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Canard Indépendant |
27 Janvier 2007 |
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[N°
129: du 26 Janvier
2007] |
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Conseil National de l’UFC : Nouveau test de popularité
pour Gilchrist Olympio |
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Mis à
mal au sein de l’opinion par ses récentes positions et
isolés par les autres partis de l’opposition, l’UFC et
son leader ont mis en place à l’occasion de leur Conseil
National, un programme pour tester la popularité de
celui qui, à plus d’une fois, n’a pu se hisser à la
hauteur de la confiance répétée du peuple, à des moments
décisifs de sa lutte pour la Liberté. |
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« Tous en jaune !»,
c’est sous cette propagande que l’Union des Forces de
Changement (UFC) a décidé de placer son programme de
retour de son leader et la tenue de son Conseil
National. A l’analyse du programme, rien n’a varié dans
l’approche que l’UFC se fait de « son bétail
électoral ». « Comme Gnassingbé Eyadema, lui
aussi (NDLR : Gilchrist Olympio) affectionne les bains
de foule » commente un militant de l’opposition.
Longtemps reporté, le Conseil National de l’UFC, semble
a présent définitivement callé pour sa tenue au samedi
03 Février 2007, à Lomé. Comme le RPT pour Gnassingbé
Eyadema, l’UFC a choisi de programmer ce qui s’apparente
à un « retour triomphal » de son leader, à la
date du 02 Février. En effet, c’est les 02 Février que
le défunt dictateur célébrait son « fameux retour
triomphal » d’après l’ « Attentat de Sarakawa ».
Le
programme tel que conçu, confirme la conception
bassement populiste que ce parti a de la politique.
« Une fois encore, le peuple sera chauffé à blanc. On
lui promettra la victoire. Mais le moment venu, il se
retrouvera seul, orphelin de son messie », note un
transfuge de l’UFC. Tout comme lui par ailleurs,
beaucoup de Togolais qui se laissaient emballer dans la
récurrente hystérie collective dont l’UFC a le secret,
n’entendent plus se laisser abuser à ce marché des
illusions. En tout cas, plus que par le passé, l’opinion
est divisée. Les débats entre ceux qui sont pour et ceux
qui sont contre les positions de Gilchrist Olympio, sont
vifs. Dans les taxis, dans la rue, les bureaux comme
dans les bars, ça palabre bruyamment sur la question.
En
particulier, les victimes de la « guérilla
politique » d’après l’élection frauduleuse de Faure
Gnassingbé se posent des questions sur ce que le leader
de l’UFC, « éternel exilé politique », a à leur
dire à propos de la vie sur la « Terre de nos
Aïeux ».
L’UFC
pourra t-elle convaincre tous ces militants déçus ?
Augustin AMEGA |
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Application de l’Accord Politique Global : L’UFC fustige
le Comité de Suivi |
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Le
mardi 16 janvier 2007, s’est réuni à Ouagadougou, sous
la présidence du Facilitateur Blaise Compaoré, le Comité
de Suivi de l’Accord Politique Global. Le Comité a eu à
trancher sur deux points qui divisent les délégations au
sein de la CENI. Le 22 janvier, l’UFC qui pourtant est
représentée au Comité de Suivi, fustige la
recommandation prise relative au mode de décision à la
CENI. |
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Dans
une déclaration signée de son troisième Vice-président
(candidat malheureux au poste de premier ministre du
gouvernement d’Union Nationale) Patrick Lawson, l’Union
des Forces de Changement (UFC), a rejeté tout recours au
vote comme mode de décision à la Commission électorale
nationale indépendante (CENI).
Le
16
janvier 2007,
suite au blocage de la CENI, sur la question notamment
du mode de décision, le Comité de Suivi de l’APG, a
précisé que, « conformément aux dispositions de l’APG,
les décisions doivent être prises en privilégiant le
consensus. Toutefois, en cas de blocage avéré,
la
CENI recourt au vote de la manière suivante :
a) majorité qualifiée des 2/3 des membres
présents au premier tour
b) majorité relative des membres présents au
second tour »
Le
parti de Gilchrist Olympio qui pourtant était représenté
à la réunion de Ouaga, dit s’étonner « que le mode de
décision à
la
CENI qui a déjà fait l’objet d’âpres discussions lors du
Dialogue inter Togolais à Ouagadougou, et sur lequel un
accord a été réalisé, soit remis en cause par le Comité
de Suivi. ».
Pour un observateur de la scène politique togolaise, il
« s’agit là une fois encore, de l’expression d’une
volonté manifeste de l’UFC, de saborder le processus de
dialogue. Malheureusement, elle ne présente jamais, une
autre alternative au dialogue».
