Le pouvoir français a promptement réagi suite à
l’arrestation au Togo de certains dirigeants du Groupe
français Bolloré.
« A notre connaissance, les dirigeants
du groupe français devraient être présentés au tribunal
vendredi au Togo et nous espérons une solution positive
et satisfaisante de cette affaire », a notamment
déclaré le Porte-Parole du Quai d’Orsay.
Bien entendu, pour les autorités
françaises, les termes de « solution positive et
satisfaisante de cette affaire », signifient une
libération immédiate de leurs « protégés ». Ce
qui d’ailleurs sera fait après semble t-il, un versement
d’une caution de 100 millions par personne.
« Nous sommes en relation avec les
autorités togolaises pour connaître exactement les
tenants et les aboutissants de cette affaire »,
s’est assuré le Porte-Parole.
Dans les milieux du pouvoir français, on
fustige un guet -apens posé par le Président de la
République, aux dirigeants du Groupe français. « Ces
arrestations seraient intervenues après une invitation
du président du Togo Faure Gnassingbé, qui finalement ne
les aurait pas reçus », raconte t-on.
Le confrère « Le Monde » pour sa
part ne se fait pas prier pour brandir la menace contre
le Président Faure Gnassingbé « Le nouveau Président
semble vouloir prendre ses distances avec la France »,
affirme le journal. Une affirmation qui selon certains
observateurs, n’est rien d’autre qu’une menace. Car,
Bolloré fait partie des multinationales qui pérennisent
la domination de la France dans les pays africains.
Tout porte à croire que le rapprochement qu’opère le
pouvoir togolais vers les pays Arabes et les puissances
émergeantes en Asie, inquiètent certains milieux
français.
Faure Gnassingbé pour lever la menace de
la France qui pèse sur lui, va-t-il user de son pouvoir
pour influencer le cours de la justice au profit du
Groupe Bolloré ? La suite judiciaire de cette affaire
nous instruira, sur la nécessité affirmée par le
Président de la République, d’une indépendance de la
justice.
Lomé démontre les accusations françafricaines
De source proche du pouvoir togolais, on
assure que l’allégation d’un piège du Président de la
République aux dirigeants du Groupe Bolloré, est un
mensonge. « Ces dirigeants se sont invités au Togo, y
sont arrivés en jet privé et ont déposé informellement
une demande d’audience à laquelle il n’a pas été donné
suite » écrit le site www.republicoftogo.com
Sur la question de l’insécurité des
français au Togo, le site gouvernemental reprend les
explications du GUFT (Groupement des Français au Togo) :
« Les français du Togo sont depuis
toujours les bienvenus et jouissent de la sécurité la
plus absolue, à tel point que c’est au Togo que les
nombreux français fuyant les évènements de Côte d’Ivoire
sont venus s’installer, que c’est le Togo qui accueille
gracieusement le dispositif logistique aérien de la
Force Licorne, et que c’est devant des étendards « vive
la France » que s’est tenu le défilé civil et militaire
du 13 janvier 2006 ».
« Les ressortissants et entreprises
français ont toujours bénéficié de la plus grande
liberté et de la plus grande sécurité. Ceci étant, il
existe au Togo des lois et règlements qui s’appliquent à
tous. C’est dans ce seul cadre que des français à
l’encontre desquels il existe des indices de corruption
active de magistrat ont été mis en examen »,
explique le GUFT.
A l’origine de l’affaire Bolloré
Le mercredi 08 février, cinq salariés du groupe français
diversifié Bolloré, dont quatre dirigeants, ont été
interpellés dans le cadre d’une information judiciaire
ouverte du chef de « corruption active de
magistrat ».
Cette accusation est intervenue dans le
litige qui oppose le Groupe Bolloré à Jacques Dupuydauby,
à propos de la propriété sur la licence conteneurs. Le
03 février, le Tribunal de Grande Instance de Lomé a
prononcé dans cette affaire, une décision favorable au
Groupe Bolloré. Mais ce jugement a été infirmé par la
Cour d’Appel. La justice togolaise accuse les dirigeants
du Groupe Bolloré, d’avoir soudoyé des magistrats.
Les quatre dirigeants concernés sont
Gillex Alix, un des deux directeurs généraux du Groupe,
Georges Cognon, responsable de l’Afrique francophone, et
son adjoint Danny Chuteaux, ainsi que Pascal Cotti, en
Charge du Togo.
Après leur interpellation, ils ont été
auditionnés par la gendarmerie, ils ont été présentés
devant le juge d’instruction qui leur a notifié leur
inculpation du chef de « corruption active de
magistrat » et les a libérés contre un versement
d’une caution de 100 millions par personne. Ils seront
tenus de se présenter à toute convocation du juge.
Un mandat d’arrêt a également été délivré
contre les commanditaires de cette opération de
corruption, par le Doyen des juges d’instruction du
Tribunal de Lomé, a-t-on appris de source judiciaire.
Augustin AMEGA*
|