de ce dialogue
social qui, je le souhaite, doit nécessairement être un
succès pour les travailleurs. Cela participera aussi a
coup sûr à la réconciliation nationale tant souhaitée.
C’est aussi le lieu pour moi de
présenter toutes mes félicitations et encouragements à
tous mes camarades leaders syndicalistes de toutes les
organisations syndicales qui continuent de se battre
pour les conditions de vie et de travail des populations
laborieuses.
Propos recueillis par La Rédaction |