|
La
lagune de Bè est polluée. Elle est si polluée qu’elle
dégage une odeur pestilentielle difficile à supporter.
Il faut des efforts héroïques pour s’y aventurer. Tous
ceux qui empruntent la route Gakpoto-Marché de Bè et qui
arrivent au niveau de la lagune, machinalement, pincent
le nez ou retiennent leur souffle. Ce joyau qui, jadis
faisait la fierté de notre capitale, est aujourd’hui
source de nuisance et ne facilite guère l’existence des
populations riveraines.
Force est de reconnaître que ces riverains
eux-mêmes sont à l’origine de cette pollution avancée.
Ils ont sans ménagement transformé la lagune en une
décharge d’ordures ménagères. Ses abords font office de
dépotoir d’ordures de tous genres et des plus
indigestes. Certains y vont pour faire leurs besoins.
« Il y a des gens qui se donnent le vilain plaisir de
venir déféquer sur les berges et même dans la lagune.
C’est regrettable » déplore une femme. A cela
s’ajoutent des connections de branchements d’eaux usées
et de latrines.
L’eau de la lagune de « couleur bleu
marine d’origine » indique-t-on, prend, sous l’effet
des débris et des nénuphars qui s’y trouvent, une
couleur verdâtre prononcée et d’odeur infecte. Les
effets occasionnés par le phénomène sont directement
ressentis par l’environnement. On estime qu’une
exposition trop prolongée peut entraîner des maladies
respiratoires. Le risque des maladies alimentaires
causées par la consommation des produits halieutiques
est également avancé. Il est à noter que la lagune est
la source de revenus de bon nombre de pêcheurs. Et
malgré qu’elle soit polluée, ils continuent à s’adonner
à cœur joie à leurs activités.
Toutefois, certains ont pris conscience du
mal et s’emploient depuis quelques jours à assainir la
lagune. L’eau des lagunes est souvent le siège de
nombreux parasites, bactéries et autres microbes qui
sont source de maladies cutanées. Mais c’est sans
protection aucune qu’une dizaine de pêcheurs s’affaire
autour de la lagune de Bè pour enlever les ordures et
balayer la couche verdâtre.
On a l’impression que les autorités
municipales sont insensibles face à la dégradation de ce
joyau. Si elles ne peuvent rien faire, au moins qu’elles
équipent ces volontaires de matériels adéquats (gants,
bottes, cache-nez…) afin qu’ils puissent mener à bien
cette opération d’assainissement.
K. AMETEPE |