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Canard Indépendant

17 fevrier 2007

[ 132: du 16 fevrier]  
Préparatifs des élections législatives et requête d’expertise et matériels :  Une mission de la CENI en RD Congo aujourd’hui

Le gouvernement s’active pour une tenue rapide des élections législatives prévues pour le 24 juin 2007. Une requête a été envoyée dans ce sens pour requérir l’observation des élections par l’UE, alors qu’une autre a été envoyée à la RD Congo, pour l’emprunt de matériels électoraux.

De source généralement bien informée, une délégation de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), composée de trois membres quitte Lomé aujourd’hui pour la RD Congo. Cette mission dirigée par le président de la Commission, Tozim Potopéré, va s’entretenir avec les membres de la Commission électorale congolaise, dont le président l’Abbé Malu Malu qui était à Lomé la semaine passée.

Cette mission fait suite à une requête envoyée par le gouvernement togolais à son homologue de la RD Congo en vue d’ « emprunter les kits devant servir aux opérations de recensement et de confection des cartes d’électeurs numérisées avec photo ». Longtemps divisée sur le modèle de carte d’électeur à utiliser pour les élections prochaines, la classe politique a finalement opté à l’issue de la réunion du Comité de Suivi, à Ouagadougou, pour la carte sécurisée avec photo. Une option qui requiert l’utilisation de kits spéciaux.

Un kit est un ensemble composé d’un micro-ordinateur, d’un appareil photo numérique, d’une imprimante et d’un générateur. L’acquisition des kits, devant impliquer une durée relativement longue et un coût un peu élevé, des experts de la sous-région en matière électorale avaient suggéré aux autorités togolaises d’emprunter des matériels électoraux à d’autres pays africains. Pour sa dernière élection présidentielle, la RD Congo avait utilisé les kits pour l’opération d’enrôlement des électeurs et de confection des cartes d’électeurs.

Des observateurs de l’UE attendus à Lomé

L’Union européenne enverra une mission d’observation à Lomé à l’occasion des prochaines élections législatives. La procédure a été enclenchée par les autorités togolaises qui ont adressé à la Commission européenne une demande conformément aux exigences de cette institution.

« Le gouvernement a adressé une correspondance à l’Union européenne pour l’observation des prochaines élections législatives. La demande a été étudiée et une mission exploratoire viendra dans les prochains jours à Lomé », a indiqué un responsable de cette institution.

Selon l’engagement souscrit par le Togo envers l’Union européenne en avril 2004 à Bruxelles, les deux parties avaient décidé de l’envoi d’une mission pour les législatives.

La Commission Electorale Nationale Indépendante, avait indiqué la date du 24 juin pour la tenue des élections législatives. Suite au règlement des divergences qui ont miné pendant longtemps l’avancement des travaux au niveau de la commission, aucune autre précision n’a encore été donnée sur la date des élections. La question de la date divise à nouveau la classe politique. Certains estiment que la date du 24 juin 2007 est tenable alors que d’autres pensent qu’un report est nécessaire. Tout porte cependant à croire que le gouvernement tout comme la CENI, entendent accélérer les préparatifs de ce scrutin dont l’issue décidera de l’avenir des relations entre le Togo et ses partenaires.

Augustin  AMEGA

 
Absence de l’UFC du gouvernement d’union nationale : Gilchrist Olympio lève le voile sur la principale raison

L’absence de l’UFC du gouvernement d’union nationale, a été diversement interprétée. Certains y ont vu une volonté de marginaliser le parti de Gilchrist Olympio, alors que d’autres soutenaient qu’il s’agit d’un boycott stratégique de la part de ce parti. De passage à Lomé, le leader du parti a dans une interview, expliqué la principale cause de cette absence.

Dans une interview accordée au confrère « Le Changement » dans son édition N°060 du 08 Février 2007, lors de son récent passage au pays, Gilchrist Olympio, le leader de l’Union des Forces de Changement ( UFC) est revenu sur les raisons de l’absence de son parti de l’équipe gouvernementale formée par Me Yawovi Agboyibo. «  Nous, nous croyons que le mouvement aurait été beaucoup plus efficace de l’extérieur puisque nous ne sommes pas liés par les responsabilités collectives. Vous ne pouvez pas quitter un conseil des ministres et s’amuser à critiquer ce qui a été décidé », a-t-il expliqué.

Cette version du leader de l’UFC lève le voile sur la raison fondamentale de l’absence de ce parti du gouvernement d’union nationale que dirige le leader du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), un autre parti de l’opposition. Pourtant, à la suite de l’annonce de la composition du gouvernement, les responsables de l’UFC avaient crié à l’exclusion et fustigé les deux responsables de l’exécutif de n’avoir pas engagé des consultations avec leur parti, en vue de la mise en place de ce gouvernement. «  C’est une constance pour ce parti, qui cherche à s’attirer la sympathie de l’opinion nationale et internationale en jouant faussement à l’éternelle victime », analyse un observateur, membre d’une organisation de la société civile.