L’UFC,
qui n’est pas représentée au sein du gouvernement
d’union, souffle le froid et le chaud, dans la mise en
œuvre de l’APG. « Gilchrist Olympio n’a jamais cru en
le dialogue comme moyen de règlement de la crise
togolaise. Mais le hic, c’est qu’il fait semblant
d’adhérer à ce mode de sortie de crise tout en oeuvrant
de l’extérieur à annihiler les chances d’un
aboutissement du dialogue » analyse un confrère de
la place, avant de se demander, « quel est finalement
le sens de la représentativité de l’UFC, au sein du
Comité de Suivi ? Quel est le poids réel du représentant
de ce parti au sein du comité ? »
Blaise Compaoré à la place de la CENI ?
La
CENI étant dans sa composition plus politique que
technique, il est à craindre que les élections
législatives n’aient jamais lieu, si ses membres ne
peuvent valablement décider pour avancer. Dans la
perspective des blocages qui se profilent à l’horizon,
vouloir privilégier le paragraphe 5.7 de l’APG, par
rapport à tout recourt éventuel au vote, comme mode de
décision, revient à substituer à la CENI, le
Facilitateur Blaise Compaoré. Encore que l’UFC dans sa
déclaration semble remettre en cause, l’évidence de
l’impartialité du facilitateur.
En
effet, le paragraphe 5.7 précise qu’ « en cas de
différend sur tout ou partie de l’APG, y compris les
modalités de l’organisation et du déroulement des
opérations électorales, les partis signataires
conviennent de s’en remettre à la facilitation ».
Mais voilà qu’à la suite des recommandations du Comité
de Suivi, sous la présidence du Facilitateur Blaise
Compaoré, l’UFC dénonce le Comité de Suivi, qu’elle
estime avoir « remis en cause » un « accord
qui a été réalisé », sur le mode de décision à la
CENI, lors du Dialogue à Ouagadougou.
« Demander à ce qu’on substitue la facilitation à la
Commission
électorale nationale indépendante, n’est qu’une autre
forme d’expression du souhait de ne pas voir se tenir
les législatives dans un délai raisonnable en respect
des 22 engagements en vue de la reprise totale de la
coopération avec l’U.E»,
constate un cadre du ministère des Finances. L’UFC ayant
toujours boycotté les élections législatives, plusieurs
observateurs pensent que les manœuvres actuelles de l’UFC,
ne visent qu’à empêcher la tenue des législatives dans
un climat d’apaisement, et dans les plus brefs délais.
Augustin AMEGA |
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Au
centre de la vie des prostitués : Décon ou le quartier
de prédilection des travailleurs du sexe |
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Décrite comme le plus vieux métier du monde, la
prostitution est selon le dictionnaire le fait ou
l’action de se livrer aux désirs sexuels avec autrui par
intérêt. Auparavant, le métier de prostitution était
essentiellement pratiqué par des femmes mûres. Les
enfants n’y étaient guère impliqués et le proxénétisme
était inexistant. Aujourd’hui, avec l’apparition des
pratiques comme l’homosexualité et la pédophilie, tous
les genre et toutes les tranches d’âge s’adonnent à ce
marché du plaisir commercialisé. |
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A Lomé, s’il y a un quartier réputé être
peuplé la nuit par les prostitués de tous bords, c’est
Décon. Des coins comme les bars « La
Pirogue », « Panini »
… ne sont plus des lieux ignorés par les adeptes du sexe
mis à prix. Si d’autres lieux ont poussé comme des
champignons devant l’importance des pratiquants, Décon
continue de tenir la vedette dans le domaine de la
prostitution.
Comment devient-on prostitué à Décon ?
« Par hasard ou plutôt par la force des
choses » confie l’une des prostituées rencontrée sur
les lieux et qui a témoigné sous l’anonymat. La
trentaine, encore jeune et belle, outrageusement
maquillée et habillée d’une façon pour le moins
extravagante, elle confie : « Je ne suis devenue
prostituée que par la nécessité de survivre et non par
ma propre volonté. J’avais une vie normale et j’aspire
aujourd’hui plus que tout à avoir une vie normale.
J’étais couturière avec mon atelier et mes apprenties.
Je me suis mariée et j’ai eu trois enfants : une fille
l’aînée, et deux garçons. Mon conjoint était un diplômé
au chômage et ma famille a désapprouvé au plus haut
point notre relation. Je suis passée outre sa
désapprobation pour vendre l’atelier qu’elle m’a offert
à la fin de mon apprentissage. L’argent a servi à
financer le départ de mon mari pour l’Europe. Quelques
temps après, il m’annonce que son niveau intellectuel ne
lui permet pas d’épouser une illettrée comme moi et
m’envoyait des photos de son mariage avec une blanche.
