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Canard Indépendant

21 Janvier 2007

[ 128: du 19 Janvier 2007]  
Comité de suivi de l’APG : Les conséquences des résultats de la réunion de Ouagadougou

Bloquée par les divergences internes relatives au mode de recensement et de la configuration de la carte d’électeur, ainsi que sur le mode de décisions, la CENI peut à présent accélérer les préparatifs des élections législatives. Le 16 janvier, des solutions ont été trouvées sur les deux sujets objets d’une crise à la CENI.

Réuni en sa 3ème séance à Ouagadougou, sous la présidence du facilitateur Blaise Compaoré, Président de la République du Burkina-Faso, le Comité de Suivi de l’Accord Politique Global, est parvenu à trancher les deux points qui bloquent la Commission électorale   nationale indépendante, dans les préparatifs des élections. Tous les membres du   Comité de Suivi ainsi qu’une délégation de la CENI, ont pris part à cette réunion.

Les divergences qui prévalent à la CENI, ont trouvé leur résolution à travers trois points :

1)          Concernant la carte d’électeur, l’adoption d’une carte d’électeur sécurisée avec photo numérisée ;

2)          En ce qui concerne le mode de recensement, l’utilisation de kits pour l’établissement du fichier électoral ;

3)          S’agissant du mode de prise de décisions de la CENI, le Comité de Suivi a tenu à préciser que, conformément aux dispositions de l’APG, les décisions doivent être prises en privilégiant le consensus. Toutefois, en cas de blocage avéré, la CENI recourt au vote de la manière suivante :

a)          majorité qualifiée des 2 /3 des membres présents au premier tour ;

b)         majorité relative des membres présents au second tour.

Cependant, le communiqué final publié à l’issue des travaux rappelle « toute la pertinence du paragraphe 5.7 de l’APG, qui stipule qu’en cas de différend sur tout ou partie de l’APG, y compris les modalités de l’organisation et du déroulement des opérations électorales, les parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du Facilitateur ».

Il est clair que le Facilitateur a coupé la poire en deux. Chacune des parties antagonistes sur les deux questions a cédé sur un point. Ainsi, la CPP, le RPT et le PDR ainsi que le REFAMPT, qui étaient opposés au modèle d’enregistrement des électeurs avec des kits ainsi qu’à la configuration de la carte d’électeur sécurisée avec photo numérisée, pour raison de contraintes financières et de temps, ont cédé, sur ce point.

D’un autre côté, le CAR, la CDPA et l’UFC ont également concédé le mode de décisions, en acceptant l’éventualité du vote comme mode de prise de décisions à la CENI.

La contribution de l’UE et l’ONU

Le déblocage de la situation est en partie dû à l’Union Européenne, qui a accepté de contribuer davantage au financement des élections. Cette disponibilité de l’Union européenne ainsi que celle des Nations –Unies à participer au financement des élections législatives au Togo, ont été déterminantes dans la réussite des travaux de Ouaga.

Selon nos indiscrétions, c’est le Chef de l’Etat qui lors de sa récente visite à Accra, a discuté avec l’Ambassadeur de l’Union Européenne pour le Togo, M. Sébrogondi, de l’éventualité pour son institution de financer davantage les élections au Togo, en vue de répondre au choix de mode de recensement et de confection de carte par une partie des membres de la CENI.

Dans le même temps, une mission des Nations –Unies séjourne au Togo. Les Nations Unies également explorent les possibilités d’appuyer le Togo, financièrement dans l’organisation des élections.

Ces deux interventions lèvent les soucis par rapport aux contraintes financières en vue de l’organisation du scrutin.

Une dernière concession aux radicaux

Le fait de retenir la confection de carte avec photo pour les législatives constitue une victoire pour le CAR, la CDPA et l’UFC. Mais  plus encore, c’est le RPT, qui détient une majorité mécanique à la CENI, qui s’en sort avec le plus grand gain de la tenue de la 3ème séance du Comité de Suivi, tenue à Ouaga.

Même si l’accord stipule qu’ « en cas de différend sur tout ou partie de l’APG, y compris les modalités de l’organisation et du déroulement des opérations électorales, les parties conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du Facilitateur », le choix du mode de prise de décisions à la CENI, peut être la fin des concessions du RPT, à l’opposition radicale. En cas de blocage, il va falloir recourir au vote, pour délibérer à la majorité relative des membres présents, le cas échéant.

Les législatives renvoyées à plus tard

Avec le mode de recensement adopté, les élections législatives ne pourraient plus avoir lieu comme souhaité en fin de premier semestre de l’année. Selon les estimations, l’enrôlement des électeurs suivis de la confection des cartes, ne pourraient pas finir avant la fin du mois de juillet.

Mais déjà, la CENI s’est mise à l’œuvre pour déterminer un chronogramme précis pour la tenue des élections. Hier déjà, les membres de la Commission étaient en réunion. De son côté, le Ministère de l’Administration du Territoire est à pied d’œuvre pour proposer les amendements à apporter au code électoral conformément à une disposition des 22 engagements.

