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12 fevrier 2006
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Le
Canard Indépendant |
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[N°
83: 10 fev. 2006] |
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Lomé, trop exigu pour le trafic automobile |
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S’il
est vrai que dans toutes les grandes villes du monde, le
trafic automobile, surtout aux heures de pointe est de
mise, ou mieux se justifie, le cas loméen est atypique.
Dans les grandes villes disions-nous, ce phénomène
intervient, malgré le bon état des infrastructures
routières et la volonté des autorités municipales à
mettre les usagers à l’aise.
Au Togo en général et dans la capitale Lomé
en particulier, les embouteillages y auraient aussi
leur raison d’être si les routes, rues et boulevards
sont suffisants, bien entretenus et respectent les
normes internationales.
Dans les grandes villes de nos jours, il est
difficile de voir des boulevards et rues en terre
battue. A Cotonou, au Bénin voisin, à environ 160 km de
Lomé, la ville est en chantier depuis une douzaine
d’années. Des ingénieurs de ce pays avec la bonne
volonté des autorités administratives, municipales et
politiques n’ont pas encore cessé d’étonner. Ils
arrivent à innover chaque jour que Dieu fait en faisant
des rues en terre rouge, des boulevards.
« Depuis 1993, année des troubles
sociopolitiques dénommées grève générale illimitée
lancée par l’opposition togolaise, il nous souvient que
la plupart des Togolais se sont réfugiés au Bénin et au
Ghana voisins. Ma famille et moi, nous étions réfugiés à
Cotonou au Bénin. Le dépaysement était perceptible car
les rues dans cette ville pouvant faire 10 fois Lomé
étaient pour la plupart non bitumées, on se croirait
dans un gros village. Environ 12 ans après, c’est plus
qu’un revirement de situation. On peut même parler du
miracle béninois », témoigne Eugène, informaticien.
En effet, ces genres de témoignages sont
monnaie courante. Dans les comparaisons, cela est vrai
pour Cotonou, cela est également vrai pour Ouaga, la
capitale burkinabé, c’est aussi vrai pour Accra, la
capitale ghanéenne qui n’a rien à comparer avec Lomé « la
coquette » comme nos autorités elles-mêmes se
plaisent à le dénommer.
Il est à présent un secret de polichinelle
que le manque d’infrastructures routières à Lomé découle
d’un manque de volonté et non de moyens de la part des
autorités qui se complaisent dans la vétusté.
Celles-ci peuvent tout décider pour refaire
l’image de Lomé. Un Conseil des Ministres suffit pour
mettre sur pied une Commission interministérielle en vue
de mettre en chantier la ville pour par exemple une
durée de 5 ans.
S’il est vrai que de nos jours, la
démographie et ses corollaires (achat de véhicules,
etc.) vont grandissantes, tout ceci doit s’accompagner
du renouvellement et de l’adaptation des
infrastructures.
Et pourtant, les taxes sont créées à tout
bout de champ pour rançonner les usagers de la route,
surtout les chauffeurs de taxi et les conducteurs de taxi-moto qui sont les plus nombreux.
Que font la Mairie et le FER (Fonds d’Entretien Routier)
qui ne cessent de percevoir quotidiennement
l’argent chez des usagers qui n’ont que pour
salut, le silence ?
« Ma bouche sera la bouche des
consciences qui n’ont point de bouche… » disait Aimé
Césaire. Nous tâcherons de lui emboîter le pas.
Nous y reviendrons.
Elom Freddy SOSSAH |
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