|
A en
croire les informations, l’UFC ferait de la réussite de
la rencontre de Rome, un préalable pour sa présence à
Ouagadougou. Le hic, c’est que la rencontre de Rome,
sous l’égide de la Communauté Sant’ Egidio, est
exclusive et divise les forces démocratiques. Qu’à cela
ne tienne, Gilchrist Olympio et les siens, en font le
préalable pour leur présence à Ouagadougou. Un défi pour
le médiateur Blaise Compaoré. |
|
L’un
des préalables que pose l’Union des Forces de Changement
(UFC) pour sa participation au dialogue, est le
règlement de la question des Forces Armées Togolaises
(FAT). L’UFC exige pour cela, la réforme des FAT, comme
une garantie de sa non immixtion dans le débat
politique.
Pour le parti de Gilchrist Olympio, les violences dont
ont été victimes les populations togolaises lors du
scrutin du 24 avril 2005, obligent à régler
prioritairement ce point avant tout dialogue. L’UFC
croit donc que les rencontres de Rome entre Gilchrist
Olympio et Faure Gnassingbé, constituent le cadre idoine
pour le règlement de ce point crucial. L’armée togolaise
qui se comporte comme la branche armée du RPT, compte
environ 13 000 hommes dont la grande majorité est
originaire de la région septentrionale du pays et
principalement, de la même ethnie que le Chef de l’Etat.
Son immixtion violente sur la scène politique empêche
l’alternance politique par la tenue d’élections
régulières et équitables.
Plusieurs observateurs pensent cependant que la réforme
de l’armée togolaise sera une œuvre de longue haleine et
ne peut être que la conséquence d’une confiance
retrouvée entre les acteurs politiques nationales.
« Elle ne saurait être décrétée », assure un
politologue béninois.
Les partis de l’opposition sont divisés sur la question.
La semaine dernière, a été annoncée une rencontre entre
le Président Faure Gnassingbé et le leader de l’UFC,
Gilchrist Olympio. Une mésentente entre les deux
délégations sur le calendrier, a entraîné le report de
ce rendez-vous.
Cette rencontre de Rome, chevauche avec les préparatifs
du dialogue intertogolais, prévu pour se dérouler à
Ouagadougou. L’UFC pour sa part, exige que le dialogue
se déroule à Lomé, en présence d’un médiateur qui ne
soit pas de la CEDEAO ou de l’UA.
De source généralement bien informée, Gilchrist Olympio,
aurait approché le Président Blaise Compaoré pour lui
assurer la présence de son parti dans la capitale
burkinabé pour le dialogue, si ce dernier aidait à faire
aboutir la rencontre de Rome. N’ayant pas obtenu
satisfaction, l’UFC monte les enchères pour sa
participation au dialogue.
Les
conditionnalités de l’UFC
Selon
le Secrétaire Général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre,
s’exprimant au micro de RFI, l’UFC « ne participera
pas à un dialogue sans médiateur ». Pour M. Fabre,
une réforme de l’armée doit être entreprise, « c’est
fondamental au nom du dialogue intertogolais » a-t-
il dit.
Le responsable de l’UFC s’appuie en cela, sur
« l’immixtion permanente des forces armées dans le débat
politique et surtout les violences auxquelles elles se
sont livrées après le décès de M. Gnassingbé Eyadema,
sur les populations qui protestaient les mains nues ».
Pour l’UFC, on ne saurait parler d’élections
législatives « sans avoir réglé la question de la
réforme de l’armée ».
Le CAR
déplore le blocage
Dans
un communiqué diffusé le 06 mars 2006, le Comité
d’Action pour le Renouveau (CAR) a déploré le blocage du
dialogue national du fait des rencontres de Rome.
« Le CAR déplore que depuis plus de huit (8) mois, les
pourparlers (NDLR : Rencontres de Rome) en question
bloquent le dialogue national considéré par tous comme
étant l’ultime solution pour sortir notre pays de la
crise sociopolitique » avant de conclure, « Il
est temps que le dialogue national démarre ».
Le CAR a également fustigé au passage, le fait que
ces pourparlers ont, avec le temps, pris l’allure d’un
véritable préalable au démarrage du dialogue national.
Des organisations de la diaspora ont également fustigé
ces rencontres de Rome et appelé à la tenue d’un
dialogue national sans exclusion.
Augustin AMEGA |