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Si
le commun des togolais se plait à appeler l’UFC, la
CDPA et le CAR, l’opposition traditionnelle, ce
c’est pas du hasard. Et le togolais sait reconnaître
le vrai du faux. D’ailleurs cette appellation a
dépassé les frontières du pays pour s’imposer dans
la communauté internationale des leaders avisés de
la politique togolaise. Même à Bruxelles on n’avait
plus souvent besoin de nommer ces trois partis
lorsque « l’opposition traditionnelle » est
désignée.
Ils étaient cinq jusqu’au moment où la
CPP de l’Administrateur Edem Kodjo et le PDR du
maître des adages du terroir Zarifou Ayeva ont
choisi de retourner leurs vestes contre le peuple
togolais. D’abord le Roi Kodjovi Kodjo, au lendemain
des premières élections législatives pluralistes de
1994, quand il avait préféré vendre la tête de son
compagnon de lutte, le Bélier Noir, et par là
l’espoir de tout un peuple. Il a simplement chipé la
primature à Me Agboyibo en se ralliant sans vergogne
à son ancien parti le RPT oppresseur du peuple
Togolais. Et depuis ce dernier ne l’a jamais
pardonné. Il a fini par discréditer et enterrer son
parti et sa personne quand pour la deuxième fois
comme un voleur qui revient toujours sur son lieu du
forfait, arrache encore sans honte la primature à
Agboyibo en 2005 après les élections présidentielles
meurtrières.
Ensuite Zarifou Ayeva, par ses multiples
prises de position contre la volonté du peuple en
affichant clairement depuis un certain temps son
ralliement à la cause obscure du RPT a perdu la
confiance du peuple togolais. Ces deux fils du pays
sont depuis considérés comme ennemis de la
démocratie et amis du RPT.
L’opposition traditionnelle contre vents
et marées a réussi à garder dans leurs diversités la
même volonté de sortir le peuple togolais de la
dictature, de la misère et de l’oppression. Et ça,
le togolais ne s’est jamais trompé là dessus. Il a,
à chaque fois, renouvelée sa confiance au CAR, à la
CDPA et à l’UFC.
L’UFC pour sa part, et ce n’est pas sans
l’aide des deux autres, en sait quelque chose
lorsque ce parti a été plébiscité lors des
différentes élections présidentielles de 1998, 2002,
et 2005.
En effet le CAR, la CDPA et l’UFC
doivent comprendre et c’est à plusieurs reprises que
le peuple togolais l’a démontré, que chaque fois
qu’ils se mettent ensemble, la mobilisation est
totale sur toute l’étendue et le RPT tremble
toujours.
Le Togolais comprend très bien que de
temps en temps, pour un mot de trop placé ici ou là,
pour un désaccord persistant sur une ou deux
questions pertinentes, il y ait désunion entre les
leaders de ses partis conduisant à un éclatement qui
très souvent est éphémère. Mieux, même dans cet
état, la volonté de ces trois partis de
démocratiser, de libérer et de rechercher le bonheur
du peuple tout entier reste inébranlable dans la
politique de chacun. Un démon a encore surgi au sein
de l’opposition démocratique au lendemain des
élections très contestées et très meurtrières du 24
avril 2005. Oui ! C’est un démon et seules les
forces du mal et ennemi du peuple cherchent à
diviser l’opposition pour régner. Au sein de cette
opposition et du peuple togolais, tout le monde sait
qui est qui et qui peut faire quoi.
Le
CAR est une Référence
Depuis le début de la démocratisation du
Togo, la Terre de nos Aïeux, le CAR de Me Agboyibo a
joué un très important rôle et même de premier plan.
Me Agboyibo a toujours incarné, à travers son parti
la volonté du peuple togolais. Ce leader aussi
charismatique que d’autres de l’opposition, a
souvent risqué sa vie et sa réputation en faisant
respecter la volonté de son peuple. Il en est très
souvent récompensé lors des déclarations,
manifestations, distinctions, élections etc.
Mais le CAR vient de briser un tabou qui
interdit que l’un des trois chouchous du peuple
prenne la place présumée de l’autre. Le Roi Kodjovi
Edem Kodjo l’a fait et le peuple l’a mis là où il
est aujourd’hui. Même si après la nomination de Me
Agboyibo Ayawovi devenu Madji (je ne voulais pas).
Le peuple n’a pas trop désapprouvé et attend plutôt
de voir, cette place était sensée être réservée à l’UFC
de Gilchrist Olympio. Oh ! Oui certain me diront sur
quelle base. Alors c’était sur quelle base on
supposait que Edem Kodjo a usurpé la place de
Agboyibo au lendemain des élections du 24 Avril
2005 ? Une logique, ça s’impose ; une logique ne se
décrète pas. En acceptant ce poste Me Agboyibo
devait en retour faire tout pour que l’UFC le « pardonne »
en rentrant dans son gouvernement.