Je me suis retrouvée abandonnée de tous, sans le moindre
sou et avec trois enfants sur les bras. Ma famille qui
m’avait avertie m’a rejetée et mon mari a donné la
consigne aux siens de ne plus m’héberger. J’ai laissé
mes enfants chez les sœurs et je me suis réfugiées chez
une amie qui est à mon insu une prostituée. C’est elle
qui m’a introduite dans le métier qui me fait vivre
aujourd’hui. Mon vœu le plus cher est d’économiser
suffisamment d’argent pour récupérer mes enfants et
reprendre une vie normale ».
Une autre bien plus normalement vêtue et
apparemment plus jeune confie être devenue prostituée
par la faute d’un mari irresponsable et de deux
co-épouses acariâtres. Elle a confié ses deux enfants à
leur grand-mère et, pour survivre les faire survivre,
elle fait le trottoir. Selon elle, la plupart de ses
pairs font ce métier pour survivre. « Il y a ici des
gens qui vivent normalement le jour. Il y a même des
élèves. Demandez leur comment elles en sont arrivées là,
elles vous diront : par nécessité. Certaines le
deviennent peut-être pour rien. Mais la plupart le
deviennent par nécessité » lâche t-elle la mine
attristée.
Devenir prostitué à Décon, un parcours de combattant
« La première fois que je suis arrivée ici,
je pensais que n’importe qui pouvait y venir et vendre
ses charmes. Et bien je me suis trompée et faute de
m’être suffisamment informée, j’en ai fait les frais.
Les filles qui se prostituent ici se connaissent. C’est
un vaste réseau qui inclut les prostitués et les
proxénètes. Pour être admis dans ce cercle bien fermé,
il faut être introduit par quelqu’un qui s’y trouve
déjà. Sinon, on risque d’être molesté. J’ai donc été
prise en charge par des proxénètes qui se sont défoulés
sur moi. J’ai énormément bavé avant d’être aujourd’hui
une ancienne »
confie
la fille précitée.
Selon une autre, pour se tailler une place
dans le milieu de la prostitution à Décon, il faut
surtout avoir une bonne dose de volonté et de courage.
Des minuscules chambres leur sont louées à
500 F
la nuit pour leurs activités et leur servent de lieux de
travail.
Existe-t-il une clientèle type à Décon ?
Non, répondent d’emblée la plupart des
travailleurs de sexe. Une chose est pourtant certaine,
chacun sait où trouver ce qu’il recherche. Les
homosexuels savent où trouver leur cible, les pédophiles
également et les autres choisissent la fille à leur
goût.
« Moi, j’ai quelques clients fidèles
confie une fille. La plupart d’entre nous d’ailleurs.
Je vous avouerais qu’il y a des gens bien qui viennent
ici. Chacun vient pour des raisons qui lui sont
personnelles. Seuls quelques uns vous en parlent.
Néanmoins, les prix varient selon les bourses ».
Selon elle, Décon est surtout un lieu
d’activité des travailleuses du sexe. Les homosexuels et
les pédophiles sont surtout visibles vers la frontière
d’Aflao. Elle ajoute que ces pratiques sont de plus en
plus répandues mais ne mettent pas en péril leurs
activités.
Le
métier de prostitué, un métier sans avenir
« Je sais que je ne pourrai pas
éternellement exercer cette activité. Il arrivera un
moment où mon corps va me lâcher et à ce moment, il va
falloir que je songe à prendre ma retraite et à
normaliser ma vie » confie l’une d’elle, les larmes
aux yeux.
Selon elle, l’âge fane la beauté et les
clients se raréfient. Il faut alors céder la place à des
plus jeunes. « Malheureusement, la plupart des
anciens prostitués ne savent rien faire d’autre. Ils se
convertissent donc en proxénètes et restent
éternellement dans le milieu» confie une autre.
« A la longue, moi je pense que je
finirai par réunir suffisamment d’argent pour récupérer
mes enfants et vivre normalement. J’en ai assez des
sodomisation, sadomasochisme, zoophilie… et autres
pratiques inhumaines. C’est inimaginable ce que certains
clients peuvent proposer à des sommes faramineuses. La
plupart du temps, ce sont des étrangers. Ça fait déjà 3
ans que je suis ici. Si je ne m’en vais pas, je risque
de laisser ma vie ici » lâche une autre précitée.
Toutes
sont unanimes là-dessus : Il faut partir tant qu’il est
encore temps. Mais sans formation et après avoir vécu
au-dessus de ces moyens grâce à son corps, il est
difficile de quitter le milieu. C’est dire que les
vieilles habitudes ont la vie dure et qu’avec un passé
aussi lourd, il est très illusoire d’aspirer à une vie
normale. Pourtant, cette classe sociale dont 30 à 40 %
sont séropositifs selon des enquêtes du PNLS, n’aspire
qu’à une chose : changer de vie.
Nadia ZIBILILA |
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