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En
juin 2002, Agbéyomé Kodjo alors Premier ministre
démissionne avec fracas. Il publie un document : « Il
est temps d’espérer » où il dénonce certaines
dérives du système-RPT et des dysfonctionnements au sein
de l’administration. Il dénonce par la même occasion
certaines pratiques de prévarications et autres qui
nuisent à l’économie togolaise. Sentant sa vie menacée,
ce fidèle du feu Président Gnassingbé Eyadema se réfugie
en France.
Lomé déclenche une campagne de dénigrement contre lui.
Accusé dans la presse de complicité dans le trafic de la
drogue, un mandat d’arrêt international est lancé contre
Agbéyomé Kodjo par les autorités judiciaires togolaises
suite à une plainte pour détournement de deux crédits de
financement des infrastructures et de modernisation de
l’outil portuaire pour un montant cumulé de 10 milliards
de francs CFA.
Saisie de l’affaire, la justice française refuse
d’extrader l’ancien Premier ministre, jugeant le
dossier vide. Revenu au pays suite au décès du Général
Gnassingbé Eyadema, Agbéyomé Kodjo est arrêté puis
écroué à la prison civile de Lomé avant d’être
transféré à celle de Kara. Selon certaines
indiscrétions, l’ancien baron du régime RPT a subi des
humiliations et traitements dégradants pendant sa
détention.
Le 10 Mai 2005, la Chambre d’accusation près la Cour
d’Appel de Lomé conclut que « le délit reproché à
l’inculpé relève du domaine de l’impossible, ordonnant
ainsi au Procureur Général sa libération immédiate et le
classement définitif de ce dossier ».
Totalement blanchi dans cette affaire qui a tout
d’un règlement de comptes à travers
l’instrumentalisation de la justice, Agbéyomé Kodjo a
recouvré sa liberté. Mais à ce jour, le pouvoir rechigne
à faire respecter les droits liés à son statut d’ancien
Chef de Gouvernement.
D’après nos informations, Agbéyomé Kodjo n’a pas
seulement écrit à l’actuel Premier ministre, mais il est
également allé lui poser de vivre voix, le problème de
sa réhabilitation, en vain.
Dans le même temps, les autres anciens Chefs de
Gouvernement touchent les droits liés à leur statut.
Même le « meilleur danseur » Eugène Adoboli,
touche ses droits et son domicile est gardé par des
éléments des forces de sécurité.
Selon notre confrère « Infosplusgabon », « les
avocats de l’ex-premier ministre n’entendent pas en
rester là et envisagent de porter plainte contre l’Etat
togolais pour les persécutions, et les différentes
formes de tortures subies par leur client dont il
veulent laver l’honneur et l’affront »
Interrogé par notre rédaction, Agbéyomé Kodjo a
déclaré « je suis foncièrement républicain. Ce n’est
pas un plaisir pour moi de traîner l’Etat togolais
devant les tribunaux. Mais si je dois passer par là,
je le ferais ».
L’ex-chef de gouvernement qui co-préside depuis la
mi-septembre 2005, une nouvelle formation politique
« l’Alliance » avec son ami Dahuku Péré, est décidé
à tout mettre en œuvre pour obtenir sa réhabilitation.
Augustin AMEGA |