A la vitesse à laquelle ce gouvernement
a été formé tout porte à croire que le CAR n’avait
levé aucun doigt pour plaider l’entrée impérative de
l’UFC dans celui-ci. Et c’est dommage. C’est vrai
que Gilchrist Olympio a des fois blessé plus d’un
Togolais par ses déclarations spectaculaires. Mais
en bon démocrate et nationaliste, et personne ne
peut le lui refuser, Me Agboyibo ne devait pas le
condamner sans jugement. Et le jugement c’est le
peuple qui le rend.
L’UFC
reste le parti le plus populaire
Quoi qu’on dise l’Union des Forces de
Changement est et reste le parti le plus populaire
au sein de toute l’opposition quelle qu’elle soit,
même réunie (s’il est permis d’exagérer). Les
différentes manifestations populaires, les élections
présidentielles de 1998 2002 et 2005, les résultats
des différents sondages au sein de la population
togolaise du nord au sud ont largement démontré la
popularité de ce parti nationaliste.
Certains propos très radicaux du leader
charismatique Gilchrist Olympio à certains moments
délicats de la vie politique sont dès fois à tort ou
à raison considérés par ses compagnons comme déplacé
et non réconciliant s mais très souvent aussi et à
la longue le peuple se met à l’évidence des réalités
exprimées par l’UFC plus tôt lorsque c’est déjà trop
tard. C’est sûrement ce qui fait la force et la
popularité de ce parti.
Pour ne pas avoir participé à la
formation du Gouvernement d’Union de Me Agboyibo
pour des raisons qui leur sont propres et que les
autres ne comprennent pas toujours, l’UFC a été
isolée non seulement par le système RPT qu’elle
combat mais aussi par ses vieux compagnons de lutte,
le CAR et la CDPA. Au début le peuple aussi l’avait
critiquée mais aujourd’hui nombreux sont ceux qui
donnent raison à l’UFC et lui renouvelle leur
confiance.
Néanmoins cette popularité ne doit pas
aveugler le parti de Gilchrist jusqu’au point de
négliger les autres notamment le CAR et la CDPA.
La
CDPA doit jouer son rôle de médiateur
La Convention Démocratique des Peuples
Africains (CDPA) du Pr. Léopold Gnininvi doit une
bonne partie de son estime à l’UFC. On se souvient
en 2002, lors des campagnes présidentielles lorsque
ce parti d’intellectuels a compris le jeu du partage
des forces sur le terrain et a préféré donner sa
voix au candidat de l’UFC. Tout le Togo avait
applaudi. La CDPA qui était alors presque réduite à
son bureau et à quelques partisans irréductibles a
repris de l’ampleur grâce à l’estime et à la louange
que les partisans de l’UFC ont bien voulu lui
accorder à juste titre. Il était alors considéré
comme le parti médiateur des trois poids lourds de
la vie démocratique du Togo. Personne ne semble
reprocher à la CDPA son entrée dans le gouvernement
Agboyibo. C’est que le Togolais n’a jamais douté des
actes que ce parti pose et lui accorde toujours sa
confiance. Ce qui reste à faire pour le Professeur
et que le peuple lui reconnaîtra pour toujours, est
de jouer son rôle de médiateur et de réconciliateur
entre les trois partis de l’opposition démocratique.
La
réconciliation s’impose entre le CAR, la CDPA et l’UFC
La coalition entre les trois partis à
déjà fait ses preuves durant toute l’histoire de
démocratisation du Togo, surtout lors des élections
du 24 avril 2005, après la mort du Général dictateur
Etienne Gnassingbé Eyadema. L’Accord Politique
Global du 20 août dernier entre tous les acteurs de
la vie politique du Togo a lancé les bases d’une
réelle démocratisation de la Terre de nos Aïeux.
Mais une réalité crève les yeux. Il faut être
ensemble du côté de l’opposition pour terrasser une
fois pour de bon le système RPT. Ce parti fidèle à
sa politique de « diviser pour régner » ne
rate jamais les occasions pour dresser les uns
contre les autres. Le Père défunt a usé de la même
politique, le Fils héritier fait de même.
L’opposition démocratique doit gagner
les prochaines élections législatives, seule voix
possible pour concrétiser l’air démocratique et de
renouveau qui souffle actuellement sur le Togo. Les
élections doivent être gagnées à plus des ¾ des
voix. Ce qui permettra d’enclencher sans souci
l’installation et la normalisation des grandes
institutions démocratiques du pays.
Pour ce faire le « médiateur » Pr.
Léopold Gnininvi doit faire appel aux hommes
religieux intègres, aux responsables des sociétés
civiles dignes de ce nom pour l’aider.
D’autres partis émergents doivent être associées
A l’exemple du PRR de Nicolas Lawson et
de l’Alliance de Dahuku Péré, certains partis jeunes
ont fait et continuent de faire leurs preuves de
partis démocratiques soucieux du bonheur du peuple
Togolais. Surtout le PRR de Nicolas Lawson doit être
intégré et associé à cette nouvelle coalition des
partis démocratiques. La réconciliation s’impose. Le
peuple togolais n’attend que ça pour retrouver le
chemin des urnes et achever le système RPT sur son
autel.
Sani Vich |