Augustin  AMEGA

 
Cafouillage au sommet du Football Togolais - Ameyi et Boukpessi dénoncent - Richard Attipoé tente d’imposer

Les Togolais qui croyaient au soir du 09 janvier que le Football togolais venait de s’affranchir des crises avec l’élection d’un nouveau Bureau Exécutif de la Fédération Togolaise de Football présidé par M. Tata Avlessi doivent se refaire une autre idée. Et pour cause, à peine élu, le nouveau bureau doit déjà gérer des divergences de tous ordres.

           En effet, dans une note intitulée « LETTRE OUVERTE A L’ATTENTION DE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA FTF » rendue publique le 16 janvier 2007, les sieurs AMEYI K. Mawulawoè et Boukpessi Essoyaba respectivement premier et deuxième vice-Président de la Fédération exprimaient leur indignation face à la nomination, par le Président Tata Avlessi à des  postes de coordonnateur Général, de Conseiller spécial chargé des relations extérieures, de conseiller spécial chargé des relations avec les clubs, de conseiller spécial chargé de contrôle de gestion, de manager de l’Administration de la FTF. La lettre, après avoir relaté en Introduction les postes et la façon dont ces nominations ont été portées à leur connaissance, précise qu’ « Etant nous-mêmes surpris et scandalisés par cette décision…nous tenons à exprimer notre désapprobation et notre indignation vis-à-vis de cette méthode de travail basée sur l’exclusion… ». Du reste, on retiendra que cette lettre dont ampliation avait été faite à la FIFA à la CAF, à la CEI, au Ministère de la Jeunesse et des Sports, au CNOT, à la FTF et aux membres du Bureau Exécutif de la FTF s’est limitée à suggérer au nouveau président les conditions dans lesquelles l’acte qu’il a posé pourraient l’être.

            Mais malgré tout, ce problème révèle au grand jour tous les malentendus auxquels le nouveau Bureau est et sera confronté. Car si l’on adopte comme principe de base que l’acte posé par le président et les siens est contraire à la logique, il est aussi vrai que la réplique laisse interrogateur. C’est  ce que semble nous confier un observateur dans la foulée. Pour lui, « pour un premier dysfonctionnement au sein de cette équipe, les vices présidents Ameyi et Boukpessi auraient été plus diplomatiques en rappelant d’abord à l’ordre leur collègue Président de la FTF. Mais, en lui adressant une lettre ouverte avec ampliation à la FIFA, la  CAF et le CNOT pour ne citer que ces structures, on devine à peu près leur état d’âme au moment où le monde entier a les yeux rivés sur le Togo et le football togolais ».

            Cette crise, au même moment qu’elle constitue un indicateur important de l’allure que prendront les discussions à la FTF durant les quatre prochaines années, repose tout autant la question de l’inimitié entre le président de Marantha, Ameyi Mawulawoè et son collègue de l’Union Sportive de Masséda, Tata Avlessi devenu par la force des choses son président à la FTF. Il y a quelques jours encore, le Général Séyi Mèmène Président de la Commission ayant conduit le récent processus électoral à la FTF avait tenté une médiation entre les deux hommes. Quand bien même les témoins de cette rencontre avaient estimé qu’il avait réussi à réconcilier les deux hommes, beaucoup de Togolais avaient pris cette information avec des pincettes. Aujourd’hui, l’histoire semble donner raison à ceux qui étaient pessimistes à ce sujet. Dans tous les cas, la grande leçon que le président peut  aujourd’hui tirer est que la médiation du Président Mèmène de la CEI n’a qu’une portée limitée pour savoir comment manœuvrer les choses au cours de son mandat qui s’annonce à tout point de vue pénible.

            Ce qui est inquiétant, c’est qu’au moment où le président devra tenter de gérer les humeurs de son premier vice- président, il devra aussi compter avec l’opposition du Ministre des Sports, Richard Attipoé. Ce dernier qui, depuis la période des campagnes en perspective de l’élection à la FTF s’était ouvertement opposé à l’élection de Tata à la présidence, a de nouveau enfoncé le clou cette semaine en voulant imposer l’ex-sélectionneur de la Guinée Patrice Neveu au poste de sélectionneur des Eperviers alors que le président lui, avait opté pour le retour du Nigérian Stephen Keshi (celui-là même qui a qualifié le Togo pour le mondial avant d’être maladroitement remercié par l’ancien président Rock Gnassingbé). Le ministre va plus loin au cours d’un point de presse animé à son cabinet lundi 15 janvier en insinuant que « Le nouveau bureau n’a pas encore pris fonction. Le nouveau Bureau n’a pas encore été légitimé par l’Etat et c’est le ministre de tutelle qui doit légitimer le nouveau Bureau et l’amener auprès du Premier Ministre et du chef de l’Etat. Ils n’ont pas encore pris fonction et ils contestent la décision de l’autorité… On me parle de Keshi, on me parle d’Otto Pfister. Je leur ait dit, on verra qui signera ». Plus loin, il ajoute : « Ceux qui pensent qu’ils peuvent encore dans la logique du passé s’enrichir ou utiliser l’équipe nationale, qu’ils sachent qu’ils auront en face d’eux  le Tigre…. Je voudrais avertir la nouvelle équipe que le peuple togolais observe et que les Togolais n’accepteront plus les divagations qu’on a connues ».

L.R

 
 
 
 
 

 

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