Gilchrist Olympio doute de l’efficacité de l’option d’une participation à un gouvernement, comme voie de réforme au Togo. «  Nous ne voyons pas les choses de la même façon. Ce sont des partis (NDLR : de l’opposition) qui ont pensé à tort ou à raison qu’on peut faire des réformes à partir de la participation à ce gouvernement d’union nationale », a affirmé M. Olympio. Pourtant, l’actuel gouvernement d’union nationale qui, par ailleurs a recueilli une large adhésion de la part des populations et de la communauté internationale, a été recommandé par l’Accord Politique Global (APG), dont l’UFC est l’un des signataires.  Ce qui fait dire à certains que  «  le boycott par l’UFC de ce cadre institutionnel de débat et de mise en œuvre consensuelle de l’APG, constitue une violation par ce parti de l’accord ».

En effet, signé le 20 août 2007 par la mouvance présidentielle, l’opposition traditionnelle (CAR, CDPA, CPP, PDR et UFC), deux organisations représentatives de la Société civile (GF2D et REFAMPT), en présence de la communauté internationale  et sous la facilitation du Président de la République du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, l’APG prévoyait la mise en place d’un gouvernement d’union nationale auquel tous les partis signataires ont accepté de participer. L’UFC avait exprimé le souhait de diriger ce gouvernement. Dans son interview, Gilchrist Olympio a confirmé l’information selon laquelle le facilitateur ainsi que le Président de la République Faure Gnassingbé lui ont garanti que le Premier ministre serait issu de son  parti.

L’absence de l’UFC du gouvernement a pour conséquence de reporter au Comité de Suivi, les débats qui auraient pu être réglés entre les acteurs et protagonistes de la crise politique togolaise en leur sein. Ce qui ne manque pas de raviver les tensions et de perpétuer la crise de confiance qui empêche les acteurs togolais de trouver des solutions pacifiques durables à la crise qui paralyse le pays. Pour certains observateurs, en dehors du refus d’une alternance politique par le RPT, la stratégie de l’UFC qui consiste à se mettre en marge de toutes les initiatives pour une sortie de crise tout en les torpillant, constitue la cause de l’échec des différentes tentatives pour sortir le pays de la crise.

Augustin  AMEGA

 
Relation France -Afrique : Ségolène accuse Chirac de copinage avec les dictateurs africains

Comme c’est toujours le cas, les relations entre la France et l’Afrique sont bien au centre de la campagne présidentielle. La candidate des socialistes vient de fustiger à la veille du Sommet France -Afrique, le Président Jacques Chirac d’entretenir des relations trop personnelles avec certains dictateurs en Afrique. Quelles incidences auront la présidentielle sur les relations France - Afrique, c’est la question que se posent les Africains.

Dans une correspondante adressée par la candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royale, à un confrère français, puis retirée in extremis, le Président Jacques Chirac est accusé d’avoir « des relations trop personnalisées avec certains chefs d’Etat en Afrique ». Par la suite, la direction de campagne de la candidate, a justifié le retrait du document par une maladresse.

Les relations qu’entretient le vieux briscard qu’est le Président de la République française, Jacques Chirac, avec certains chefs d’Etat en Afrique ont toujours été au centre de controverses. Son très solennel «  j’ai perdu un ami », après la mort du général Gnassingbé Eyadema, connu comme étant  un tenant d’une  dictature implacable, a choqué l’opinion française. « Ne dramatisons rien, Chirac est sur la scène il y a très longtemps et il a des relations particulières, il est vrai, avec certains dirigeants africains », tente de tempérer l’ancien Premier ministre centrafricain, Jean-Paul N’Goupandé, sur RFI.

« Jacques Chirac est le principal soutien des dictatures en Afrique. Son rôle au sein de la communauté européenne est assez trouble. Il joue auprès de ses paires européens à l’avocat des dictatures en Afrique. », objecte un confrère béninois à la presse internationale, qui a requis l’anonymat.

Pour beaucoup, l’occasion du 24ème Sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique n’est rien de plus qu’une aubaine pour « le mentor de dire au revoir à ses protégés ». Du coup, il y aurait des inquiétudes dans les palais en Afrique, face au discours et méthodes des deux principaux candidats à l’élection présidentielle en France, Ségolène Royale et Nicolas Sarkozy.

Ségolène et Sarkozy pour une rupture ?

Les discours et méthodes qu’utilisent les deux principaux candidats à l’élection française, portent à croire en Afrique, qu’une victoire de l’un ou l’autre des deux candidats induirait une rupture dans les relations avec la France. Ces relations qualifiées par l’association « Survie » de « françafrique », sont aussi qualifiées de mafieuses, en ce qu’elles privilégient les intérêts réciproques des dirigeants et uniquement ceux de la France sur ceux des pays africains.

