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Le 08 mars de chaque année, est célébrée la journée
internationale de la femme. C’est l’occasion pour toutes
les femmes du monde de faire le bilan de leur
évolution, de formuler des doléances, de faire des
propositions. L’origine de cette célébration remonte à
il y a persque deux cents ans lorsque le 08 mars 1857,
des femmes de l’industrie vestimentaire américaine se
sont soulevées pour protester contre la discrimination
salariale. Pour le même travail, les hommes sont plus
voire doublement rémunérés que les femmes.
Cinquante-trois ans plus tard en 1910, Clara Zetkling
consacre le 08 mars journée de la femme lors de la
conférence des femmes socialistes à Copenhague. En 1976,
vingt-cinq ans après Clara Zetkling, l’Organisation des
Nations Unies (ONU) adopte le 08 mars et cette date
devient la journée internationale de la femme. Le thème
retenu pour cette année est « Les femmes dans la
prise de décision, relever les défis et promouvoir le
changement ». Les raisons du choix de ce thème sont
les progrès limités enregistrés dans le domaine de
l’implication des femmes dans la prise de décision. Il a
été sélectionné parmi des thèmes comme la pauvreté,
l’éducation, la formation, la santé, l’économie,
l’environnement, les médias, les conflits.
Au Togo, plusieurs manifestations ont marqué la
célébration de cette journée. La ministre de la
population, des affaires sociales et de la promotion
féminine Kagni Sokpo Diallo a débuté son programme avec
une sensibilisation des femmes du marché de Nukafu sur
les questions de genre. Emma, commerçante dans ce marché
et qui a suivi l’intervention de la ministre tient ces
propos « Elle est venue avec un message très
encourageant. Elle nous a fait comprendre qu’on a
maintenant une femme chef d’Etat en Afrique, des femmes
ministres, députés, maires…, bref des femmes à tous les
postes de responsabilité. Mais pour une classe qui
représente la majeure partie de la population, nous
sommes sous-représentées. Pourquoi sommes-nous
minoritaires dans les domaines de prise de décision ?
C’est la question que nous devons nous poser et tâcher
d’y apporter une réponse ».
Selon Kagni Sokpo Diallo, les raisons du retard des
femmes dans les prises de décision sont multiples et
profondes. Il y a les raisons culturelles, la
féminisation de la pauvreté, la discrimination sexuelle
etc… Elle préconise comme solution la sensibilisation
des hommes sur la question du genre, que l’accent soit
mis sur l’éducation de la jeune fille. Elle a précisé
que le projet du code de la famille a subi la
modification de 24 de ces articles en faveur de la
femme.
Evelyne Mohoto, inspectrice générale des affaires
juridiques, pense que les femmes doivent faire preuve de
plus de probité, de compétence, d’aptitude et de
connaissance pour mériter une place dans les prises de
décision et postes de responsabilité. Les hommes et les
femmes doivent également avoir les mêmes chances de
réussite.
Landzekpo Adjovi et Brigitte Eklou respectivement
présidente de l’association AMOVEB et horloger-bijoutier
ont mis l’accent sur les capacités des femmes qui ne
sont pas inférieures à celles des hommes. Elles en sont
la preuve. Les femmes doivent s’ôter la peur et les
complexes de l’esprit car tout est difficile mais pas
impossible.
Le clou de cette célébration a été la rencontre au
palais des congrès de Lomé. Les femmes de toutes les
couches socioprofessionnelles se sont réunies pour
échanger. Mme Akakpo Léontine Akuavi, Directrice
générale de la promotion féminine a été la première à
monter au créneau pour souhaiter la bienvenue à ses
consoeurs. Elle les a convié à une plus grande
implication dans la vie familiale, sociale, politique et
économique. Elles contribueront ainsi à l’évolution de
la démocratie dans notre pays. Mme Camara, griotte des
femmes de la communauté étrangère est ensuite intervenue
pour lancer à ses sœurs « les femmes ne doivent plus
dormir. Rangeons les nattes et travaillons. C’est le
travail qui libère l’homme » S’en sont suivis des
sketchs, des causeries-débats… C’est dans une ambiance
conviviale que ces femmes se sont séparées en espérant
se retrouver l’année prochaine pour un autre bilan.
Les hommes pensent qu’une journée de la femme, c’est
peu. Selon Mathias « les femmes devraient chaque
jour que Dieu fait penser à leur condition. Les hommes
ne pourront rien faire pour elles si elles n’ont pas
elles-mêmes une certaine volonté. Elles sont à
conscientiser ».
Brimades, tortures, excisions, discriminations, mariages
forcés… sont le lot quotidien de la femme togolaise
encore de nos jours. Et pourtant, de par le monde, il
existe des Condoleezza Rice, Angela Merkel, ou plus
proche encore Ellen Johnson Sirleaf. Chacune à son
niveau devra donc se battre pour arracher cette place
qui lui revient dans les prises de décisions car la
liberté quelques fois ne s’accorde pas, elle s’arrache.
Nadia Zibilila
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