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A la suite des
événements douloureux ayant marqué la mascarade
électorale du 24 avril 2005 qui a porté Faure Gnassingbé
au pouvoir à la mort de son père, Gnassingbé Eyadema, et
suite également à la nomination d’Edem Kodjo à la tête
du Gouvernement, le maître mot du duo est réconciliation
nationale.
Il
est vrai que tout ce qui a parsemé le règne de
Gnassingbé Eyadema et les violences ignobles qui ont
émaillé l’arrivée du fils Faure au pouvoir méritent une
véritable réconciliation pour que les Togolais du Nord
au Sud, de l’Est à l’Ouest, fils et filles d’une même
Nation puissent désormais vivre en symbiose et en
harmonie. Il faut réparer les torts pour baliser le
terrain aux générations futures.
Pendant que le Gouvernement en place croit faire des
efforts pour ce faire, ces détracteurs crient au bluff.
Et a raison d’ailleurs. Sinon pourquoi s’égosiller à
célébrer la date du 13 janvier considérée comme la date
de l’assassinat de Sylvanus Olympio, père de
l’indépendance comme l’on se plaira à le dénommer
désormais, selon un rapport de la Commission de
réhabilitation de l’histoire du Togo, présidée par Mgr
Casimir Dosseh-Anyron ?
Sans oublier que cette date constitue un deuil pour le
peuple togolais tout entier en général et pour Gilchrist
Olympio, fils du défunt président et leader
charismatique du principal parti d’opposition. Comment
parler de réconciliation dans ces conditions ?
Ce
fut une erreur. Néanmoins, elle peut toujours être
réparée. Cependant, pourquoi s’entêter à remuer le
couteau dans la plaie ?
Pendant que les salaires tombent difficilement, c’est de
l’argent du contribuable qu’on dispose pour célébrer la
date du 24 janvier qui a fait de Feu Gnassingbé Eyadema
« Le Miraculé de Sarakawa » pour avoir échappé à
la mort dans un accident d’avion.
Feu Général
Mawulikplimi Améyi dans un témoignage que la Télévision
togolaise se fait le devoir de passer et repasser tous
les ans à cette date, disait que, lorsqu’il était parti
découvrir le Général Gnassingbé Eyadema dans la brousse
juste après l’accident, ce dernier lui dit : « je
suis encore en vie ».
Aujourd’hui
feu Gnassingbé Eyadema relève d’un autre monde. Mais la
TVT, outre passant les règles élémentaires de la
déontologie journalistique a eu la témérité de servir
une fois encore aux téléspectateurs les mêmes recettes
d’un autre âge.
Monsieur le
Président, si tel est le menu à servir au quotidien aux
Togolais pour une réconciliation nationale, vous avez du
chemin à faire.
Bientôt le 2
février, date du retour triomphal de feu Gnassingbé
Eyadema de son village natal Pya à Lomé après l’accident
de Sarakawa. Bientôt également le 24 avril, cette
fois-ci une date qui constitue un doublon : fête de la
victoire pour feu Gnassingbé Eyadema qui échappa au tir
à bout portant du gendarme Boko Bosso en 1974, et date
des élections présidentielles qui ont porté le fils
Faure au pouvoir en 2005.
D’erreur en
erreur, la réconciliation pourra-t-elle se réaliser ?
Seule l’histoire nous édifiera.
Elom Freddy SOSSAH |