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Récemment,
les réfugiés togolais au camp d’Agamé au Bénin ont fait
l’objet de violences de la part des populations
autochtones. De nombreuses voix ont à la suite de ce
drame, interpellé le gouvernement. C’est probablement
compte tenu de cela, que le Premier ministre Edem Kodjo,
qui dès le départ s’est montré sensible aux problèmes
des réfugiés, vient de prendre une décision pour inciter
certains réfugiés à revenir au bercail.
En effet,
dans une « lettre circulaire », le Premier
ministre Edem Kodjo a « instruit fermement » le
commandant de la gendarmerie, le directeur général de la
police, ainsi que le parquet « d’abandonner
instamment toutes poursuites diligentées ou à diligenter
à l’encontre de toute personne présumée auteur
d’infractions ou de délits étroitement liés à l’élection ».
Selon M.
Kodjo en visite en France, il s’agit d’une décision qui
va dans un « souci
d’apaisement totale et de réconciliation nationale, afin
de favoriser le retour des réfugiés et des personnes
déplacées suite aux événements survenus avant, pendant
et après l’élection du 24 avril 2005 ».
Le Togo
compte près de 40 000 réfugiés au Bénin et au Ghana, à
la suite des violences qui ont émaillé le scrutin
présidentiel du 24 avril 2005. Ces violences ont fait
plus de 100 morts et de nombreux blessés.
Beaucoup de
réfugiés disent avoir fui le pays, pour échapper à la
mort. Certains craignent d’avoir à répondre de leurs
actes pendant cette période, devant la justice. La
décision du Premier ministre n’est cependant pas
applicable aux auteurs présumés « de crime de sang »,
qui figurent dans les deux camps. Cette délicate
question devra trouver son dénouement dans le cadre du
dialogue politique, prévu pour rassembler la mouvance
présidentielle, l’opposition traditionnelle et la
société civile.
Cette
décision a été variablement accueillie par les réfugiés
ainsi que les organisations de défense des droits
humains.
Depuis un
moment, suite aux discours de réconciliation que
tiennent les autorités, on a enregistré des retours
volontaires de certains réfugiés, qui ont été pris en
charge par une structure mise en place à cet effet par
le gouvernement. Certains des réfugiés contre lesquels
étaient engagés des poursuites, ont été arrêtés puis
déférés en prison.
Augustin AMEGA |