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11 mars 2006

Le Canard Indépendant
[ 86: 10 mars 2006]
Du rififi entre Olympio et Compaoré:  L’UFC menace de boycotter Ouaga si … !

A en croire les informations, l’UFC ferait de la réussite de la rencontre de Rome, un préalable pour sa présence à Ouagadougou. Le hic, c’est que la rencontre de Rome, sous l’égide de la Communauté Sant’ Egidio, est exclusive et divise les forces démocratiques. Qu’à cela ne tienne, Gilchrist Olympio et les siens, en font le préalable pour leur présence à Ouagadougou. Un défi pour le médiateur Blaise Compaoré.

L’un des préalables que pose l’Union des Forces de Changement (UFC) pour sa participation  au dialogue, est le règlement de la question des Forces Armées Togolaises (FAT). L’UFC exige pour cela, la réforme des FAT, comme une garantie de sa non immixtion dans le débat politique.

Pour le parti de Gilchrist Olympio, les violences dont ont été victimes les populations togolaises lors du scrutin du 24 avril 2005, obligent à régler prioritairement ce point avant tout dialogue. L’UFC croit donc que les rencontres de Rome entre Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé, constituent le cadre idoine pour le règlement de ce point crucial. L’armée togolaise qui se comporte comme la branche armée du RPT, compte environ 13 000 hommes dont la grande majorité est originaire de la  région septentrionale du  pays et principalement, de la même ethnie que le Chef de l’Etat. Son immixtion violente sur la scène politique empêche l’alternance politique par la tenue d’élections régulières et équitables.

Plusieurs observateurs pensent cependant que la réforme de l’armée togolaise sera une œuvre de longue haleine et ne peut être que la conséquence d’une confiance retrouvée entre les acteurs politiques nationales. « Elle ne saurait être décrétée », assure un politologue béninois.

Les partis de l’opposition sont divisés sur la question. La semaine dernière, a été annoncée une rencontre entre le Président Faure Gnassingbé et le leader de l’UFC, Gilchrist Olympio. Une mésentente entre les deux délégations sur le calendrier, a entraîné le report de ce rendez-vous.

Cette rencontre de Rome, chevauche avec les préparatifs du dialogue intertogolais, prévu pour se dérouler à Ouagadougou. L’UFC pour sa part, exige que le dialogue se déroule à Lomé, en présence d’un médiateur qui ne soit pas de la CEDEAO ou de l’UA.

De source généralement bien informée, Gilchrist Olympio, aurait approché le Président Blaise Compaoré pour lui assurer la présence de son parti dans la capitale burkinabé pour le dialogue, si ce dernier aidait à faire aboutir la   rencontre de Rome. N’ayant pas obtenu satisfaction, l’UFC monte les enchères pour sa participation au dialogue.

Les conditionnalités de  l’UFC
Selon le Secrétaire Général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre, s’exprimant au micro de RFI, l’UFC « ne participera pas à un dialogue sans médiateur ». Pour M. Fabre, une réforme de l’armée doit être entreprise, « c’est fondamental au nom du dialogue intertogolais » a-t- il dit.

Le responsable de l’UFC s’appuie en cela, sur « l’immixtion permanente des forces armées dans le débat politique et surtout les violences auxquelles elles se sont livrées après le décès de M. Gnassingbé Eyadema, sur les populations qui protestaient les mains nues ».

Pour l’UFC, on ne saurait parler d’élections législatives « sans avoir réglé la question de la réforme de l’armée ».

Le CAR déplore le blocage
Dans un communiqué diffusé le 06 mars 2006, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a déploré le blocage du dialogue national du fait des rencontres de Rome. « Le CAR déplore que depuis plus de huit (8) mois, les pourparlers (NDLR : Rencontres de Rome) en question bloquent le dialogue national considéré par tous comme étant l’ultime solution pour sortir notre pays de la crise sociopolitique » avant de conclure, « Il est temps que le dialogue national démarre ».

Le CAR a également fustigé au passage, le fait que ces pourparlers ont, avec le temps, pris l’allure d’un véritable préalable au démarrage du dialogue national.

Des organisations de la diaspora ont également fustigé ces rencontres de Rome et appelé à la tenue d’un dialogue national sans exclusion.

Augustin AMEGA

 

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