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Les
relations humaines se distendent rapidement de nos
jours. La notion de famille dans nos sociétés a évolué à
tel enseigne qu’on vit aujourd’hui surtout dans les
villes un phénomène alarmant : la dislocation de la
cellule familiale. L’individualisme gagne nos sociétés à
un train alarmant.
Les
facteurs de cet état de choses ?
La vie
moderne dévore notre temps et notre énergie. Même là où
la vie, il n’y a pas si longtemps n’était guère
trépidante, les relations humaines se distendent
rapidement. Pour des raisons de travail, des problèmes
de logement…, des membres d’une même famille se sont
éloignés jusqu’à se perdre de vue. Certains se sont
déplacés dans d’autres villes voire d’autres pays.
« Autrefois, nous nous sentions très, très proches dans
notre famille témoigne
Elsa,
couturière. Maintenant, beaucoup sont absorbés par
leur travail ou par d’autres activités. Tout le monde
est constamment occupé et nous sentons que nos relations
familiales de longue date se désagrègent ».
La
relation humaine est aussi indispensable à l’esprit que
la nourriture l’est au corps. La désagrégation de la
cellule familiale trouve une de ses causes dans la
mobilité. Des gens changent souvent de domicile. Elsa
précitée témoigne : « avec la décentralisation de
la ville, il est de plus en plus difficile voire
impossible de rester en contact permanent avec les
membres de sa famille. On finit même par perdre certains
de vue pour ne les retrouver que lors de réunions de
famille, des déplacements au village… ou plus du tout ».
La
notion de « famille » a évolué dans nos sociétés
et l’on tend de plus en plus vers une famille restreinte
limitée aux parents et aux enfants.
Les
dangers d’une telle situation ?
On
admet aujourd’hui qu’il est tout à fait convenable de
vivre avec un partenaire et d’avoir des enfants avec lui
sans jamais lui être lié par un quelconque contrat de
mariage. Le budget phénoménal qu’exige un projet de
mariage, les contraintes qui y sont liées dissuadent bon
nombre de candidats. Ces couples ont de plus en plus
tendance à divorcer car contrairement aux autres, ils
n’ont besoin d’aucune formalité pour reprendre leur
liberté.
On
assiste donc à la dislocation de la cellule familiale
avec pour conséquence une famille monoparentale. Lorsque
leurs parents se séparent, les jeunes sont souvent en
proie à des sentiments douloureux. Les enfants dont la
famille vient de se dissoudre ont plus de difficultés
scolaires et relationnelles que ceux issus d’une famille
unie. La situation familiale de ces dernières années a
produit des enfants sans attaches affectives, peu
communicatifs en proie à des difficultés d’apprentissage
et intenables. Ils grandissent dans un monde qui leur
semble parfois effrayant. Ils voient leurs parents se
séparer ou divorcer sans pouvoir rien y faire. Nombreux
sont les sociologues et psychologues qui encouragent les
parents à communiquer régulièrement avec leurs enfants.
Le dialogue est indispensable particulièrement pendant
l’adolescence où les jeunes risquent de se replier sur
eux-mêmes et de se sentir seuls. Or, dans une famille
monoparentale où de surcroît le seul membre disponible –
le père ou la mère – travaille, on voit mal comment
il pourra s’organiser pour passer du temps avec sa
progéniture. Cette dernière est livrée à elle-même et
est exposée aux vices et à l’influence des amis.
Nelly, qui vivait depuis qu’elle était tout petite avec
son père tient ces propos « je ne sais pas si
j’aurais été une autre personne si ma mère n’était pas
partie car il y a certaines choses que seule une mère
peut comprendre. Moi, je n’en ai pas eu. Ils m’en ont
privée. Je ressens un sentiment d’injustice et ils sont
coupables de m’avoir privée de cette expérience de
l’amour maternel. Je me battrai pour éviter cela à ma
progéniture car c’est une amère expérience ».
L’absence d’un parent – père ou mère - dans une cellule
familiale peut avoir des conséquences désastreuses. Les
parents ne se rendent pas compte qu’un garçon ou une
fille qui est peu discipliné aura du mal à s’autodiscipliner.
C’est pourquoi les parents qui pensent s’être éloignés
de leurs enfants doivent prendre des mesures pour
renouer avec eux, conversation après conversation. La
culture de l’unité familiale doit être sauvegardée pour
le plein épanouissement de l’individu.
Nadia ZIBILILA |