Au plan politique, l’intégrité morale dont fait preuve Ségolène Royale, qui n’a semble t-il jamais trempé dans les affaires des milieux françafricains, et les valeurs dont est porteuse, l’idéologie socialiste, portent à croire en une rupture en cas d’une victoire de la candidate socialiste. « Ségolène ne sera pas à tu et à toi, avec un Sassou N’Guessou ou un Bongo. Cela change tout dans les rapports de ces dictateurs et la présidence française en cas d’une victoire du parti socialiste », veut bien croire un autre confrère togolais.

« N’oublions pas que sur ce plan, nous avons connu déjà une désillusion, lors du passage de Lionel Jospin au poste de Premier ministre de la République française. Sa réputation d’homme intègre et les valeurs socialistes n’ont rien changé à la nature ni aux pratiques qui prévalaient dans les relations entre la France et l’Afrique. Quant à François Mitterrand, n’en parlons plus. Son copinage avec les dictatures en Afrique, jusqu’au fameux discours du Sommet de la Baule, est sans précédent. » rétorque un autre.

Pour le Ministre algérien des Affaires étrangères, Adbel Méssaïne également, « rien ne changera dans les relations entre l’Afrique et la France, après la présidentielle française ». Les Togolais doivent-ils en conclure que les somations de Nicolas Sarkozy, après le coup d’Etat qui a porté en février 2005, Faure Gnassingbé au pouvoir, ne sont que des jérémiades de principes ?

En tout cas, sur le plan économique également, c’est encore le candidat de l’UMP, qui semble vouloir annoncer la rupture « La France n’a pas besoin de l’Afrique au plan économique », a affirmé Nicolas Sarkozy, d’origine hongroise. Une affirmation qui a fait rire plus d’un en Afrique, la France étant vue ici, comme une sangsue, dont l’économie est largement dépendante de sa mainmise sur son pré carré en Afrique. « Ce n’est qu’une de ces déclarations chocs dont les hommes politiques ont le secret, surtout en période de campagne. Monsieur Sarkozy n’ignore certainement pas les bénéfices que font certaines sociétés françaises en Afrique. Ce n’est pas le Groupe Bolloré, ni Total qui diront le contraire », réagit en substance Jean-Paul N’Goupandé.

Augustin AMEGA

 
Affaire de gazon synthétique bloqué au Port de Lomé : Le Togo veut saboter sa CAN des cadets

Toute cette semaine, une affaire de matériels devant permettre la finitions des travaux de réfection du stade omnisports de Lomé terrain de Football bloqués au Port Autonome de Lomé a défrayé la chronique. Selon les sources, ces matériels constitués pour la plupart de gazon synthétique en provenance de l’occident sont interceptés par les autorités portuaires qui tardent à faciliter les opérations de transit. Officiellement, on ne sait pas grand-chose dans la mesure où les autorités ne se prononcent pas sur le sujet. A la Fédération, on estime que celui qui est en mesure de s’exprimer valablement sur le sujet est hors du territoire et qu’en conséquence, toute volonté d’en savoir davantage sur le sujet doit être remise à plus tard.

            Mais officieusement, les informations convergent à foison sur le fait que cette affaire n’est qu’une incompréhension entre les autorités portuaires togolaises et les sociétés à charge de l’exécution des travaux. « Il serait prévu dans les clauses entre la FIFA et l’ancien Bureau de la FTF que quand les matériels seront arrivés, il ne devrait pas avoir obligation de paiement des frais de douanes. Mais aujourd’hui, c’est ce qui est au centre de toute la polémique qui entoure cette affaire de gazon synthétique bloqué au Port Autonome de Lomé »,  lance désabusé un fervent supporter des Eperviers qui nous assure avoir joint un haut responsable du Bureau sortant. Et d’ajouter que c’est quand même déplorable que tout cela se passe au moment où l’ancien bureau déclarait à qui voulait l’entendre au moment de la passation de service être prêt à collaborer avec le nouveau pour l’avancée du sport roi au Togo.

            Le plus inquiétant reste l’apparent désengagement des premières autorités du pays. Tout porte à croire que l’organisation de cette compétition n’engage que la Fédération qui au moment où elle se démerde pour assurer la sélection des joueurs et leurs préparations dans des conditions décentes se trouve encore obligée d’ouvrir un autre front, celui de négocier les conditions de transit des matériels. Or, il suffisait seulement que le président de la République plaide la cause de la Fédération auprès des responsables douaniers - même s’ils sont autonomes - pour que la situation soit dénouée. La réussite de l’organisation de cette compétition étant quelque chose qui devra faire la publicité de tout le pays auprès de ses pairs du continent voire du monde entier, il urge que très vite, le chef de l’Etat, le Premier ministre et, à un degré moindre le ministre des sports interviennent dans le dossier pour permettre au pays de faire, avec beaucoup plus de facilité, l’expérience de l’organisation d’un tel évènement.

L. R.

 

 

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